Tentacul. elegans. Barr
PSE 1852. Tent. elegans Barr. Syst. Sil. de Boh. I. p. 82. 1865. id. id. Déf. d. Col. III. p. 41.
Cette espèce figure un cône droit, dont l'angle apicial varie, suivant les spécimens, entre 16° et 250 dans la partie initiale de la coquille. Mais, dans tous, à quelque distance du sommet, l'ouverture de cet angle commence à diminuer et la forme du fossile tend à devenir presque cylindrique, vers le gros bout.
Le contraste entre les individus de forme large et les individus de forme longue est très prononcé, surtout parmi les spécimens ensevelis dans les schistes.
Les anneaux n'apparaissent qu'à une distance du sommet, qui est plus ou moins grande, suivant les exemplaires et qui occupe quelquefois { de la longueur totale. La partie initiale de la coquille est donc complétement lisse.
Le relief des anneaux est très prononcé et leur profil quoique émoussé au sommet, a une tendance à devenir tranchant. Leur espacement est tel que, sur la partie principale de la coquille, les saillies occupent autant d'espace que les rainures interjacentes. Mais, dans le voisinage de l’ouverture, les anneaux sont relativement plus serrés, tandisque leur relief devient moins saillant. Nous comptons 4 à 5 anneaux dans la partie moyenne d’un adulte, sur la longueur de 1 mm.
Le moule interne conserve la trace tres distincte de ces ornemens extérieurs.
La surface du test est couverte de stries longitudinales, fines et serrées, qu’on distingue cependant à l'oeil nû, dans les spécimens bien conservés. Le plus souvent, elles ne sont visibles que sur les rainures, séparant les anneaux. Mais, dans les meilleurs exemplaires, on les voit passer sur le sommet de la saillie annulaire, qui paraît alors dentelé. Ces stries se reproduisent plus ou moins nettement sur le moule interne. C’est la seule espèce de notre bassin qui présente ces ornemens.
Dimensions. La longueur de nos plus grands spécimens, conservés dans les calcaires, vers le sommet de la bande g 1, s'élève à environ 7 à 8 mm. et leur largeur dépasse 1 mm. au gros bout. Les individus plus nombreux, dans les couches schisteuses de la bande g?2, sont généralement un peu moins longs et, au contraire, un peu plus larges vers l'ouverture.
Rapp. et différ. Par ses stries longitudinales, cette espèce se distingue de toutes celles de notre bassin, et en particulier de Zent. longulus, qui est la forme la plus rapprochée. Ce dernier a aussi une apparence toujours plus svelte et des anneaux plus serrés.
Parmi les espèces étrangères, la plus semblable est TZent. acuarius Richt. (1 c. 1854. PI EDITE fig. 8.) Mais sa taille est presque de moitié plus petite et ses anneaux occupent un espace de moitié moindre que celui des rainures interjacentes. Le sommet de ces anneaux est indiqué comme toujours
lisse. Le moule interne paraît lisse sur la plus grande partie de son étendue, tandisque sur le test, les anneaux existent jusqu'à la pointe de la coquille. M. Richter a pensé, que ces deux formes sont identiques, d’après un spécimen de Dvoretz. (Zeütschr. d. deutsch. geol. Ces. p. 374. 1865.) Mais, d’après les différences que nous venons d'indiquer, cette identité ne nous paraît pas démontrée. Le même savant constate, que l'espèce de la Thuringe apparaît sur un horizon comparable à notre étage F, dans lequel Z. elegans fait sa première apparition en Bohême.
Gisem’. et local. Cette espèce est la plus répandue dans notre bassin, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal. Après avoir apparu comme sporadiquement, dans les calcaires de notre bande f2, aux environs de Konieprus, Mnieniän et Slichov, elle se propage à travers les bandes superposées g 1—g?2—2 3, constituant notre étage calcaire supérieur G. Elle persiste encore durant la dépôt de la bande h 1, base de notre étage des schistes culminans H. Le plus grand nombre des spécimens se trouve dans les bandes schisteuses g2 et h1; mais surtout dans la première. Nous devons aussi faire remarquer la coexistence de Séyliola clavulus, qui pullule dans les roches de ces deux formations et qui offre presque la même extension verticale que Tent. elegans. Ces deux espèces se rencontrent plus ou moins fréquemment dans toutes les localités fossilifères de g2 et de h1, dont elles pourraient faire confondre les horizons, si on se laissait uniquement guider par leur présence, ainsi que nous l'avons expliqué dans notre Déf. des Col. III. p. 56. 1865.
Parmi les localités principales, nous citerons les suivantes, déjà indiquées dans le même ouvrage p. 41.
Hostin Etage des schistes culminans HI bande h1 Holin moulin Franta bande g3 { sous Chotecz Holin Hluboëep bande g 2? Vavrovitz Pekarkovitz &c. &c. &c.
Tetin Hluboëep Lochkov Dvoretz sous Chotecz &c. &c. &c.
Konieprus Etage calcaire moyen. . . .F bande f 2 Mnienian Slichov
Nous ferons remarquer, qu’en suivant les affleuremens de nos bandes g 1—g 2—g3—h 1, que nous avons décrits en détail, dans notre Déf. d. Col. III. p. 112 à 148 on rencontrera presque partout les traces de Zent. elegans et de Styl. (Tent.) clavulus, le plus fréquemment associées dans les mêmes couches, et quelquefois isolées.
Etage calcaire supérieur . . G
bande g 1
2, Tentacul. éntermedius. Barr.
Cette espèce, la plus exigue de notre bassin, offre une coquille droite et svelte, comparable à la pointe d’une aiguille. Nous remarquons certains individus, dont la forme est relativement plus longue, tandisque d’autres paraissent plus larges. Mais il y a aussi des formes de transition entre ces apparences extrêmes.
GENRE TENTACULITES. SCHLOTHEIM. 133
Le caractère distinctif des Zentaculites, ©. à d. la présence des anneaux, sur la surface de la coquille, n'est qu'incomplétement développé dans cette espèce. Pour ce motif, nous lui avons donné le nom de 7. intermedèus, indiquant qu’elle constitue une forme intermédiaire entre les Tentaculites proprement dits, c. à d. ornés d'anneaux et les Séyliola sans anneaux.
En effet, si l’on étudie avec un fort grossissement l'un des fragments de roche qui sont couverts par les spécimens de Tent. intermedius, on reconnaît aisément, que tous présentent de petites bandes transverses, en relief, plus ou moins faibles et irrégulièrement espacées. Ces bandes sont trop prononcées pour pouvoir être considérées comme des stries, comparables à celles qu'on observe dans les rainures interannulaires de certaines espèces du même genre. Nous devons donc les regarder comme représentant des anneaux imparfaitement développés et dont le nombre varie beaucoup suivant les spécimens.
Dimensions. Le plus grand nomdre bes individus a une longueur qui oscille entre 1 et 2 mm. Quelques uns dépassent cette limite et atteignent presque 3 mm. La plus grande largeur est de ‘}; mm.
Rapp. et différ. Nous ne connaissons aucune forme semblable à celle que nous décrivons.
Gisemt. et local. Cette espèce n’a été trouvée qu'aux environs de Lochkov. où elle remplit presque exclusivement une couche de calcaire noir, de 3 à 4 centimètres d'épaisseur, et placée vers le sommet de la bande ff, base de notre étage calcaire moyen F. Hors cette couche, les spécimens de Tent. intermedius sont très rares, même dans les couches voisines, au dessous et au dessus.
Cette forme mérite d'être remarquée, parceque c'est la première du type Tentaculites, qui ait apparu dans notre bassin.