‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 5)Chapitre 108 sur 140 · Tentacul. longulus. Barr · texte numérisé non relu

Tentacul. longulus. Barr

1865. T'ent. longulus. Barr. Déf. d. Col. II. p. 41.

Cette espèce est droite, très svelte et alongée. L’angle apicial de la coquille ne dépasse pas 12° vers le petit bout. Il se réduit graduellement, de sorte que le fossile tend à devenir cylindrique vers le gros bout.

Les anneaux sont régulièrement espacés, et leur partie saillante occupe à peu près autant de longueur que la rainure interjacente. Nous comptons 6 à 7 anneaux par millimètre d’étendue, sur la zône- moyenne du fossile. Ils sont un peu plus rapprochés dans le voisinage de l'ouverture, sur certains spécimens. On conçoit, que leur espacement et leur relief vont en diminuant graduellement vers la pointe de la coquille. Mais on peut reconnaître leur trace, jusque près de l'extrémité aigue.

La surface du test paraît complétement lisse et brillante, sur les spécimens les mieux conservés dans les calcaires. Nous ne trouvons sur le fond des rainures interannulaires, ni stries longitudinales, ni stries transverses.

LA

Dimensions. La longueur des plus grands spécimens est d'environ 7 mm. et leur largeur à l’ouverture, de !, mm.

Rapp. et différ. L'espèce la plus rapprochée est Tent. elegans, qui se distingue par sa forme moins svelte; par l’espacement plus grand de ses anneaux; par sa pointe lisse; et surtout par les stries longitudinales, qui ornent la surface de son test.

Gisemt. et local. Nous trouvons d'abord cette espèce dans la bande f2, constituant la moitié la plus élevée de notre étage calcaire moyen F. Elle se propage ensuite dans la bande immédiatement superposée g 1, base de notre étage calcaire supérieur G. Elle ne dépasse pas les limites supérieures de g 1.

Jusqu'ici, les spécimens de 7! longulus n’ont été rencontrés qu'isolés, et nous ne connaissons aucune couche, ni aucune localité, où ils se montrent fréquemment. Nous nommerons seulement Slichov près Prague, Konieprus et Mnienian pour la bande f1:; Tetin, Lochkov, Dvoretz, Branik et Choteëz pour la bande g 1.

Genre Styliola. Lesueur.

Jusqu'en 1864, les espèces actuellement distinguées par le nom générique de Sfyliola, ont été comprises parmi les Tentaculites. Cependant, l'absence totale d'anneaux sur ces petites coquilles, contrastant avec la présence de ces ornemens sur la plupart des formes de ce dernier type, avait attiré l'attention des paléontologues. Nous en trouvons la preuve dans les noms spécifiques choisis pour les caractériser: Tent. laevigatus, K. À. Roem. T! laevis, Richt. M. le Doct. Richter avait présumé, que première de ces deux formes pouvait n'être qu'un moule interne, tandisqu'il observait un test lisse sur la seconde. (Z. c. p. 280. 1854.) On peut admettre aujourdhui l’une et l’autre, au même titre, dans le genre qui nous occupe.

En 1864, M. le Prof. Rud. Ludwig a séparé des Zentaculites les formes sans anneaux, pour les rapporter au genre Séyliola Lesueur. Voir ci-dessus (p. 117.)

En 1865, 1866, 1867. M. le Doct. R. Richter a adopté la même distinction, parmi les espèces de la Thuringe. (Voir l’aperçu historique.)

Nous suivons le bon exemple donné par ces honorables savans et nous reconnaissons dans notre Tent. clavulus (1852) une forme bien caractérisée de Séyliola.

Le nombre des formes qu'on peut associer dans ce type est encore peu considérable. Nous les énumérons, en indiquant par sa date le document relatif, déjà cité ci-dessus, dans notre Aperçu historique, pour le genre Tentaculites.

1850. Styliola (Tent.) laevigatus . . . . . F. A. Roemer . . . . \

11853 Se elent) er idee LE Ce inLz ERIC 1852. Styl. (Rent) clavulus 00 Barr. sh:

1854. Styl. (Dent) lAEvIS EE NRNR MIRICOTENE REPAS 18550: (Tent.) id. SC ONRNET CHECMANOROeMerRNEs 1S5S IC (Tent.) id. Hotte ACIELel SEM 1865. Styliola id. M RSR IChTEr 1 18542Styl "(Fent).striatus ee SR DRIChIeTR NE ASHTASNNTE (Dent) RAT RES RER RICH TERCESE (1864. Styliola RICHLET RER MID UTP EEE NB. Le nom spécifique, Richteri, a été substitué par M. Ludwig à celui de

striatus; mais nous ne voyons pas la nécessité de ce changement.

SG MRSEYNOIAAIUDTICARENCRCEE Ludwig SUV INTENELISS Eee IL ONT 1 SV RCTENAtO STATE EC LU UNIS PEER R SÉYL— DIiCAnalCUlAtA UAWISSC SCENE

EYDOlTÉA EU RE EC PRICNTEr 11867 Styliola ferul Richt

GENRE STYLIOLA. LESUEUR. 135

Ces 9 formes, dont trois sont siluriennes et six sont dévoniennes, sont comprises, mais avec une notation particulière, sur le tableau général de la distribution verticale et horizontale des Zentaculites (p. 123).

Voici la définition des caractères génériques de Séyliola, donnée par M. le Prof. Rud. Ludwig. (Nc np 517)

Caractères génériques.

»Coquille petite, à section transverse circulaire; fermée au bas et plus épaisse que dans la partie supérieure; conique; surface sans anneaux, lisse, mais avec des stries fines d’accroissement et quelquefois avec des stries fines, longitudinales. Sans fente longitudinale, mais quelquefois avec un ou deux rainures longitudinales, qui n’ouvrent pas la coquille. Sans opercule, sans cloisons dans l’intérieur, mais ayant une pointe persistante, quelquefois courbée vers l'arrière. La plus grande largeur est à l'ouverture, qui est oblique ou normale à l’axe de la coquille; dans le premier cas, le bord s'élève en forme de pointe.“

Cette définition du genre Séyliola nous paraît bien suffisante, d’après l’état actuel de nos connaissances, au sujet des fossiles constituant ce type.

Nous ferons seulement remarquer que, par suite de l’exiguité de toutes les formes nommées et de l'absence à peu près complète d’ornemens sur leur surface, on doit éprouver la plus grande difficulté, à constater leur indépendance spécifique. N'ayant en notre pouvoir aucun moyen de distinguer des apparences très semblables entre elles, nous aurions pu être tenté de les réunir sous un petit nombre de noms. Mais, malgré notre incapacité pour la distinction de ces fossiles, provenant de contrées espacées sur la surface de l'Europe et d'horizons très distincts dans le sens vertical, nous devons nous rappeler, que ces contrées et ces horizons divers sont habituellement caractérisés par des espèces distinctes, malgré leurs connexions génériques, plus où moins intimes. Ainsi, dans le cas où ces connexions seules sont prédominantes, comme dans Séyliola, nous pouvons penser, que des différences spécifiques, qui nous échappent, ont dû exister, entre la plupart des formes ainsi nommées. Nous avons donc admis les dénominations spécifiques, sans réduction, bien qu'elles ne garantissent pas l'indépendance des 9 espèces qu’elles supposent. Nous laissons le soin de les distinguer ou de les réduire, aux savans mieux informés que nous.

Dimensions.

La plupart des espèces paraissent très exigues. Dans celle de la Bohème, le plus grand nombre des spécimens ne dépassent pas 2 à 3 mm. Mais quelques uns atteignent la longueur de 5 mm. et un }/, mm. de largeur.

Rapports et différences.

L'aspect des coquilles des Séyliola, sans anneaux, les distingue, au premier coup d'oeil, des Tentaculites, qui sont toujours pourvus de ces ornemens. Mais, nous rappelons que notre Tent. 2ntermedius (p. 132, PI. 14) présente une transition, sous ce rapport, entre ces deux types tres rapprochés.

Distribution verticale et horizontale.

Nous avons déjà exposé, sur notre tableau (p. 123) la distribution verticale et horizontale des Styliola avec celle des Tentaculites, dans les contrées paléozoiques. Les faits principaux, aujourd’hui constatés pour le premier de ces deux genres, se résument comme il suit:

1. Styliola n'est jusqu'ici connue que dans quelques contrées de l’ancien continent, qui appartiennent, les unes à la grande zône septentrionale et les autres à la grande zône centrale. Aucune forme n'a été signalée dans les régions paléozoiques de l'Amérique, ni dans celles du Nord de l'Europe.

2. Aucune espèce de Styliola n'a été observée jusqu'à ce jour, ni dans la faune primordiale silurienne, ni dans la faune seconde.

Comme la faune seconde présente environ 7 espèces distinctes de Tentaculites, répandues dans beaucoup de contrées, il s’en suit, que la forme qui semble la plus simple, parmi ces deux types, est précisément celle qui auraît apparu le plus tard, durant les temps paléozoiques, du moins, d’après l’état actuel de nos connaissances.

3. Le nombre total des formes de Séyliola, désignées par des noms, est de 9. Les plus anciennes de ces formes ont fait leur apparition durant l'existence de la faune troisième silurienne et elles ont été distinguées par 3 noms spécifiques. Elles sont concentrées dans l’espace géographique occupé par la Bohême, la Thuringe et le Harz.

4. Toutes les autres formes nommées, au nombre de 6, appartiennent à la période dévonienne, et aux Contrées des bords du Rhin, du Harz, de la Thuringe et de la Saxe.

Nous devons faire remarquer l'inégalité de leur répartition verticale. En effet, une seule forme, Styl. laevigata Roem. se trouve dans les schistes de Wissenbach, c. à d. dans la subdivision inférieure du système dévonien, selon la classification de Sir Rod. Murchison. (Siluria p. 419. 1859.) Sa présence est aussi indiquée par le Prof. K. A. Roemer, dans le Calc. à Stringocéphales du Harz, c. à d. dans la subdivision moyenne. Les 5 autres espèces appartiennent toutes à la subdivision supérieure du même systême, car elles ont été uniquement signalées dans les schistes à Cypridines et dans la formation dite Xramenzelstein, qui fait partie de la même subdivison.

Le tableau suivant indique cette répartition verticale.

Styl State OCR -PRICht schistes à Cypridines pur a SHMMIUDEICA TU We | II

St. intermissa . . . Ludw. Kramenzelstein à

St. crenato-striata . Ludw.

St. bicanaliculata . . Ludw. Bite ose . Il ShMlaevieata ON EPA RoCM NEA CREER EE L

St ldeNIpata Ce AE PA Rom HAE7 nee CCR

La majorité des formes connues de ce type se trouvant dans les formations qui couronnent le système dévonien, nous devons être surpris de leur disparition subite et totale, avant la fin de ces dépôts. Aucune forme du genre Styliola n'a été jusqu'ici observée dans le systême carbonifère, qui ne contient non plus aucune trace des Tentaculites. Ces deux genres semblent donc disparaître en même temps; ce qui fait encore plus ressortir leurs connexions réciproques.

Description de l'espèce de la Bohême.

Styliola cluvulus. Barr.

1852. Tentac. clavulus. Barr. Syst. Sil. de Boh. I. Esq. géol. p. 82. 1865. Tent. id. Barr. Déf. d. Col. IT. p. 41.

La plupart des spécimens de cette espèce sont écrasés dans les roches schisteuses de nos bandes g 2—h 1. Cependant, on en découvre quelques uns qui permettent de reconnaître la forme naturelle, conique et régulière de la coquille, dont la section transverse semble circulaire.

GENRE SALTERELLA. BILLINGS. 137

Ces petits fossiles se distinguent très bien sur la surface des roches qui les renferment, parceque leur test offre habituellement une teinte blanchâtre, qui contraste avec la couleur foncée des schistes. La surface de ce test n’a conservé aucune trace d’ornemens.

Lorsque la coquille n’est pas écrasée, nous pouvons observer quelquefois son moule interne, qui paraît aussi complétement lisse. Mais, nous remarquons que ce moule présente la méme couleur rouge, ocreuse, que nous avons signalée ci-dessus (p. 123) sur le moule interne de Tent. elegans, qui se trouve dans les mêmes roches. ;

Dimensions. La longueur de la plupart des spécimens varie entre 1 et 3 mm. Mais nous en rencontrons quelques uns qui atteignent 5 mm. et dont le diamètre est d'environ !, mm.

Rapp. et différ. Nous n'avons jusqu'ici aucun moyen certain pour distinguer notre espèce de celles qui ont été nommées dans d’autres contrées. Il est très possible, que plusieurs des formes énumérées ci-dessus (p. 134) soient identiques; du moins parmi celles qui paraissent complétement lisses, comme Séyl. laevigata Roem. et Sf. laevis Richt. &c. Nous venons d'indiquer les considérations qui nous empêchent d'admettre ces identités, d’après des apparences, qui ne sont pas encore suffisamment étudiées.

Les jeunes spécimens de Séyl. clavulus ressemblent à la pointe lisse de Tent. elegans, mais les adultes dépassent de beaucoup la longueur de cette pointe. Ces deux espèces se montrent aussi, souvent, isolées l’une de l’autre, dans des couches différentes. Enfin, on doit remarquer, que Tent. elegans n’est pas rare dans les calcaires de notre bande f2, qui ne présentent aucune trace de Sé. clavulus, à notre connaissance.

Gisem*. et local. Cette espèce apparaît sporadiquement dans les couches les plus élevées de notre bande calcaire g #, dans lesquelles nous l’avons trouvée à laval de Chotecz. Elle prend un grand développement dans la bande schisteuse g 2 et elle est répandue sur toute son étendue, dans notre bassin. Elle se rencontre dans toutes les localités où cette bande est accessible, comme: Hluboéep, Holin, Kozoïz, Trzebotov, Vavrovitz, Pekarkovitz, sous Karlstein &c. Elle est relativement rare dans les bancs calcaires de la bande g, mais nous la retrouvons dans les couches schisteuses interjacentes, à Trzebotov &c. Enfin, elle reparaît en grande abondance dans la bande schisteuse h 1, base de notre étage des schistes culminans H. Nous citerons seulement les localités très espacées de Holin, Hostin et moulin Franta, sur cet horizon.

Sur divers niveaux indiqués, Styl. clavulus est associée à Tent. elegans. Ces deux espèces disparaissent en même temps, sur l'horizon où les couches minces de quartzite de h2 commencent à se déposer.

Genre Salterella. Billings.

(non figuré.)

1861. M. E. Billings fonde le genre Salterella pour quelques fossiles, quil considère comme indubitablement alliés à Serpulites, mais cependant assez différents de ce dernier type, pour constituer un genre distinct. Il définit ce nouveau genre dans les termes suivans:

»Tubes petits, grêles, coniques, alongés, consistant en plusieurs cônes creux, placés l’un dans l'autre; le dernier formant la chambre d'habitation de l'animal. La section transverse de ces tubes est circulaire ou subtriangulaire, et ils sont droits ou un peu arqués; la surface est striée en travers ou en long.“

En même temps, M. Billings décrit Salt. rugosa, dont on voit de nombreux spécimens, sur un petit morceau de roche figuré et qui offre toutes les apparences des fragmens de roche couverts de Tentaculites. Voici la description, que nous traduisons.

,Cette espèce est droite, conique, aigue. Elle a une longueur de 2 à 4 lignes, mais la plupart des spécimens n'atteignent pas 3 lignes. Le plus grand diamètre ne dépasse pas 1 ligne. L'ouverture est circulaire et égale environ ‘, du diamètre entier. La surface paraît dépouillée de sa couche externe et montre 4 à 6 anneaux fortement imbriqués, sur la longueur d’une ligne, et tournant leur tranchant vers le gros bout. Ce sont certainement les bords mis à découvert des diverses gaines dont le tube est composé. Il sont ordinairement droits, mais quelques uns sont un peu arqués.“

Cette espèce doit être très intimément alliée à Serpul. Macullochi Salt. mais elle est moyennement plus petite.“

Local. et formation. Anse au Loup, sur la côté Nord du détroit de Belle Isle, dans le calcaire du grès de Potsdam.“ (Pal. Foss. I. p. 17. Nov. 1861.)

M. Billings décrit, sans figure, Salt. pulchella, qui ne paraît différer de Salt. rugosa que par sa taille atteignant 6 à 8 lignes, par l’absence d’anneaux, et la présence de stries transverses, à peine visibles à l’oeil nù. Elle provient de la même localité et formation, mais probablement pas de la même couche. (Jbid. p. 18.)

Salt. obtusa est décrite dans les termes suivans:

Longueur de 6 à 8 lignes; diamètre à l'ouverture environ 3 lignes. La section transverse est toujours subtriangulaire et dans quelques spécimens l’un des côtés parait être plat comme dans une Theca et je le rapporterais à ce genre, si le tube n'était pas composé de lamelles successives. Aucun des spécimens n’est parfait, mais leur forme est suffissamment différente de celle des deux autres, pour indiquer une espèce distincte.‘

Local. et form. Les mêmes que pour les précédentes. Se trouve avec Salt. pulchella, mais non avec S. rugosa. (Ibid. p. 18.)

Nous avons cru devoir reproduire les descriptions de M. Billings, pour montrer les affinités qui existent: d’abord, entre Salt. rugosa et les Tentaculites, et ensuite, entre Salt. obtusa et les Hyolithes.

Le caractere distinctif des deux formes américaines consiste dans leur test, composé de gaînes emboîtées l’une dans l’autre, ou de lamelles superposées. Cette conformation du test existant de la manière la plus distincte dans notre Conul. fecunda (p. 38. PI. 8) nous sommes porté à concevoir, que ces fossiles peuvent appartenir à l'ordre des Ptéropodes, en laissant à M. Billings le soin de leur assigner la dénomination générique qui leur convient le mieux. Mais, puisque parmi les Conularia, à test fort mince, il existe une espèce incontestable, ayant un test composé de nombreuses couches, oblitérant l'intérieur de la coquille, ne pourrait il pas avoir existé parmi les Tentaculites et parmi les ÆHyolithes, à test mince, des formes dont la coquille se rechargeait intérieurement aussi, par des couches successives, comme dans Con. fecunda ?

Quant à Salt. pulchella, adjointe à ce genre, M. Billings ne fait aucune mention de la structure de son test.

1863. M. Billings énumere les mêmes espèces parmi les Ptéropodes, dans le Catalogue annexé à la Geology of Canada publiée par Sir W. E. Logan (p. 949).

1863. M. le Prof. J. D. Dana cite Salterella rugosa et S. pulchella parmi les fossiles qui paraissent représenter l’ordre des Ptéropodes, dans la faune primordiale. (Manual of Geol. p. 187.)

D’après ces documens, nous comprendrons provisoirement le genre Salterella et ses 3 espèces, dans l’énumération des Ptéropodes siluriens.

GENRE HEMICERAS. EICHWALD. 139

Genre Hemiceras. Kichwald.

(non figuré.)

1840. M. le Doct. d'Eichwald décrit, sans figures, sous le nom de Hemiceratites, jun fossile problématique, entièrement différent de Orfhoceratites, mais ayant de commun avec celui-ci un siphon rectiligne qui, cependant, ne semble traverser aucune cloison. Ce corps, ayant souvent une longueur de plusieurs pouces, et s’amincissant graduellement, est fortement convexe sur l’un des côtés et au contraire, entièrement plat sur le côté opposé. Il présente une faible saillie sur le milieu de sa longueur. Le siphon, seul vide interne de ce corps, est appliqué contre le côté plat et il est très étroit, en comparaison de l'épaisseur considérable de la paroi du côté convexe; car la largeur du fossile est de 4 lignes, son épaisseur de 3 lignes, tandisque le siphon ovale offre une largeur de *} de ligne et à peine une épaisseur de 1 ligne &c.“

Le Doct. d'Eichwald distingue deux formes spécifiques, inégalement aplaties, sous les noms de Hemic. angulosum et H. compressum.“ (Sil. Syst. in Esthland. I. p. 99.)

1849. Bronn énumèere les Hemiceras parmi les Ptéropodes. (Index palaeont. Enumerator. p. 354.)

185%. M. le Doct. d'Eichwald reproduit les notions déjà publiées sur les Hemiceras, qu'il associe avec hésitation aux Ptéropodes, en indiquant qu'ils pourraient peut-être appartenir aux Protopodes. I] maintient la distinction des deux espèces: Æ. angulatum (angulosum) et H. compressum.“ (Beitrag in Bull. de la Soc. d. Natur. de Moscou. p. 145.)

1860. M. le Chev. d'Eichwald classe le genre Hemiceras parmi les Ptéropodes, en le définissant comme il suit:

»La coquille cylindrique ou demi-cylindrique est alongée, droite et garnie d'un épiderme corné, brun foncé, et d’une cavité médiane étroite et cylindrique qui passe, comme le siphon des Orthocératites d’un bout de la coquille à l'autre, sans traverser de cloisons. La cavité assez large et même anguleuse samincit au point du devenir filiforme et présente deux rayons en fentes opposées ou même plusieurs, qui prennent origine à la cavité très fine et traversent sous un angle plus ou moins aigu les couches concentriques calcaires, dont la coquille semble se composer, à peu-près comme l’écaille calcaire des Seiches.“

Trois espèces de ce genre sont ensuite décrites et figurées, sous les noms de

Hemic. compressum . . . Eichw.

H. angulosum . . . Eichw.

Hr cylindrus . . . . Eichw.

Ces trois espèces proviennent du calcaire à Orthocératites d'Odinsholm, c. à d. de la faune seconde silurienne. (Leth. Ross. Livr. VIT. p. 1049. PI. 40—42.)

Les fragmens figurés pour ces trois espèces nous font concevoir, que les spécimens complets doivent atteindre une longueur de 15 à 20 centimètres, et un diamètre de 20 à 25 mm. Ces dimensions et le remplissage interne de la coquille par des couches calcaires concentriques, rappèlent bien les apparences du siphon obstrué par le dépôt organique, dans le groupe des Orthocères connus sous le nom de Ændoceras. Mais deux motifs doivent empêcher de considérer ces corps comme des siphons:

1. Les fossiles sont recouverts, d'après la définition générique, par un épiderme corné, qui n'existe pas sur la surface des siphons.

2. Cet épiderme étant partiellement bien conservé, aurait dû retenir l'empreinte plus ou moins marquée des cloisons, qui n’est visible sur aucune des formes nommées Hemiceras.

Ces considérations excluent l’idée d’un siphon de Nautilide, pour interpréter la nature des Æemiceras. Au contraire, l'existence d’un test mince et corné concourt avec celle des couches concentriques,

obstruant l'intérieur de la coquille, pour nous rappeler les apparences semblables que nous avons signalées dans notre Conularia fecunda (p. 138. PI. 8).

Nous rappelons, que des apparences analogues existent dans les fossiles du Canada, qui viennent d’être mentionnés, sous le nom générique de Salterella, et particulièrement dans Salt. obtusa, simulant un Æyolithes, selon M. Billings.

Malgré l’état incomplet de nos connaissances, au sujet des Hemiceras, nous suivrons l'exemple donné par Bronn et le Chev. d'Eichwald, en les adjoignant provisoirement à l’ordre des Ptéropodes. Nous ferons remarquer, que leur existence dans le calcaire à Orthocératites, c. à d. durant la faune seconde silurienne, correspond à l’époque du plus grand développement de cet ordre, sous le double rapport du nombre des formes coexistantes et de la taille extraordinaire de quelques unes d'entre elles. Conul. fecunda appartient aussi à la même faune.

Résultats de nos études sur les Ptéropodes paléozoïiques.

En vue du but final ou géologique de nos recherches, il nous reste à exposer les principaux résultats des études qui précèdent. Nous avons à déduire de l’ensemble des documens paléontologiques, relatifs aux Ptéropodes, les considérations qui peuvent contribuer à la distinction des dépôts paléozoïiques, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal. Ces considérations doivent s'appliquer, d'abord à la distribution des genres et ensuite à la distribution des espèces, suivant chacun de ces deux sens. Mais, nous devons auparavant donner quelques explications, relatives au groupement que nous avons adopté pour les contrées paléozoiques, que nous considérons provisoirement comme des unités géographiques.

Groupement des contrées paléozoiques en deux zônes principales.

D’après les observations que nous avons publiées en diverses circonstances, l’ordre du développement des formes animales, durant l'ère paléozoique, paraissant notablement différent, sur chacune des deux surfaces de l'hémisphère boréal, que nous nommons: grande zône septentrionale et grande zône centrale, nous croyons convenable et utile de présenter d’abord les résultats de nos études, séparément pour chacune de ces zônes en particulier, et en second lieu pour leur ensemble, sur les deux continens.

On conçoit, que cette division dans notre travail ne nous oblige pas à tracer une ligne exacte de démarcation entre les deux grandes zônes; opération absolument impossible, dans l’état actuel de nos Connaissances. Il nous suffit d'associer, d'une manière approximative et plausible, les contrées que nous sommes induit à regarder comme des unités. La distinction provisoire de ces unités, quoique très inégales entre elles, doit être en ce moment adoptée, soit à cause de leur position géographique plus ou moins indépendante, soit par suite des études spéciales dont elles ont été l'objet et qui ne permettent pas encore leur réunion en plus grands bassins naturels, que la science parviendra un jour à délimiter.

Nos publications diverses ont suffisamment fait ressortir les connexions paléontologiques, qui relient entre elles les contrées du Nord: Scandinavie, Russie, Iles Britanniques, Terre-Neuve, Canada, Etats- Unis &c., formant ensemble la grande zône septentrionale.

Nous avons en même temps signalé les contrastes qui distinguent cette zône de la zône centrale d'Europe, comprenant la Bohême, la France, l'Espagne, le Portugal et la Sardaigne, c. à d. un autre ensemble de contrées, dont les faunes paléozoiques montrent entr’elles des connexions équivalentes à celles qui existent entre les régions du Nord.

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