‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 5)Chapitre 12 sur 140 · Forme générale des Conularia · texte numérisé non relu

Forme générale des Conularia

L’auteur du genre, Miller, en adoptant le nom de Conularia, voulait sans doute indiquer l’analogie des coquilles, avec un cône. Cette dénomination ne se trouve pas très bien choisie par le fait, car toutes les espèces connues ayant une section transverse, qui figure un polygone régulier, à angles très-prononcés, représentent réellement des pyramides et non des cônes. Le genre aurait donc dû, à ce titre, recevoir le nom de Pyramidaria.

Le test des Conularia étant extrêmement mince, il est rare que la coquille n’ait pas été plus ou moins déformée par la pression. Cettte déformation ne peut pas être reconnue dans beaucoup de cas, lorsque la section transverse étant un losange, par exemple, s'aplatit plus ou moins, ou bien lorsque cette section étant originairement un carré, se trouve transformée en un losange. Dans ces cas, la régularité complète que la coquille peut conserver après la compression, empêche de soupçonner sa déformation. D'après cette considération, nous n’attacherons qu’une faible importance aux angles dièdres, c’est à dire, aux angles formés par les quatre faces de la pyramide, prises deux à deux. Nous ne croyons donc pas que l'observation de ces angles fournisse des caractères auxquels on puisse avoir grande confiance, pour la détermination des espèces. Cette observation s'applique naturellement aux quatre angles de la section transverse, dont nous allons parler.

Par contraste, il nous semble, que chaque face de la pyramide prise isolément, soit entière, soit dans ses fragmens, peut toujours fournir par son angle au sommet, un élément important, pour reconnaître la nature spécifique. Malheureusement, cet angle varie dans certaines espèces telles que: Conul. Proteica (PI. 5) et Conul. exquisita (PI. 4). Mais il paraît à peu près constant, dans presque toutes les autres formes que nous observons.

La plupart des nos Conularia figurent une pyramide très-régulière, dont nous pouvons observer quelquefois la pointe très-aigue. Les faces de cette pyramide et les arètes suivant lesquelles elles s’ajustent, se prolongent ordinairement sur toute la longueur de la coquille, avec une régularité, pour ainsi dire mathématique. Telle est la loi générale, qui semble présider à la construction de ces coquilies. Cependant, cette loi n’est pas sans exceptions.

1. Nous citerons d'abord Conul. Bohemica (PI. 1) qui, offrant une parfaite régularité, comme une pyramide quadrangulaire, à partir du sommet jusque vers les deux tiers de sa longueur, infléchit ses quatre faces, sur le dernier tiers de leur étendue, de manière à se rapprocher d'un prisme, vers l'ouverture.

2, Divers exemplaires de Conul. pyramidata (PI. 2) nous montrent une conformation analogue ; la coquille prenant une forme prismatique près de l’orifice.

3. Nous avons également signalé cette modification, dans Con. insignis (PI. 4. fig. 20).

4. Nous réunissons au genre Conularia, sous le nom de Conul. anomala (PI. 7, 8, 9), une forme dans la quelle nous observons une torsion en hélice, dans le corps de la pyramide, à partir de la base jusqu'au sommet. Cette torsion, très-apparente dans tous les individus, est cependant plus prononcée dans certains d’entre eux que dans les autres. Dans tous les cas, si ces fossiles, comme tout semble l'indiquer, appartiennent réellement au genre Conularia, leur forme constitue une grave exception à la régularité que nous avons d’abord signalée, dans la forme pyramidale de ce genre.

5. Nous ajouterons encore, que certaines espèces, au lieu de rester droites dans toute leur longueur, se courbent plus ou moins vers le sommet, comme Con. solitaria (PI. 6) et Con. rugulosa (PL 2—6) M. M. d'Archiac et de Verneuil indiquent la même courbure vers la pointe de Con. Gerolsteinensis (l. c. p. 352). M. le Doct. Ernst Boll vient de nous signaler Con. cornu-copiae, espèce inédite du diluvium du Meklenburg, comme offrant une forme très arquée. Voir ci-dessus (p. 10).

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