‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 5)Chapitre 13 sur 140 · Section transverse · texte numérisé non relu

Section transverse

La section transverse des Conularia, par un plan perpendiculaire à leur axe longitudinal, est un polygone régulier, dont la forme est toujours raprochée d'un quadrilatère, si on ne considère que son ensemble.

1. Dans le cas le plus simple, comme dans Conularia simplex (PI. 5, fig. 3), et Con. fecunda (PL 8, fig. 3), cette section figure un carré, dont les 4 angles saillans sont remplacés chacun par un petit angle rentrant. Les 4 côtés de ce carré sont rectilignes; mais chacun d’eux présente au milieu de sa longueur un léger sinus ou angle rentrant, correspondant à une rainure longitudinale, médiane, sur chacune des faces de la pyramide.

2. La forme la plus rapprochée du carré est le rhombe, que nous voyons dans la section de Conul. Proteica (PI. 5, fig. 21). Les 4 angles saillans sont remplacés par de petits angles rentrants, et les 4 côtés à peu près égaux entr’eux et rectilignes, portent aussi une petite rainure sur le milieu. Dans d’autres espèces, nous observons, par rapport aux deux formes que nous venons de citer, les variations suivantes.

3. Dans Conul. consobrina (PI. 1, fig. 15) deux des côtés s’alongent de manière que l’ensemble de la section devient un rectangle, au lieu d’être un carré.

Les côtés de ce rectangle, au lieu d’être rectilignes, se brisent et forment un angle plus ou moins obtus, dont le sommet est saillant en dehors, de telle sorte que la section est réellement un octogone. Chacun des angles saillans de cette figure est remplacé par un petit angle rentrant.

4. Dans Conul. Bohemica (PI. 1, fig. 3) la section transverse paraît être une ellipse, qui se ramène aisément à la forme précédente, en concevant que les côtés du rectangle, après s'être brisés et avoir formé une octogone, se sont légèrement arqués, en tournant leur convexité en dehors. Conul. Sowerbyi Defrance = Conul. quadrisuleata Murch. (Si. Syst. Pl. 12, fig. 22.) offre aussi dans sa section une forme elliptique, mais beaucoup plus alongée que celle dont nous venons de parler.

GENRE CONULARIA. MILLER. 13

5. Conul. irregularis de Koninck (Foss. Carbon. Belg. PI. 45, fig. 2), au lieu d'un rectangle, offre pour section un parallélogramme oblique, dont les 4 faces sont rectilignes, et dont les angles saillans sont aussi remplacés par de petits angles rentrants.

6. Conul. munita (PI. 6) offre une section dont l’ensemble est un rectangle. Mais, chacune des faces étant fortement déprimée, il s’en suit que les 4 angles dièdres deviennent saillans, et chacun d'eux pourrait être comparé à une tour, destinée à flanquer un mur d'enceinte. Les rainures ordinaires se trouvent dans leur position normale, sur les angles et sur les faces.

7. Conul. anomala (PI. 7, 8, 9) présente une remarquable exception par rapport aux formes que nous venons de décrire. Sa section, considérée dans son ensemble, est un rectangle, modifié par deux circonstances très-notables. D'abord, chacun des 4 côtés de ce quadrilatère se trouve décomposé en deux lignes formant un angle rentrant, plus ou moins prononcé suivant les individus, mais quelquefois presque insensible. C’est une conformation opposée à celle de Con. consobrina, dont nous venons de parler.

En second lieu, les angles saillants du quadrilatère, au lieu d’être sillonnés par une rainure, conservent leur sommet intact. Enfin, par l'effet de la compression, le rectangle primitif est ordinairement transformé en rhomboïde plus ou moins aplati, entre des limites très variables.

Nous rappellerons, que, par suite de la ténuité habituelle du test, la pression la plus légère a dû suffire pour déformer ou pour modifier plus ou moins la section transverse des Conularia. Il est donc naturel, que les individus d’une même espèce, trouvés à l’état fossile, présentent plusieurs des formes diverses que nous venons d'indiquer. Dans la détermination des espèces, on ne saurait donc s'appuyer sur l'apparence de la section, comme sur un caractère bien distinctif. Nous n’attachons donc aucune importance à la mesure des angles dans la section horizontale.

M. le Prof. J. D. Dana a supposé, que les quatre faces de la pyramide des Conularia étaient liées entre elles par une sorte d'articulation, particulière à ce genre.

Il nous semble, que la conception d'une semblable articulation n’est pas exigée, pour expliquer les variations de forme d’une coquille mince et de nature cornée, qui a été exposée à divers degrés de compression dans les roches. Nous n’observons d’ailleurs aucune trace d’articulation, dans nos fossiles les mieux conservés.

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