Sommet de la coquille et cloisons
Dans la plupart des espèces, surtout dans celles qui ont été comprimées dans les schistes, nous voyons les Conulaires se terminer par une pointe aigue. Il en est de même pour les espèces qui sont conservées dans les calcaires de notre terrain. Les Conulaires, qui se présentent dans cet état de conservation, ne nous permettent pas de juger si leur coquille formait une seule cavité à l'intérieur, ou bien si elle était divisée par des cloisons. Au contraire, 5 de nos espèces ensevelies dans les quartzites, et par conséquent préservées de toute déformation, savoir: Conul. Bohemica, Conul. Consobrina (PI. 1), Conul. plicosa (PI. 6), Conul. anomala (PI. 7, 8, 9) et Conul. modesta (PI. 16) offrent, dans plusieurs exemplaires, un sommet arrondi, c’est-à-dire dépourvu de la pointe terminale. La chûte de cette extrémité n’a eu lieu qu'à cause de la séparation facile, au droit d'une cloison, dont on .reconnaît la forme distincte. (Cette cloison parait unique dans tous les individus que nous avons pu observer, et elle est constamment dépourvue de toute trace de siphon.
On sait que divers Gastéropodes, tels que les ÆEuomphalus &c. présentent, vers le sommet de leur spire, quelques diaphragmes ou cloisons, sans siphon, et destinées seulement à retrancher un espace inutile derrière le corps de l'animal. Il y a donc, sous ce rapport, une satisfaisante analogie entre ces Gastéropodes et les Conularia. On remarquera, sur la figure de Conul. consobrina, que la pointe se trouvant brisée sans étre détachée complètement, laisse apercevoir la cloison. Il est probable, que les individus dont l'extrémité est arrondie n’ont perdu leur pointe que par l'effet de la décomposition après la mort de l'animal. Cependant, il serait possible que, dans les espèces qui nous occupent, la pointe fût caduque durant la vie du mollusque, comme dans Bulimus decollatus, parmi les Gastéropodes, et dans Orthoceras truncatum, parmi les Céphalopodes. |
Nous avons constaté dans notre aperçu historique, que des cloisons ont été observées sur certaines espèces de Conularia de divers pays. Mais, le nombre des formes qui présentent cette particularité est partout très limité, par rapport au chiffre total des espèces de chaque contrée.
M. Salter, en décrivant Con. Sowerbyi Defr. a constaté l’existence d’une cloison finement striée suivant le grand diamètre et portant une protubérance centrale. Il explique ces apparences par l'opération du mollusque, pour fermer le trou résultant de la brisure de la pointe de sa coquille. (Voir ci-dessus, 1852.)
Le Prof. J. Hall, après avoir constaté que Conul. undulata, du groupe de Hamilton, c. à d. Déyonien, montre une cloison, au bout d’un spécimen tronqué, ajoute :
La présence d’une cloison dans la partie supérieure de la cavité des Conularia a été observée dans des spécimens au moins de 3 espèces, provenant de 3 horizons géologiques différents, et doit être considérée, soit comme un caractère normal de la coquille, soit comme indiquant que la pointe pouvait être caduque, à mesure que l'animal se retirait de cette partie de la coquille, et que cette disposition avait pour but de le protéger.“ (Fifteenth ann. Rep. p. 63. 1862.)
D'après ces observations, parfaitement concordantes avec les nôtres, il nous semble qu'on ne saurait fonder, sur l'existence des cloisons, aucun argument tendant à ranger les Conularia parmi les Céphalopodes.