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Position du bord ventral et du bord dorsal du mollusque

Nous avons cherché à reconnaître dans les coquilles des Conularia, comme dans celles de nos Nautilides, la position du bord ventral et du bord dorsal du mollusque; mais tous nos efforts ont été

GENRE CONULARIA. MILLER. 19

jusqu'ici sans succès. Tandisque, dans les Nautilides, la. trace du bord ventral se manifeste presque toujours, d’une manière très apparente, soit dans la conformation de l'ouverture, soit dans le sinus des ornemens transverses, qui la représentent, les signes distinctifs du bord ventral, sur la surface externe des Conularia, s'ils ont existé, échappent complétement à nos yeux. Nous sommes dans l'impuissance de les saisir, soit sur les 4 faces semblables et portant des ornemens identiques, soit sur les 4 angles de la pyramide.

Nous n'avons pas même pu résoudre la simple question de savoir, s'il faut considérer le plan médian de la coquille comme dirigé par deux des arêtes opposées de la pyramide, ou bien comme déterminé par les lignes ou rainures médianes de deux faces opposées et symétriquement placées.

D'après la forme de l’ouverture que nous venons d'indiquer (p. 15), si le plan médian occupe la première position, le ventre et le dos du mollusque auraient correspondu chacun à l’une des quatre échancrures angulaires, ouvertes autour de l'orifice. Au contraire, dans la seconde position du plan médian, le ventre et le dos auraient été appuyés sur deux des expansions triangulaires qui terminent les faces de la coquille, et que nous venons de signaler autour de l'ouverture.

Un éminent paléontologue anglais, M. Salter, a aussi étudié cette question et nous avons reproduit ci-dessus (p. 5) la solution qu'il en a proposée, en 1852. Suivant l'interprétation de ce savant, les bords ventral et dorsal correspondraient aux angles obtus que font entre elles les faces de la pyramide. L’angle dièdre ventral, comme l'angle opposé ou dorsal, se distingueraient, parceque la rainure, divisant les faces adjacentes serait plus rapprochée de ces deux angles saillans que des deux autres angles saillans, qui correspondraient aux côtés du mollusque.

L'observation de cette position insymétrique de la rainure des faces n’est mentionnée par M. Salter que dans la description de Con. subtilis, dont la conclusion est reproduite ci-dessus. Nous ne la retrouvons pas parmi les caractères de diverses autres formes congénères, depuis lors décrites par ce savant, avec son exactitude connue.

Ainsi, la position insymétrique de la rainure, sur les faces, paraîtrait une rare exception, par rapport à sa position habituelle, médiane, ou symétrique. ;

Nous serions aussi entraîné à supposer, que la position de cette rainure, sur les faces de Con. subtilis, n’est pas très éloignée de la ligne médiane, ou normale, car le dessinateur ne paraît pas l'avoir remarquée. Du moins, la figure de cette espèce ne differe en rien de celle des espèces les plus régulières, sous le rapport de la division des faces.

Nous avons aussi observé la subdivision ou lobation inégale des faces, dans les Conularia de la Bohème, mais seulement comme une rare exception. Nous en avons aussi fait figurer l'exemple le plus remarquable, sur une face isolée, mais bien conservée de notre Conul. nobilis (PL 7. fig. 1). Dans cette grande espèce, les faces sont habituellement subdivisées ou lobées, par une carène médiane, comme le montre la fig. 13. PI. 6. Mais, le spécimen de la PI 7 nous offre une anomalie très marquée, sous ce rapport, puisque sa carène est notablement éloignée de la ligne médiane de la face figurée.

Cette anomalie, dans un Ptéropode, nous semble encore moins grave que celle de la position du siphon hors du plan médian, que nous avons signalée, par exception, dans divers Nautilides.

Nous devons constater, par contraste, la constance remarquable de la rainure ou de la carène, sur la ligne médiane des faces, dans les nombreuses espèces de la Bohême, et surtout dans les individus de deux de nos espèces les plus prolifiques, savoir: Conul. fecunda (PI. 8—14) et C. anomala (PL 7—8—9). En effet, après avoir passé en revue des centaines de spécimens de ces deux formes, conservant leurs quatre faces bien nettes, nous n’avons jamais remarqué la lobation inégale de ces faces, c. à d. la position insymétrique de leur rainure.

Ces considérations ne nous permettent pas de partager les convictions que M. Salter a puisé dans l’observation de Conul. subtilis, au sujet de la position du bord ventral, dans les Conularia. 3*

Nous ferons seulement remarquer que, cette question pourrait peut-être aboutir à une solution, par l'observation de la courbure de certaines espèces, si toutefois cette courbure se montre constante, soit dans les individus d’une même espèce, soit dans les diverses formes spécifiques, où elle existe.

Les coquilles arquées sont rares parmi les Conularia, et nous ne pouvons en citer que trois, en ce moment:

1. Conul. solitaria (PI. 6) de notre faune troisième est notre seule espèce, qui paraisse présenter cette conformation bien prononcée. Bien que notre spécimen unique soit aplati, il nous semble montrer, que le plan médian, ou plan de courbure, passe par deux des arêtes opposées de la pyramide. Il se dirigerait donc suivant le sens supposé par M. Salter. Cette conclusion est un peu incertaine.

2. Conul. Gerolsteinensis À. V. est décrite, d’après une empreinte, comme étant prolongée à son sommet en une pointe arquée. (Trans. Geol. Soc. VI. p. 352.) Mais le spécimen de roche portant cette empreinte n’a pas été figuré et nous ne pouvons pas recourir, en ce moment, à l’observation de l'original.

3. Conul. cornu-copiae Boll. dont nous donnons ci-dessus (p. 10) les principaux caractères, est en ce moment sous nos yeux, grâce à l'extrême complaisance de M. le Doct. Ernst Boll, qui a bien voulu nous envoyer de Neu-Brandenburg à Prague, le spécimen unique de sa collection, qui représente cette espèce.

Bien que la coquille soit en grande partie engagée dans la roche calcaire, nous pouvons observer deux des faces de la pyramide et reconnaître, que la courbure a lieu dans un plan perpendiculaire à deux faces opposées et passant par la carène médiane, qui divise chacune d'elles. D'après cette position du plan médian, le bord ventral et le bord dorsal correspondraient à deux faces opposées de la coquille.

Cette disposition étant complétement différente de celle qui semble indiquée par notre Con. solitaria, nous ne pouvons déduire aucune conclusion de ces deux observations si divergentes. Nous restons donc dans une complète ignorance, au sujet de la position des bords ventral et dorsal, dans la coquille des Conularia.

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