‹ Systême silurien du centre de la Bohême (volume 5)Chapitre 61 sur 140 · Opercuie · texte numérisé non relu

Opercuie

L'existence d’un opercule dans les Æyolithes nous a été démontrée dès 1854, d’abord par un exemplaire de Hyol. elegans (PI. 11) conservant cette pièce en place, et en second lieu par la présence très-fréquente d'opercules isolés, dans les couches qui renferment des espèces de ce genre. Voir ci-dessus 1854. Nous ne pouvons pas cependant affirmer, que toutes les espèces étaient pourvues de cet appareil. Nous décrivons dans ce travail 33 coquilles différentes, tandisque nous ne connaissons encore qu'environ 19 formes d’opercules. Ce dernier chiffre se rapproche assez du premier, pour donner une grande vraisemblable à la supposition, que toutes les espèces avaient l'avantage d’être fermées par une pièce semblable. Mais, nous allons exposer tout à l'heure un autre fait, qui semble également autoriser la supposition contraire.

Nous indiquons dans le tableau suivant les espèces dont l'opercule est déterminé, soit par l'observation de cette pièce en place, soit par diverses circonstances de gisement, qui rendent cette détermination très vraisemblable.

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1 HNFyOl SCOR PIE DPAET: MAXIMUS . . 10 GE PUSTICUS Eee 15 6, 66 elegans QUE 11 ta 18 OLIS 15

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Nous connaissons en outre les 11 formes suivantes d’opercules indéterminés :

Opercule A Opercule fig. 40. . PI. 15 2 B LEA. JON 3—C PL A18 | 4—D 5—E 6—F eu) ee 10 S—H 9 PER | 15 fig. 46

Nous ferons remarquer que, parmi les 19 opercules connus dans notre bassin, il y en a 16 qui proviennent de notre division inférieure, c. à d. des faunes primordiale et seconde, qui fournissent ensemble 18 espèces de Æyolithes. Au contraire, nous ne connaissons encore que trois formes d'opercules dans notre division supérieure, ou dans la faune troisième, dans laquelle nous avons recueilli 16 espèces de ce genre. Nous rapprochons ces nombres dans le petit tableau qui suit:

Hyolithes Opercules | différence

FauneMTOISIeMe ee CN En 16 3 — 13 FAUNE SECONTE TNT. 13 14 + 1 Faune primordiale . . . + . . . 5 2 — 3

D’après ces chiffres, sur 5 espèces connues dans la faune primordiale, il reste à découvrir l'opercule de 3. De même, parmi les 16 espèces de la faune troisième, il y en a encore 13 dont l’opercule est inconnu. Cette proportion est très considérable et paraît difficile à expliquer, si l'on admet que cette pièce existait dans toutes les espèces.

Par contraste, nous connaissons 14 formes d'opercules dans la faune seconde, tandisque nous ne distinguons que 13 espèces de Æyolithes dans la même faune. Il y aurait donc encore une espèce de ce genre à découvrir, dans les formations de notre étage D.

Mais, nous devons faire observer, que les opercules de cet étage ne se présentent habituellement qu'à l'état de moule interne, résultant de l'impression et de la dissolution de la pièce calcaire. Il peut donc se faire, que nous considérions comme des formes distinctes, des moules correspondant à des degrés divers de décomposition d’un même opercule. Ainsi, nous ne devons pas regarder l’opercule en excès comme indiquant nécessairement une espèce encore à découvrir dans la faune seconde.

Cependant, comme la localité de Vosek, ou la bande d 1, nous présente plus d’opercules divers que d'espèces distinctes de Ayolithes, il est vraisemblable, que nous ne connaissons pas toutes les formes de ce type, qui ont existé durant le dépôt de cette bande; ou bien nous les confondons.

La forme d’un opercule de Æyolithes est si bien caractérisée, qu'après en avoir vu un seul en place, nous n’avons pas pu méconnaître la nature de ceux que nous avons rencontrés isolément. Tout opercule étant destiné à fermer une ouverture plus ou moins oblique, se compose invariablement de deux parties essentielles, savoir :

1. Une partie principale, conique, figurant à peu près la moitié d’un cône, dont la base s'appuie sur le contour demi-circulaire de la grande face de la coquille, toujours saillante en dehors. Cette demi-surface conique présente assez souvent, à sa base, un limbe horizontal, plus ou moins large, qui s'applique exactement sur le bord de la grande face. Le sommet du cône ne s'élève jamais jusqu'à toucher le contour des deux petites faces, et ses deux arêtes latérales n'atteignent pas le bord de celles-ci.

GENRE AYOLITHES. EICHWALD. 65

2, Le vide qui reste est fermé par la seconde partie de l'opercule, qui est située dans un plan perpendiculaire à la grande face de la coquille. Cette partie consiste dans un limbe vertical, dont la largeur varie suivant les espèces, et qui est ajusté par ses bords sur le contour interne des deux petites faces.

3. Entre ces deux élémens principaux de l’opercule, il existe toujours une rainure plus ou moins profonde, qui permet de les distinguer l'un de l’autre, surtout lorsqu'on a sous les yeux le moule interne. Cette rainure, figurant deux lignes symétriquement placées, ou un chevron, embrassant la partie conique, semble représenter la surface d'attache de certains muscles, destinés à opérer les mouvemens de l'opercule.

4. De plus, nous trouvons, dans plusieurs espèces, deux cavités plus où moins profondes, qui nous semblent aussi représenter les points d'attache d’une autre paire de muscles. Ainsi, l’opercule de Hyol. maximus (PI. 10) nous montre ces deux cavités symétriquement placées de chaque côté du sommet du cône. Elles sont fondues en une seule dans celui de Æyol. parens, même planche. Les opercules F—G (PI. 10), nous montrent aussi deux petites cavités, régulièrement disposées, par rapport au cône et on peut retrouver, dans la plupart des autres, la trace plus où moins apparente d’une semblable disposition.

D'après ces apparences, on pourrait concevoir, que l’opercule était manoeuvré au moyen de deux paires de muscles, les uns extenseurs, les autres rétracteurs. Cependant, nous devons constater, que nous ne trouvons aucune trace des points d'attache de ces muscles, sur les petites faces de la coquille, où on devrait s'attendre à les rencontrer. On devrait donc penser, que l’opercule était immédiatement fixé au corps du mollusque, qui entraînait cette pièce avec lui, en s'étendant hors des bords de sa coquille.

Comme les fossiles observés ne sont que les moules internes des opercules, il s’en suit que les points d'attache des muscles sur ces pièces avaient un relief plus ou moins prononcé, que nous voyons traduit par des cavités ou par des rainures, sur l'impression de leur paroi interne dans la roche.

D'après ce que nous venons de dire des opercules, on conçoit que leur forme générale, le rapport entre l'étendue de la partie conique et du limbe vertical, les rainures et les cavités pourraient fournir d’excellens caractères spécifiques, si on trouvait plus fréquemment ces pièces en place.

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