C. Le test de- l’hypostôme
D. Tableau synoptique des Trilobites dont l’hypostôme est connu.
E. Les variations dans la forme de l’hypostôme.
L Données historiques.
1821. Le plus ancien hypostôme connu, est figuré et décrit par Wahlenberg, sous le nom de Entomostracites Bucephalus. (Nov. act. Soc. Sci. Upsal. VIII. 37. PL 1, fig. 6.).
1822. Ch. Stokes découvre sous la tête d’Asaphus platycephalus, (Isotelus gigas De K.) une pièce crustacée, placée à l’entrée de l’estomac; et il la décrit dans les Transact. géol. ( Nouv . sér. I. 208. PL 27.;
HYPOSTÔME, EPISTÔME DES TRILOBITES.
La même année, le savant américain De Kay décrit et représente le même appareil , que nous retrouvons figuré par Buckland dans les Bridegw. treatises. en 1837.
• ^ro^“' Eichwald figure une pièce semblable, dans l’intérieur de Cryptonimus Pan-
f1) (Asaph. expansus. Daim ), et présume qu’elle pouvait servir à supporter les mâchoires. (Geog. zool. per Ingr. nec non de Tril. obs. p. 29. PL 3. fig. 1. 6).
L’année suivante, le Cie. Razoumowsky touche le même sujet, dans les annales des Sciences naturelles ( Mil 186. PI. 28 et 29). Nous avons le regret de n’avoir pas pu consulter son mémoire.
1827. ^ Ch. Boeck discute la nature du fossile nommé Tril. Bucephalus. Wahl, et il est porté à le considérer, comme faisant partie de la surface inférieure de la tête de Tr. Bohémiens et de 7> Tessim, avec lesquels on le rencontre soit en Bohême, soit en Suède. / Noiits . til. Lacr. om Trilob. — Magaz. for Naturwid. I. Vol. 1. Cahier.)
1830. Le Proff. Pander, dans ses laborieuses recherches sur l’organisation des Trilobites, figure et décrit le bouclier sternal = Brustschild, de trois espèces appartenant à autant de genres : As. expansus, Amph. frontilobus , Cal. macrophtalma. Laissant de côté la question de savoir, si le dernier appartient réellement à l’espèce indiquée, nous devons reconnaître, que ce savant ne négligea rien pour établir la forme et la position de ces corps. Il en distingua les appendices ou aîles, et il s assura que ces aîles s’attachent à l’enveloppe de la tête d’As. expansus • dans la région des yeux. (Beitr. z. Geogn. Russ. p. 126. PL IV — IV. B — IV. C.).
1835 Sars décrit avec beaucoup de détail l’hypostôme d’As. expansus , As. dilatatus et HL cvassicaud a, dont il donne des figures, flsis. 1835. 341. PI. 9). Il reconnaît l’existence des aîles recourbées, qui rattachent le corps principal à l’enveloppe céphalique, vers l’extrémité de la suture faciale. Quant aux fonctions de cette pièce, il admet comme vraisemblable, qu’elle était destinée à entourer la bouche, et à servir de base aux mâchoires. Son travail se trouve paraitement confirmé par les faits que nous avons observés, sauf quelques variations pour les points d attache des aîles; variations qui probablement se renouvellent à chaque espèce et à chaque genre.
1839. Sir Rod. Murchison figure le dessous d’une tête d’As. Buchi Brone;. qui montre en place l’hypostômé. (SU. Syst. PL. 25. fig. 2).
1839. Le Prof,,. Goldfuss décrit Arges armatus, d’après un exemplaire qui présente l’hvpostôme en place. (Nov. Act. Ac. Cur. &c. p. 355. pi. 33. fig. i. a-c.) Ce même exemplaire a ete de nouveau figure et décrit par le Prof:. Beyrich. ( Unters . üb. Tril. IL p. 8. PI. I. fig. 2. 1846) Dans le travail que nous venons de citer, le Prof:. Goldf. décrit et figure sous le nom de Tnacanthus deux hypostômes. L’un portant une pointe au bord buccal, paraît appartenir à un Phacops du groupe de Phac. latifrons, et peut-être au type lui-même; l’autre a beaucoup d’analogie avec 1 hypostôme des Dalmania.
1843. Le CapitL Portlock représente l’appareil buccal (buccal apparatusj d’Isotelus planus
= gigas (Déport, geol. Londond. PI. VII et VIII J et sous le nom de Nuttainia? obscura, l’hypo¬
stôme d’un Lichas, probablement de Nuttainia hibernica (PL 24. fig. 4.).
1843. Le Prof:. Burmeister décrit et figure l’hypostôme de Parad. Bohémiens, supposé identique à Par. Tessim de Suède. (Organ der Tril. p. 79. PL I. fig. 7).
1844. Le savant de Koninck décrit et figure, sous le nom de Gyclus BrorCgnartianus , un
hypostôme, qui appartient vraisemblablement à l’une des Phillipsia décrites par le même paléontologue. (Terr. Carbon, de Belgique. PL 52. fig. 9)
1845. Les auteurs de la Géologie de la Bussie et de l’Oural figurent l’hypostôme en place, de Amph. frontilobus , sous le nom de Calym. Fischeri, (PL 27. fig. 11. b)
1845. Le Prof:. Lovén décrit et figure l’hypostôme de Lichas (Metopias = AmpyxJ pachyrhinus (Ofvers. of Kong l. Vetensk. AK. Forhandl. April. 18 45 J.
1847. M. Corda emploie l’hypostôme dans la détermination de beaucoup de Trilobites de Bohême; mais il commet à cette occasion, des erreurs assez graves, que nous aurons à rectifier dans le cours de cet ouvrage. (Prodr. ein. Monogr. der Bôlm. Trilob)
1847. Le D,L A. de Volborth décrit et figure l’hypostôme de Zethus verrucosus. (Verhandl. der k. miner. Gesell. St. Petersburg.)
1848. Le DL S. Kutorga décrit et figure l’hypostôme de As. expansus, et démontre que cette espèce ne possède réellement aucun épistôme. (Verh. der k. min. Gesell. St. Petersb)
1848. J. Hall décrit et figure l’hypostôme des espèces suivantes : Isotelus gigas, Calym. senaria, Ceraurus pleur exanthemus, Calym. ( Triarthrus) Becki. (Palaeont. of N. York.).
1848. M. M. le Profit Phillips et Salter décrivent et figurent l’hypostôme dç Calym. tuberculosa. ( Mem . geol. Surv. Part. I. 342. PL 12.)
1849. M.' Salter décrit et figure l’hypostôme des espèces suivantes: Dalmania caudata, As. tyrannus , Ogyg. Buchi et Calym. tuberculosa. (Mem. geol. Surv. II. Dec)
B. Forme générale et détails de l’hypostôme.
On sait que l’hypostôme s’attache par son bord antérieur au bouclier sous-frontal des Tnlobites au moyen de la suture hypostomale, et qu’il reste libre par sa partie postérieure. La forme de cet appareil varie dans ses détails, suivant les genres et les espèces, mais on peut toujours y distinguer les élémens suivans : (Voir Daim, socialis. PI. 2b.)
1. Le corps central, plus ou moins ovale, est toujonrs bombé extérieurement. Cette plaque bombée porte souvent des saillies et des empreintes creuses , dans le voisinage ^ de la bouche. Leurs formes varient suivant les espèces, mais en conservant toujours les caractères genenques. Nous les considérons comme les points d’attache des muscles et des mâchoires.
2 Les aîles ou appendices latéraux placés près du bord antérieur, forment de chaque côté une surface gauche, qui se reploie dans l’intérieur de la tête, de manière à devenir presque perpendiculaire à l’hypostôme Ces aîles vont se souder par leur extrémité, sur l’un des sillons de la glabelle, mais le mode d’ajustement varie suivant les genres. Ainsi: dans Parad. Bohémiens dont la tête est aplatie, les aîles ont une faible inclinaison par rapport au corps central ; elles ont peu de développement, et elles se soudent sur la trace intérieure du sillon dorsal, suivant une ligne très-distincte de la suture faciale. Nous observons une disposition très-analogue dans les Dalmania du groupe de Daim. Hausmanni. Les aîles aboutissent aussi sous le sillon dorsal, qui dans cette partie, se trouve coincider avec la direction de la ligne faciale. Daim, socialis ayant une tête plus épaisse que les espèces précédentes, les aîles de l’hypostôme sont aussi plus développées; elles se recourbent à angle droit derrière le corps principal, et elles s ajustent sur le sillon antérieur de la glabelle. Dans Placops breviceps et la plupart des espèces du groupe de Ph.latifrons Bronn. les aîles de l’hypostôme vont aussi s’ajuster sur le même sillon. Nous devons remarquer, que dans le groupe dont nous parlons, ce sillon antérieur est tres-peu prononcé, et souvent invisible. Ce fait montre la justesse de l’observation de M. Leop. de , Buch : que les traits les moins sensibles, lorsqu’ils sont constans , doivent avoir une valeur caractéristique dans la détermination des espèces.
Cheirurus insignis. Beyr. a un hypostôme beaucoup plus bombé que ceux dont ^ nous venons de parler; mais les sillons ‘dorsaux étant très-profonds, le développement des aîles n est pas trèsconsidérable. Elles forment un angle droit avec le corps central, et elles s’ajustent a la iois sur le sillon dorsal et sur les extrémités des deux premiers sillons de la glabelle.
Les aîles sont simplement destinées à assujétir l’hypostôme, qui ayant une forme alongée, aurait pu vaciller, s’il n’avait été maintenu en place que par la suture hypostomale et les muscles. Si l’on admet que l’hypostôme portait les appareils de la mastication, on concevra aisément 1 importance de la fixité de cette pièce.
3. Bords latéraux. Ces bords sont tantôt séparés des aîles, par un certain intervalle, comme dans les Cheirurus (PL 41.) tantôt unis avec elles, comme dans les Proetus (PL 17) &c. Ils Retendent d’ailleurs sur les côtés et la partie postérieure du corps principal, dont ils sont distingues
HYPOSTÔME, EP1STÔME DES TRILOBITES.
par une impression creuse, concentrique. Les bords latéraux se reploient à angle droit, sous la surface extérieure dans divers Trilobites, et notamment dans les Cheirurus. Leur largeur relative par rapport au corps central et leur forme, varient suivant les genres et suivant les espèces.
4. Bord postérieur ou buccal. Ce bord est toujours formé par la réunion des deux bords latéraux. Son contour extérieur varie beaucoup. Tantôt il est prolongé en languette, comme dans les Cromus et Amphion (PI. 43.) ; Tantôt il est arrondi comme dans le groupe de Daim, socialis déjà cité; tantôt il est plus ou moins écbancré. L’échancrure est sensible dans plusieurs Lichas (PL 28.) et Acidaspis (PI. 36 à 38). Mais elle prend un caractère beaucoup plus prononcé dans les genres: Asaphus, Calymene et Illaenus, où elle pénètre à travers le bord buccal jusqu’au corps central de l’hypostôme. Alors le bord se trouve divisé en deux languettes plus ou moins aigues, qui ont été d'abord remarquées dans les Asaphus, et ont fait donner à leur hypostôme le nom d’appendice ou de corps fourchu, par lequel il a été primitivement connu.
5. Le contour de l’hypostôme est le plus souvent uni, mais il offre aussi dans un assez grand nombre de cas, des pointes horizontales ou épines, que nous considérons . comme des ornemens. Cette opinion nous paraît fondée sur cette circonstance, que les pointes existent sur certaines espèces, tandisqu’ elles manquent dans d’autres, entre les limites d’un même genre. Nous citerons les Dalmania, Proetus, Cheirurus, &c. Ainsi, toutes les Dalmania de Bohême, appartenant au groupe de Daim. Hausmanni, ont cinq pointes distribuées autour de l’hypostôme , tandisque nous n’en voyons jamais autour de cette pièce, ni dans les espèces du groupe de Daim, socialis de notre terrain, ni dans le groupe de Daim, caudata d’Angleterre. Parmi onze hypostômes de Proetus, que nous avons fait figurer, huit sont pourvus de pointes , tandisque trois en sont privés. Cheir. gibbus et Ch. Sternbergi, portent deux pointes sur le contour buccal; dans tous les autres,, nous n’en observons aucune. Une telle inconstance dans l’existence des pointes, indique assez leur nature purement ornementale.