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Bronteus

Or parmi ces genres, un seul, Bronteus fournit quelques espèces striées. Nous ne trouvons des striés dans aucun autre. Le rapport des genres sans stries aux genres stries est donc de 10: 1, c. à d. bien plus grand que ceux que nous avons établis ci-dessus, savoir: -9. lb dans l’ensemble de la tribu, et 4 : 1 dans notre étage calcaire supérieur G.

Pour étendre notre comparaison aux espèces Dévoniennes, nous aurons recours dans chacune des principales régions, aux travaux des paléontologues.

1. Pour l’Eifel, la plus récente énumération des formes spécifiques est, à notre connaissance, celle du Prof,!. C. F. Roemer, dans son ouvrage: das Rkeinische. Ubergangsgebirge 1844. Or,

NATURE ET ORNEMENS DU TEST DES TRILOBITES

nous y trouvons (p. 95) une liste de 18 espèces, parmi lesquelles une seule est striée, savoir, Bront. scaber Goldf. (Jahrb. 1843. Hft. Y. PI. VI. fig. 5.) Nous ferons remarquer, que nous admettons ces stries d’après la figure, car le texte n’en mentionne aucune, si ce n’est sur l’axe rudimentaire. Il est très-vraisemblable que la glabelle isolée et striée, qu’on trouve dans ce dernier mémoire, sous le nom de Br. signatus (PL Y. fig. 4) appartient à la même espèce, car toutes les autres formes de pygidium figurées par Goldfuss, sont lisses ou granulées. D’après ces indications, le nombre des espèces sans stries, serait à celui des espèces striées, comme 16:1, dans les formations de l’Eifel.

2. Pour le Harz, Fr. Ad. Roemer dans son ouvrage: Versteinerungen des Harzgebirges 1843, a décrit 12 formes de Trilobites, parmi lesquelles nous ne trouvons qu’une seule espèce striée. Ce savant l’identifie avec Br. signatus, mais ML le Profil. Beyrich l’a reconnue indépendante et nommée Br. insignitus. (Unters. üb. Trilob. II. p. 15). Dans cette région, le rapport considéré serait donc de 11:1.

3. Pour le Grand Duché de Nassau, les docteurs Sandberger viennent de publier la description de 15 espèces, parmi lesquelles le genre Bronteus n’est représenté que par Br. alutaceus dont la surface est aussi granulée. Il y a absence complète de stries dans les Trilobites de cette région Dévonienne, car nous n’en voyons aucune indication quelconque, ni dans le texte, ni sur les .figures.

4. Dans le Devonshire, le Profil. Phillips a décrit 10 Trilobites, parmi lesquels un seul est strié, savoir, Bront. signatus. (Pal. foss. of Cornw. Devon fyc. 1 841. J Le rapport entre les espèces sans stries et les espèces striées serait donc de 9 : 1 dans cette contrée. Il est probable que des découvertes postérieures à la publication de l’ouvrage cité, ont déjà modifié cette proportion.

Si nous rapprochons les divers rapports résultant des documens publiés dans les quatre principales contrées Dévoniennes, nous voyons qu’ils varient depuis le minimum 9:1 jusqu’à la totalité. Si on se rappèle, que dans l’ensemble du terrain Silurien de Bohême, le nombre des espèces sans stries est à celui des espèces striées : : 4:1 (p. 250) et que dans notre étage calcaire supérieur G, le même rapport est :: 5:1. on ne peut s’empêcher de reconnaître, qu’un progrès très-considérable dans le même sens, a eu lieu durant l’époque des dépôts Dévoniens.

Il nous paraît donc également constaté, par l’observation des espèces et des genres, que le nombre des Trilobites ornés de stries a été relativement plus petit dans le Système Dévonien, que dans le Système Silurien, par rapport au nombre des Trilobites non striés.

IV- Dans le Système Carbonifère, les Trilobites ne sont représentés que par deux genres: Phillipsia et Griflithides, dont les limites réciproques nous semblent encore un peu incertaines. Le premier de ces types comprend environ 12 à 14 espèces, décrites et figurées par Phillips, de Koninck, Portlock, de Verneuil et Keyserling &c. Le second n’est connu que par 4 espèces que nous trouvons principalement dans l’ouvrage du CaptL Portlock sur l’Irlande. Or, si on examine les figures de tous ces Trilobites, on voit, qu’en exceptant quelques formes lisses, tous sont ornés de granulation ou de tubercules prononcés. Les stries ne se montrent que sur le limbe d’un petit nombre d’espèces, comme Griff. globiceps et longispinus, Phillipsia f Archeg .) aequalis. Dans aucun cas, nous ne trouvons des stries sur le reste du corps. Nous avons déjà dit, au sujet des Proetus , que les stries du limbe ne paraissent avoir aucune relation avec celles que nous considérons sur la surface dorsale. Les premières se montrent constamment dans cette famille, même sur le bord des espèces granulées, et elles nous sembleraient une extension des stries de la doublure. Ce qui confirme cette opinion, c’est que dans les Proetus, lorsqu’elles coexistent avec des stries propres à la paroi dorsale, elles se distinguent toujours de ces dernières, par leur forme et par leur direction- différentes. Ainsi, l’existence de quelques stries sur le limbe des Phillipsia et des Grijfithides, lors même qu’elle serait générale, confirmerait seulement à nos yeux les affinités nombreuses qui les lient aux Proetus, mais elles ne nous empêcheraient pas de considérer les espèces du terrain Carbonifère, comme appartenant à la catégorie des Trilobites lisses et granulés.

gg 4 SYSTÈME SILURIEN DU CENTRE DE LA BOHÈME.

En partant de ce point de vue, nous reconnaissons dans les derniers Trilobites qui représentent la tribu, la confirmation des observations exposées dans ce paragraphe.

Nous croyons donc pouvoir résumer ce qui précède, en disant: que dans la période d’existence embrassée par les Crustacés paléozoiques , on remarque une tendance continue , vers la disparition des stries ornant la surface dorsale. (Nous avons constate ci-dessus, une tendance opposée sur la paroi ventrale). Ce résultat n’est pas sans analogie, avec celui que M. M. dArchiac et de Verneuil ont obtenu, relativement aux ornemens de la classe des Brachiopodes.

<§. 12. Etat de conservation du test des Trilobites de Bohême.

En déterminant les espèces, il est important de considérer 1 état de conservation dans lequel se présentent les individus, car les apparences qui en résultent, sont quelquefois si diverses,, qu on pourrait aisément être induit en erreur et supposer différentes formes spécifiques, là où il n’en existe qu’une seule. Nous avons déjà signalé des méprises de ce genre, causées par la présence et l’absence accidentelle des pointes génales, dans Conoceph. Sulzeri, et autres Trilobites (p. 152). Le passage que nous citons, était déjà imprimé, lorsque nous avons eu connaissance des nouvelles observations sur l'Organisation des Trilobites, que le Profil. Burmeister a eu la bonté de nous

communiquer. (Zeitg. für Zool. &c. Febr. 1848.) Ce travail commence par une description très-

intéressante de l’espèce des environs de Beval, que l’auteur identifie avec Phac, sderops, et dont il expose les apparences extrêmement dissemblables, suivant que les individus sont à létat de moule intérieur, ou pourvus de leur test. Outre les différences dans la lobation de la glabelle, il fait ressortir les contrastes entre l’angle gênai arrondi dans le premier cas, et orné d une large et longue pointe dans le second. Il montre également la grande diversité de forme que les segmens thoraciques, et le pygidium présentent, suivant ces deux états. A cette occasion, Burmeister analyse très-distinctement le test, et il reconnaît comme nous, la forme et 1 étendue. de la doublure, sous les anneaux de Taxe, bien qu’il ne lui donne aucune dénomination particulière. Nous sommes heureux de voir, que les observations dun savant si distingue, se trouvent en parfaite harmonie avec celles auxquelles nous avons été conduit, par des études isolées et indépendantes, sur les Trilobites de Bohême.

L’état de conservation des Trilobites nous paraît dépendre uniquement de la composition chimique des roches dans lesquels leurs restes sont ensevelis. Aussi voyons nous souvent une

diversité très-notable dans l’aspect et la nature de la surface de ces restes , lorsque nous ne

pouvons distinguer la moindre différence, entre les apparences des roches qui les renferment. Parcourons brièvement nos divers étages, pour constater les faits.

I. Les deux principaux gîtes de notre étage C , Ginetz et Skrey nous présentent le plus frappant contraste dans l’état de leurs Trilobites. Nous avons déjà dit, combien sont semblables sous les rapports pétrograpbiques, les schistes argileux de ces deux localités. Esquisse géologique ci-dessus (p. 63). Cependant, les fossiles s’y présentent sous des aspects très-différens. A Ginetz, nous n’apercevons presque aucune trace de la substance du test; tout ce qui en reste, c est une couche d’oxide de fer brun , d’une telle ténuité , qu’on a peine à la distinguer de 1 empreinte. A Skrey, le test se trouve métamorphosé en oxide jaune *de fer, par la substitution pseudomorphique de cette substance au carbonate de chaux, qui probablement constituait la majeure partie de cette enveloppe. Malheureusement, l’ocre jaune est sans consistance, et dans un état pulvérulent, de sorte qu’au moment où on ouvre -la roche, cette substance se disperse, et I on perd ainsi la surface supérieure du test. Ordinairement, il ne reste en lavant, que 1 impression trèsdistincte de la surface inférieure. Cependant, il existe dans nos collections quelques exemplaires de diverses espèces, dans lesquels la surface supérieure s’est conservée, par suite dune plus grande cohésion de l’oxide de fer.

Les différences que nous venons d’indiquer, supposent une action chimique différente de la part des schistes sur une substance identique, qui est le test des mêmes espèces trouvées dans

NATURE ET ORNEMENS DU TEST -DES TRILOBITES

les deux localités. Mais il ne faudrait pas croire, que cela entraîne une grande diversité dans a composition de ces schistes, car à Skrey, par exemple, des couches en apparence semblables aux autres, fournissent cependant des fossiles de couleur brune, et dans un état entièrement comparable à celui des frilobites de Ginetz. Nous remarquons ce même état sur les fossiles de divers autres gîtes de la bande schisteuse de Skrey, tels que Kaurzlmetz, Czilla, Klein-Lohowitz &c. Ailleurs, comme près le moulin de Slap, ou trouve les deux étals de conservation réunis II en est de même sur la bande schisteuse de l’autre côté du bassin, car, tandisque les Trilobites de Zator et de Welka ont le même aspect que ceux de Ginetz, ceux que nous avons découverts à Hrachowischt ressemblent aux fossiles de Skrey.

Tous ces faits concourent à démontrer de plus 'en plus l’identité des roches qui constituent les deux bandes schisteuses de notre étage G, et font voir combien il serait difficile de rendre raison des variables apparences du test des Trilobites, si ce n’est par les réactions chimiques exercees sur sa substance, durant le laps de tant de siècles.

II. Les formations de l’étage D nous offrent aussi leurs fossiles à divers états de conservation, suivant la nature de leurs roches.

1. Dans les Quartzites, le test a constamment disparu, mais en laissant un vide correspondant à son épaisseur. L’empreinte qui reste au dessus et au dessous de ce vide, est colorée par une couche très-tenue d’oxide de fer de couleur tantôt jaune, tantôt brune. C’est -ainsi que se présentent les fossiles de Wesela, et de plusieurs autres localités, sur les ML Drabow &c. &c. Cet état est analogue à celui des Trilobites de Ginetz, et le vide qui existe, s’explique tout naturellement par suite, de l’incompressibilité des sables fins qui ont donné naissance aux quartzites, au milieu desquels l’enveloppe des Trilobites a occupé un certain espace, et n’a été dissoute qu’à la longue.

Quelques bancs de quartzite blanchâtre des monts Drabow nous fournissent des Trilobites présentant le même vide à la place du test, mais les deux empreintes sont sans autre couleur que celle de la roche.

Enfin, sur les mêmes montagnes, dans des quartzites de couleur- grise, nous trouvons Daim, socialis au même état de conservation que les fossiles de Skrey. Son test •métamorphosé enoxide de fer jaune, persiste partiellement, mais en général il s’écaille et tombe en poussière par la percussion du marteau. ' r

, En somme, 1 oxide de fer joue dans les quartzites le même rôle que dans les schistes de I étage C. C’est lui qui se substitue au calcaire de l’enveloppe, absorbé par la masse ambiante, ou dissous par la filtration des eaux.

2. Les schistes de l’étage D étant de nature diverse, ont aussi réagi d’une manière variée sur le test.

a) Les schistes noirs feuilletés des côteaux de Winice et les schistes très-micacés de Zahorzan , Praskoles &c. nous présentent le test transformé en oxide de fer diversement coloré, qui persiste comme dans Trin. ornatus. Très-souvent cette couche est réduite à une telle ténuité, qu’elle se distingue à peine de 1 empreinte. Rarement on rencontre dans la première de ces formations, des individus dont 1 enveloppe est changée en sulfure de fer. Nous citerons cependant quelques exemplaires ainsi conservés, des espèces: Trin. ornatus, Dionide formosa et Aeglina rediviva. Parfois une partie du corps a seule éprouvé cette transformation, dont l’apparence uniforme de la roche ne permet pas de soupçonner la cause.

b) . Dans les schistes gris-jaunâtres de Konigshof, le test se montre quelquefois conservé, avec une apparence cornée et une couleur noirâtre , comme dans divers exemplaires de Remopleurides radians , sur lesquels on peut apercevoir des ornemens très-délicats. Ordinairement,

1 enveloppe testacée a disparu, en laissant son empreinte couverte d’une pellicule ferrugineuse.

III. Les Trilobites ensevelis dans les calcaires ont' généralement conservé leur test, ce qui se conçoit aisément, car au milieu d’une masse de même nature, il ne pouvait se développer

ggg SYSTÈME SILURIEN DU CENTRE DE LA BOHÊME.

aussi aisément, des affinités absorbantes pour le carbonate de chaux de cette enveloppe. Tl faut cependant qu’il se soit passé une action chimique dans cette substance, puisque nous ne pouvons plus y reconnaître aucune trace de la structure animale. Nous jugeons aussi, par les apparences du test qui reste, que l’action dont nous parlons a été différente, suivant la nature très-variable du calcaire dans lequel il a été enfermé si long-temps. La couleur varie du blanc au brun foncé ; elle est quelquefois plus ou moins altérée, suivant l’état de décomposition des couches. L’épaisseur est aussi très-variable. Ainsi, dans les calcaires de St. Iwan, appartenant à letage inférieur E, nous apercevons une très-mince pellicule blanche, qui ne se conserve que par parcelles sur l’empreinte ; tandisque la plupart des Daim, du type de D. Hausmanni, qui se trouvent dans le calcaire supérieur G, présentent une enveloppe d’une épaisseur qui dépasse parfois un millimètre. Nous ne savons pas juger, si l’extrême ténuité mentionnée dans le premier cas, ne dépendrait pas en partie de l’état de conservation, c. à d. de la nature chimique de la

roche ambiante. A

Nous rappèlerons en passant, qu’à côté des Trilobites dont le test parait parfaitement conserve,

dans les bancs de notre étage calcaire supérieur G, nous trouvons des Céphalopodes dont la coquille a été complètement dissoute (p. 84). Ce fait indiquerait une" composition chimique notablement différente dans les deux classes, sur lesquelles les mêmes influences ont produit des

effets si différens. . , , , ,,

IV. Les fragmens de Trilobites que nous rencontrons dans les schistes de notre etage

culminant, H, recouvrant les calcaires, ne nous laissent apercevoir aucune trace du test, dont la substance et l’épaisseur ont complètement disparu, en ne laissant quune empreinte. , /

En résumant les faits que nous venons d’exposer, on en déduit les résultats generaux

qui suivent: , , . , , ,

1. Le calcaire formant l’enveloppe des Trilobites a été absorbe dans^ presque toutes les

formations de schistes et de quartzites, appartenant aux deux étages C, D, c. à d. dans la division inférieure de notre Système Silurien. Ce test n’a été conservé que par exception, dans quelques couches schisteuses. Ces schistes ne produisent aucune effervescence avec les acides, ce qui montre l’absence du carbonate de chaux, et explique sa disparition.

2. La substance absorbée a été remplacée par l’oxide de fer, tantôt brun, tantôt jaune,

suivant les couches.

3. Dans les calcaires des étages E, F, G, c. à d. dans presque toute 1 etendue verticale de notre division supérieure, le test s’est généralement conservé, en subissant toutefois une modification qui lui a fait perdre sa structure animale. Il se présente dans un état cristallin analogue a celui des Crinoïdes. Mais son apparence et sa couleur varient suivant chaque localité, ou chaque banc, et aussi en raison de la décomposition de la roche, quelquefois dans l’étendue d un même mdivi u.

Les variations que nous signalons dans nos diverses formations, sous le rapport de 1 état de conservation, doivent à plus forte raison se manifester, si l’on considère les terrains Siluriens des contrées éloignées. ML Rouault qui a porté une attention particulière sur la transformation subie par le test des Trilobites, dans les schistes Siluriens- de la Bretagne, est arrive a cette conclusion: que le calcaire a été remplacé par le sulfure de fer. (Mena. sur les Tnl. Bull. soc. géol. de Fr. 2. sér. IV. 309). C’est un phénomène analogue à celui que nous avons observe; seulement le fer se trouve à un état différent de combinaison, à cause sans doute, de la nature chimique différente des schistes, dans les deux régions comparées. La conversion en sulfure qui paraît l’état commun en Bretagne, est purement exceptionnelle en Bohême, et il est vraisemblable

que l’inverse a aussi lieu. .

Tandisqu’en Bohême les Crustacés de la division Silurienne inférieure ont moms^ bien conservé leur test que ceux de la division supérieure, le contraire arrive en Suède, d’apres Wahlenberg. Ce contraste s’explique aisément, par la présence d’une grande quantité de calcaire dans la division inférieure de Suède, et par l’absence de cette substance dans les formations de lage correspondant en Bohême. Beaucoup d’autres causes locales, qu’il ne nous est pas permis d’apprécier, peuvent avoir contribué à cette différence.

METAMORPHOSES DES TRILOBITES

Section VII. Métamorphoses et mode d'existence des

Trilohites.

Cette section renferme nos études sur deux sujets, savoir:

Chap. I. Métamorphoses des Trilobites.

Chap. 2. Mode d’existence des Trilobites.

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