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.Les changemens que les jeunes Crustacés éprouvent après leur sortie de l’oeuf, peuvent .être considérés comme étant le complément des métamorphoses de l’embryon; tantôt ces méta- «morphoses ont lieu presque entièrement avant que le jeune ait quitté les membranes de 1 oeuf;
• mais d’autres fois, il naît en quelque sorte avant terme, et continue encore après sa naissance, «à présenter des changemens de structure analogues à ceux que les premiers éprouvent dans la •vie embryonnaire.
• Ces modifications sont de deux ordres: les unes consistent dans 1 apparition dun ou de
• plusieurs anneaux du corps et des membres qui en dépendent; les autres dans des changemens
• qui s’opèrent dans la forme et les proportions de parties qui existent déjà à l’époque de la
• naissance, et qui persistent pendant toute la durée de la vie, ou disparaissent plus ou moins . complètement.
• Les Décapodes paraissent tous naître avec la série complète de leurs anneaux et de leurs
•membres. Il en est de même pour certains Edriophtalmes .
•Dans le groupe des Entomostracés, les jeunes sont bien moins avancés dans leur dévelop-
• pement ; en général, on n’y distingue encore que les membres céphaliques, et sous ce rapport,
• ils ressemblent à l’embryon de l’écrevisse vers le commencement de la seconde période d’in-
■ cubation; les anneaux thoraciques et abdominaux, ainsi que les membres qui en dépendent,
• n’apparaissent que successivement, et ce n’est qu’après avoir changé de peau une ou plusieurs
• fois, que ces animaux parviennent à l’état parfait. •
•Dans le groupe des Décapodes Macroures, ces changemens de forme ne paraissent être
• que très-légers; ils ne consistent guères que dans un développement proportionnel plus rapide
• de l’abdomen, et dans l’augmentation des différences qui existent déjà dans la forme des
• diverses pattes. . . ■ ■ • • ■ • • • • •
■ Chez .les Copépodes &c. les métamorphoses sont bien plus complètes; les jeunes sont en
• général presque sphériques, et ressemblent beaucoup a l’embryon des Crustacés supérieurs, donl
■ les membres de la portion céphalique du corps seraient très-développés et les autres encore
• nuis. (pp. 198. 199.)
Le Profil. Burmeister dans son traité sur l’organisation des Trilobites, s’exprime dans le meme sens, et cite ses propres travaux sur les Phyllopodes, et les recherches plus récentes et plus étendues de Zaddak et Joly, comme confirmant également le fait de l’apparition successive des articulations, dans divers Crustacés vivans. Les écrits de ces deux derniers investigateurs n étant pas à notre disposition, nous nous bornerons à traduire le passage dans lequel le savant professeur de Halle décrit le développement progressif observé par lui sur les Phyllopodes.
• Tous les Phyllopodes sont soumis à une véritable, métamorphose de nature progressive. ■Au sortir de l’oeuf, ce sont des animalcules non articulés, en forme de poire, portant à leur
• extrémité antérieure, la plus grosse, un oeil simple , deux paires inégales de pieds-nageoires, qui
■ deviendront les antennes, et un troisième organe de locomotion qui se transforme plus tard en
• véritable mâchoire. Ces jeunes sont toujours nus, sans test, soit que les adultes possèdent une
■ carapace, soit qu’ils n’en aient aucune. Dans ce dernier cas, les jeunes n’ont jamais une en- •veloppe protectrice. Mais si les adultes ont un test, on aperçoit la première trace de cette
■ enveloppe, immédiatement après la première mue, sous la forme d’un pli de la peau, qui partant
■ de la nuque, couvre déjà la moitié du tronc. Après cette période, le jeune est déjà considé-
■ rablement plus grand, son corps s’est épaissi, et montre sur les côtés, derrière le troisième
■ organe locomoteur, des rainures d’où se développent peu à peu les pattes. Tant que celles-ci
• sont imparfaites, l’individu conserve sans modification de forme, ses trois paires d’organes de «mouvement. Mais lorsque les pieds qui naissent sur les flancs du tronc, ont acquis les dimen-
■ sions relatives, appropriées à celles de l’animalcule, les premiers organes locomotifs commencent
MÉTAMORPHOSES DES TRILOBITES
„a se rapetisser, et ils prennent peu à peu leur forme définitive, souvent très-rudimentaire. „ Alors on voit clairement, que ce sont les véritables antennes du Crustacé adulte. Le développement de 1 oeil suit la même marche. A l’origine, c’est un petit point unique: mais vers „1 epoque ou la moitié antérieure des pieds du thorax s’est développée, apparaissent deux autres „points de couleur foncée, auprès du premier, et de leur ensemlde se forment peu à peu les „yeux composés, en suivant le progrès des autres organes. Il ne faut pas d’ailleurs beaucoup „de temps pour le développement de toutes les parties, car on voit les membres tardifs déjà „isoles et avec leur forme complète, lorsque l’individu présente à peine la centième partie de „la taule quil doit atteindre. A partir de cette époque, il croît régulièrement en conservant „la meme forme, et subit constamment des mues, à des intervalles plus ou moins éloignés „d apres la rapidité du développement de ses dimensions. La peau dont il se dépouille est „fendue en long, sur le dos, et par cette fente le Crustacé retire peu à peu tous ses membres, „de telle sorte que ses poils, même les plus petits, restent fixés à l’ancienne enveloppe, et se ^reforment sur la nouvelle. La dépouille ne consiste d’ailleurs que dans l’épiderme, jamais dans „ e derme proprement dit, nt parconséquent elle est très-mince et peu consistante. D’après cela „les dépouillés analogues des Trilobites n’auraient donné lieu qu’à des empreintes, et 11e peuvent „point présenter le test lui-même. La trace de la mue se serait aussi conservée par une fente „sur le dos, et comme une telle ouverture n’a jamais été observée dans les Trilobites je „considère comme non fondée l’opinion de Wahlenberg, qui, dans les restes de ces anciens „Crustaces, supposait qu’011 voyait fréquemment les dépouilles de leur mue. (Or y an der Tril.p.64.)
Comme conséquence de ces considérations, le Prof. Burmeister énonce la ferme conviction que les Trilobites éprouvaient aussi des métamorphoses. Nous avons cité ses expressions cidessus (p. 258) dans l’aperçu historique.
Les faits que nous venons de rappeler, étant fondés sur les autorités les plus recommandables, établissent en faveur de la métamorphose des Trilobites, toutes les analogies que la science peut offrir, comme aussi toutes celles qu’elle peut désirer. Il nous reste à exposer,
comment nos observations, relatives au développement progressif de certains Trilobites, réalisent ces analogies.
§. 3. Métamorphoses constatées pour les Trilobites.
Quelque étendues qu’aient été réellement les modifications de forme subies par les Trilobites, depuis leur sortie de l’oeuf, jusqu’à l’âge adulte, il est clair que nous ne pouvons retrouver la trace, que des transformations de leur enveloppe solide. Toutes les variations relatives aux parties molles, telles que les pieds, antennes <fcc. qui jouent un rôle si important, dans la métamorphosé des Phyllopodes vivans, d’après la description de Burmeister citée cidessus, sont a jamais effacees pour nous. Mais ce n’est pas tout ce qui peut échapper à nos recherches. Le savant Prof, de Halle nous enseigne encore, qu’au premier âge, tous les Phyllopodes modernes, sans exception, sont nus, c. à d. dépourvus de toute enveloppe crustacée. belon les analogies generales, démontrées par ce savant entre cette tribu et les Trilobites, 011 peut admettre comme très-vraisemblable, qu’une partie du moins de ces anciens Crustacés, naissait dans le meme état de nudité. Cette considération nous expliquerait l’absence complète de toute trace des premiers âges, pour un grand nombre d’espèces, que nous connaissons seulement par des restes dune taille presque uniforme. Si quelques uns de nos Trilobites, tels que Sao hirsua et divers autres, se présentent cependant à nous, avec les dimensions exigues quon peut supposer a un animal de cette taille, sortant de l’oeuf, cette particularité s’explique par une anomalie assez admissible parmi les Trilobites, savoir, que ces espèces auraient eu 1 avantage de posséder une enveloppe d’une certaine solidité, à partir de leur naissance. Supposer quelles auraient pu laisser une empreinte, malgré leur état de mollesse, serait une liypo-
thèse inadmissible, car dans ce cas, on devrait trouver aussi dans les schistes qui les renferment, la trace des parties molles des autres Trilobites, avec les fragmens desquels ces empreintes sont mêlées. Nous croyons plus rationnel d’admettre, par exception, un tégument solide, dans le premier âge des espèces considérées.
L’étendue des variations constatées dans les Trilobites est loin d’être uniforme, et nous croyons pouvoir les distinguer suivant quatre ordres différens. Il est bien entendu, que ces distinctions purement temporaires et destinées à faciliter nos éludes, ne tendent nullement à établir une classification fondamentale. Elles doivent seulement constater 1 étendue actuelle e nos connaissances, et grouper les faits pour les rendre plus faciles à saisii.
Nous caractérisons ces quatre ordres de variations, comme il suit:
Sect. I. Var. du 1”. ordre.
Sect. IL „ „ 2?.- ordre.
Sect. III. „ „ 3?.- ordre.
Sect. IV. „ „ 4?; ordre.
Tête prédominante, incomplète, thorax nul ou rudimentaire, pygidium nul.
.tête distincte, incomplète, thorax nul.
'pygidium distinct, incomplet.
[tête complète, thorax distinct, incomplet, /pygidium distinct, incomplet.
itête complète, thorax complet, pygidium distinct, incomplet.
Type: Sao hirsuta.
( Trinucleus ornatus et tous Type. Agnostus.
Type: Aretliusina Konincki.
Type: Dalmaniles Hausmanni.
Les quatre sections que nous établissons ne sont pas d’une égale valeur à nos yeux. Il serait possible , que les Trilobites dans lesquels nous reconnaissons des variations de forme du ou du 2'. ordre, constituent deux groupes permanens et distincts, sous le rapport des métamorphoses. La différence principale qui nous porte à séparer ces groupes, consiste en ce que les espèces de la première section, Sao hirsuta (PL 7) et Dalmanües sociahs (PI. 263 sont complètement dépourvues de pygidium, au premier âge, tandisque dans les especes de la seconde Section, Trinucleus ornatus (PL 3 0) et les Agnoslus (PL 49) le pygidium parait déjà distinct dans les individus les plus exigus que nous avons observés. Ce contraste peut être réellement fondé dans la nature, et s’il en est ainsi, il pourrait fournir un jour des élémens de classification, que l’insuffisance de nos observations ne nous permet par de saisir aujourd’hui. — Quant aux deux dernières sections, elles sont provisoires et les Trilobites qui les composent doivent tôt ou lard passer dans l’une ou l’autre des deux premières. Cet espoir paraîtra fondé au lecteur comme à nous, lorsqu’il saura, que les découvertes que nous avons laites pendant l’impression de ce volume, nous ont obligé à étendre le tableau qui suit, et a reimprimer le chapitre des métamorphoses. Ce chapitre exposant des observations plus recentes que celles qui sont constatées dans la description particulière de certains genres ou especes, doit donc faire foi, dans le cas où le lecteur trouverait quelque discordance entre divers passages de notre texte. Ces discordances consistent principalement, en ce que les métamorphosés de quelques espèces sont indiquées dans la description générique ou spécifique, entre des limites moins étendues que dans le tableau ci-contre (p. 2 6 3) qui constate 1 état le plus récent de nos connaissances.
NU. Les espèces de la Section IV ne sont pas énumérées dans le tableau, parcequ’elles sont éparses dans un grand nombre de genres, tels que Paradoxides , Dalmanües , Proetus &c. &c.
MÉTAMORPHOSES DES TRILOBITES
Trilobites dont la métamorphose est constatée.
et
Nombre des segmens
Longueur totale de
l’individu
Rapport entre les
tailles extrêmes
Division
Silurienne
Planche
Observations
dn thorax
du
pygjd.
inlér.
super
maximum
minimum
minimum
maximum
Etages
Sect. I.
m.ra.
Sao.
. Barr.