Becki
Green.
—\p. 251. PL 64. 66. 67.
Section I. Variations du premier ordre.
Tête presque seule • incomplète — thorax nul on rudimentaire pygnlium nul.
Type: Sao hirsuta. (Pl. 7.)
Deux de nos Trilobites nous ont présenté jusqu’ici, des variations de cet ordre, ce qui tient sans doute, à la circonstance exceptionnelle déjà admise dans ces espèces, savoir, l’existence d’une enveloppe plus ou moins solide, dès la sortie de l’oeuf. Les formes extrêmes d’un même individu de Sao hirsuta et de Daim, socialis sont si éloignées et si disparates, qu’on aurait le droit de leur appliquer les expressions dont se sert Milne Edwards, au sujet de certains Crustacés vivans : on pourrait les croire appartenir à une autre race. Un coup d’oeil jeté sur les figures des divers âges, (Pl 7 — 2 6) nous dispensera de faire ressortir les contrastes entie l’embryon et l’adulte. Si nous voulons cependant nous rendre compte des principales analogies et différences de conformation, entre les formes extrêmes de ces deux Trilobites, nous les résumerons ainsi qu’il suit.
I. Le genre Sao ne nous est connu que par la seule espèce que nous venons de citer, et qui nous a fourni la première occasion de mettre hors de doute le fait des métamorphoses des Trilobites.
1. Sao hirsuta. (p. 385. Pl. 7.) Les analogies entre l’embryon et l’adulte se réduisent à une seule, la Trilobation , caractère fondamental de la Tribu.
Parmi les différences saillantes, nous remarquons: — 1. La forme circulaire, discoide de (embryon, en opposition avec la forme alongée de l’adulte. — 2. Le manque de distinction entre la tête et les rudimens du thorax, sur les lobes latéraux; toute trace de segmentation
étant ou nulle, ou réduite à 2 ou 3 anneaux sur l’axe, derrière la glabelle. La tête, d’abord
prédominante, perd peu à peu de ses dimensions relatives. — 3. La forme très-alongée de la glabelle est terminée par un évasement au front, dans le premier âge, tandisque nous voyons, dans l’adulte, cette partie de la tête relativement courte, et amincie vers (avant. — 4. La position des yeux, indiquée dans (embryon au contact de la glabelle, s’en éloigne de plus en plus pendant la croissance. — 5. A mesure que (individu se développe, on voit une transformation successive dans toutes les parties de la tête, et surtout dans la glabelle, les joues, le limbe
fyc. Les 17 segmens thoraciques apparaissent un à un, en se détachant d’une sorte de pygi-
dium transitoire , composé de quelques segmens soudés ensemble et toujours terminés par des pointes sur le contour, ce qui les distingue des segmens du pygidium définitif, dont le bord est uni. La forme des plèvres se modifie elle même depuis le moment où elles deviennent libres, jusqu’à (âge adulte. — 6. Pendant toute la durée du développement du thorax, le pygidium véritable n’existe pas dans (animal, et il n’apparaît qu’à la fin de la période embryonnaire. Les ornemens du test ne se montrent aussi que vers la fin de (évolution. Si (on prend maintenant en considération, combien (embryon discoide et lisse, montrant à peine quelques indices d’articulations, diffère dans son ensemble de Sao hirsuta, portant dans 1 âge adulte 19 segmens, et la surface pour ainsi due là plus ornée, que nous connaissions dans toute la tribu, on sera porté à admettre, que les métamorphoses du premier ordre dans (enveloppe solide des Trilobites, n’étaient pas inférieures à celles des Crustacés vivans, dont les transformations ont le plus d’étendue, comme les Pliyllopodes Src.
IL Le genre Dalmania = Dalmanites , représenté par 17 espèces en Bohême, ne nous permet de constater les métamorphoses que sur une seule.
MÉTAMORPHOSES DES TR1LOBITES
2. Daim. Meialis (p. 552. PI. 26.). Les analogies entre le premier âge et Page adulte sont réduites à la trilobation, comme dans Sao Ursula. — Les plus notables contrastes, entre les deux formes extrêmes consistent en ce que: — 1. L’embryon est discoide, presque circulaire, tandisque 1 adulte est alongé. — 2. La tête occupe presque toute la surface du premier âge, et a peine è de l’individu développé. — 3. La glabelle paraît initialement comme un filet mince, un peu évasé au front. — 4. Les yeux qu’on voit d’abord sur le bord frontal, éprouvent durant la croissance un déplacement apparent vers l’arrière. — 5. Les segmens thoraciques deviennent libres un à un, comme dans Sao, et se détachent d’un pygidium transitoire, sur le bord duquel on les distingue par des pointes, tandisque le pygidium définitif a le contour uni. — 6. L appendice caudal ne paraît qu’à l’époque où le thorax et le pygidium ont acquis tous leurs segmens. La granulation du test ne se montre pas, jusqu’à ce que l’individu ait complété tous ses segmens et approche de la taille adulte.
Sect. II. Variations du second ordre.
Tête distincte, incomplète. - Thorax nul - pygidium distinct, incomplet.
Type: Trinucleus ornatus (PI. 30) et tous les Agnoslus. (PL 49.)
L étendue des transformations du second ordre est loin d’être comparable à celle du premier, car 1 individu présente, dès que nous pouvons l’observer, des apparences générales qui permettent de reconnaître de prime abord la nature générique. Avec un peu plus d’ attention. 011 peut même distinguer sûrement le germe des caractères spécifiques, parmi les espèces les plus semblables entr’ elles. Le mode uniforme de développement consiste dans la formation successive des segmens thoraciques sur la surface du pygidium. Ces segmens deviennent libres un a un. En même temps , les traits spécifiques de la tête et du pygidium se transforment peu a peu, et ils arrivent à leur forme extrême, après la formation du thorax.
Sept Trilobites , parmi lesquels 2 Trinucleus et 5 Agnoslus, nous fournissent des exemples des métamorphosés du second ordre, qui diffèrent notablement de celles du premier par la présence d’un pygidium développé, dans l’embryon le plus exigu que nous ayons pu observer.
III. Le genre Trinucleus , représenté par 4 espèces en Bohême, nous offre des métamorphoses dans deux d’ entr’elles.
3. Trinucl. ornatus (jp. 6 24. PI. 30), tel que nous le connaissons à l’état embryonnaire présente des formes très-analogues à celles de l’âge adulte; circonstance qui contraste avec la dissemblance que nous venons de constater dans Sao Ursula, et Daim, socialis, entie les âges extrêmes. A première vue, on peut reconnaître un Trinucleus dans les plus jeunes individus, c. à d. dans ceux dont la longueur est environ ^ de celle de l’adulte. Cela tient à la conformation caractéristique de la tête, à la présence des pointes génales, souvent conseivées, et à 1 existence d’un pygidium, dont la surface est presque égale à la superficie céphalique. Un tel embryon ne diffère des individus développés, que par les caractères suivons: — 1. Le limbe de la tête, quoique reconnaissable, est rudimentaire, et ne permet pas de distinguer les perforations. — 2. Il n’y a aucun segment libre, pour représenter le thorax. — A Le pygidium offre des traces de segmentation, indiquant tout au plus 2 à 3 anneaux. Ces ifiérences s’effacent, en grande partie, dès le second âge, car le limbe gênai montre 2 rangées concentriques de perforations, le thorax un segment libre, et le pygidium une segmentation multiple et prononcée. Dans les âges suivans, c. à d. dans le 3“e. 4“e. et 5“e où le thorax s’accroît successivement d’un nouveau segment, toutes les autres formes convergent rapidement \ers celles de lâge adulte. Pendant toute la durée du développement, les jeunes individus portent de chaque côté, près la base de la glabelle, dans le sillon dorsal, une pro-
tubérance alongée, qui disparaît dans l’âge adulte. Nous remarquons aussi, durant les méta morphoses, les variations qu’éprouve la forme du bord postérieur du limbe (p. 624).
4. Trinucleus Goldfussi (p. 628. PL 30). Pour cette seconde espèce, nous n’avons observé aucun individu qui ait moins de 4 segmens thoraciques. Cependant, nous n hésitons pas à considérer son développement comme semblable à celui de Trin. ornatus. Si nous n avons pas découvert les premiers âges de Trin. Goldfussi , nous pensons que cela tient à la natuie de la roche qui renferme cette espèce. C’est un quartzite à grains assez grossiers, qui ne se prêtent pas à conserver l’empreinte d’animalcules très-délicats , tandisque les schistes et quarlzites qui présentent les premiers âges de Trin. ornatus , sont d’une grain très-fin.
IV. Malgré l’exiguité des dimensions des adultes , le genre Agnoslus est celui qui nous a
offert, parmi tous nos Trilobites, la plus grande constance et uniformité, dans le mode
de développement de ses espèces. En effet, sur six que nous en reconnaissons en Bohème,
cinq nous ont fourni l’occasion de constater une série de métamorphoses entièrement analogues.
Sur le tableau (p. 263) on peut remarquer, que les dimensions des premiers âges observés pour ces espèces, sont toutes sans exception, plus grandes que les dimensions de l’âge correspondant de Sao hirsuta. Cette circonstance parait d’abord en contradiction avec les tailles relatives de ces divers Trilobites, mais cependant elle s’explique aisément, par la nature de leur conformation. Dans Sao, ce qui manque au jeune âge, c’est surtout le thorax, qui doit constituer la majeure portion du corps dans l’adulte. Le thorax manque aussi dans les Agnostus, mais, par opposition, c’est la moindre des trois parties du corps développé. La tête et le pygidium qui apparaissent ensemble dans l’origine, occupent chacun, relativement, un espace beaucoup plus grande surtout à cause de leur égalité réciproque à tous les âges.
Pour que le lecteur puisse embrasser d'un seul coup d oeil les métamorphoses constatées sur les cinq espèces que nous venons de mentionner, nous les piésentons dune manièie synoptique, dans le tableau suivant. Nous reconnaissons cinq degrés successifs dans le développement de ces Trilobites, et nous avons observé la série complète de ces 5 transformations, dans la plupart d’entr’eux. Le tableau montre, que nous avons trouvé des exemplaires de ces 5 espèces sans aucune trace de segmens, c. à d. composés uniquement de la tête et du pygidium. Voir la description particulière de chaque forme, ci-après (p. 900).
Nombre des segmens.
Degrés de
développement.