I. Seigneurie de Konigshof
Mi Kosow. L auteur commence par la rive droite de la Litawka, immédiatement derrière la bergerie de Konigshof. Il examine d’abord les schistes argileux qui constituent la partie supérieure de notre étage D, et que nous distinguons par le nom de schistes gris-jaunâtres. Il les considère comme une formation très-récente, bien qu’il n’ait pu y découvir aucune pétrification pour confirmer cette opinion. Il procède ensuite à la description de la montagne Kosow, dont il reconnaît les formations en montant.
1. Une roche semblable à celle de Kuchel que le même auteur a décrite dans le mémoire précédent, et qu’il a reconnue comme Grünstein , Il fait ressortir quelques différences entre les deux localités, mais il termine par ces mots: Cependant cette roche ne semble être qu’une variété de celle de Kuchel dont elle se rapproche encore par cette double circonstance: quelle repose sur le Thonschiefer, et quelle est recouverte par le calcaire et le grès.
2. Au dessus des Grünstein Reuss observe le calcaire compacte en couches de ‘/j pouce à 6 pouces d’épaisseur. Il décrit ce calcaire avec assez de détail; il constate qu’il n’y a découvert aucune pétrification, mais il remarque les veines étroites de Spath calcaire qui le traversent.
5. Les couches calcaires se chargeant de plus en plus d’argile, finissent par se transformer en un Thonschiefer qui est gris noir, mêlé de petites paillettes de mica blanc, et se divise en feuillets minces et de forme plane. Nous reconnaissons à cette description le schiste à Graptolites qui sur le penchant du Mb Kosow alterne avec le calcaire.
4. Sandsteinschiefcr, ou grès schisteux dont l’auteur reconnaît plusieurs variétés d’après la nature du ciment plus ou moins ferrugineux, ou argileux, la proportion de mica, la grosseur des grains quartzeux, &c. &c. En indiquant ces grès au dessus des calcaires et des schistes à Graptolites, le Di. Reuss s’est laissé tromper par un faille qui existe dans cette localité. Ces divers grès ne sont autre chose que les couches supérieures des quartzites couronnant notre étage D, et constamment inférieurs aux deux roches que nous venons de nommer.
L’auteur établit ensuite que les mêmes roches, se succédant suivant le même ordre, constituent la montagne qui forme vers l’Est le prolongement du ML Kosow, et sur le penchant occidental de laquelle le village de Jarow est situé. Il n’est question d’aucun fossile.
ML Dlauha Hora. Après avoir franchi le sommet du Mi. Kosow, le Di. Reuss s’élève sur la montagne Dlauha Hora qui présente deux hauteurs successives:
Ces deux . hauteurs sont composées d’un calcaire compacte , partiellement jaunâtre ou gris de fumée, renfermant beaucoup de Spath calcaire, qui parfois domine. Il contient de très-nombreuses pétrifications, savoir: des Orthoceratites, des Chamites lisses ou striées, et des Turbinites. Les relations de ce calcaire, sur la hauteur inférieure ne sont pas reconnaissables, parceque je n’y ai trouvé cette roche qu’en blocs épars, perçant çà et là le gazon. Vers l’extrémité Ouest de la hauteur dominante, le calcaire forme une série de rochers nus, peu élevés. Dans ce point il est si chargé de pétrifications qu’il semble être un aggrégat de petites Chamites, et la roche qui renferme les fossiles disparaît pour ainsi dire.
Ces, Chamites sont sans doute des Cardiola dont on trouve en effet un grand nombre d’exemplaires dans cette localité. Le calcaire mentionné est celui qui sous le nom de Conglomérat de Konigshof a fourni à Zenker les élémens de ses Otarion, et qui a été aussi observé par Sternberg, en 1829.
ML Kotis. En marchant vers le Sud-Est, le Di. Reuss franchit les villages de Ritow et Konieprus pour atteindre la montagne Kotis, qu’il décrit dans ces termes:
Au midi de ces villages s’élève une autre montagne alongée, dirigée de l’Est vers l’Ouest , et couverte de bois sur son penchant vers le Nord. A son extrémité Ouest on voit en place de grandes masses du même calcaire compacte dont les couches encore plus épaisses s’inclinent à 24 0 vers le Nord-Est. Au dessus de Bitow vers l’Est, il y a deux coltines basses, cultivées jusqu’à leur talus occidental boisé. Sur leurs fanes on trouve aussi des fragmens du même calcaire. Ces collines et le ML Kotis enferment une plaine inclinée doucement vers le Nord, et sur laquelle sont situés les deux villages nommés.
L’auteur reconnaît dans cette plaine les mêmes Grünstein qu’il a déjà observés, et qui prennent quelquefois l’apparence du Mandelstein. On peut remarquer qu’il identifie les calcaires des deux extrémités du Mi. Kotis avec ceux' de Dlauha Hora.
Nous avons traduit littéralement les passages relatifs à ces deux montagnes, afin de bien constater l’étendue des observations du Di. Reuss sous le rapport de la paléontologie de ces lo-
INTRODUCTION HISTORIQUE
calités. Elles ont été très-superficielles, car il n’a pas même remarqué l’existence des débris trèsabondàns de Trilobites dans la roche qui renferme les trois fossiles qu’il a nommés sur Dlauha Hora. Quant au ML Kotis, on voit qu’il n’en a pas visité le sommet, où il eût été frappé de 1 apparence du calcaire blanc, toute différente de celle des couches qu’il a reconnues au pied des talus a 1 Est et à 1 Ouest de cette montagne. Il identifie ces roches avec le calcaire compacte de Dlauha Hora, sans indiquer l’existence d’aucune pétrification, sur le mont Kotis. Les fossiles du calcaire blanc, si différens de ceux do Dlauha Hora, n’auraient pas manqué de frapper l’attention d’un observateur aussi distingué que le DL Reuss, s’il avait parcouru la partie supérieure du ML Kotis, où ils ne sont pas rares. Nous concevons très-bien qu’il n’ait pas songé à explorer ces hauteurs, d’abord parcequ’elles sont en grande partie hors de la limite de la Seigneurie de Konigshof, et par conséquent hors de la surface qu’il se proposait de décrire, et en second lieu à cause de la saison avancée et du mauvais temps qui ont contrarié les excursions de ce savant comme il nous l’atteste lui-même, dans son préambule.
Kaukolowa Hora. Le DL Reuss se dirigeant à partie de Konieprus vers l’Ouest, atteint la montagne isolée dite Kaukolowa Hora, dont il indique les formations à partir de la base dans l’ordre suivant: Grünstein, Thonschiefer , Sandsteinsehiefer , et au sommet la masse calcaire, dont il observe les inclinaisons opposées, en les attribuant à une révolution. Il remarque aussi que les fossiles y sont très-rares, et il y trouve seulement quelques Turbinites.
A partie de ce point, l’auteur quittant le calcaire descend vers Popowitz, passe sur la rive gauche de la Litawka et se dirige vers les hauteurs qui s’élèvent aux environs de Poczapl, Trubin, Zahorzan et Swata. Il parcourt successivement les collines : Trubinska Hora, Audliczka Hora, Hora et Kalcze, Dubowa Hora et Hag. Il reconnaît que la plupart d’entr’elles sont formées par différentes variétés de Sandsteinsehiefer, ou' de Sandstein, c. à d. de quartzites plus ou moins impurs et de schistes dans lesquels ce géologue ne découvre aucun fossile, circonstance qui ne peut être attribuée qu’à la rapidité de son excursion. Aux environs de Swata il constate la présence du Kieselschiefer formant des collines isolées, et il remarque très-judicieusement que ces masses sont recouvertes par le Sandsteinsehiefer, et reposent sur le Thonschiefer.
IL Seigneurie dé Tôcznik.
Le D„. Reuss parcourt les points les plus saillans de la contrée, savoir: les monts: Knihow, Pleschiwecz, Drachse, Lipowicz, Rawina, Chrucz, Welis, Toczniczky Hrad, Woubisch &. &. Nous ne le suivrons pas dans la description spéciale de chacune de ces localités, où il détermine la nature des . roches très-analogues à celles qui constituent le sol de la seigneurie de Konigshof. Ce sont toujours les : Sandstein, Sandsteinsehiefer, Kieselschiefer, Grünstein, Thonschiefer f. L’exactitude avec , laquelle, ces formations sont indiquées pour chaque point, et les détails donnés sur la composition minéralogique des roches, justifient sans doute la sévérité avec laquelle l’auteur juge le travail très-superficiel de Irasek sur la même contrée. Mais tout en reconnaissant partiellement les relations de gisement entre les roches observées sur chaque montagne, le DL Reuss ne parvient pas plus que son devancier à déterminer ni l’étendue verticale et horizontale, ni l’ordre général suivant lequel se superposent les formations qui occupent la surface du pays parcouru. Cela tient sans doute d’un côté aux habitudes de la plupart des savans de cette époque, spécialement occupés, du point de vue minéralogique, dans leurs études sur le terrain, et de l’autre côte au peu d’étendue de l’espace parcouru, et à la rapidité des observations. Le mémoire du D„. Reuss que nous analysons, et celui qui précède sur les environs de Prague, n’en doivent pas moins être comptés parmi les plus intéressans documens qui nous ont été transmis sur les formations que nons avons étudiées, et nous les considérons comme confirmant complètement nos vues dans l’étendue de terrain qu’ils embrassent.
Aucune pétrification nest mentionnée sur la superficie de la Seigneurie de Tocznik.