degré de développement, fig. 19 a. b. c. d
Le nombre des segmens thoraciques atteint son maximum: lï.
Le corps devient complet par l’apparition simultanée des 17 segmens libres au thorax, tandisqu’il reste deux articulations soudées ensemble et formant le pygidium.
L’évolution de la première période est donc terminée, en ce qui touche la conformation des parties du corps, et surtout le nombre des segmens. Mais les individus qui viennent d’acquérir le 17S. segment libre, sont encore d’une taille très-inférieure, par rapport à celle des adultes les plus développés.
En second lieu, quoique la surface du test soit ornée de granulation, ces ornemens sont loin de présenter la forme et la saillie distinguant le dernier degré de développement, qui nous reste à décrire, dans la seconde période.
Sijnon. Cette forme n’a reçu aucune dénomination spécifique.
GENRE <SMO. BARRANDE.
2"'. Période.
20t. degré de développement, fig. 20 à 33.
Les individus pourvus de tous leurs segnieus soit libres, soit soudés, acquièrent le développement complet de leurs dimensions et des ornemens du test.
En décrivant le 20« degré, nous présenterons un aperçu de la variation qu’éprouvent les divers caractères, à partir du jeune âge.
L ensemble du corps est ovalaire, plus' ou moins alongé, suivant que l’on considère la forme longue ou la forme large. Dans la première, le rapport des axes est de 3:2, tandisqu’il est de 7 : 6 dans la seconde. Ces nombres se rapportent aux adultes les plus développés, mais nous remarquons sui les individus de divers âges, des différences analogues dans les proportions.
L étendue, relative occupée par les trois parties principales du corps, varie beaucoup suivant le degré de développement. Au premier âge , la tête forme à elle seule presque tout le corps, et le thorax est à peine indiqué. Ce n’est que par degrés, qu’on voit s’établir d’autres rapports; la dimension relative du bouclier céphalique diminuant progressivement, en même temps que le corps se développe. Dans les adultes , la tête occupe un peu moins du tiers , et le pygidium définitif, à peine un dixième de la longueur totale.
La tête observée dans les adultes figure à peu-près un demi-cercle. Elle est doucement bombée en travers. Le contour extérieur est formé par un bord relevé, d’environ un millimètre de hauteur, déterminant une profonde rainure à l’intérieur. Le relief de ce bord et la profondeur de la rainure ont leur maximum au droit du front, et leur minimum à l’angle gênai. Ce limbe n est pas encore sensible dans les huit premiers degrés. Il apparaît vers le neuvième et augmente graduellement de relief, dans les degrés suivans. Il se prolonge par une pointe de 1 à 2 m. m. hors de l’angle gênai.
La longueur, de cette pointe paraît beaucoup plus considérable au jeune âge, car elle atteint presque l’extrémité du corps. Mais à mesure que le thorax se développe, elle se réduit avec la
tète. Sa direction varie aussi d’un individu à l’autre, et quelquefois dans le même exemplaire
elle offre un obliquité différente sur les deux côtés; ce que nous attribuons, tantôt à un déplacement plus ou moins sensible de la joue mobile, à laquelle est attachée, et tantôt peut-être à une conformation individuelle. Le limbe offre, entre le test et sa doublure, un vide qui s’étend
jusqu à une certaine distance, dans la pointe génale des adultes. L’espace intérieur occupé par
les substances molles durant la vie, a été rempli par de l’oxide jaune de fer.
Le, contour intérieur de la tête est rectiligne dans son ensemble. L’anneau occipital trèsprononcé à tous les âges, est enflé et saillant au niveau de la glabelle. Le sillon occipital est aussi toujours profond, quoique peu large. Le long des joues, on voit le bord postérieur bien marqué, augmentant de hauteur et d’épaisseur en s’éloignant de l’axe, comme la bande postérieure de la plèvre qu’il représente. Il est limité intérieurement par un sillon profond, qui se raccorde par un arc arrondi, avec celui qui suit le bord extérieur. Tous ces traits sont sensibles depuis les premiers degrés de développement et ils acquièrent successivement plus d’intensité. Nous voyons aussi à partir du jeune âge, sur le sommet de l’anneau occipital, une épine très-forte in¬ La glabelle saillante au dessus des joues est parfaitement déterminée par des sillons dorsaux très-profonds. Sa forme varie notablement depuis le premier âge jusqu’au complet développement. Elle est d’abord cyhndroide, effilée, alongée, évasée au front" de manière à infléchir fortement vers^ le dehors, les sillons dorsaux. Peu à peu l’évasement frontal se réduit; la glabelle paraît cylindrique dans l’âge moyen, et les sillons dorsaux se prolongeant en ligne droite, missent par se raccorder par un arc autour du front. Enfin, la glabelle devient sensiblement conique et amaigrie en avant, dans les adultes.
Les sillons latéraux, au nombre de trois, sont également espacés sur la longueur de la glabelle. Dans quelques individus du 4“ ou 5 S degré de développement, on aperçoit sur 1 extrémité évasée du front, un quatrième sillon très-faible, qui ne s’observe pas dans les individus plus avancés en âge. Quant aux trois sillons situés en arrière de la partie évasée, ils sont distincts à toutes les époques de la vie, et ils conservent. toujours leur inclinaison relative. Dès le moment où leur étendue est appréciable, on voit le sillon antérieur faiblement incline à partir de l’axe vers l’arrière, tandisque le sillon postérieur toujours plus marqué, présente une inclinaison opposée et plus forte. Le sillon moyen est à peu-près transverse, ou légèrement opposé au sillon antérieur. Dans les jeunes individus, ces sillons se réduisent souvent à une impression latérale, insensible sur le sommet de la glabelle, et quelquefois ils tendent à se rejoindre par une faible impression à travers le faîte qui les sépare. Ces différences sont individuelles dans les premiers degrés de développement. Un peu plus tard , on voit les sillons se rapprocher progressivement et enfin se réunir par leurs extrémités opposées sur le sommet céphalique. Ln même temps, les intervalles qui séparent les sillons c. à d. les lobes, s’enflent et prennent un relief déjà trèssensible dans l’âge moyen, et très-considérable dans les adultes. Les faces de ces lobes, ou les parois des sillons qui les séparent, sont presque normales à la surface de la glabelle. La singularité de cette conformation devient encore plus remarquable, par l’existence d’un sillon longitudinal sur le faîte céphalique, séparant les lobes opposés. Ce sillon étroit et profond, commence au front, aboutit au sillon occipital et s’élargit à peine vers l’arrière. On voit apparaître les premières indications de cette rainure, dans l’âge moyen, et elle devient de plus en plus marquée dans les adultes.
Les sillons dorsaux et la place qu’ils occupent à divers âges , méritent une attention particulière. Durant les premiers degrés de développement, lorsque la glabelle est effilée, ils paraissent traces comme deux traits linéaires sur ses côtés. Mais on peut apercevoir sur la surface qui s’étend entre ces traits et les yeux, une dépression oblique qui la sépare en deux parties longitudinales, distinctes. La portion la plus voisine de la glabelle est presque plane, au niveau du sillon dorsal. La partie voisine de l’oeil est toujours distinctement bombée, et plus élevée. La limite entre ces deux parties est marquée, non seulement par la dépression mentionnée, et la différence de niveau, mais encore par une suite de grains isolés, que nous avons nommés grains primitifs, et dont nous pouvons reconnaître l’existence et suivre le développement, à partir 'du 5 b ou 6b degré, jusqu’à l’âge adulte. A l’intérieur de cette ligne de grains, est un grain toujours plus fort, situé au bord du sillon postérieur de la joue. Nous le nommons grain principal, ou verrue principale. A mesure que l’individu se développe, la glabelle s élargit; le sillon dorsal se déplace latéralement, sur la surface basse et plane que nous venons de décrire,
et en même temps il .devient plus profond. Sa limite extérieure, dans 1 âge adulte, est formée
par la ligne des grains primitifs , qui se trouvent alors placés sur le bord de la paroi abrupte de la joue fixe. Le grain principal reste toujours dans le sillon, près de cette paroi.
La suture faciale' traverse le bord frontal sur la projection antérieure de l’oeil. Elle forme une courbe concave vers l’axe, pour atteindre cet ergane. Après avoir contourné le lobe palpébral, elle diverge suivant une courbe semblablement concave, pour aboutir au contour inteneur de la tête, près de l’angle, laissant en dehors la pointe génale. Le cours de cette suture ne subit d’autre variation pendant la durée du développement, que celle qui dépend de la largeur plus ou moins grande de la joue mobile aux divers âges.
La joue fixe doucement bombée, un peu au dessous du niveau de la glabelle, est brusquement limitée, vers l’intérieur, dans les adultes, par la paroi verticale du sillon dorsal trèsprofond. Vers le dehors, elle s’incline un peu pour se raccorder avec la pente de la joue mobile, qui est d’environ 45° au dessous de l’oeil. La joue mobile triangulaire, porte la pointe génale.
Divers exemplaires, d’ailleurs très-bien conservés, montrent l’angle gênai fortement arrondi.
Nous nous sommes assuré dans tous les cas de ce genre, que la pointe a été cassée et
enlevée. Nous en avons la preuve évidente dans une joue, qui présente à la fois cet arrondissement et l’empreinte de la pointe. Le moule de la tête étant formé dun oxide de fer assez
GENRE S AO. BARRANDE
pulvérulent, la chute de cet appendice et la brisure qu’il laisse, ne se remarquent pas à première vue. Dans le jeune âge, la joue mobile est extrêmement étroite, de sorte que l’oeil paraît presque au bord de la tête.
L’oeil qu’on peut reconnaître dès le il. degré de développement, et peut-être plutôt, conserve toujours la même forme, et la même étendue relative sur la tête. Il figure un arc de cercle un peu épaissi vers l’arrière, et qui s’étend depuis le sillon antérieur, jusqu’au sillon postérieur de la glabelle, à mi-distance entre celle-ci et le bord latéral. Il est assez saillant, du côté interne. Sa surface est toujours trop mal conservée, pour nous permettre de voir si elle était réticulée. Un filet saillant, presque aussi fort que l’oeil dans le jeune âge, part de son extrémité antérieure et formant le prolongement de sa courbure, il va aboutir à l’angle antérieur de la joue, vis à vis le front de la glabelle.
L’hypostôme se trouve en place sur divers individus de différens âges, et nous offre constamment la même forme. Le corps central est ovale, tronqué au front. Dans cette partie, il est limité par un bord mince, fortement relevé, qui s’étendant aux deux extrémités latérales, forme les ailes, courbées en arrière. Le bord latéral, séparé par un sillon de la partie centrale] se raccorde avec l’aîle de chaque côté. Plus loin, il s’élargit rapidement et se coude de manière^ à figurer une surface convexe , autour de la pointe de la partie centrale. Cette partie coudée porte au contour un limbe étroit, horizontal, rarement distinct.
17 segmens au thorax dans tous les adultes. Ce nombre n’apparaît que successivement, à mesure que l’individu se développe. Le minimum des plèvres libres que nous ayons pu distinguer, est de deux, et nous constatons sur une suite nombreuse d’exemplaires, tous les passages intermédiaires entre ce minimum et le maximum indiqué. A tous les âges, l’axe est saillant et bien limité par des sillons dorsaux profonds. Il occupe un peu' moins d’étendue que chacun des lobes latéraux et il diminue progressivement de largeur vers l’arrière. Ses anneaux trèssaillans dans les adultes, sont séparés par une rainure profonde, et aussi large qu’eux. Chacun d’eux porte sur le point culminant, une épine très-forte, courbée vers l’arrière, et qui dans les adultes, atteint deux millimètres de longueur. Nous constatons l’existence . de cette épine vers le 1 2t. degré de développement. Chaque anneau présente vers son extrémité, près du sillon dorsal, une petite rainure transversale analogue à celle qui a été depuis longtemps observée sur Conoceph. Sulzeri l, et qui paraît correspondre à un filet saillant ou renforcement du test. Les sillons dorsaux sont très-marqués. Les plèvres un peu déprimées vers l’axe, se coudent avant le milieu de leur étendue et l’intensité de cette courbure paraît augmenter avec l’âge. La forme de la plèvre subit pendant le développement, des variations importantes. Dans les plus jeunes individus, elle est presque rectiligne, tandisque dans les adultes, elle est un peu concave vers l’avant. D’abord, elle présente un large sillon, laissant de chaque côté une bande très-mince. A mesure que l’individu croît, chacune des deux bandes prend un peu plus de relief et d’épaisseur, de façon ài rendre successivement le sillon plus étroit et plus profond. La variation des deux bandes n’est pas semblable. La bande postérieure prend son développement à partir du coude jusqu’au bout, et dans cette étendue, elle s’enfle de plus en plus, et présente une saillie qui est d’un grand secours, pour compter le nombre des segmens dans les jeunes exemplaires. Entre le coude et 1 axe, elle est tres-sensible pendant toute la jeunesse et l’âge moyen, et son relief égalé celui de 1 autre bande. Mais lorsque 1 individu a acquis ses 17 segmens thoraciques, on voit la bande postérieure s’effacer peu à peu, dans cette partie de son étendue. La bande an-' térieure suit un développement différent. L’extrémité antérieure de son talus s’aplatit et prend peu à peu la forme d’un biseau, recouvert par la plèvre précédente, sans qu’il existe aucune imbrication sur le reste de 1 étendue. Au contraire, à partir de l’axe jusqu’aux deux tiers de sa longueur, la bande antérieure s’élève de plus en plus, jusqu’à dominer notablement par son relief, la partie correspondante de la bande postérieure. D’après ces variations des bandes, le sillon qui est primitivement large et rectiligne, se rétrécit peu à peu, et se courbe de manière à présenter sa concavité vers l’avant. L’extrémité de la plèvre dans le jeune âge, est terminée
par une pointe très-courte , courbée en arrière. A mesure que la bande postérieure s’épaissit, cette pointe devient de moins en moins sensible et elle finit par disparaître presque complètement dans les adultes. Nous en trouvons cependant toujours la "trace dans les meilleurs exemplaires, mais au premier aspect, le bout de la plevre à cet âge paraît épais et arrondi. La doublure du test sous cette extrémité, ne s’étend qu’à une petite distance vers l’intérieur.
Le pygidium proprement dit, c. à d. la partie de l’enveloppe formée de segmens soudés ensemble d’une manière permanente, n’existe pas durant toute la première période du développement, et il n’apparaît qu’à la fin de cette époque. Jusques là, nous ne trouvons qu’un pygidium que nous nommerons transitoire, c. à d. composé d’un certain nombre de segmens, dont la présence est indiquée sur l’axe et sur les lobes latéraux, mais qui ne sont qu’en voie de formation pour devenir des segmens libres, ou thoraciques. Cette évolution extraordinaire devient cependant évidente, pour celui qui peut observer et comparer un grand nombre d’exemplaires. On est d’abord frappé de la ressemblance parfaite qui existe constamment entre la forme des segmens libres, et celle des segmens encore soudés en apparence. Dans les uns et les autres, la bande postérieure de la plèvre forme le trait principal, et l’on voit son enflure présenter un relief régulièrement décroissant vers l’arrière, mais toujours reconnaissable, jusqu’aux derniers élémens perceptibles sur les lobes latéraux, sans que rien puisse faire apercevoir le passage du thorax au pygidium. Si l’on observe ensuite les extrémités extérieures des segmens, on trouve à partir du 4t. degré de développement, un certain nombre de plèvres libres, reconnaissables par leurs pointes détachées les unes des autres, sur le contour latéral. Lorsqu’on avance vers l’arrière, les pointes diminuent de grandeur et se rapprochent graduellement, de manière à finir par paraître soudées ensemble. Mais dans les bons exemplaires, lorsqu’on cesse de pouvoir distinguer les plèvres et leurs pointes isolées, on voit encore sur le contour du pygidium transitoire, de petites dents saillantes, successivement plus exigues, et quelquefois distinctes jusqu’au droit' de l’axe. Ces pointes rudimentaires ou dentelures ne sont pas perceptibles, il est vrai, sur tous les exemplaires, on peut cependant se rendre compte aisément de leur disparition accidentelle, en considérant que: — 1. La longueur des individus appartenant à la première période de développement, est comprise entre le minimum de § de millimètre =. (0.66 m. m.) et 8 m. m., de sorte que le pygidium transitoire des plus grands ne dépasse jamais j de. millimètre de longueur, sur un millimètre de diamètre maximum. Si les dimensions sont si. exigues dans les plus grands, il est inutile d’insister sur leur infériorité relative dans les exemplaires moins avancés en âge. — 2. Tous les individus observés proviennent des schistes de Skrey, et leur test a été transformé en oxide de fer d’une consistance ordinairement pulvérulente.
Il est donc très-concevable, que des dentelures qu’on peut presque comparer pour leurs dimensions à des grains de poussière, puissent souvent disparaître, par la percussion, en ouvrant la roche, et surtout par le lavage des morceaux, ou un frottement quelconque. On pourrait même s’étonner, qu’on puisse quelquefois les distinguer, et les décrire comme nous le faisons, même pour des individus du premier degré de développement, dont la longueur totale ne dépasse pas deux tiers de millimètre. Cette circonstance s’explique par la couleur jaune, très-intense,^ de l’oxide de fer mentionné; couleur qui tranche toujours fortement sur le fond obscur et verdâtre de la roche, lorsque la trace n’a pas été complètement enlevée. L’explication que nous donnons au sujet de la disparition des pointes sur le contour du pygidium transitoire, est confirmée par deux faits. D’abord, si l’on compte les plèvres libres sur les deux côtés d’un même individu, en ayant égard aux pointes, il n’est pas rare qu’on soit porté a en admettre un nombre un peu différent sur chacun d’eux, à cause de l’inégalité dans la disparition accidentelle de celles-ci., En second lieu, sur certains exemplaires, les petites pointes disparaissent à quelque distance de l’axe, et le bord semble uni sur une certaine longueur, mais nous voyons les dentelures reparaître plus loin vers l’arrière.
Ces apparences étudiées et comparées sur un très-grand nombre de morceaux, nous ont conduit à admettre, avec une entière conviction, que le pygidium transitoire fournit successivement
CENRE SAO. BARRANDE.
au thorax les segmens libres dont le nombre augmente, suivant une proportion régulière et constante avec la longueur de l’individu.
Le véritable pygidium n’apparaît qu’à la fin de la première période de développement. Nous le distinguons sur les individus qui représentent le 18t. degré, et quoique les dimensions de cette partie du corps ne dépassent pas en longueur un quart et en largeur un demi millimètre nous pouvons cependant reconnaître sur l’axe, les deux articulations qui le composent. Les' lobes latéraux ne montrent encore aucune division. Sur les exemplaires du 19t. degré, la forme du pygidium est beaucoup plus distincte, et à partir de cette époque, elle ne change plus dans sa conformation,, quoique les dimensions varient beaucoup dqrant la seconde période de développement. Dans l’individu qui a acquis le maximum de la taille spécifique, le pygidium présente une tonne tres-analogue a celle du pygidium de Parad. spinosus. L’axe très-fortement bombé occupe un peu plus de largeur que chacun des lobes latéraux. Il se compose de deux articulations res-distmctes , séparées, par une profonde rainure. La première présente à peine la. moitié de la longueur de la dernière. Celle-ci très-enflée, s’amincit et s’abaisse graduellement vers le bord postérieur qu elle atteint, sans laisser aucun intervalle horizontal vers l’arrière. Les lobes latéraux nous montrent deux sillons divergens. Le premier vers le bord, représente le sillon de la plèvrele second correspond à la séparation des deux segmens constituant le pygidium, ce qu’indique clairement sa position vis à vis la rainure qui divise les deux articulations de Taxe.
La nature du test ne nous est pas connue, à cause de sa transformation déjà mentionnée en oxide de fer. Mais la finesse de la pâte schisteuse dans laquelle cette espèce a été ensevelie, et la couleur tranchante de l’oxide, nous permettent de suivre, à partir du premier âge toutes les apparences successives des ornemens.
On concevra que la surface nous paraisse complètement lisse, sur les individus qui représentent les cinq premiers degrés de développement. Sur une tête très-bien conservée, que ses dimensions nous font rapporter au fit degré, nous voyons très-distinctement un certain nombre de' grains,, régulièrement et symétriquement disposés, sur les deux lobes latéraux. D’abord, de chaque cote, a quelque distance de- la base de la glabelle, et immédiatement sur le bord du sillon postérieur de la joue, se trouve le grain principal, que son développement ultérieur nous permettra de nommer aussi la verrue principale. Un peu plus loin de la glabelle, et toujours sur le bord du sillon postérieur de la joue, s’élève un autre grain, de moindre relief, qui par sa position se combine avec deux autres grains semblables, pour former une courbe convexe vers l’axe. Le grain extreme de cette courbe vers l’avant, est placé près, du sillon dorsal, au droit du sillon antérieur de la g abelle, et, le troisième grain à peu-près à mi-distance’ entre les deux extrêmes. A l’intérieur de la courbe ainsi jalonnée, se trouve la faible dépression concentrique, dont nous avons déjà parlé en décrivant les variations graduelles du sillon dorsal sur la tête. A cette occasion, nous avons aussi reconnu dans ces trois grains isolés, les rudimens des tubercules spiniformes qui doivent ans 1 âge adulte, orner la surface de la joue fixe, dont ils indiquent en même temps la limite invariable, tandisque le grain principal reste toujours dans le sillon dorsal, au pied de sa paroi extérieure.
, . nous Parc°urons maintenant toute la série des degrés de développement de la première
période, nous retrouvons constamment sur toutes les têtes bien -conservées, les quatre grains dont nous venons de décrire la position. Le grain principal garde toujours sa prédominance relative, et il croit, en dimensions sans se diviser, jusqu’à la fin de la première période. Durant la seconde période, sa surface devient quelquefois la base de deux ou trois épines. Les trois autres grains prédominent la granulation qui se manifeste graduellement, sur la joue fixe et les autres parties saillantes de là tête, durant la première période, et nous les reconnaissons encore, par leur relief, sur des individus qui ont acquis tous leurs segmens libres. Mais pendant la seconde période, tous les grains de la, tête acquièrent un développement à peu près égal, chacun d’eux prenant une forme conique, aigue,, ou en d’autres termes, devenant une forte épine. Alors il est
rare ce pouvoir distinguer les trois grains primitifs, qui cependant se retrouvent encore dans quelques individus.
St
Comme nous venons de l’indiquer indirectement, une granulation générale se manifeste sur toutes les parties saillantes de la tête et du corps, durant la première période, sans que nous puissions en assigner l’époque, probablement variable suivant les individus. Cette granulation tresfme disparaît aisément par le choc, en ouvrant la roche, et durant les transports. Nous lavons aussi constamment perdue, par le lavage des exemplaires. Elle est cependant tres-reconnaissable sur divers échantillons, et sa présence accidentelle a donné lieu à deux dénominations spécifiques du Prodrôipe , Acanthocnemis verrucosa, Acanthogramma verruculosa. Pendant toute la première période, la forme des grains reste arrondie au sommet; durant la période suivante, les grains s’alongent graduellement, jusqu’à atteindre la longueur d’un demi-milhmetre et au delà.
Les individus complètement développés nous montrent ces épines sur tout le corps, excepté dans le creux des sillons, qui restent toujours lisses. Elles sont disposées sans ordre apparent sur les diverses parties saillantes de la tête, mais elles forment des séries sub-reguheres, doubles, et quelquefois triples, sur les anneaux de l’axe et sur les bandes des plèvres. Le pygidium ne nous montre ces ornemens que sur son contour près du thorax.
La faculté d’enroulement est constatée par plusieurs exemplaires.
Dimensions. Les savans trouveront dans le tableau qui suit, la série des dimensions de la forme longue, relatives à tous les âges, entre le minimum de deux tiers de millimétré et -b m m. de longueur. Ce tableau montre en même temps la concordance qui existe a tous les degrés de développement, entre le nombre des segmens du corps et la longueur des individus.
Gisem‘„ et local. Sao hirsuta n’a été rencontrée jusqu’ici que dans le voisinage de Skrey, dans les schistes de notre étage C, appartenant à la division Silurienne inférieure. Les bancs qui contiennent cette espèce, sont les mêmes qui nous ont fourni les Paradoxides , Conocephahtes Arionellu, % Ellipsocephalus, Hydrocephalus, et les Agnostus. Sao hirsuta est donc incontestablement une des formes primitives qui ont représenté non seulement la classe des Crustacés, mais la vie elle même en Bohême et peut-être sur notre globe. Cette circonstance fera sans doute partager aux savans une partie de l’intérêt que nous a inspiré cette espèce et qui a provoque les longues études que nous publions à son sujet. Nous espérons que ces études contribueront a confirmer la conviction, que nous ont déjà transmise plusieurs de nos doctes devanciers, relativement a l’uniformité et à la constance des lois qui n’ont cessé de régir la nature organique et inorganique, pendant le développement si varié de la création, dans l’immense durée des temps.
Rapports et différences. Nous ne connaissons jusqu’à ce jour aucune forme que l’on puisse confondre avec Sao hirsuta.
Synon. Sao hirsuta. Barr. Not. prêt. p. 13
Statirogmus muricatus, Corel. Prodr, p. 28. 11. lit. ng. 14. Staurogm. acuminatvs. Cord. ibid.
Stauroq. muricatus. Cord. désigne la forme adulte et complètement développée que nous avions nommée dès l’origine, Sao hirsuta. Nous avons déjà indiqué les motifs pour lesquels nous maintenons notre dénomination générique , et nous n’apercevons aucune circonstance, qui aurait pu donner à autrui, le droit de changer le nom spécifique.
Après avoir examiné les exemplaires de la collection Hawle, nous ne trouvons rien qui ait pu autoriser l’auteur du ProdrÔme, à étendre à travers l’anneau occipital, le sillon longitudinal qui sépare les lobes latéraux de la glabelle. Cet anneau est parfaitement entier, comme dans tous les Trilobites à notre connaissance. La saillie -extraordinaire de la joue un dehors du thorax, et la longueur démesurée donnée au corps, dans la figure citée, n’ont aucun fondement dans la réalité.
Stauroqm. acummatus Cord. est une espèce fondée sur des fragmens qui par leurs dimensions, peuvent appartenir au 18h degré de développement. Ils présentent tous les caractères de Sao hirsuta, dans la tête et la partie visible du corps; notamment le sillon longitudinal de la glabelle, les grains primitifs et le grain principal, la granulation &c.
GENRE SAO. BARRANDE
Staurogm. latus. Cord. est une dénomination donnée a deux autres fragmens, que nous reconnaissons aux mêmes signes, comme appartenant à Sao hirsuta , et peut-être à sa forme large, ils ne sont pas assez complets, pour permettre cette distinction.
Tableau du développement progressif de Sao hirsuta. Barr.
&JD O
Caractères apparaissant
successivement.
Nombre des segmens.
Dimensions de la
forme longue:
Nombre des exemplaires complets observés dans les collections.
libres
soudés
total.
longueur
largeur
Musée
Bohême
Havvle
Bitrrande
1 "=. Période.
millim.
millim.-
J Forme discoide. Trilobation. Thorax ) presque nul.
Démarcation entre la tête et le thorax.
\ La tête se réduit. 5 articulations à
1 l’axe du corps.
Apparition des plèvres libres.
Apparition du grain principal et des trois grains primitifs.
Apparition du bord frontal 'et des bourrelets de la glabelle.
Sillon longitudinal sur la glabelle.
Epines sur les anneaux de l’axe.
Alternance dans le relief des bandes!
de la plèvre. j
Granulation générale.
Le nombre des segmens du corps entier) est complet.
Nombre des segmens thoraciques complet.
2m/. Période.
2Q i Développement des dimensions et orne- ! mens de l’âge adulte. j
Totaux
Nota. Les dimensions de la forme large prononcée sont fréquemment fort différentes de celles que nous indiquons dans ce tableau pour la tonne longue. Par exemple, la forme large du 13.=. degré n a que 4mm de longueur, au lieu de 5; et la forme large du 19.=. degré n’a que 6.50 m. m. au lieu de 8 m. m. que nous observons sur la forme longue du même âge. *
SYSTÈME SILURIEN DlT CENTRE DE LA BOHÈME.
Genre Arionellus. Barrande.
Arion = Arionides. Barrande.
Ellipsooephalus. (partim.) Barrande.
Agraulos. Corda.
Herse. Corda.
1846- Nous avons fondé, le genre Arion , dans notre Notice Préliminaire , et nous avons décrit la forme adulte comme Ar. ceticephalus. Mais nous avons méconnu le jeune âge appartenant à la même espèce, et nous l’avons rapporté au genre Ellipsocephalus, en le nommant EU. tumidus. Cette séparation en deux types nous paraissait alors exigée par la grande différence qui existe dans la forme de la glabelle, et le nombre des segmens thoraciques, entre les âges extrêmes, à notre connaissance. Les études que nous avons faites depuis lors, nous ont révélé notre erreur, et nous ont conduit à une appréciation plus exacte des formes et de leurs variations progressives , suivant l’âge et la taille des individus. Des observations simultanées et analogues sur les genres Sao , Trinucleus , Arethusina fyc., nous ont confirmé dans cette manière de voir.
Divers savans nous ayant fait remarquer, que le nom Arion avait été déjà appliqué par Férussac à un mollusque, nous avions d’abord pensé à le transformer en Arionides. Mais cett(e forme pouvant encore donner lieu à des objections, nous nous sommes arrêté à celle de Arionêllus, qui nous semble ne pouvoir être confondue avec aucune autre.
1847- M. Corda a substitué dans son Prodrôme le nom de Agraulos à notre dénomination primitive, Il n’a pas remarqué-, que ce nom est trop rapproché de Agraulis appliqué par Boisduval à un Lépidoptère. L’auteur du Prodrôme a aussi créé le genre Herse pour y classer une des formes du jeune âge. Ce nouveau type rentre donc dans notre genre Arionellus.
Caractères génériques.
Ne connaissant jusqu’ici qu’une espèce unique, nous ne saurions distinguer exactement les caractères génériques ; nous nous bornerons donc à indiquer les traits principaux.
Corps ovale, plus ou moins alongé. Tête très-développée , pygidium très-petit, trilobation très-distincte sur tout le corps.
Le contour extérieur de la tête, est parabolique, le contour intérieur presque droit. La glabelle est précédée d’un large bord, fondu avec les joues. Traces de lobation visibles au jeune âge. La suture - faciale est composée de deux branches isolées, très-éloignées l’une de l’autre. La partie antérieure parallèle à l’axe, coupe le contour sur la projection frontale de l’oeil. La partie postérieure diverge obliquement pour aboutir sur le bord, un peu à l’intérieur de l’angle gênai. La joue mobile est très-étroite et alongée. L’oeil est petit. L’hypostôme se compose d’un corps central , .ovale , tronqué au front. Il est entouré d’un bord échancré sur les côtés, élargi et fortement coudé autour de l’extrémité buccale.
16 segmens au thorax dans les adultes. L’axe est saillant; les plèvres suivent le type à sillon. Leur bande antérieure est fortement échancrée en biseau.
Pygidium composé de trois segmens dans l’espèce connue.
Faculté d’enroulement constatée.
Distribution des espèces. Le genre Arionellus est représenté par une seule espèce, appartenant à la Bohême, et qui fait partie de la Faune primitive de notre division Silurienne inférieure, Etage C, avec les Paradoxides, Sao, Conocephalites fc. fyc.
GENRE AlilOmLLUS. BARRANDE.
Rapports et dijfér. Le type que nous décrivons, offre diverses analogies avec les Paradoxides , par le cours de la suture faciale, la forme du pygidium, et le grand nombre des segmens thoraciques. La conformation de tous les autres élémens du corps sépare très-largement ces deux genres.
Arionellus est beaucoup plus intimément lié avec Sao , ainsi que nous l'avons indiqué en décrivant ce dernier type. Nous prions le lecteur de vouloir bien jeter un coup d’oeil sur le passage, ou nous avons établi les rapports et différences entre ces deux formes génériques, (p. 384).
Arion. ceticephalus. Barr.
Arion ceticephalus. Barr. Not. prél. p. 13.
Ellipsoc. tumidus. Barr. ibid, p. 12.
Herse Neubergii. Cord. Prodr. p. 19. PI. I. fig. 10.
Agraulos delphinoceplialus. Cord. ib. p. 27. PI. II. fig. 13.
Agr. ceticephalus. Cord. ibid. p. 27.
Agr. lobulosus. Cord. ibid.
Agr. . carinatus. Cord. ibid.
Agr. porosus. Cord. ibid. p. 28.
Cette espèce doit la longue synonimie qui précède, aux apparences diverses qu’elle présente, et qui correspondent comme dans Sao hirsuta , à différens degrés de développement, ou à divers âges.
Sao hirsuta nous a permis d’observer 20 degrés successifs, tous caractérisés par quelque modification de forme et de taille, en commençant par des. dimensions microscopiques ou embiyonnaires. Arion. ceticephalus ne nous révèle pas son développement entre des limites aussi étendues, car la première forme sous la quelle nous le reconnaissons, montre déjà une. conformation trilobitique que nous avons été entraîné d’abord à considérer comme complète , et une taille qui nest pas au dessous de 3 m. m., tandisque la taille maximum est de 40 m. m. Par suite de circonstances que nous ne saurions apprécier, il est extrêmement rare, de trouver dans les schistes de Skrey, des individus appartenant à la première période de développement, c. à d. avant 1 apparition de tous les segmens. Les exemplaires parvenus à la seconde période, quoique de taille très-variable, sont au contraire assez fréquens dans cette formation, et nous en avons réuni plus de mille, parmi lesquels au moins une cinquantaine qui sont complets. Mais nous ne comptons dans notre collection que six individus représentant la première période et qui nous offrent toute sécurité pour nos observations. A ces six exemplaires, se joignent deux autres appai tenant à la collection Hawle. Pour Sao hirsuta c’est tout l’opposé. Nous n’avons pu rassembler qu un nombre très-limité d’exemplaires représentant la seconde période , tandisque les individus appartenant à la première, sont incomparablement plus nombreux.
Nous croyons devoir donner ces détails, pour faire concevoir aux paléontologues, jusqu’à quel point on est fondé à considérer les deux genres voisins, comme offrant une importante différence dans leur mode de développement. Nous avons signalé vingt degrés distincts dans Sao hirsuta, tandisque nous n en reconnaissons que cinq dans Ar. ceticephalus; mais nous n’oserions affirmer qu il en était ainsi dans la nature, et peut-être serons nous un jour assez heureux, pour découvrir des formes embryonnaires antérieures à celles que nous allons signaler.
Les considérations qui nous portent à réunir, comme représentant des degrés successifs de développement dune même espèce, des formes dont quelques unes ont déjà reçu un nom spécifique, sont les suivantes :
1. tous les individus que nous observons, quelle que soit leur taille, quelles que soient d ailleurs leurs formes, nous montrent la même plèvre, reconnaissable par deux caractères qui
lui sont propres. D’abord, la bande postérieure est toujours beaucoup plus large que la bande antérieure. En second lieu, cette bande antérieure est échancrée en biseau à partir d’un point peu éloigné du sillon dorsal, et ce point a l’air de former une saillie angulaire comme dans d’autres genres, Produs, Phacops fc., caractérisant des formations postérieures. Cette conformation ne se retrouve sur aucun autre type représenté dans l’étage C.
2. Les têtes nombreuses que nous avons sous les yeux, nous montrent une suite de formes variant d’une manière insensible et continue, depuis le plus jeune âge, jusqu’à l’époque du développement le plus complet. Cette variation se manifeste principalement dans la longueur relatiye, le relief, et la lobation de la glabelle. Au premier degré qu’il nous est donné d’observer , la longueur de la glabelle est à celle du bord frontal qui la précède, comme 3:1. Dans les exemplaires les plus développés, les longueurs de la glabelle et du bord frontal sont égales entr’elles. Entre ces deux limites extrêmes, nous trouvons tous les termes intermédiaires qu’on peut imaginer, et dans tous les individus , le rapport dont nous parlons s’approche d’autant plus de l’unité , que la taille est plus grande.
Le relief et la forme de la glabelle nous montrent une série graduelle de variations analogues. Au jeune âge, elle est presque semi-cylindrique, très-saillante, abrupte au front et sur les côtés ; les sillons dorsaux qui la déterminent, sont prononcés et profonds, sur tout son contour. Par opposition, dans les individus les plus âgés, nous voyons la glabelle aplatie, ayant peu de relief au dessus du reste de la surface céphalique, avec laquelle elle se raccorde par une pente insensible. Les sillons dorsaux sont à peine indiqués par une faible dépression autour de sa base. Entre ces deux formes extrêmes, les individus d’âges intermédiaires nous présentent toutes les variations graduelles, et ces variations sont constamment en harmonie avec la taille des exemplaires. Enfin, la glabelle du jeune âge, dans tous les morceaux à notre connaissance, permet de distinguer plus ou moins , trois faibles dépressions latérales de chaque côté , ou en d’autres termes, trois sillons latéraux. Certains individus d’un âge moyen nous montrent encore ces impressions distinctes. Elles disparaissent totalement sur la glabelle des exemplaires les plus développés, du moins sur la surface extérieure de leur enveloppe. Mais lorsque cette enveloppe assez épaisse est enlevée , nous retrouvons sur le moule ces trois dépressions , entre les quatre bourrelets dont nous aurons lieu de parler dans la description spécifique.
Voilà donc sur la tête trois caractères qui varient avec l’âge, d’une manière si continue, que lorsqu’on a sous les yeux une suite d’exemplaires, on peut y reconnaître tous les degrés.
3. A tous les âges, c. à d. sur les individus de toute taille, le sillon occipital est trèsmarqué, et l’anneau occipital se distingue par sa forme épaisse, fortement projetée en arrière, et surmontée d’une épine sur l’axe.
4. La suture faciale a un cours identique sur toutes les têtes, quelle que soit d’ailleurs la différence dans les formes que nous venons de signaler.
5. La grandeur relative et la position des yeux reste invariable dans toutes ces formes.
6. La joue mobile, partout où elle existe, porte une petite pointe un peu oblique, dont la longueur absolue augmente très-peu avec l’âge, de sorte que la longueur relative par rapport à la tête, paraît très-petite dans l’âge adulte.
Tels sont les motifs qui nous font considérer les formes en question, comme divers degrés de développement d’une même espèce. Malheureusement, nous ne pouvons pas y ajouter comme dans Sao hirsuta, l’observation des ornemens de la surface, parceque le test paraît lisse à tous les âges, à l’exception de quelques ornemens locaux que nous aurons à signaler dans les individus les plus développés.
Nous admettrons comme pour Sao hirsuta, deux périodes de développement. Pendant la première, le Trilobite acquiert graduellement le nombre normal de ses segmens. Durant la seconde, il continue à développer sa taille et ses formes, jusqu’à leur complément.
GENRE ARIONELLUS. BARRANDE.
D après les matériaux à notre disposition, la première période présente cinq degrés distincts par un nombre différent soit de segmens libres, soit d’articulations dans le corps entier. Comme la série de ces nombres nest pas continue, mais laisse des lacunes, nous sommes porté à croire, que nos matériaux ne sont pas complets comme pour Sao lürsuta, qui nous a montré une série non interrompue.
l"e. Période.
Ie'. degré de développement. PI. 10 fig. 1. a. b.
Sept segmens libres.
La longueur totale du corps est de 3.5 m. m. sur les quels la tête seule occupe 1.5 m. m. c. à d presque la moitié.
La glabelle cylindroide, enflée, est abrupte vers le front et sur les côtés. Nous distinguons sur ses flancs, trois légères impressions ou sillons latéraux. Sa longueur est à celle du bord frontal qui la précède, comme 3:1. La proéminence de l’anneau occipital vers l’arrière est trèssensible. La joue mobile porte à son extrémité une pointe oblique, qui peut atteindre le second segment.
Nous distinguons au thorax 7 ségmens libres; 5 à 6 segmens soudés forment le pygidium transitoire. Les plèvres libres nous permettent de distinguer les caractères déjà indiqués cidessus , comme appartenant à l’espèce décrite. Les lobes latéraux du pygidium montrent un ou deux segmens de moins que ceux que nous venons d’indiquer sur l’axe.
Synon. Cette forme n’a reçu aucun nom spécifique; mais parmi les deux individus de la collection Hawle que M. Corda a désignés par le nom de Herse Neubergii, l’un appartient au degré qui nous occupe. Il montre 7 segmens libres et 5 segmens soudés, au lieu des 10 segmens thoraciques et des 3 segmens soudés qu’il devrait présenter, d’après la définition du genre Herse dans le Prodrôme.
2T. degré de développement. PI. 10 fig. 2. a. b.
Neuf segmens libres.
L’apparition de deux nouveaux segmens libres nous porte à penser, qu’il nous manque des représentai d’un degré intermédiaire, qui aurait huit segmens thoraciques.
La longueur totale du Trilobite est de 4 m. m. dont la tête occupe 1.5 c. à d. moins de la moitié.
La glabelle enflée, abrupte sur son contour, permet de reconnaître les impressions latérales ou sillons.
9 segmens libres au thorax ; 4 segmens soudés au pygidium , indiqués par .autant d’articulations sur l’axe; quelques traces de division segmentaire sur les lobes latéraux.
Synon. Cette forme n’a reçu aucune dénomination quelconque.
3T. degré de développement. PI. 10 fig. 3. a. b.
Dix segmens libres.
La longueur totale du corps est de 5 m. m. dans la forme longue , et celle de la tête de 2 m. m.
La glabelle présente encore la forme enflée, saillante, cylindroide , avec de faibles sillons latéraux, mais le bord frontal qui la précède, commence à prendre un peu plus de développement.
10 segmens libres au thorax. 4 à 5 articulations sur l’axe du pygidium, dont les lobes latéraux montrent 2 à 3 faibles indications segmentaires.
Sijnon. Herse Neubergii. Cord. Prodr. p. 19. PL I. fig. 10.
Le genre Herse Cord. , a été fondé sur deux individus de la collection Hawle. D’après la définition des caractères génériques, ils devraient présenter 10 segmens au thorax, et 5 articulations sur l’axe du pygidium. Nous trouvons en effet ces nombres exacts sur l’un d’eux, qui représente par conséquent notre 3"!,e. degré de ‘développement. Mais le second individu ne nous montre que 7 segmens libres et 5 articulations sur l’axe du pygidium. Il est donc loin de réunir les caractères du genre Herse tel qu’il a été conçu par son auteur. Ce second individu appartient au premier degré de développement,, dans la description duquel nous en avons déjà fait mention.
4T. degré de développement. PI. 10 fig. 4. a. b.
Onze segmens libres.
La longueur totale du corps est dé 6 m. m. et celle de la tête : 2. S m. m.
La forme cylindroide de la glabelle commence déjà à se déprimer un peu. On reconnaît les faibles impressions latérales ou sillons sur ses flancs. Sa longueur est à celle du bord frontal comme 2:1.
11 segmens libres au thorax; 5. à 6 articulations sur l’axe du pygidium transitoire, dont les lobes latéraux montrent des traces de division segmentaire.
Le Trilobite a acquis tous les segmens de l’axe , moins un , mais le nombre des segmens libres ou thoraciques est encore inférieur de cinq unités, au nombre normal.
Entre ce degré et le suivant, où nous trouvons 16 segmens au thorax, il y a une lacune considérable, que l’insuffisance des matériaux existans ne permet pas de combler en ce moment.
oT. degré de développement. PI. 10 fig. 5. a. b.
Seize segmens libres.
La longueur totale du corps est de 10 m. m. et celle de la tête est de 4 m. m.
La glabelle a beaucoup moins de relief que dans tous les degrés antérieurs; elle s’affaisse en s’élargissant, et les sillons dorsaux deviennent peu profonds. Sa longueur est à celle du bord frontal comme 3:3. Les traces des sillons latéraux sont très-peu distinctes.
16 segmens libres au thorax, mais les derniers sont encore très-peu • développés. Le pygidium permanent apparaît avec 2 ou 3 articulations visibles sur l’axe, et .des lobes latéraux rudimentaires.
La première période de développement est donc terminée, puisque le Trilobite a acquis toutes les parties de' son corps. Mais sa taille et la forme de divers élémens sont encore loin de la limite qu’elles doivent atteindre durant la seconde période.
période.
L’ensemble du corps figure un ovale plus ou moins alongé, suivant que l’on considère la forme, longue ou la forme large. Le rapport des axes est de 7:3 dans la première, tandisquil est de 3 : 2 dans la seconde.
La tete occupe environ le tiers, et le pygidium le dix-huitième de la longueur totale dans
a orme longue, parvenue à son plus haut degré de développement. Dans les premiers degrés,
la tete occupait environ la moitié de l’étendue totale du corps, et dans les individus qui viennent d acquérir le nombre complet des segmens libres, elle atteint encore deux cinquièmes de cette étendue. Le profil transversal de la tête est médiocrement bombé.
Le contour extérieur est parabolique à tous les âges, et paraît plus ou moins alongé ou e argi, suivant la forme longue ou la forme large. H se termine à l’angle gênai par une pointe
ZT °bîqUe 3 9Xe’ 6t qU1 attemt à peme k seconde PIèvre- Le contour intérieur est presque ctihgne dans presque toute son étendue, mais dans les adultes il se courbe un peu vers l’avant
près de 1 angle gênai A tous les âges, l’anneau occipital rompt cette ligne en se projetant
“ 6n arr;Cr?' n. est t0uJ°urs surmonté au milieu par un tubercule spiniforme qui s’incline
dans les Th ’ t ' ? Çonsta“t enflé. Le sillon occipital est peu profond, assez large, et dans adultes tres-developpes, il forme même une sorte d’échancrure à la base de la glabelle
les arbTf il" fe°Tie- rffdeS ioues est é^alement Iar£e et distinct à tous les âges, mais dans
adultes, il tend a s effacer vers ses extrémités. Le bord postérieur subit les mêmes variations.
s,b|T:Æbfe CyIindr0Ïde’ enflée’ abruPte sur tout son contour, au jeune âge, s’affaisse insen--
nusviemx TT' pr“T "T 6 reste de ,a SUrface de la tête- dans les individus les
P1 s .-eux , Les trois légers sillons quon aperçoit ordinairement sur les jeunes têtes, et sur des
i ividus dun âge moyen, s effacent peu à peu, de sorte qu’on n’en reconnaît plus aucune trace
ur a surface extérieure des adultes. Cette disparition nous semblerait pouvoir être attribuée à
m 7ra"'.e,dU test; ""j ? P'”s .** cette espèce, ,ue il ta plupart dTa„“e de meme taille L empreinte de la paroi intérieure du test représente toujours ces sillons
sur aPtête deUto TT VT SaillanS’ ana]o§ues à ceux fi»® nous avons décrits
sur a tete de Sao hirsuta Ces bourrelets toujours invisibles sur la paroi externe, sont rangés
sur les deux cotes de la glabelle, de manière à laisser au milieu un grand espace vide ou rainure
de l’arTe6’ T™ T® 1 esPèce. comparée. La distance des paires entr’elles diminue en allant de 1 arriéré vers lavant. Les trois premiers bourrelets de chaque côté sont à peu-près transverses tandisque le dernier est très-sensiblement oblique à l’axe. Ces bourreletSP correspondent problablement aux attaches des mandibules. spon nt
T6S SlI1°nS d<faUX éprouvent une variation analogue à celle de la glabelle. Nous les avons décrits au jeune âge comme très-profonds, et réunis au front. Peu à peu leur profondeur
de la glabelle.8 ^ ^ “6 PbS ^ marquéS qU6 par Une très-faible dépression autour
P11p TTtUre C°Upe 16 C°nt0Ur frontal de la tête- sur la projection antérieure de l’oeil
fente , P T TV orf n\ e?/estant Parallèle à l’axe. La partie postérieure d’abord diverfeT’n T be de, maniere.a decnre courbe concave vers la glabelle, et va aboutir sur
côté1 ni h|°raCiqT’ t3!’™6 P6îîte dlStanCe de Pangle ^énab En somme- h suture forme sur chaque côte une ligne, dont 1 ensemble est peu oblique à l’axe de la tête.
Lef\ yeux très-petits, peu saillans, sont placés plus près du bord latéral que du sillon dorsal a peu-pres au droit du centre de la glabelle. La nature de leur surface est inconnue Leur
18 fronl de la shb* par m
La joue fixe est très-étendue, doucement inclinée vers le contour. Au jeune âge son relief est beaucoup plus élevé que celui du bord frontal, qui peut alors porterie nom Mais dans
devant Tt sur les cir'T8’]11 11 p PlUS ^ b°rd proprement dit> Parceque toute la surface au
toX l’étlndue entifT ,, gf ’ PT, ™ mêma niveau’ et se raccorde parfaitement sur toute tetendue, entre les sillons dorsaux et le contour extérieur.
nortel i°nepTbileieSt étroite> trèB-abngée, et offre une douce inclinaison vers l’extérieur. Elle p extrémité une pointe courte, aplatie, qui est relativement beaucoup moins longue
dans les adultes qu’au jeune âge. Cette pointe paraît avoir été pleine, et elle se détache assez souvent des exemplaires, qui alors semblent avoir l’angle gênai arrondi.
L’hypostôme est presque identique à celui de Sao hirsuta. Sa forme ovalaire, tronquée au bord frontal étroit, se prolonge sur les côtés, pour former les aîles recourbées en arrière. Le corps central est aussi ovale, assez fortement bombé en travers, et tronqué vers le front. Le bord latéral se raccorde de chaque côté avec l’aîle, par une partie étroite, correspondant à une échancrure. Il s’élargit ensuite en se coudant loriement autour de 1 extrémité buccale. Il est séparé du corps central par un sillon bien marqué. Nous trouvons la même forme sur des individus de taille ou d’âge très-divers.
16 segmens, au thorax sur les individus qui ont atteint le terme de la première période. Ces segmens libres sont au nombre de sept seulement, dans les exemplaires les plus jeunes qu’il nous a été donné d’observer. L’apparition des autres segmens a lieu successivement, par degrés dont nous ne croyons connaître qu’une partie.
L’axe à tous les âges est saillant en demi-cercle, et déterminé par des sillons dorsaux distincts. Ses anneaux séparés par des rainures prononcées, de moitié moins larges queux, se projettent un peu en avant, à leurs extrémités. La largeur de l’axe dépasse la moitié de celle d’un des lobes latéraux et elle diminue graduellement depuis la tête jusqu’au bout du corps.
Les plèvres un peu déprimées dans le voisinage de l’axe, se coudent fortement avant le milieu de leur longueur. Elles suivent le type à sillon, mais elles présentent une conformation qui les distingue de celles de tous les autres types qui caractérisent la faune primitive de cet étage, et qu’on ne peut reconnaître que sur un très-petit nombre d’exemplaires bien conservés. Par suite de la projection vers l’avant du bout de l’anneau, le sillon de la plèvre est situé dans la direction de la rainure du segment correspondant sur l’axe. Il est étroit, légèrement concave vers l’avant, et il se prolonge jusques près de l’extrémité. Les deux bandes quil détermine sont concentriques à sa courbure, et aplaties. La bande postérieure est deux fois aussi large que l’autre , et conserve cette forme , en s’épaississant un peu vers le bout arrondi. La bande antérieure, à partir du sillon dorsal jusqu’au quart de sa longueur, se projette un peu vers l’avant, de manière à recouvrir sur cette étendue le bord de la plèvre précédente. Puis elle éprouve une subite échancrure et prend la forme d’un biseau, que la plèvre précédente recouvre en partie, même lorsque le Trilobite est alongé. Le point ou la bande anterieure cesse dêtre recouvrante forme une saillie angulaire vers l’avant, comme dans certains Phacops, Proctus, Calymene <$çc., et se remarque à partir du jeune âge. Nous avons encore à signaler dans le segment de cette espèce, deux caractères particuliers. — 1. L’empreinte de la paroi inférieure de chaque plèvre présente dans le sillon dorsal, près du bord postérieur, une cavité conique assez profonde, et un peu inclinée vers l’arrière. Il existait donc une protubérance conique du test dans 1 intérieur de l’animal. Ce petit cône ne formait pas un condyle articulaire entre deux plèvres contiguës, ainsi que l’admet Burmeister, dans As. tyrannus et les Phacops, (Organ. der Trilob. p. 29) car nous pouvons voir clairement, qu’il ne pénètre pas la plèvre suivante. Nous serions porté à croire, qu’il était simplement destiné à offrir une surface d’attache aux muscles, qui reliaient les anneaux aux parties molles de l’intérieur. Un cônfe semblable et dans la même position, nous est montré par plusieurs de. nos Illaenus, et par un exemplaire à’Amphion frontilobus de Russie. La surface supérieure de la plèvre ne montre jamais aucune trace de cet appareil. Voir ci-dessus, (p. 186).
2. L’extrémité des anneaux de l’axe présente une apparence d articulation, dont nous avons déjà parlé ci-dessus (p. 167). Sur la surface externe du test, dans les exemplaires les mieux conservés, on voit un peu au dessus du sillon dorsal, une faible rainure, à peu-près parallèle à celui-ci et pénétrant dans l’enveloppe, qui ordinairement se brise à cette place. Sur la ligne correspondante du moule intérieur, on trouve au contraire une arête saillante, dont le relief est rehaussé par une impression creuse de chaque côté. Cette arête suppose une dépréssion analogue sur la paroi inférieure du test, qui éprouve ainsi un étranglement marqué sur chacune des faces. Comme cette enveloppe est assez épaisse, on pourrait concevoir qu’une pareille disposition avait
GENRE ARIONELLUS. BARRANDE.
pour but de procurer une certaine flexibilité au segment, si toutefois ce n’est pas une articulation véritable.
La doublure du test sous la plèvre ne s’étend pas au delà d’un millimètre vers l’intérieur.
| Le pygidium n apparaît qu à la fin de la première période de développement. Jusques là il n’existe qu’un pygidium transitoire, dont les segmens temporairement soudés se détachent successivement, pour augmenter le nombre des. segmens thoraciques. Au cinquième degré observé, le pygidium véritable ou permanent se manifeste, d’abord extrêmement petit, quoique 'distinct, ne présentant que deux segmens sur l’axe, sans division sur les côtés. L’axe est très-enflé, et atteint le bord postérieur. Les lobes latéraux sont étroits, et un peu inclinés vers le dehors. Durant la seconde période, les dimensions du pygidium se développent un peu, mais sa forme reste toujours la môme. Sa surface ne montre ordinairement sur le test aucune trace de segmentation. Nous avons trouvé quelques exemplaires dépouillés de leur test, qui permettent de compter sur l’axe trois articulations, dont la dernière est rudimentaire. Nous voyons en même temps la trace de deux sillons rayonnans sur chaque lobe latéral. Dans ces morceaux appartenant aux individus les plus développés, l’axe occupe autant de largeur que chaque côté. Les lobes latéraux ont une surface un peu- bombée, terminée par un bo'rd fortement coudé. Si la segmentation que nous venons d’indiquer, n’est pas visible sur la surface extérieure, cela tient sans doute à la nature du tégument, comme dans d’autres espèces.
Le test a une épaisseur d’environ un demi-millimètre, sur les individus les plus développés. Il semble se décomposer en deux couches égales, mais cette apparence est peut-être due uniquement à la manière dont l’oxide de fer s’est substitué à la substance primitive. C’est ce que nous n’avons pas le moyen de vérifier. La surface du test est lisse sur tout le corps, dans presque tous les individus. Quelques exemplaires de la plus grande taille nous montrent sur les quatre premiers anneaux -de l’axe des stries transverses, saillantes, irrégulières. Elles sont accompagnées de petites rugosités ou granulation, principalement sensibles vers l’extrémité de ces anneaux. Nous retrouvons^ cette faible granulation dans un fragment, sur toute Ja surface des anneaux plus éloignés de la tête, mais sans aucune strie. Ces ornemens ne se montrent jamais sur les plèvres.
Deux ou trois exemplaires portent un grain saillant sur le sommet de trois ou quatre anneaux, à partir du troisième derrière la tête.
La faculté d’enroulement est constatée par un grand nombre d’exemplaires, sous la forme indiquée comme enroulement double, dans nos études générales. Le pygidium et quelques anneaux se ployent d’abord sous le thorax, et l’enroulement a lieu ensuite de manière à' renfermer au centre 1 extrémité postérieure du corps. Malheureusement, le premier degré d’enroulement s observe sur la plupart des exemplaires alongés, de sorte qu’il est rare d’en trouver qui permettent de compter tous les segmens. r
Dimensions. La longueur minimum des individus du premier degré est de 3.5 m. m. et eur largeur est de 3 m. m. Les exemplaires de la forme longue les plus développés ont ob m. m. de longueur, et une largeur maximum de 17 m. m. Nous donnons dans un tableau qui suit, les dimensions comparées de tous les degrés.
GisemL et local. Arion. ceticephalus est un des Trilobites de la Faune primitive de notre etage C. Nous l’avons trouvé aux environs de Skrey et du moulin de Slap, sur la bande Nord- Ouest des schistes fossilifères de cet étage. Jusqu’à ce jour, il n’a pas été découvert dans la bande correspondante du Sud-Est, C. à. d. sur le bord opposé du bassin. Il est associé dans les deux localités, avec les Paradoxkles, Conocephalites , Sao, Ellipsocephalus, Agnostus. Nous avons eja ît que c était une. des espèces qui nous ont fourni le plus d’exemplaires, mais il est cependant rare d’en obtenir de bien complets.
Rapp. et différ. Nous ne connaissons aucun Trilobite qui se rapproche notablement de l’espèce que nous venons de décrire. Nous avons indiqué ci-dessus les analogies qui existent entre ce type et celui de Sao hirsuta. (p. 384).
Synon. Agraulos àelphinocephalus. Cord. Prodr. p. 27. PI. II. fig. 13.
Agraulos lobulosus. Cord. ibid.
Agraulos carinatus. Cord. ibid.
Agraulos porosus. Cord. ibid. p. 28.
Agr. delphinocephalus est le nom donné par l’auteur du Prodrôme à la forme longue. C’est ce dont nous nous sommes convaincu, en examinant les exemplaires de la collection Hawle, qui ont servi aux observations de M. Corda. Ce savant a réservé le nom A Agr . ceticephalus aux individus de la forme large.
Agr. lobulosus est représenté dans la collection Hawle par un tête isolée, et par un individu tronqué vers l’arrière.
La. tête isolée est dans un état médiocre de conservation, et paraît d’après sa forme et sa taille, appartenir à un individu du 3™e. degré, car sa longueur totale est de 3 m. m. On reconnaît sur l’un de ses flancs les traces des sillons, et la joue mobile a conservé sa pointe. Cette tête ne saurait être distinguée de la forme nommée par M. Corda Herse Neubergii et que nous avons rapportée ci-dessus au 3î. degré. L’exemplaire incomplet associé à cette tête pour fonder cette espèce, est beaucoup plus développé, et nous le reconnaissons aisément comme appartenant soit au 52. degré, soit au commencement de la seconde période. Sa tête et les 12 à la segmens qui restent, ont ensemble une longueur de 9 m. m. dont la tête seule occupe 4, comme dans le 5t. degré. La glabelle ne laisse apercevoir que la trace très-légère du sillon postérieur. Si l’on ajoute la partie qui manque au thorax et le pygidium, nul doute que la longueur atteindra au moins 10 m. m. comme dans le degré que nous venons d’indiquer. Toutes les formes du corps sont d’ailleurs celles que nous avons décrites.
Agr. carinatus est une espèce fondée par M. Corda, sur deux têtes isolées, appartenant à la collection Hawle. Leur nom indiquerait une carêrie, mais nous avons vainement cherché cette particularité dans leur conformation. Ces têtes ne s’éloignent en rien du type d ’Arion. ceticephalus.
Agr. porosus désigne quelques têtes isolées de la même espèce, sur la surface des quelles on voit de petites cavités que nous considérons comme accidentelles, et peut-être provenant du mode de départ de l’oxide de fer qui remplace le test. Ces cavités disparaissent partiellement sur certains exemplaires.
Tableau du développement progressif de Arionellus ceticephalus.
Degrés
de
dévelop¬
pement.
des
ombre
segmens
Dimensions de la forme longue.
Nombre des exemplaires complets observés dans les collections :
libres
soudés
total
longueur
largeur
Musée
Bohême
Hawle
Barrande
4 ère. Période.
1 er
2™,'. Période.
Forme longue .
Forme large
GENRE ELLIPSOCEPHALUS. ZENKER.
Genre Ellipsocephalus . Zenker.
PL 10 et 13.
Trilobites. Schlottheim. Sternberg. Dalman. Boeck. Quenstedt.
Calymene. Konig. Holl.
Paradoxides. Goldfuss. Hoeninghaus.
Olenus. Goldfuss. Dechen.
Ellipsocephalus. Zenker. Bronn. Emmrich, Milne Edwards. Burmeister. Goldfuss. Barrande. Corda.
1823. Schlottheim fait connaître, sous le nom de Trilobites lloffii, la première espèce de Bohême , qui pendant longtemps a seule représenté le genre. Il l’indique comme provenant de Gïnetz et de Commotau. La première localité est exacte, mais la seconde située loin du bassin Silurien que nous décrivons, n’a jamais fourni, à notre connaissance, aucun fossile paléozoïque. (Nachtr. z. Petref. II. p. 30 et 34. PI. 22. fig. 2. a. b.)
1825. Le CLe. Gaspard Sternberg décrit et figure la même espèce, sous le même nom. (Verhandl. d. Vaterl. Mus. p. 83. PL II. fig. 4.)
La synonimie que nous donnons ci-après, en tête de la description de cette espèce, indique en même temps tous les ouvrages où il en a été fait mention, et nous dispense de tout autre détail historique, qui ne pourrait être dans ce cas, qu’une répétition des mêmes documens. Le lecteur remarquera, que le genre Ellipsocephalus fondé en 1833 par Zenker, a été admis par presque tous les paléontologues qui ont suivi. Ses caractères simples, et surtout l’existence d’une espèce unique jusqu’à ces derniers temps, expliquent aisément cet accord.
Caractères génériques.
' F°rme générale du corps ovalaire ; contour extérieur de la tête semi-circulaire ; angles postérieurs arrondis; contour intérieur presque rectiligne. Glabelle dessinée par deux sillons dorsaux parallèles, convergeant au front sous un angle presque droit. La suture faciale trèslimitée, coupe le bord latéral au droit de l’oeil, contourne le lobe palpébral, et aboutit à l’angle postérieur de la joue. Oeil en arc de cercle, dont la direction se prolonge par un léger filet vers la glabelle. Hypostôme inconnu.
12 à 14 segmens au thorax. L’axe occupe à peu-près le tiers de la largeur. Sillons dorsaux bien marqués. Plèvres coudées à partir du milieu de leur longueur, et creusées par un sillon légèrement oblique. Leur extrémité antérieure est taillée en biseau, à partir du coude, le bout est arrondi.
Pygidium très-petit, en segment de cercle. L’axe porte deux segmens, et atteint le bord postérieur. Faculté d’enroulement non constatée.
Distribution. Ce genre ne nous a offert jusqu’ici que deux espèces, qui appartiennent aux schistes de Ginetz et de Skrey, c. à d. à notre étage C. Ainsi, la durée de leur existence paraît très-limitée, et nous ne connaissons dans les autres régions paléozoiques aucun Trilobite, qui se rapproche de ce type, primordial en Bohême.
Ellipsocephalus Hoffi. Schlott. sp.
1823. Trilob. Hoffii. Schlott. Nachtr. II. p. 50 et 34. PI. XXII. fig. 2. a. h.
. Sternb. Verhandl. vat. Mus. 83. PI. II. fig. 4.
1823. Calym. decipiens. Konig. Icon. Sect. I. 2. PI. III. fig. 32.
AU
1826. Trilob. Ho/fïi. Daim. Pal. 76.
1827 . Boeck. Mag. f. Naturw. I. fig. 14, 17, 19.
1829. Galym. ? Hojfii. Holl. Petref. p. 160.
1830. Parad. Hojfii. Goldf. Honing. Jahrb. 258.
Olenus. dlo. Goldf. Dech. Handb. d. Geogn. p. 340.
1833. Ellipsocephalus. ambiguus. Zenk. Beitr. 51. PL IV. fig. G — K.
1833. Tril. Hojfii. Stern. Verhandl. Vat. Mus. 50.
1835. Ellips. Hojfii. Bronn. Leth. geog. 1. 122. PI. 9. fig. 18.
1837. Tril. dto. Quenstedt. Wiegm. Arch. Hft. IV. p. 342. .
1839. Ellips. dto. Emm. de Tril. diss. 44.
1840 . Miln. Edw. Crust. III. 334.
1843. . Burm. Org. d. Tril. 87. PI. I. fig. 8.
1843 . Goldf. Syst. Übers. Jahrb. f. Min. Hft. V. p. 540.
1845 . Emmr. Jahrb. f. Min. Hft. I. p. 43.
1846 . Barr. Not. prél. 12.
1847. Ellips. ambiguus. Cord. Prodr. 22. PI. II. fig. 9.
. . . . gracilis. Cord. dto. dto.
Cette espèce nous présente la forme longue et la forme large, dans ses proportions ovalaires plus ou moins alongées.
Le contour extérieur de la tête semi-circulaire, est formé par une surface peu inclinée, sans bord, ni rainure. Le limbe et la ramure qui paraissent sur les figures données par Zenker, proviennent d’exemplaires dans lesquels on voit l’impression de la doublure sous-frontale du test, par suite d’une brisure. Sur le contour intérieur de la tète, la glabelle qui fait un peu saillie en arrière, ne montre aucune trace de sillon ni d’anneau occipital, qui sont cependant nettement indiqués sur le bord postérieur des joues. Il n’existe sur la glabelle aucun indice de lobation. Les yeux en' arc de cercle, très-rapprochés du bord, occupent en longueur, environ la moitié de la glabelle; leur surface ne permet de distinguer aucun vestige de facettes. On voit sur cette espèce comme dans divers autres Trilobites du même étage, Sao, Arionellus, Hydroeephalus Sçc., que l’arc de l’oeil se prolonge par un petit filet en relief, jusques près de la glabelle. La joue mobile est réduite à une très-petite surface.
12 segmens au thorax. L’axe médiocrement bombé, est très-distinct. Les plèvres horizontales sur la moitié de leur longueur, se courbent presque à angle droit. Leur sillon très-large au droit du coude, se rétrécit vers les deux extrémités. La bande antérieure offre un biseau prononcé, qui indiquerait la faculté de s’enrouler; cependant nous n’avons jamais vu aucun des individus innombrables de cette espèce, ni enroulé, ni même ployé, ce qui montre que cette disposition anatomique n’entraîne pas toujours l’habitude de l’enroulement.
Le pygidium nous permet de distinguer deux segmens à l’axe, sur les meilleurs exemplaires. Les flancs ne montrent aucune division.
Le test n’a laissé aucune trace de sa substance, mais nous trouvons sur l’axe, le pygidium et le bord des plèvres, l’impression légère de stries saillantes dont il était orné, et dont la duection est un peu oblique à l’axe. Des stries analogues se voient sur l’impression de la doublure sous-frontale.
Dimensions. Les plus grands individus ont 36 m. m. de longueur, et 25 m. m. de largeur au milieu du thorax.
Gisent'*, et local. EU. Hoffi se trouve dans les schistes de Ginetz et de Skrey, appartenant à notre étage C. Il se présente sur toute la hauteur de cette formation, avec Parad. Bohemicus, spinosus âçc. et les Conocephalites. C’est l’espèce la plus commune aux environs de Ginetz, surtout auprès du village de Welka. Nous l’avons aussi trouvée à Reykowitz, Feldbahka, Hrachowischt &c. &c. Elle est plus rare sur la bande de Skrey, au bord opposé du bassin, mais nous lavons découverte auprès du moulin de Czilla, du moulin de Slap, du village de Klein-Lohowitz, jusquau point où les schistes de cet étage disparaissent sous la formation houillère du bassin de Radnitz.
Rapp. et différ. Nous ne pouvons distinguer EUjps. Hoffi de l’espèce suivante, que par le nombre des segmens du thorax, qui est de 14 dans cette dernière. Tous les autres caractères paraissent presque identiques. Nous nous sommes assuré, que les exemplaires de la collection Hawle auxquels M. Corda a donné le nom spécifique de Eli. gracilis, ne sont que des individus qui représentent la forme longue de EU. Hoffi, quelquefois très-peu distincte de la forme large.
Ellipsoc. Germari. Barr.
Le contour extérieur de la tête sans limbe ni rainure, laisse apercevoir l’impression de la doublure sous-frontale du test. La glabelle bien déterminée par les sillons dorsaux, se termine en avant par une saillie à peu-près à angle droit; elle ne porte à l’arrière ni sillon ni anneau occipital; sa surface ne montre aucune trace de lobation. Les yeux très-rapprochés du
bord, forment un arc de cercle, qui se prolonge par un petit filet saillant vers l’angle antérieur de la glabelle. s
14 anneaux au thorax, constans sur divers exemplaires. L’axe tissez bombé est un peu moins large que les côtés. Les plèvres se coudent, un peu au delà de la moitié de leur longueur; elles sont creusées par un sillon oblique, qui a sa plus grande largeur au droit du coude. La bande antérieure 1 orme un biseau; le bout est arrondi. Aucun individu n’a été trouvé enroulé.
Pygidium très-petit; l’axe porte deux segmens visibles, et l’on voit sur le bord antérieur des flancs, une trace de division. Tout le reste de la surface est lisse. Le test n’a laissé aucune trace ni impression.
Dimensions. Cette espèce paraît être en général plus grande que sa congénère. L’individu
figure a 48 m. m. de longueur et 35 m. m. de largeur maximum, à la jonction de la tête avec le thorax.
Gisem.',, et local. EU. Germari se trouve auprès du moulin de Slap, sur la bande des schistes de okrey , appartenant à notre étage C. Nous croyons aussi reconnaître ses traces sur divers autres points de cette bande, comme près de Czilla, sur le mont Lipa, et près Klein-Lohowitz. Mais il est impossible de prononcer l’identité d’après des fragmens isolés, très-semblables à ceux de EUvpsoc. Hoffi, que nous offrent les schistes de l’étage C, depuis Skrey jusqu’au point où ils disparaissent sous le bassin Carbonifère de Radnitz.
Rapp. et cli/fer. L espèce que nous décrivons ne se distingue sûrement de sa congénère que par le nombre des segmens du thorax, qui est de 14 au lieu de 12.
Genre ConocephalUes = Conocephalus. Zenker,
Entornolithus.
Trilohites
1772. Le Chevalier de Born énumère sous le nom de Entom. paradoxi caput laeve , une tête de Corne. Sulzeri, faisant partie de 'sa collection et provenant de la Bohême. ( Lithophil . Bornian. 2. p. 6. Teste Sternb. 1825.)
1775 Le Comte Kinsky décrit et figure, sous le nom de Entomolithus paradoxus Linnaei, plusieurs fragmens de Conoceph. Sulzeri, qu’il avait recueillis aux environs de Ginetz, avec divers fragmens de Paradoxides , sans les distinguer les uns des autres. La lettre qui contient cette description a été publiée par Born, avec les figures qui l’accompagnaient Les figures 1. 2. 3. 6. 7. 8. représentent dans leur1 ensemble toutes les parties du corps de Conoc. Sulzeri, faciles a reconnaître. (Borris Abhandl. einer Priv. Gesell. in Bohm. vol. I. p. 247. PI. VII.J
1822. Schlottheim décrit et figure la même espèce, sous le nom de Trilob. Sulzeri. ( Nachtr . zur Petref. 2. p. 34. PI. XXII. fig. I.)
1825. Le Comte Sternberg applique le nom spécifique proposé par Schlottheim, à trois Trilobites qui ont été plus tard distingués sous les noms de : Conoc. Sulzeri Zenk. Conoc, stnatus Emmr Trilob. Zippei Boeck = Placop. Zippei Cord. La diversité de ces formes avait cependant frappé ce savant observateur, et l’avait porté à les désigner comme trois variétés: «■ P- 7- (Verhandl. des Vaterl. Mus. III. Ileft p. 81. PL I et II.)
1826. Dalman ne connaissant que les ouvrages de ses devanciers et trouvant leurs indications trop discordantes pour pouvoir servir de base à une détermination exacte, s est borne a citer les auteurs qui avaient parlé' de Tril. Sulzeri. ( Palaead . p. 75.)
1827. Chr. Boeck décrit Tril. Sulzeri, et reconnaît comme fondée, la distinction indiquée par Sternberg, parmi les formes auquelles ce nom était alors appliqué. Il propose de donner le nom de Tril. Sulzeri Sternbergianus à la variété y = Con. stnatus, et il fonde pour la varie e p l’espèce Tril. Zippei = Placop. Zippei Cord. ( Magaz . f. Naturwid. I. Hft. I.)
1829. Holl a réuni Tril. Sidzeri au genre Calymene, en indiquant 14 à 16 articulations dans le corps. ( Handb . d. Petref. p. 160.)
1832. Dechen, citant Goldfuss, nomme la même espèce Olenus Sulzeri. (Handb. der Geogn. de la Beche. p. 540.)
1833- Zenker fonde le genre Conocephalus qu’il nomme aussi Trigonocephalus, dans 1 explication des figures. Sa description ne comprend que l’espèce déjà nommée Tril. Sulzeri par Schlottheim qu’il désigne par le nom de Con. costatus par suite de quelques doutes sur 1 identité de ces formes. Il indique 16 segmens au thorax, qu’il n’a pas bien distingué du pygidium. (Beytr. z. Naturgesch. d. Urw. p. 48.)
1833- Sternberg rapprochant les noms: Conoc. costatus et Tril. Sulzeri, croît pouvoir distinguer deux formes par la présence ou l’absence du filet saillant sur la joue. Cette distinction ne repose que sur l’état de conservation des exemplaires observés. Ce savant reconnaît d’ailleurs la justesse des motifs qui ont porté Boeck à séparer spécifiquement Tril. Zippei. (Verh. des Vaterl. Mus. 1 833. p. 49.)
1834- Bronn décrit et figure Conoc. Sidzeri, en admettant comme Zenker 16 segmens au thorax. Il établit une complète synonimie jusqu’à cette époque. (Leth. geogn. p. 121. PL IX. pg. 15.)
1837 Hisinger décrit et figure sous le nom de Asaph.? Sulzeri une tête dont la glabelle ressemble en effet à celle de Conoc. Sulzeri, mais dont les autres traits diffèrent considérablement. Nous ne trouvons aucune mention de cette forme Suédoise dans les auteurs plus recens et nous ignorons si elle appartient réellement au genre Conocephalites. (Leth. Suec. p. 1o. PL lit. pg- 2.)
1837. Quenstedt reproduit la dénomination de Trilob. Sulzeri sans adopter le genre établi par Zenker II fixe à 14 le véritable nombre des segmens thoraciques de cette espèce, et en indique une autre de la même localité, montrant la suture faciale. (Conoc. striatus Emmr.) jWiegm. Arch. 1837. IV. H. p. 347.)
genre conocephalites. zenker.
1839. Emmrich adopte le genre Conocephalus dont il complète la caractéristique en recon
rntSffaCrme °.Uen,Stedt’ 1 4 segmens au thorax. Il décrit Con. Sulzeri e Con. striatus dont il fait ressortir les caractères et différences spécifiques. (De Trilob. dissert, p. 42.)
1840. Müne Edwards dépourvu des matériaux nécessaires pour des observations indénen antes, réunit le genre Conocephalus au genre Otarion. Zenker. (Hist. Nat. des Crusl. III.p. 335.)
espèces ;araCtèl'eS prindpaUX du Senre Conocephalus et énumère trois peces. ùutzerh slt talus et Ztppei, en remarquant que cette dernière n’a que 12 seo-mens
14’ n°mbre n°rmal P°Ur CC g6nre- W* Übers ■ d ■ trilob. Jahrb. f.
j ... *8f3, Durmeister adopte le genre Conocephalus et décrit les deux espèces de Bohême déjà distinguées par Emmrich. (Org. der Tril. p. 85. PL /. fi g. 9, et 10 ) '
1845. Emmrich énumère les mêmes espèces. CÜb. Trilob. Jahrb. f. Min. 1845. Hft.I.p. 42.)
1846. Pictet suit Burmeister dans ses indications. ( Traité de Paléonl. IV. p. 71.)
1846. Nous reconnaissons le type Conocephalus tel qu’il avait été défini par nos savans
coro2Z\lZ\r^ f°meS Spédfi^S; ^ <^oc.
connues, sous sep! „„,ns spécimen f ,ue nous
pes genenques. iProdr. p. 23. PL IL flg. ]Q. 11. 12.) P 5 q 1 cou"
1851. Angelin décrit et figure 6 espèces de la Faune primordiale de Suède une nous
zz7aonc' "ZJ,::,a77hTs' rr e. z.
cnymetopa, L. aculeata, C. lejostraca et C. slenomelopa. (Pal. Suec. 23. PL 18 el 19.)
aux d° C°mc ■ mW,UatU° S"11- d“"s Ia
.„.„Le nom Conocephalus, d’après la Nomenclator zoologicus d’Agassiz, a été appliqué en
Botanique1 Pour ^ftisfaire f'”' 6 d’(,l',holjlei'e: sans compter deux emplois antérieurs dans la Botanique. Pour satisfaire aux exigeances de la nomenclature, ce nom doit donc être changé
de ^fi ^ures^dative^ai^m^ême0 T f ^ Triÿonorephahts , employé par Zenker dans l’ explication i8ii n i ' morne Iiilobite, si cette dénomination n’avait été aussi appliquée dès
811 par Oppel a un reptile. Adopter un des trois noms de M. Corda, ce seîai? s’exposer à une grande confusion, car chacun d’eux ne désigne qu’une partie de l’ensemble et l’nn i
dificatio^dntenir iette- diVISi0n générique. Dans ces circonstances, nous avons cru qu’une mo difica on dans la terminaison pourrait permettre de conserver la dénomination de Zenker qui a
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Caractères génériques.
formeÏJe^Tfn’r^f °U m°inS al°ngé’ Süivant que r°n considère la forme longue ou la
toujours dis’tincts °b GlabefircmarqUee' — 3 peU“près «émi-circulaire. Anneau et sillon occipital J urs distincts. Glabelle conique, amincie au front, lobée par trois ou quatre naires de «il rms
• eraux, non réunis :» l’axe. Chaque paire forme an angle' ouvert e^ avant Lee Voua durux larges , profonds, rectilignes, s’unissent en arc devant le front
Con sMaïusX aTlT ''T ^ Tril°biteS de Ce «enre> et nous reconnaissons dans
et ri f " 7 aCe V1SUelle etait réticulée- Deux espèces de Bohême, Con. Sulzeri
rona ne montrent aucune trace des organes de la vue. — Dans les Conocenh
faciales coupele LrdTTf f® ^ Srand(\suture ^cupe la station rostrale. Chacune des branches raciales coupe le bord frontal un peu en dehors de la projection antérieure de l’oeil, et se dirige
vers cet organe , par une courbe concave vers l’axe. Puis elle diverge rapidement à partir de l’oeil, suivant une courbe en S, pour aboutir un peu à l’intérieur de l’angle gênai, dont la pointe reste en dehors. Les espèces de Suède sont figurées sans pointe génale. — Dans les deux
espèces sans yeux, le sommet de la grande suture reste dans la station rostrale et chaque
branche faciale conserve les points d’intersection déjà signalés sur le contour de la tête, mais au lieu de pénétrer sur la surface céphalique, elle court obliquement sur le limbe gênai. — Dans les deux cas, il existe deux branches jumelles de jonction entre la grande suture et la suture
hypostomale. (PI. 2. B et PI. 14. fig. l. 8. 23.) Le genre Ampyx offre un autre exemple de la
suture faciale existant sans yeux. (PI. 3 0.)
L’hypostôme^ fortement bombé en travers, se compose d’un corps central ovale, tronqué au front, muni de deux ailes , et entouré d’un bord étroit, sur tout son contour.
14 à 15 segmens au thorax, suivant les espèces de Bohême; 1 1 ou 13, suivant Angelin, dans les Conoc. ( Calym .) de Suède. L’axe saillant, déterminé par des sillons dorsaux bien marqués, occupe rarement plus de la moitié de la largeur d’un lobe latéral, et s’amincit graduellement vers l’arrière. Les extrémités des anneaux, un peu épaissies, se projettent en avant. Les plèvres, fortement coudées vers le milieu, sont creusées par un sillon oblique très-marqué, qui atteint leur extrémité, taillée en biseau, imbriquée, et terminée en pointe obtuse. Elles portent une petite cavité conique près le bord de la bande postérieure, dans le sillon dorsal.
Le pygidium, presque sémi-circulaire , se compose d’un nombre d’articulations qui varie de 2 à 8 suivant les espèces. L’axe atteint presque le bord. Le contour est uni. La faculté d’enroulement est constatée sur diverses espèces de Bohême.
Nous avons reconnu la métamorphose d’une seule espèce, Con. Sulzeri. (PL 2 6.)
Distribution des espèces. En Bohême 4 espèces caractérisent exclusivement les schistes fossilifères de notre étage C, dans la division Silurienne inférieure, avec Paradoxides , Sao, Arionellus , EUipsocephalus. Agnostus. Par la variété de ses formes spécifiques et surtout par le grand nombre des individus qui représentent l’une d’elles: Con. Sulzerij le genre Conocephalites constitue un des élémens les plus importans de la Faune primitive de Bohême. — En Suède, 6 espèces de Conoceph. forment de même une partie importante de la Faune primordiale, avec Paradoxides et Agnostus , et avec O tenus, qui manque dans notre bassin. — Conoc. antiquatus. Sait, récemment signalé comme provenant de la Géorgie, aux Etats-Unis, offre la plus grande ressemblance avec Con. strialus de Bohême.
Rapp et diffiér. Le genre qui nous parait le plus analogue à celui qui nous occupe , est Olenus, en considérant ce dernier type comme principalement représenté par 01. gibbosus. Si l’on a sous les yeux de bons exemplaires de ce Trilobite Suédois, ou simplement la figure’ qu’en a donnée Burmeister (Or g. de Tril. Pt. 3. fig. .9.) on reconnaîtra une grande analogie. — 1. Dans la forme générale de la tête et les proportions de ses élémens. — 2. La forme et la lobation de la glabelle, présentant dans l’un et l’autre genre trois paires de sillons, dont la direction est semblable. Ces trois paires sont très-visibles dans les têtes bien conservées d 'Olenus. — 3. Le cours de la suture faciale presque identique. — 4. Le filet saillant qui, partant de l’oeil, se dirige vers le front de la glabelle. • — 5. Le bourrelet concentrique au bord frontal et placé entre celui-ci et la glabelle, dans divers Conocephalites, se voit aussi sur les bonnes têtes d Ol. gibbosus. — 6. La forme des segmens thoraciques est très-rapprochée, ainsi que leur nombre dans les deux genres. — 7. Le pygidium offrant un nombre analogue de segmens dans les deux types, ne diffère pas sensiblement dans l’apparence. — Après avoir reconnu tant de points de ressemblance entre les Conocephalites et Ol. gibbosus , proposerons nous de fondre ensemble ces deux genres? Non sans doute, d’abord, parceque nous ne connaissons pas certains élémens d ^ Olenus ^ tels que l’hypostôme; et en second lieu, parceque les autres formes spécifiques jusqu’ici réunies dans ce type, nous sont trop peu connues. Nous laisserous aux savans du Nord le soin de décider cette question, dont ils possèdent seuls les élémens. — Burmeister, Emmrich et Ouenstedt ayant indiqué plus ou moins positivement l’identité de Asaph.
GENRE CONOCEPH ALITES. ZENKER.
tetraqonocephalus Green, avec 01. gibbosus , ce fait établirait un ben important entre les formations Siluriennes du Nord de l’Amérique et celles du Nord de l’Europe, et en meme temps une analogie entre ces régions et la Bohême. Mais J. Hall n’ayant pas décrit As. letragonocephalus dans son premier volume de la Paléontologie de New-York, nous ne savons pas dune manière certaine, si cette forme appartient à la division inférieure du système Silurien, comme les formes analogues en Europe.
Le genre Conocephalites nous semble aussi offrir des analogies avec Calymene. Les traits qui les rapprochent le plus, sont: — 1. La lobation et la forme de la glabelle. — 2. Le cours de la grande suture — 3. L’existence des branches jumelles de jonction, dans la meme position. — 4 Le nombre des segmens du thorax et du pygidium. — La forme des plevres diffère assez notablement, ainsi que celle de l’hypostôme, ce qui constitue deux motifs suffisans pour la distinction de ces deux genres.
Division des espèces. Parmi les formes jusqu’ici publiées, deux nous présentent une suture faciale sans yeux visibles, tandisque toutes les autres nous permettent de reconnaître ces organes. On peut donc baser sur cette circonstance, une subdivision du genre:
Sect. II. Espèces pourvues d’yeux.
Sect. I. Espèces sans yeux: