Proet. striatus. Barr
1846. Phaeton striatus. Barr. Not. prél. p. 62.
Phaeton membranaceus. Barr. ibid.
1847. Prionopeltis striatus. Cord. Prodr. p. 124.
La tête est à peu-près semi-circulaire. Le contour extérieur est formé par un bord mince, assez large et relevé, accompagné à l’intérieur d’un sillon étroit. Ce limbe se prolonge à l’angle des joues, par une pointe oblique, atteignant le milieu du corps, et sillonnée sur toute sa longueur. Le contour intérieur est concave vers le thorax. Le bord postérieur des joües est large, accompagné en avant, d’un sillon très-étroit. Il se raccorde avec le bord latéral de la joue, suivant un angle aigu, terminé par la pointe déjà mentionnée L’anneau occipital est assez large.
Le profil transversal de la tête est médiocrement bombé.
La glabelle s’élève brusquement au dessus du niveau des joues. Elle est comprise entre deux sillons dorsaux presque parallèles, et réunis par un demi-cercle, devant le lobe frontal arrondi. Elle occupe un peu plus de la demi-longueur de la tête, et laisse entre elle et le bord une surface inclinée, qui se raccorde avec celle des joues. Sa surface supérieure est aplatie. Nous distinguons sur chacun de ses côtés deux et parfois trois sillons. Le sillon moyen est très-peu marqué et presque transverse, ne dépassant pas le flanc de la glabelle. Le sillon postérieur consiste dans une impression creuse, oblique à 46° par rapport à l’axe, et qui ne se prolonge, ni jusqu’au sillon dorsal, ni jusqu'au sillon occipital. La suture faciale suit exactement le oours indiqué dans les caractères génériques. L’oeil saillant, annulaire, assez gros, est placé au droit du lobe postérieur de la glabelle, contre le flanc de celle-ci, dont il n’est séparé que par la trace très-étroite du sillon dorsal. La joue fixe est très-exigue, la joue mobile assez grande, doucement bombée et inclinée vers l’extérieur.
Hypostôme inconnu.
10 segmens au thorax, reconnus sur divers exemplaires. L’axe occupe plus de la moitié de la largeur d’un, lobe latéral. Il est fortement bombé en travers. Les plèvres forment un coude
arrondi, vers le milieu de leur longueur Elles sont creusées jusqu’à l’extrêmilé, par un fort
sillon. Leur pointe se recourbe en arrière.
Le pygidium est demi-circulaire, fortement bombé en travers. L’axe fait une saillie très-
considérable sur la surface des lobes latéraux, dont il est séparé par des sillons dorsaux trèsétroits. Son profil transverse est un demi-cercle. Il nous montre de six à dix articulations distinctes, suivant le développement des individus. Le bord postérieur de chaque anneau porte un filet mince, saillant, formant un tubercule au milieu, et disparaissant sur les flancs. Ce filet est très-visible sur les individus qui ont conservé leur test. Au bout de t’axe, on voit un petit appendice aigu, qui est beaucoup plus ténu que la dernière articulation, et qui
GENRE PROETUS. STEININGER.
s’étend, en forme de carène, jusqu’au bord extérieur. Les lobes latéraux se composent de plèvres semblables à celles du thorax. Nous voyons le plus souvent, de chaque coté, trois plèvres distinctes dont on reconnaît tous les élémens, les deux bandes, le sillon et la pointe. Nous apercevons encore la trace.de deux autres plèvres, plus ou moins indistinctes, près' de l’axe. A ces cinq segmens, correspondent cinq pointes, très-larges, comme membraneuses, un peu courbées vers l’axe. Elles diminuent graduellement de grandeur vers l’arrière. Dans quelques exemplaires, nous comptons six pointes de chaque côté de l’axe. Dans d’autres, outre les six pointes latérales, on en voit une au droit de l’axe. Enfin, certains individus portent sept pointes de chaque côté. On retrouve donc dans cette espèce, les mêmes variations que nous avons observées sur Pr. Archiaci. Plus le nombre des pointes augmente, plus elles perdent de leur largeur, et de leur apparence membraneuse.
Le test nous montre, sur toute la surface du corps, une sculpture fine., consistant en des stries obliques à l’axe, symétriquement disposées de chaque côté. Ces ornemens se voient difficilement à l’oeil nu.
L’enroulement n’a pas été constaté. '
Dimensions.' Longueur du corps: 20 m. m. largeur maximum: 15 m. m.
Gisem‘„. et local. Nous avons trouvé cette espèce avec Pr. Archiaci , dans les bancs de notre étage E, aux deux extrémités opposées de notre bassin calcaire. D’un côté, sur la montagne Dlauha Dora, et à Kolednik, au sud-ouest de Béraun, et de l’autre côté, à Lochkow et à Wohrada, au sud de Prague. Partout, ces deux Trilobites sont mêlés aux nombreux débris des Céphalopodes qui caractérisent cette hauteur géologique.
Rapp. et différ. La forme des diverses parties de la tête et du thorax de cette espèce est semblable à celle de Pr. Archiaci. Mais le pygidium de Phaet. striatus se reconnaît par son axe plus court, plus fort et plus saillant, ainsi que par le moindre nombre des plèvres et par leurs pointes très-larges. Enfin, les stries qui couvrent toute la superficie de son corps le font aisément distinguer de l’espèce congénère.
Nous avons réuni à Pr. striatus la forme que nous avions précédemment indiquée sous le nom de Phaet. membranaceus. Elle nous paraît identique, et nous attribuons à un défaut de conservation, l’absence des stries qui nous a d’abord empêché de reconnaître cette identité.
Genre Phillipsin. Portlock.
Nous rapportons provisoirement à ce type les fragmens incomplets d’un Trilobite , dont la nature générique ne nous paraît pas hors de doute.
Phill. parabola. Barr.
1846. Phacops parabola, Barr. Nouv. Tril. p. 6.
Le contour général de la tête figure une parabole fort alongée, formée par un limbe plat, d’une largeur uniforme, et qui se prolonge par des pointes génales presque aussi longues que la glabelle. Celle-ci est peu saillante,- et son contour pourrait être comparé à celui d’une massue, dont le lobe frontal serait la partie enflée. Ce lobe occupe environ la moitié de la longueur, et il a une largeur au moins double de la partie étroite qui le suit vers l’arrière , comme une sorte de pédoncule, un peu étranglé et déprimé au milieu. L’anneau occipital s’élève au niveau
de la glabelle et se projette un peu vers l’arrière. Il est beaucoup plus large que le bord postérieur des joues. Les sillons dorsaux sont bien marqués et suivent tout le pourtour de la glabelle.
La suture faciale, comme dans les Phillipsia et Produs , se compose de deux branches isolées, coupant le bord frontal, un peu en dehors de la projection antérieure de l’oeil. Elle aboutit au milien du bord postérieur de la tête.
L'oeil médiocrement développé est placé au droit de l’étranglement du pédoncule de la gla- ' belle, dont il occupe la longueur, à peu de distance du sillon dorsal. Nous ne distinguons pas de réticulation sur sa surface visuelle. Le lobe palpébral est arrondi. L’hypostôme est inconnu.
Le thorax n’est jusqu’ici représenté que par des fragmens, dont le plus grand ne porte que 6 segmens. L’axe saillant occupe le tiers de la largeur. Les plèvres se coudent à 60° à partir du milieu de leur longueur. Elles ont une conformation analogue à celle que nous observons dans les Phacops, Phillipsia, &c. Leur extrémité est arrondie.
Le pygidium très-fortement bombé en travers, nous montre un axe moins large que chacun des lobes latéraux, et portant 5 à 6 articulations. 11 n’atteint pas le bord. Nous distinguons sur chaque flanc 2 à 3 côtes peu marquées. Le contour de ce bouclier caudal se distingue par une échancrure arrondie, au droit de l’axe, et qui rappèle celle que nous signalons dans Proet. retroflexus. (PL 15) et dans Phac. emarginatus. (PL 22.)
. Le test, sur la glabelle, est orné de rugosités ou stries irrégulières, concentriques. Sur les autres fragmens du corps, nous ne' pouvons pas l’observer.
Dimensions. Longueur de la tête la plus grande: 12 m. m. sur une largeur égale.
Gisein1. et local. Les fragmens décrits ont été trouvés près Kônigshof, dans la formation des schistes gris-jaunâtres cl. 5, couronnant notre étage des Quartzites D, et parconséquent dans notre division inférieure. Cet horizon géologique est bien au dessous de celui des terrains Carbonifères, où on trouve ordinairement les Phillipsia ; circonstance qui augmente nos hésitations relativement à la nature générique de l’espèce qui nous occupe. Il est rare, en effet, de voir un genre disparaître, pour se reproduire, après \Ai long intervalle de temps. Cependant, cette disparition pourrait n’être qu’apparente, car d’autres formes peuvent être découvertes dans les formations où elles semblent manquer aujourd’hui. Outre cette possibilité, nous constatons pour un autre genre, une lacune d’existence analogue à celle des Phillipsia. De nombreuses espèces de Dalmania se trouvent dans toute la hauteur fossilifère de notre étage des Quartzites D, et traversent ainsi une grande partie de notre division inférieure. Ces formes disparaissent complètement à l’horizon des schistes à Graptolites, pour ne reparaître qu’au sommet des dépôts de notre étage calcaire moyen F , où leur présence n’est constatée que par un seul fragment. Les Dalmania prennent ensuite un grand développement dans notre étage calcaire supérieur G, où elles, prédominent sur tous les autres genres. Cet exemple bien constaté dans les limites de notre terrain, pourrait faire concevoir les apparitions intermittentes des Phillipsia, qui Semblent indiquées par d’autres faits. Ainsi, la belle collection de notre ami, M. de’ Yerneuil renferme: — 1. Le pygidium et quelques segmens d’un Trilobite nouveau, très-analogue aux Phillipsia, et provenant de l’île de Gothland z= (Wenlock). — 2. Divers pygidium d’une espèce Américaine qui paraît être une Phillipsia, décrite par J. Hall, comme Calym. crassimarginata , caractérisant le groupe Dévonien d Onondaga. ( Geol . of N. York. / — 3. Une fort belle Phillipsia, découverte par M. de Verneuil dans le calcaire Dévonien de l’Eifel et que nous nommons, Phil. Verneuili. Cette espèce trèsbien caractérisée nous montre 10 segmens thoraciques, sur plusieurs individus, tandisque les Phillipsia Carbonifères ri’en ont que 9. Ce fait est en harmonie avec la diminution successive des élémens du thorax, constatée dans les Proetus et dans les Ôyphaspis (p. 304).
Rapp. et dil/'er. Nous avons déjà signalé l’analogie entre Phill. parabola et Griffîthides longispinus Portl. (Geol. Report, p. 312 PI. 24 fig. 12. J On remarquera entre les têtes deux différences principales: — 1. Dans l’espèce d’Irlande, la glabelle fait saillie au delà du limbe. —
2. L étranglement derrière le lobe frontal est beaucoup moins considérable que dans l’espèce Bohême, 3. Les ornemens du test sont des grains spiniformes dans Griff. longispinus.
GENRE CYPHASPIS. BURMEISTER.
Genre Cyphaspis. Burmeister.
Calymene. (partim.) Dalman. Sars. Hisinger. F. A. Romer.
Mobiles. Boeck.
Phacops. (partim.) Emmrieh. Goldfuss.
Gerastos. (partira.) Goldfuss.
Cyphaspis. Burmeister. Geinitz. Barrande. Corda. Sandberger,
Conopai'ia. Corda.
Aperçu historique.
1826. Sous le nom de Calym. clavifrons, Dalman décrit la tête d’un Trilobite, qui, selon Burmeister, serait la plus ancienne forme connue du genre Cyphaspis. (Palaead. p. 75.) Nous ne
.trouvons dans la traduction Allemande de cet ouvrage, la seule à notre disposition, aucune trace
de cette espèce, dont le nom n’est pas mentionné. Selon M. Beyrich, les fragmens décrits originairement par Dalman, sous la dénomination citée, appartiendraient au genre Sphaerexochus. Mais Boeck affirme avoir vu à Stockholm, les fragmens décrits par Dalman , et il les reconnaît pour appartenir à Calym. (Tril.J spedosa Sars. (Gaea. Norw. I. p. 140.) Nous n’avons aucun moyen de juger lequel de ces savans a raison, et nous laissons aux Paléontologues de Suède le soin de décider cette question, pour laquelle ils possèdent seuls les matériaux nécessaires.
1835- Sars décrit et figure sous le nom de Calym. davifrons. Daim, une glabelle qui paraît
appartenir au genre Cyphaspis. ( Isis . Heft IV. p. 339 PL IX. fig. 8. a. b.J Le ProP. Esmark a
donné postérieurement à la même forme le nom de Tril. Spliaericus (teste Boeck). Le Prof'. Beyrich a cru y reconnaître un Sphaerexochus. (Üb. Tril. I. p. 23. J
1838- Boeck énumère parmi les Trilobites de Norwège, Tril. spliaericus. Esmark, qu’il considère comme étant la forme à laquelle Sars avait appliqué à tort le nom de Calym. clavifrons. Daim. (Gaea. Norw. I. p. 140. )
1839- Le ProP. Emmrieh décrit la même forme de Norwège, d’après Boeck, sous le nom de Phac. spliaericus. (De Trilob. dissert. p. 20.)
1843- F. A. Roemer décrit et figure sous le nom de Calym. hydrocephala , une glabelle provenant du Harz et qui paraît appartenir au genre Cyphaspis. (Harz. p. 38 PL XI. fig. 7.)
1843. Goldfuss décrit sous le nom de Gerastos spliaericus la même espèce de l’Eifel, qu’il avait auparavant décrite et figurée sous le nom de Phac. ceratophtalmus. (Leonli. u. Broun’ s Jahrb.)
1843- Burmeister établit le genre Cyphaspis, dont il fixe les caractères, en lui reconnaissant onze segmens- au thorax. Il réunit toutes les formes alors connues sous le nom de Cyphaspis davifrons. Mais la figure qu’il donne, se rapporte à la forme Dévonienne de l’Eifel, qui avait déjà reçu de Goldfuss les deux noms spécifiques que nous venons d’indiquer, (ürgan der Trilob. p.' 103 PL 3. fig. 3. 4)
1845- Beyrich discute la nature du Trilobite originairement décrit par Dalman, sous le nom de Calym. clavifrons et le range parmi les Sphaerexochus, ainsi que la forme à laquelle Sars avait appliqué le même nom. Il rapporte au genre Cheirurus le Trilobite décrit par Lovén sous la même dénomination de Calym. clavifrons. 11 observe avec raison, que le genre Cyphaspis récemment fondé par Burmeister, se rapproche plus des Proetus que des Phacops. (Ub. Bohm. Tril. I. p. 23.)
1846 Le ProP. Geinitz reproduit la définition du genre Cyphaspis d’après Burmeister. (Grundr. d. Verstein. p. 227.)
1846- Nous décrivons quatre formes de Bohême, appartenant au genre Cyphaspis, savoir: C. Burmeisteri, C. depressa, G. Cerberus et C. davifrons. La première de ces espèces nous donne occasion d’observer, que le nombre des segmens thoraciques n’est pas invariable dans ce genre. (Not. prélim. et Nouv. Trilob.)
1847- M. Corda classe les espèces de Bohême, en deux genres. Il reconnaît comme Cyphaspis la forme à laquelle nous avions appliqué le nom de clavifrons. Il range- toutes les autres dans un nouveau genre Conoparia , auquel il attribue treize segmens thoraciques, et dont il croit reconnaître 10 espèces. Nous aurons occasion de discuter, ci-après, la valeur de ce nouveau type et des dénominations spécifiques qui l’accompagnent.
1850. Les docteurs Sandberger décrivent et figurent l’espèce déjà mentionnée, Cyph. ceratophtalmus Goldf. découverte par eux, près de Weilburg. fVerst. d. Rhein. Scli. Syst. in Nassau.)
Caractères génériques.
La tête des Cyphaspis est en général semi-circulaire et très-bombée. Elle occupe un peu plus du tiers, et le pygidium environ le sixième de la longueur totale. La trilobation est trèsmarquée dans toutê l’étendue du corps.
Le contour extérieur de la tête est formé par un limbe de largeur variable, dont l’arête extérieure, généralement unie, est quelquefois armée d’épines. Ce limbe se prolonge toujours hors de l’angle gênai, par une pointe oblique. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne. Le sillon et l’anneau occipital sont toujours très-distincts, ainsi que le sillon et le bord postérieur des joues.
La glabelle généralement très-enflée et saillante, a la forme d’un ovoide, dont le bout le plus mince est près du thorax. La surface de cet ovoide ne montre jamais aucune tracé de sillon, si ce n’est dans un seul cas; mais on trouve toujours à sa base, de chaque côté, un petit lobe arrondi, peu élevé, déterminé par un sillon court, profond et arqué, que sa position permet d assimiler au sillon postérieur des autres Trilobites. Ce sillon prenant naissance dans le sillon dorsal, aboutit au sillon occipital, de sorte que le petit lobe qu’il détermine, paraît ordinairement logé au fond du sillon dorsal.
Les sillons dorsaux toujours profonds, s’unissent devant le front, en laissant entr’eux et la rainure du limbe, une surface inclinée dont l’étendue varie suivant les espèces. La suture faciale coupe le bord frontal sur la projection antérieure de l’oeil, et se dirige vers cet organe, parallèlement à laxe. Les branches divergent à partir de l’oeil, pour aller aboutir au bord thoracique, un peu avaqt l’angle gênai. Le cours de la suture entière est en général marqué par une petite nervure, provenant d’un faible relèvement du test sur chaque bord, comme dans d’autres genres, tels que Acidaspis , Bronteus , tyc. Cette nervure suturale se fait surtout remarquer, dans le trajet oblique à travers le sillon postérieur de la joue.
Il ne paraît y avoir aucune suture rostrale. La doublure sous frontale se reploie verticalement sous le limbe.
L’oeil prend tantôt la forme annulaire, et dans ce cas le lobe palpébral est horizontal, ou bien il est ovoide, plus ou moins élevé, et son lobe palpébral varie d’inclinaison, jusqu’à devenir vertical. La surface visuelle est couverte d’une cornée lisse, qui permet de voir au dessous une réticulation très-fine.
Les joues fixes peu larges vers l’arrière, sont très-abruptes le long du sillon dorsal. Elles se réunissent pour former en avant de la glabelle une surface inclinée, souvent très-considérable. La joue mobile, triangulaire, a ordinairement une très-forte inclinaison vers l’extérieur. L’ensemble des joues figure de chaque côté de la glabelle une surface conique, un peu émoussée au sommet, sur lequel repose l’oeil.
L hypostôme est inconnu, cependant il serait possible, que quelques unes des formes indéterminées, que nous lavons provisoirement assignées au genre Proetus, appartiennent à des Cyphaspis, dont les débris sont mêlés dans les mêmes bancs.
Le nombre des anneaux thoraciques est très-variable, et malheureusement parmi les espèces nommées, il en est un assez grand nombre, dont le thorax est encore inconnu. Nous admettons
GENRE CYPHASPIS. BURMEISTER.
dans ce type, Cyph. depressa qui n’a que 10 segmens, Cyph. ceratophtalma , et Cyph. Barrandei qui en ont onze, dans l’âge adulte; Cyph. Burmeisteri qui dans les limites de son développement graduel nous en montre successivement de 11 à 15 et enfin Cyph. Halli, dont le thorax nous permet de compter 1 7 anneaux bien distincts. Aucun autre genre ne présente jusqu’ici de si grands écarts, et cependant, les espèces qui se montrent si différentes sous le rapport du nombre des segmens thoraciques, sont liées entr’elles par la plus grande affinité dans toutes leurs formes. Ce que nous venons de dire indique assez explicitement, que le genre qui nous occupe, est un de ceux dont quelques espèces ont permis de constater des variations en rapport avec l’âge. Ces espèces se réduisent à deux, savoir: Cyph, Burmeisteri et Cyph. Barrandei. Dans l’une et dans l’autre, les variations observées sont du of. ordre, c. à d. consistent dans l’apparition successive des segmens thoraciques ; les autres parties du corps n’éprouvent pas de sensibles modifications. Voir ci-dessus, (p. 266.)
L’axe thoracique toujours saillant et bien défini par les sillons dorsaux, occupe environ le tiers de la largeur totale, et s’amincit un peu vers l’arrière. Les plèvres se coudent vers le milieu de leur longueur. Elles sont sillonnées, sur presque toute leur étendue. Le talus montre un faible biseau, qui est imbriqué par la plèvre précédente. L'extrémité est arrondie, sauf une exception indiquée avec doute, par Burmeister, pour les premières plèvres de l’espèce Rhénane.
Le pygidium à peu-près semi-circulaire et faiblement bombé, présente un axe saillant, dont le nombre des segmens varie de 4 à 8. Les lobes latéraux permettent de reconnaître de 3 à 4 côtes, dont le sillon suturai est toujours distinct.
Le test ne présente d’autres ornemens que des tubercules, tantôt arrondis, tantôt spiniformes, ou une granulation moins forte.
La faculté d’enroulement est constatée sur deux espèces : Cyph. Burmeisteri, et Cyph. Barrandei.
Dimensions. Toutes les espèces connues sont petites ; leur longueur dans les adultes ne paraît guères dépasser 25 à 30 m. m
Distribution verticale et horizontale. Dans le terrain Silurien de Bohême, les espèces sont verticalement réparties, comme il suit:
Etage des Quartzites D .
Espèces communes aux étages D — E.
Etage calcaire inférieur E.
Espèces communes aux étages E — F.
Et. calcaire moyen F .
Espèces communes aux étages F — G.
Et. calcaire supérieur G. ...
à déduire les espèces à divers étages, ci .'
Nombre total des espèces:
communes
Nous ferons remarquer, que l’espèce indiquée dans ce tableau, comme appartenant à notre étage des Quartzites D, c. à d. à la division inférieure, né se trouve pas dans les formations normales de cet étage, mais uniquement dans la colonie de Motol. C’est Cyph. Burmeisteri, qui a un grand développement dans l’étage calcaire inférieur E. Ainsi, on peut considérer le genre Cyphaspis comme réellement étranger aux Faunes qui ont occupé la mer de Bohême, durant le dépôt de notre division inférieure.
Les espèces qui caractérisent chacun de nos étages, sont assez inégalement distribuées sur leur surface. Elles sont d’ailleurs très-rares, excepté Cyph, Burmeisteri , qui par exception , est représentée par quelques débris de la glabelle, sur presque tous les points connus de l’étage" calcaire inférieur E.
Nous connaissons dans les autres contrées Siluriennes: — 1. une espèce Scandinave, dont la hauteur géologique ne nous est pas bien positivement indiquée, mais que nous croyons appartenir à la division supérieure. — 2. Diverses formes provenant de la division inférieure d’Irlande, et dont l’une est Harpidella megalops M’Coy. — 3. Une espèce d’Angleterre, trouvée à Dudley, à la base de la division supérieure. — 4. Cyph. Gaullien Rou. que M. Rouault a découverte près Gahard, en Bretagne.
Le genre Cyphaspis a également subsisté durant la période Dévonienne, ainsi que le prouvent Cyph. hydrocephala Roem. trouvée dans le Harz, et Cyph.' ceratoplitalma Goldf. signalée dans l’Eifel et le duché de Nassau.
Rapp. el différ. Le genre Cyphaspis est lié par de grandes affinités aux Proetus et aux Arethusina, entre lesquels il forme une sorte d’intermédiaire. On pourrait peut-être avec raison, réunir tous ces Trilobites aux Proetus, comme nous l’avons déjà fait pour ceux que nous avions
d’abord décrits, sous le nom générique de Phaeton. Mais cette fusion rendrait le genre Proetus
si nombreux, que l’étude en deviendrait très-compliquée. On serait donc obligé d’y établir des divisions ou sous-genres, qui équivaudraient presque aux coupes typiques que nous maintenons.
I. Les principaux caractères qui rapprochent les Cyphaspis des Proetus , sont — L La suture faciale identique dans presque tout son cours, si ce n’est que dans le premier genre, elle aboutit sur le bord postérieur, plus près de l’angle gênai. — 2. La conformation des segmens thoraciques. — • 3. La forme du pygidium.
Les différences les plus notables qu’on peut invoquer pour maintenir ces deux types séparés, consistent: — 1. Dans le bombement exagéré que présente communément la glabelle des Cyphaspis. — 2. Le manque ordinaire des sillons antérieur et moyen, combiné avec la disposition particulière du sillon postérieur. - — ■ 3. La tendance des yeux à prendre la forme ovoide, plus ou moins alongée. — 4. Le nombre des segmens thoraciques, variant pour ce genre de 10 à 17, tandisque dans Proetus , ses limites seraient 8 et 12. — 3. Enfin, la granulation exclusive observée jusqu’à ce jour dans les Cyphaspis , et devenant souvent spiniforme , contribue à les isoler du type comparé. Les trois formes de Cyphaspis qui se rapprochent le plus des Proetus , sont: C. novella,
C. humillima et C. depressa. Leur glabelle est déprimée, et sa lobation est plus analogue à celle
du genre comparé. Ces espèces peuvent être considérées comme formant un groupe de passage, entre les deux types génériques.
II. Arethusina n’étant connue, que par deux formes, la comparaison de ce genre avec Cyphaspis, ne peut être que provisoire. Les caractères établissant l’analogie réciproque, sont: — - 1. Le cours de la suture faciale. — 2. La forme des yeux. — 3. La conformation des segmens thoraciques et celle du pygidium. — On peut opposer à ces rapprochemens : — 1. Le faciès de la tête, considérée dans son ensemble , car la glabelle A' Arethusina est enfoncée entre les joues, très-raccourcie, et elle montre les trois sillons latéraux. — 2. Le nombre des segmens du thorax, qui dans ce dernier type, s’élève à 22i — 3. La nature de ses ornemens consistant surtout en cavités sur la tête, et contrastant ainsi avec la granulation exclusive, qui caractérise les Cyphaspis.
En établissant ces parallèles, nous n’avons pu avoir égard à un élément important: l’hypostôme. Cette pièce, jusqu’ici inconnue pour Cyphaspis et pour Arethusina , pourra peut-être un jour, fournir le moyen d’établir plus complètement les limites génériques entre ces deux types, ainsi qu’entre chacun d’eux et les Proetus.
Classification des Cyphaspis.
Nous ne trouvons parmi les espèces connues, encore peu nombreuses, aucun caractère saillant par lequel on puisse les grouper d’une manière utile pour l’étude. Nous nous bornerons donc à les énumérer, en les ordonnant seulement suivant le chiffre décroissant des segmens thoraciques. Nous indiquons les trois formes qui constituent un petit groupe de passage, entre ce genre et les Proetus. Les espèces étrangères à la Bohême sont marquées d’une étoile.
GENRE CYPHASPIS. BURMEISTER.
Parties
Segmens
thora-
Syst.
Silurien
con-
inférieur j
supérieur
nues.
ciques.
ÀB
Cyphaspis . . .