‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 307 sur 469 · Lichas. scabra. Beyr · texte numérisé non relu

Lichas. scabra. Beyr

1845. Lichas. scabra. Beyr. Ueb. Bohm. Tril. p. 28. PI. 1 fig. 16.

1846. Lich. id. Barr. Not. prél. p. 53.

Lich. propinqua. Barr. ibid. p. 54.

1846. Lich. scabra. Beyr. Uni. üb. Trilob. II. p. 7. PL 1. fig. 4.

1847. Dicranopeltis. id. Cord. Prodr. p. 142. PI. VII. fig. 75.

Dicran. granulosa. Cord. ibid. ib.

Dicran. aspera. Cord. ibid. ib.

La tête est très-fortement voûtée. Elle occupe environ un quart, et le pygidium deux cinquièmes de la longueur totale. Le contour antérieur de la tête est parabolique. Il est formé par un limbe un peu épais, parfois presque horizontal, et dont la largeur uniforme ne dépasse pas deux tiers de millimètre. Ce limbe n’est séparé de la surface céphalique, que par une ramure lisse, très-étroite, presque cachée sous la saillie des parties contiguës. Son arête externe est creusée par une autre rainure très-distincte sur certains individus, et qui semble indiquer la séparation de la doublure sous-frontale. De la prolongation de ce limbe étroit, hors de l’angle gênai, naît une pointe, double en largeur, rectiligne, méplate, divergente à 45 u, et qui atteint une longueur d’environ 20 m. m.

Le contour postérieur de la tête est très-remarquable, par la forte convexité qu’il présente vers le thorax ; conformation rare parmi les Trilobites. Nous entendons cette convexité, abstraction faite des pointes génales. Elle résulte de la réduction des joues, dont l’angle postérieur est repoussé jusques près de l’oeil, par la courbure du bord, convexe au thorax.

Le sillon occipital est très-étroit, mais bien marqué, convexe vers l’avant, ce qui élargit, vers le milieu, l’anneau occipital. La surface de celui-ci est aplatie et se projette vers barrière.

Le corps médian de la glabelle a, vers le front, une largeur environ triple de celle de sa base vers l’arrière. 11 domine fortement, par son relief, tout le reste de la tête. Son profil transversal très-bombé, s aplatit vers le sillon occipital. Son profil longitudinal s’élève d’abord verticalement au front, puis se courbe pour atteindre le point culminant vers le milieu de la longueur, et au delà, il s’affaisse doucement vers l’arrière.

Le sillon latéral antérieur, prenant naissance au point où concourent le sillon dorsal et la rainure du limbe, selève en se rapprochant de l’axe, avec lequel il fait un angle d’environ 20°. Il se prolonge presque en ligne droite, jusqu’à un millimètre du sillon occipital, et dans la dernière partie de son cours, il devient presque parallèle à l’axe. Le sillon moyen, commençant dans le sillon dorsal, au droit de l’angle postérieur de l’oeil, se dirige en ligne droite, à 45°, jusqu’à la rencontre du sillon antérieur, avec lequel il se confond ensuite, sur un petite étendue. L existence du sillon postérieur est évidente sur le moule; sa direction est parallèle à celle du

sillon médian, et elle aboutit, d’un côté au sillon occipital, et de l’autre, au sillon dorsal. Mais

sur le test, on n aperçoit souvent le sillon postérieur, que sur le tiers de son cours, près du sillon occipital, avec lequel sa jonction est toujours bien indiquée. Si ce trait n’a pas été aperçu par un habile observateur, tel que M. Beyrich, c’est qu’il n’avait sous les yeux que des exemplaires mal conserves, comme il nous en avertit, en indiquant la nécessité de quelques corrections à la figure qu il donne. fil. Stück. p. 6. PL I. jig. 4. a.) Le sillon postérieur est correctement dessiné, sur la figure de Lich. =. Dicran. scabra, dans le Prodrome de M. Corda (PL VII. fig. 75.)

Les lobes déterminés par les sillons que nous venons de décrire, sont bien nettement circonscrits, à 1 exception près, que nous avons indiquée, entre les lobes moyen et postérieur. Leur

surface considérée isolément est peu bombée.

GENRE LICIIAS. DALMAN.

Les sillons dorsaux, quoique étroits, sont très-bien marqués dans toute leur étendue. Ils occupent une position à peu-près équidistante, entre les sillons antérieurs de la glabelle, et le

contour latéral de la joue. Leur partie postérieure est fortement concave vers le dehors.

La joue fixe est réduite à une petite surface, entre le sillon dorsal et la suture faciale.

Elle est inclinée à 45°; tandisque son bord postérieur est horizontal.

La joue mobile, aussi petite, se réduit à un triangle alongé , étroit, situé le long du

bord, et prolongé par la pointe génale. Sa surface est inclinée d’environ 45°. Son contour

latéral forme une saillie arrondie, qui rompt la continuité du contour parabolique, indiqué par la partie frontale.

L’oeil est placé très-près du bord latéral, vis-à-vis le centre de la tête. Sa surface visuelle a la forme que nous nommons, annulaire. Elle est couverte d’une cornée lisse, dont la paroi permet de distinguer une réticulation très-fine. Le lobe palpébral figure un demi-cercle horizontal, séparé de la surface voisine, par un sillon étroit, formant le diamètre.

La doublure sous-frontale ne paraît pas dépasser la largeur du limbe décrit ci-dessus.

L’hypostôme, qui s’ajuste immédiatement à l’arête interne de cette doublure, a une forme plus alongée que celle de' la plupart .des autres espèces congénères. Le corps central, doucement bombé en travers, occupe les cinq sixièmes de la longueur, totale. ., Il est divisé en deux parties sub-égales, par deux profondes empreintes latérales, inclinées symétriquement à 45° par rapport à l’axe, et étendues depuis le bord, jusques près du milieu de la surface. La partie antérieure résultant de cet étranglement, figure un ovale transverse; la partie postérieure présente une autre impression transversale, mais beaucoup plus faible, vers le milieu de sa longueur. Les bords latéraux sont larges, un peu inclinés. Le bord buccal, très-fortement écbancré, conserve peu de largeur au milieu. Les aîles se coudent à angle droit derrière la surface, et correspondent aux extrémités de la partie ovale.

Onze segmens au thorax, nombre constant sur tous nos exemplaires. M. Corda n en a indiqué que dix, parcequ’il n’avait sous les yeux que deux fragmens incomplets. L’axe, bien déterminé, a un relief médiocre, et occupe presque le tiers de la largeur. Il s amincit, principalement dans les 3 ou 4 dernières articulations. Ses anneaux figurent des bandes arquées,^ separees par des rainures très-étroites. Leurs extrémités ne sont ni enflées, ni projetées vers lavant, et le sillon dorsal les sépare nettement de la plèvre. Celle-ci est horizontale, sur la moitié de son étendue, puis se coude à 45°, en se courbant vers l’arrière, et elle se , termine, en faucille. Son sillon est très-étroit mais bien marqué, depuis le sillon dorsal jusqu’à l’extrémité. La bande antérieure est beaucoup plus large que l’autre, surtout vers le milieu de la partie horizontale, mais elles ont leur surface au même niveau. La doublure du test s’étend sous la plèvre, jusqu au droit du coude.

Le pygidium, sub-triangulaire, suit dans son bombement la forme du thorax. L axe, mé diocrement 'saillant, occupe un peu plus du quart de la largeur totale. Il s’affaisse subitement, vers le tiers de la longueur, et il se prolonge ensuite, au niveau des lobes latéraux, jusques près du contour, en présentant des apparences qui sont si variées, qu’elles nous semblent individuelles. Les figures que nous donnons, montrent les deux formes extrêmes. Dans lune, la trace de l’axe conserve sa largeur, au point où s’évanouissent les sillons dorsaux, assez loin du contour. Dans l’autre, au contraire, le bout de l’axe s’effile en pointe, et atteint le o°r ■ es

sillons dorsaux convergent pour former cette extrémité plus ou moins aigue, suivant, es incivi dus, et peut-être aussi, suivant les localités. Nous distinguons, sur la partie élevee de 1 axe, d’abord deux anneaux, de moitié plus courts dans le sens longitudinal, que les anneaux thoraciques. Le premier présente une bande transversale régulière, tandisque le second offre sur chaque moitié, une échancrure ouverte vers l’arrière. Le troisième anneau occupe à lui seu au moins autant' de longueur que les deux autres, et il forme une surface arrondie, avant la pai îe affaissée.

Chaque lobe latéral se compose de trois plevres, dont on peut toujours distinguer tous les élémens, savoir: les deux bandes, le sillon, et la pointe saillante sur le contour. L’étendue relative de la surface occupée par chacune des plèvres d’un même côté, est sujette à beaucoup de variations. Quelquefois elles offrent une égalité complète, et dans quelques cas, la troisième plèvre est tantôt plus grande, tantôt plus petite que chacune des précédentes. La même variation se remarque dans la subdivision de chaque plèvre. Tantôt les deux bandes sont sensiblement égales, et alors la surface d’un même lobe latéral se trouve divisée en six triangles presque égaux. Tantôt au contraire, la bande postérieure de chaque plèvre est bien plus étroite que la bande antérieure. Cette inégalité existe, soit dans les trois plèvres à la fois, soit seulement dans une ou deux d’entr’elles, et surtout dans la dernière. On est alors frappé de la grande variation qui se manifeste dans les largeurs relatives du prolongement de l’axe, et de la bande qui lui est contiguë. Nous avons des individus dans lesquels cette bande égale, au moins, en superficie, le prolongement de l’axe, tandisque dans d’autres, elle n’offre pas la moitié de sa surface. Ces variations sont purement individuelles, car elles se montrent plus ou moins,' sur les fragmens d’une même localité, très-semblables d’ailleurs sous tous les rapports. Cependant, nous observons en général, une certaine influence locale, dans la répartition de la surface de chaque lobe latéral.

Les pointes très-rapprochées des dernières plèvres laissent toujours entr’elles une petite échancrure angulaire.

La doublure du test s’étend vers l’intérieur, jusqu’au droit du coude formé par la surface des lobes latéraux.

Le test a une épaisseur d’environ un demi-millimètre. Sa surface, à l’exception du fond étroit des sillons, est couverte de tubercules inégaux, serrés presque au contact, arrondis au sommet, ou élevés en cônes peu aigus. L’mtensite et la forme de cette sorte d’ornement varie notablement, suivant les localités et les individus. Un remarque quelquefois, sur le corps médian de la glabelle, deux séries sub-régulières de 4 à 5 gros tubercules, l’une de chaque côté de 1 axe. La surface du corps central de 1 hypostôme est ornée de cavités rondes, inégales et irrégulièrement semées, offrant comme l’impression creuse des ornemens que nous venons de décrire. Les bords latéraux portent des nervures longitudinales, inégales. Des nervures semblables oi nent la surface externe de la doublure du test, soit sous les plèvres, soit sous le pygidium. Elles sont aussi parallèles à l’axe, mais elles se raccordent vers l’extrémité du corps, par des courbes concentriques.

Dimensions. L’exemplaire figuré a une longueur de 80 m. m. sur 50 de largeur. Nous jugeons, d’après divers fragmens, que certains individus dépassaient cette taille, au moins d’un tiers de plus.

GisemL et local. Nous considérons cette espèce, comme caractéristique de notre étage calcaire inférieur E, dans lequel ses fragmens sont répandus, sur beaucoup de points. Nous les avons trouvés sur les rochers de Wiskocilka près Prague, à Wohrada, Tachlowitz, Luzetz, St. Iwan, les collines de Listice, les rochers de Kozel, et au lieu dit Ratinka près Béraun. Ces localités occupent presque tout le contour Nord-Ouest du bassin calcaire correspondant. Il est remarquable, que le contour Sud-Est du bassin ne nous ait encore fourni aucune trace de celte espèce. Elle accompagne partout Lich. palmata , Cheir. insignis , Areth. Konincki fc. fc.

Rapp. et dijfér. Parmi les Lichas de Bohême, il n’en est aucun que puisse être confondu avec Lich. scabra. Les tubercules serrés de son test le feraient reconnaître, dans les plus petits fragmens, indépendamment de la lobation de sa glabelle, et de la forme de sa plèvre, de son hypostôme et du pygidium.

L’espèce étrangère la plus rapprochée, par le pygidium, est Lich. ladniata, qui se distingue, par le manque d’échancrure au droit de l’axe. 11 est probable, que d’autres caractères différentiels existent dans le reste du corps, encore inconnu, de l’espèce Scandinave.

Page 1