‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 316 sur 469 · GENRE TR1NUCLEUS LIIWYD · texte numérisé non relu

GENRE TR1NUCLEUS LIIWYD

une certaine époque de la vie, lorsqu’ils ont cessé d’être mobiles. L’existence parasitique de ces Crustacés fait concevoir immédiatement la perte des organes visuels, devenus inutiles. Cette explication ne s’appliquerait pas aisément au Trinucleus en question, car il n’est nullement prouvé qu’il fût parasite. Mais il existe, ou bien il a pu exister dans la nature, d’autres circonstances dans lesquelles certains animaux peuvent être privés du sens de la vue. Nous citerons, dans l’ordre des Batraciens, la famille des Cécilies qui présente certaines espèces complètement «aveugles. (Milne-Edwards Elém. de Zool. p. 687. 1834.) D’après ces exemples fournis par la nature vivante, il n’y rien d’irrationnel à supposer, que des Trilobites, existant dans des circonstances dont nous n’avons aucune connaissance, ont pu être dépourvus d’yeux.

Jusqu’ici nous avons admis qu’il n’existe pas de suture faciale sous son apparence habituelle, sur la surface supérieure de la tête des Trinucleus. Cependant, des faits opposés à cette opinion ont été annoncés par divers paléontologues.

I. Le Prof. MacCoy a décrit et figuré la suture faciale sur les joues de Tria, seticornis,

dans deux ouvrages cités ci-dessus, en 1846 et 1850. Quelques têtes de cette espèce, provenant d’Irlande, nous montrent, en effet, la ligne indiquée sur leur surface. Mais elle n’est point

nette et tranchée, comme on voit habituellement la suture faciale. Nous la considérons comme une simple nervure, analogue à celle que portent, Conocephalites Sulzeri, Dionide formosa et Harpes vittatus. Dans ces trois espèces, cette nervure existe sans suture faciale; tandisque dans Con. strialus elle coexiste avec celte suture. — Ayant vu récemment au Musée Woodwardien à Cambridge, l’impression sur laquelle le genre Tretaspis (M. Coy) a été fondé, nous y avons aussi observé la diagonale traversant les joues, à l’instar de la suture faciale. Cependant, l’apparence de cette ligne nous a confirmé dans l’opinion, quelle représente uniquement une nervure ornementale. Cette manière de voir est en harmonie avec le fait, que la

tête de Trin. seticornis se trouve constamment avec ses joues complètes, comme celle des es¬

pèces congénères. Trin. Bucklandi , classé par le Prof. MacCoy parmi les types du genre Tretaspis , ne nous montre jamais, ni suture réelle, ni même la ligne indiquée sur Tr. seticornis. Les exemplaires très-nombreux de la tête, que nous possédons, sont tous invariablement pourvus de leurs joues. Il en est de même de Trin. seticornis de Suède, dont mous

avons plusieurs têtes bien conservées, avec le test, sans aucune trace de suture. Nos observations sont en parfaite harmonie, pour cette espèce, avec celles du Prof. Lovén. Enfin, nous voyons quelquefois deux nervures sur les joues de Trin. ornalus. (PI. 3 0. fig. 5 4.)

II. Dans un mémoire déjà cité, de J. W. Salter, sur les Trinucleus , ce savant annonce

que la suture faciale de Trin. caractaci = Tr. ornalus a été découverte par Emmrich et par lui, dans sa position normale, et qu’elle est visible sous la tête, dans les bons exemplaires.

(Quart. Journ. cjeol. Soc. Lond. 1847. Aug. p. 29. fyc.) Suivant le texte et la figure, la

suture mentionnée s’étendrait depuis le tubercule oculaire, admis vers le centre de la joue, jusqu’à l’une des perforations du limbe, voisine de la glabelle. Elle traverserait ainsi, seulement la moitié de la joue, et son cours se bornerait à la partie antérieure. Nous avouons, que nous avons peine à concevoir celte conformation, qui s’écarte si notablement de celle que nous observons dans tous les autres Trilobites. En effet, la suture faciale aboutit, sans exception, a deux points plus ou moins opposés, sur le contour extérieur de la tête, et semble destinée par la nature, à diviser la carapace en pièces séparables. Cette division, dont on concevrait l’utilité, pour la croissance, ou pour la mue, paraît être aussi le but de toutes les autres sutures des Trilobites, dont aucune ne s’arrête au milieu d’une pièce. Il nous semble donc, que dans les Trinucleus , la suture faciale, si elle existait sur la surface supérieure de la tête, devrait avoir un cours complet, comme dans les autres Trilobites, d’un point à l'autre du contour, en passant par l’œil. Quant à (observation du Prof. Emmrich, relativement au même sujet, nous apprenons par le Prof. Beyrich, qu’elle était la suite d’une erreur, à laquelle avaient donné lieu des brisures, sur la tête d’un exemplaire de Trin. caractaci. (Uni. üb. Tril. IL p. 31.)

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