Trin. Bucklandi. Barr
Trin. Bucklandi. Barr. Not. prél. p. 31.
Trin. id. Cord. Prodr. p. 39.
La tête occupe un peu plus du tiers, et le pygidium environ le quart de la longueur totale.
Le contour extérieur de la tête forme un demi-cercle, qui se prolonge sur les côtés, par
des lignes presque parallèles à l’axe, et légèrement infléchies vers le corps. Le contour intérieur est sensiblement rectiligne, jusqu’au droit du dernier tiers de la plèvre, où il se courbe
brusquement, pour se raccorder avec le limbe. Le sillon occipital est large et bien marqué ;
l’anneau occipital assez étroit et peu proéminent, se projette en arrière. Le bord postérieur des joues, mince et relevé, détermine à l’intérieur un sillon large et profond, qui court sur toute la largeur, jusqu’au limbe.
Au jeune âge, le limbe perforé ne s’étend pas au delà de la 3e plèvre, où commence la pointe qui le termine. Dans les adultes, nous voyons, au contraire, la surface perforée atteindre presque le milieu du pygidium. Ce développement graduel du bord céphalique se montre aussi, mais à un moindre degré, dans les espèces congénères.
L’inclinaison du limbe de Tr. Bucklandi est d’environ 45°, au devant du front, et elle augmente progressivement jusqu’à 70°, vers l’extrémité du thorax. Dans les individus les plus développés, le contour extérieur du limbe est reployé, de manière à former un bordure horizontale, qui, prenant naissance près du front, s’élargit vers l’arrière. Lorsque cette bordure a acquis une certaine largeur, elle présente un rang de perforations, et nous en trouvons quelquefois deux, sur les exemplaires de la plus grande taille. Les plus jeunes nous montrent seulement, vers l’extrémité du limbe, la trace de cette bordure. Elle est encore reconnaissable, sur la pointe génale, qui se prolonge, à tous les âges, au delà du pygidium, d’une longueur égale, au moins,
à la moitié du corps. Les perforations sont disposées par rangées assez régulières, concentriques,
et elles forment en même temps, mais non pas constamment, des lignes rayonnantes, sur lesquelles leur diamètre augmente en allant vers l’extérieur. Nous trouvons, suivant les âges, de trois à quatre rangées horizontales, au droit du front. Vers le sillon postérieur de la joue, il y a ordinairement sept rangées, y compris celle du rebord horizontal. On voit de. plus quelques perforations, qui s’étendent sur l’origine de la surface de raccordement des contours intérieur et
extérieur de la tête. Au fond du sillon dorsal, près du front, nous apercevons une cavité co¬
nique, isolée, et profonde, que sa position, assez éloignée du limbe, ne nous permet pas de confondre avec les perforations de celui-ci.
La glabelle peut être considérée comme composée de deux parties distinctes. La partie antérieure, occupant un peu plus de la demi-longueur, est très-enflée, et a la forme d’une demisphère dans le jeune âge ; elle s’alonge en demi-ellipsoïde, dans la plupart des adultes. Son
point culminant est orné d’un grain saillant, toujours persistant. La partie postérieure de la glabelle est de moitié plus basse et plus étroite, et elle a l’air de figurer un cou alongé. Elle porte, de chaque côté, deux impressions creuses, profondes, représentant les sillons latéraux, également espacés à partir du sillon occipital. Les sillons dorsaux, à peu près rectilignes, sont très-larges et profonds, le long de la partie postérieure de la glabelle, et ils se rétrécissent au droit de la partie antérieure. Les joues, sub-triangulaires, fortement bombées, sont très-inclinées vers l’extérieur. Leur relief est toujours de moitié inférieur à celui du lobe frontal, dont elles égalent presque la largeur. Le point culminant de chaque joue est occupé par un tubercule rond, qui, au jeune âge, est beaucoup plus fort que celui du sommet de la glabelle. Nous le trouvons encore sur les individus de taille moyenne, mais il disparaît constamment sur les adultes. La position de ce tubercule nous porte à le considérer comme un stemmate ou oeil simple, analogue à celui des Harpes, et aussi indépendant de toute suture faciale. La disparition de cet organe, dans l’âge adulte, resterait sans doute à expliquer, et nous avons déjà touché ce sujet, (p. 616.)
La suture marginale paraît contourner, comme dans les autres espèces, le limbe perforé, et en détacher la pointe avec la doublure, ou lamelle inférieure.
L’hypostôme est inconnu.
6 segmens au thorax. Nous ne connaissons pas d’individus représentant les premiers âges. L’axe saillant occupe plus de la moitié de la largeur d’un lobe latéral. Ses anneaux sont séparés par des rainures très-marquées, dont chaque extrémité offre une cavité profonde. Les plèvres horizontales se coudent sur le dernier quart de leur longueur. Elles sont creusées parun sillon très-large, qui atteint leur extrémité, et devient de plus en plus profond, en s’éloignant de l’axe. Le bout des plèvres s’incline vers l’arrière.
Le pygidium figure un segment, rapproché d’un demi-cercle. L’axe se prolonge jusqu’au bord. Au jeune âgé, son extrémité est très-large et paraît tronquée. Elle s’effile, et se termine en pointe émoussée, dans les adultes.
Nous comptons sur cet axe, de 6 à 9 articulations, suivant l’âge. Elles sont plus ou moins apparentes , d’après l’état de conservation. Dans tous les cas , on voit une cavité profonde , à chaque extrémité de la rainure qui sépare les anneaux, tandisque la partie médiane de ce sillon est ordinairement peu marquée, et semble quelquefois s’effacer. Les lobes latéraux, un peu bombés, nous montrent 4 à 5 rainures rayonnantes, dont la plus voisine du thorax est la plus large. Le contour du pygidium présente un bord vertical, de hauteur presque uniforme , dans toute son étendue. Il y a intérieurement une rainure concentrique, le long de ce bord.
Les fragmens isolés du test, que nous voyons sur le thorax et sur le pygidium, paraissent lisses. La surface extérieure céphalique semble aussi sans aucun ornement, d'après ses empreintes. Mais nous avons quelques morceaux dans lesquels le tégument de cette partie du corps restant fixé à la roche, nous pouvons observer sa paroi interne. Elle présente, sur la glabelle et sur les joues, un réseau formant de très-petits polygones, inégaux, sub-réguliers , à 6 ou 6 côtés, qui rappèlent la surface d'une Calamopora, dont les cellules seraient remplies. Il est remarquable, que le moule intérieur de la tête montre peu de traces de ce réseau. — L’empreinte de la bordure, ou lamelle inférieure du limbe, présente des stries concentriques au contour.
L’enroulement est constaté par divers individus.
Dimensions. Longueur d’un adulte très-développé : 50. m. m. non compris les pointes génales. Largeur maximum: 25. m. m.
GisemL et Local. Cette espèce est rare et n’a été trouvée jusqu’ici, qu’aux environs de Kônigshof, près Beraun , dans les schistes gris-jaunâtres , qui couronnent notre étage des quartzites D. Elle y est associée avec Trin. ultimus, Remopl. radians, As. nobilis, Aeglina speciosa, Daim. Phillipsi <$çc.
GENRE TRINUCLEUS LHWYD.
Rapp. et différ. L’espèce que nous décrivons se distingue aisément de toutes les formes congénères de Bohême: — 1. par sa glabelle sphéroidale, pédonculée; — 2. par son limbe presque vertical, très-prolongé en arrière 5 — 3. par ses tubercules oculaires: — 4. par son pvgidiom semi-circulaire Arc.
Tr. Bucklandi a de très-grandes analogies avec deux Trilobites étrangers, l’un de Suède, l’autre d’Irlande, connus sous le même nom spécifique, Trin. seticornis His. et ayant également une glabelle sphéroidale, terminée par un cou étroit; des tubercules oculaires Arc.
I. Trin. [As.) seticornis de Suède, reproduit par Hisinger sous le nom de As. cyllarus , (Lelh. Suec suppl. II. PI. 37] a été décrit et figuré avec plus de détails et d’exactitude, par Lovén, dans le mémoire déjà cité (PL II. fig. I a.... g] Ces figures et le texte montrent, qu’il diffère des individus adultes de notre espèce: — 1 par la forme du limbe perforé, qui ne s’étend pas au delà de la tête, et qui ne s'applique pas le long du corps; — 2. par l’axe du pygidium, qui conserve presque la même largeur que sur le thorax, et présente une extrémité tronquée, au contact du contour postérieur; — 3. par la persistance des tubercules sur les joues. — Les trois différences que nous indiquons, d’après les documens à noire disposition, relatifs à l’espèce Suédoise, pourraient s'évanouir à la fois, si l’on admettait, que les exemplaires observés et figurés par Lovén, représentent seulement le jeune âge, ou l’âge moyen. Notre description de Tr. Bucklandi constate en effet, que les jeunes individus de cette espèce paraissent identiques, sous tous les rapports, avec Tr. seticornis de Suède, tel qu’il nous est connu, et diffèrent dans les mêmes points, et tout autant que celui-ci, des exemplaires adultes de leur propre espèce, en Bohême. D’après ces considérations, nous serions disposé à admettre l’identité des formes comparées. Cependant, nous sentons que nous devons être réservé sur cette question, dont tous les élémens ne nous sont pas connus. Nous la déférons aux études et au jugement des paléontologues Suédois.
II. Trin. seticornis d’Irlande, d’après les dimensions assez petites des fragmens ou individus que nous en connaissons, nous paraîtrait identique avec le jeune âge de Trin, Bucklandi, sauf la ligne diagonale observée par le Prof. MacCoy sur les joues du premier et que nous ne voyons pas sur celles du second. Dans un séjour récent à Londres, nous avons appris de M. J. W. Salter, qu’il avait reconnu sur des fragmens Britanniques, l'apparence toute particulière qu’offre le test, sur la glabelle de nos jeunes individus Bohèmes. (PL 29.) Nous voyons aussi les mêmes ornemens sur une tête de Tr. seticornis provenant de Tyrone, en Irlande. Ce fait établit, entre les formes comparées, un important et nouveau rapprochement. Nous ajouterons, que l’individu complet de Tr. seticornis d’Irlande, qui est sous nos yeux, présentant une taille égale à celle de l’exemplaire d’âge moyen que nous avons figuré (PL 29.) nous montre comme celui-ci, les extrémités du limbe appliquées le long du thorax, et devenant presque verticales. Cette disposition, que les petites têtes isolées de la même région ne permettent pas de reconnaître, nous porterait à croire, que nous trouverions dans des individus encore plus développés, la conformation du limbe qui caractérise l’âge adulte en Bohême. Resterait à vérifier sur la forme Irlandaise, si les tubercules des joues disparaissent à un certain âge, comme dans celle que nous observons.
Nous espérons que les différences qui semblent encore séparer spécifiquement les Trilobites comparés de Bohême, de Suède et des Iles Britanniques, s’évanouiront peu à peu, à mesure que le nombre des individus observés s’accroîtra dans les contrées étrangères. Alors, Tr. seticornis deviendra un des fossiles les plus caractéristiques de la division Silurienne inférieure.
Tr. radiatus? Porll. serait une autre forme d’Irlande, analogue à Tr. Bucklandi, et différente, du moins d’après la figure, de Tr. seticornis. ( Geol . Rep. PL 1 B. fig. 9.] Reste à savoir, si les différences ne sont pas accidentelles. C’est ce que les paléontologues Anglais nous apprendront.
Trin. gramdalus Wahl, (sp.) décrit et figuré par Lovén, dans le mémoire cité, (Pl. II. fig. 2.) se rapproche aussi de Trin. Bucklandi, par la glabelle, le prolongement du limbe le long du thorax, et le pygidium. Indiffère; ■ — 1. par l’absence de tout tubercule sur la glabelle et les joues; — 2. par le nombre beaucoup moindre des rangées de perforations, qui ne dépasse pas trois; — 3. Enfin, par l’inclinai-
son du limbe, qui paraît presque
horizontal, d’après les figures connues.
1833. Trilob.
ornatus.