‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 319 sur 469 · Trin. ornatus. Sternb. sp · texte numérisé non relu

Trin. ornatus. Sternb. sp

Pl. 29. 30.

Sternb. Yerh. d. Vaterl. Mus. p. 53

1838. Trilob.

id.

Boeck. Gaea Norw. p. 142.

1840. Trilob.

ornatus.

Mil. Edw. Crust. III. p. 332.

1843. Trinucl.

id.

Burm. Org. der Tril. p. 67.

1846. Trinucl.

Goldfussi.

Barr. Not. prél. p. 31.

1846. Trinucl.

ornatus.

Barr. Nouv. Tril. p. 39.

1847. Trinucl.

id.

Cord. Prodr. p. 39.

Trinucl.

Senftenbergii

Cord. ibid. p. 40. PL III. fig. 17.

Trinucl.

cribrosus.

Cord. ibid. p. 40.

Trinucl.

elegantulus.

Cord. ibid. p. 40.

Tetrapsellium

pulchrum.

Cord. ibid. p. 42. Pl. III. fig. 18.

Celte espèce nous a permis de reconnaître ta série complète de ses métamorphoses, à partir de l’embryon encore dépourvu de segmens thoraciques, jusqu’à l’individu le plus développé. Nous avons déjà exposé les principales circonstances qui caractérisent ces transformations, (p. 264) et pour éviter les répétitions, nous prions le lecteur de consulter le passage cité. La description que nous allons donner se rapporte à l’âge adulte, mais elle indique en même temps les modifications qu’éprouve chacun des élémens du corps, durant le développement individuel.

La tète occupe presque la moitié et le pygidium un cinquième de la longueur du corps. Le contour extérieur de la tête présente, dans la partie frontale, un arc aplati, horizontal, peu convexe. Sur les côtés, il varie sensiblement de forme. Il devient rectiligne, tantôt à peuprès parallèle à l’axe, tantôt un peu oblique, en se rapprochant de celui-ci. Dans tous les cas, cette direction fait un angle obtus, plus ou moins ouvert, mais toujours marqué, avec la pointe génale. Cette variation est en rapport avec les formations, et avec les localités qui appartiennent à chacune d’elles; mais dans chaque gite, nous trouvons des individus qui reproduisent les formes extrêmes et moyennes. Nous remarquons surtout l'analogie complète des formes au jeune âge, partout où il se rencontre. — Le contour intérieur de la tête est aussi sujet à des variations. Au premier âge, il figure une ligne droite, au milieu de laquelle l’anneau occipital présente un petit arc convexe vers l’arrière. Les deux extrémités du contour s’infléchissent légèrement vers l’avant. Dans les individus un peu plus grands , nous voyons ces extrémités dirigées suivant une ligne droite transverse, et puis progressivement s’incliner peu à peu vers l’arrière, en raison du développement. Enfin, dans les adultes, le contour intérieur se raccorde avec le contour extérieur, par une ligne qui fait un angle d’environ 4 0° avec l’axe du corps. L’anneau occipital est saillant, mais étroit. II porte sur l’axe une longue

épine qui s’incline vers l’arrière et peut atteindre le 3e anneau. Le sillon occipital est distinct

quoique étroit. Le long des joues, on distingue aussi toujours un sillon assez large, et un bord postérieur un peu saillant, très -mince. Le limbe, au premier âge, est rudimentaire et dépourvu de perforations, mais sa doublure présente déjà les pointes génales très-divergentes. Au 2mc âge, nous observons une ou deux rangées de perforations, selon les individus. Au 3e âge, on voit 4 rangées, et les autres se montrent successivement dans les âges suivans.

A toute époque, le limbe a une surface presque toujours horizontale, dont le bord est plus ou

moins épaissi, suivant les individus. Cet épaississement ou bourrelet porte sur son sommet la rangée des plus fortes perforations et une rangée de grandeur un peu moindre, sur son talus extérieur. Dans les individus adultes, les plus développés, nous comptons sept rangées

concentriques de cavités, au droit de la largeur maximum du limbe, c. à d. vers le coude.

Au droit du front, il y en a de 3 à 4, suivant le développement individuel. Les perforations sont circulaires, disposées en lignes rayonnantes. Les plus grandes atteignent un millimètre de diamètre. La glabelle est ovoïde, fortement rétrécie en arrière. Sa hauteur et sa largeur varient notablement dans leurs proportions, suivant les individus. Le point culminant est un peu en avant du milieu. Nous observons, dans divers exemplaires, un grain saillant sur la partie élevée, et dans d’autres, on voit deux grains semblables, rangés suivant l’axe. La partie postérieure de la glabelle a une inclinaison beaucoup plus faible que la partie frontale, presque abrupte. On distingue presque toujours à la base, près du sillon occipital, une ou deux

petites impressions obliques, qui représentent les sillons latéraux très-rapprOchés. Dans le jeune âge, il y a au fond du sillon dorsal, au droit des deux extrémités de l’anneau occipital, une petite protubérance ovoide, isolée, qui s’efface graduellement durant la croissance.

Les joues, sub-triangulaires , doucement bombées, sont toujours plus larges que la glabelle. Elles en sont séparées par des sillons dorsaux très-marqués, dont la profondeur semble augmenter avec l’âge. Nous n’avons jamais aperçu aucune trace qui indique les yeux. La grande suture suit l’arête du limbe, et passant sur la surface supérieure, près de l’angle gênai, elle détache la pointe, avec la doublure. Cette pointe a une section triangulaire, creusée sur chacune de ses faces. Elle se prolonge au delà du corps, d’une quantité égale à la longueur de

GENRE TRINUCLEUS. LIIWYD.

celui-ci, en formant un arc concave vers l'axe. On remarque, sur quelques individus bien conservés, deux nervures très-déliées, qui partant de l’angle gênai postérieur, divergent un peu, puis se rapprochent pour se réunir dans le sillon dorsal. (PI. 30). Elles traversent diagonalement la joue.

L’hypostôme (PI. 2 9) figure un demi-ovale, tronqué à l’avant. Sa surface est assez fortement bombée en travers, et s’aplatit sur le contour. Nous n’y distinguons ni ailes, ni bord, ni sillon. La forme que nous décrivons, d’après un hypostôme situé dans la tête d’un individu, n’a rien de commun avec celle que M. Corda a figurée dans le Prodrome, (PI. III. fig. 17. 6.) d’après une pièce étrangère et isolée, attribuée arbitrairement à la forme qu’il nomme, Trin. Senftenbergii.

6 segmens au thorax, dans tous les adultes. Nous possédons une suite de jeunes individus, qui nous montrent tous les degrés du développement thoracique, à partir de o jusqu’à 6 segmens libres. La taille des individus croit en raison du nombre de leurs segmens. — L’axe est médiocrement bombé, et déterminé par des sillons dorsaux à peine marqués. Il occupe environ la moitié de la largeur d’un lobe latéral. Ses anneaux sont séparés par de larges rainures. Les plèvres, horizontales, se coudent légèrement sur le dernier tiers de leur longueur. Elles sont creusées par un large et profond sillon, peu oblique. Le bord antérieur de la partie coudée est taillé en biseau. La pointe est émoussée et se courbe faiblement en arrière.

Le pygidium varie suivant les degrés du développement. Au premier âge , l’axe est relativement beaucoup plus fort et plus bombé; il occupe autant de largeur que chacun des lobes latéraux. Progressivement, on voit ses proportions se modifier, de sorte que dans les individus adultes, il offre à peine la moitié de la largeur de l’un des côtés, et son relief s’abaisse beaucoup, surtout vers l’extrémité. Il nous montre, au premier âge , 1 ou 2 faibles articulations, tandisque nous pouvons en distinguer au moins 10, dans quelques individus adultes bien conservés. Ces articulations sont toujours plus apparentes et plus nombreuses sur l’empreinte du test, que sur sa surface externe. Les lobes latéraux, dans l’embryon, présentent chacun 1 ou 2 traces légères de segmentation, qui se multipliant graduellement dans les âges suivans, finissent par constituer dans les adultes 5 à 6 côtes aplaties, divisées par le sillon suturai. (PI. 2 9). Le contour extérieur forme une paroi presque verticale, tout autour du pygidium, et représente la doublure.

Le test, extrêmement mince, offre dans ses ornemens des variations à la fois individuelles et locales, manifestées principalement sur la tête. Dans la formation des schistes noirs feuilletés, sur les coteaux dits Winice, près Béraun, la majorité des individus a la glabelle lisse; les autres montrent de petites cavités sur le front et le sommet de cette partie. Dans la plupart des adultes de cette localité, les joues sont aussi lisses, mais nous trouvons, dans quelques uns, des cavités distinctement marquées. Au contraire, les jeunes individus de la même formation nous présentent, le plus souvent, sur les joues, des cavités distinctes, que nous retrouvons sur des exemplaires d’âge moyen. Dans la formation des schistes très -micacés, immédiatement superposée, nous voyons toujours la glabelle lisse, et le plus souvent les joues sont ornées de cavités, qui sont cependant invisibles ou très-peu sensibles, sur certains individus de chaque localité. Les exemplaires bien conservés de ces deux formations montrent constamment, sur la surface des plèvres et du pygidium , le même genre d’ornement dont nous venons déparier. Ces variations n’ayant rien de constant, et ne coïncidant d’ailleurs, avec aucune différence permanente dans les formes, nous les considérons comme individuelles, locales et accidentelles. Nous avons figuré (PI. 30. fig. 57. 58. 59.) trois têtes qui montrent les diverses apparences de l’ornementation, sans aucune différence dans les autres caractères. La surface extérieure de la doublure du limbe est ornée de stries fines, sub-régulières, concentriques au contour, et couvrant les intervalles, entre les rangées de perforations (PI. 2 9). Nous apercevons les mêmes stries, sur le bord presque vertical du pygidium, représentant la doublure ordinaire du test. La faculté d’enroulement est constatée. (PI. 3 0.)

Dimensions. Abstraction faite des pointes génales, la longueur des plus grands adultes est de 22 m. m. La largeur maximum de la tête est de 27 m. m.; tandisque celle du thorax ne

dépasse pas 18 m. m. Le tableau suivant indique la longueur progressive du corps des individus des premiers âges, suivant leur degré de développement, ou le nombre de leurs segmens thoraciques.

Longueur d’un

individu à:

Longueur

d’un individu à:

Page 1