‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 335 sur 469 · Asaphus. nobilis. Barr · texte numérisé non relu

Asaphus. nobilis. Barr

1846. As. nobilis. Barr. Not. prél. p. 30.

1847. As. » Cord. Prodr. p. 69.

L’ensemble du corps nous présente toujours un ovale plus ou moins alongé, suivant que

nous considérons la forme longue ou la forme large. Dans la forme longue, (PI. 31. 35.) le

rapport entre les deux plus grandes dimensions du corps est de 4:6.5. Dans la forme large, (PI. 32) le même rapport est de 4:5. Ces proportions variables, en largeur et en longueur, doivent nécessairement influer un peu sur l’aspect de chacune des parties du corps , sans changer cependant la forme typique, toujours la même dans tous les élémens.

La tête est inférieure en étendue au pygidium. Son contour extérieur est parabolique. Il est formé par un bord large, légèrement concave, qui, à partir de l’angle gênai, se prolonge par une pointe appliquée au corps, et atteignant le sixième segment. Le contour intérieur présente

une courbe concave vers l’arrière, et son raccordement avec la pointe génale couvre l’extrémité

des trois premières plèvres.

La glabelle offre la forme d’un ovale, dont le bout aminci touche le sillon occipital. Elle est peu saillante dans son ensemble et elle a son plus grand relief au front, autour duquel on peut reconnaître le cours des sillons dorsaux, indistincts en arrière.

La glabelle est partagée en deux parties presque égales par un sillon transverse, à double courbure, qui joint les extrémités antérieures des yeux. Au droit de l’axe, ce sillon forme un sinus concave vers le frônt; entre l’axe et chaque oeil, il offre un sinus presque égal , . concave vers l’arrière. (PL 32. fig. 4.)

Sur la partie antérieure de la glabelle, nous trouvons toujours une protubérance alongée, qui en occupe le milieu, sans atteindre les deux bouts. Sur la partie d’arrière, à la base, s’élève un grain isolé. L’espace qui reste entre la partie postérieure et l’oeil est divisé par trois faibles sillons transverses, non compris le sillon occipital. Ces sillons, concaves vers le thorax, sont rarement distincts.

Les deux branches de la suture faciale, unies en ogive sur le bord frontal, s’éloignent en coupant très-obliquement le limbe, et en opposant leur concavité. Après avoir un peu dépassé dans leur distance celle qui sépare les yeux, elles se rapprochant et elles contournent le lobe

palpébral. A partir de l’angle postérieur de l’oeil, elles divergent parallèlement au bord thoracique, qu elles atteignent par un coude brusque, à peu-près vers le tiers extérieur de la première plèvre.

Nous trouvons, sur divers exemplaires, une ligne tracée sur le bord frontal, dans la direction de l’axe, et qui nous porte à croire, qu’elle est la suture médiane analogue à celle, des Isotelus. Nous n’avons aucune preuve de l’existence d’une suture marginale.

Les yeux, en demi-cercle, sont placés à peu de distance de la partie postérieure de la glabelle. Ils ont peu de relief. Leur surface réticulée montre des cavités ou capsules des lentilles, extrêmement exigues. Un oeil isolé, appartenant sans doute à un individu de la taille de celui qui est figuré PL 31, nous permet de compter sur sa surface, environ 12,000 facettes. La paroi

réticulée est inclinée à la partie d’avant et devient verticale vers l’arrière. D’après le cours de

la suture faciale, la joue fixe se trouve réduite, en avant de l’oeil, à une petite surface et en

arrière à une bande qui porte le sillon postérieur. La joue mobile, au contraire, est très-étendue.

Sa surface forme un triangle curviligne, très-aigu aux deux extrémités. Elle est d’ailleurs à peuprès plane, abstraction faite de la légère concavité du bord.

Le corps central de l’hypostôme est ovalaire, aminci au front, et déterminé par une profonde rainure. A quelque distance du sommet frontal, commence à paraître le bord latéral, qui augmente rapidement de largeur, jusqu’au droit de la limite de l’ovale. Le bord buccal occupe une longueur presque égale à celle du corps central. Il se rétrécit un peu vers l’arrière, de sorte que le contour général de l’hypostôme est une ellipse, tronquée par l’échancrure. Celle-ci pénètre, jusqu’à peu de distance de la rainure, sous une forme angulaire, qui, vers l’extrémité interne, s’élargit et s’aplatit. Sur chacun des lobes, entre la rainure et l’échancrure, on voit une cavité ronde, d’environ 1 m.m. de diamètre. Nous n’apercevons pas les aîles, probablement cachées derrière la surface observée. Puisque la carapace céphalique est peu voûtée, elles doivent être peu développées. Le bord se reploie en dedans de la tête et forme une doublure derrière les lobes de la fourche. Comme elle ne s’applique pas immédiatement sur le test extérieur, il en résulte que ces lobes sont des corps creux, comparables à des doigts de gant. Cette conformation est identique avec celle que le Prof. Kutorga a si bien étudiée dans As. expansus (Mém. cité p. 650.) Les parois du test se distinguent aussi par leurs ornemens. La surface externe de l’hypostôme présente, dans toute son étendue, aussi bien sur le corps central que sur les bords, des stries irrégulières, sinueuses, entremêlées de petites cavités. Au contraire, la paroi de la doublure, dont nous voyons l’empreinte, PI. 32. fig. 6, est couverte de stries très-régulières, très-fines, parallèles entr’elles, et inclinées à 45° par rapport à l’axe. La surface paraît lisse dans la cavité intérieure de chaque lobe.

Le thorax, à tous les âges observés, se compose de 8 segmens égaux entr’eux, et occupant ensemble à peu-près le tiers de l’étendue de l’animal. L’axe est médiocrement bombé, mais distinctement dessiné par les sillons dorsaux. Sa largeur ne varie pas depuis la tête jusqu’au pygidium. Elle est environ le quart de la largeur totale du corps. Au point de jonction de l’anneau et de la plèvre, nous remarquons un sillon oblique assez profond, qui nous semble être simplement la trace du sillon dorsal, un peu discontinue. Les plèvres sont légèrement bombées dans leur étendue, et se terminent par une pointe courte, large et plate, arquée vers l’arrière. Ces pointes ne laissent entr’elles aucun vide. La surface des plèvres est creusée par un sillon oblique, partant du bord antérieur près de l’axe, et se terminant vers les deux tiers de la longueur. Sa largeur est à peu-près égale à celle de chacune des deux bandes qu’il détermine. La doublure du test, sous chaque plèvre, atteint presque la moitié de leur longueur. Le point où elle se termine est ordinairement bien indiqué par une brisure.

Le pygidium occupe un peu plus du tiers de la longueur du corps. Sa forme générale est parabolique, plus ou moins alongée. L’axe très-distinct, saillant, diminue progressivement de largeur et augmente un peu de relief, jusques aux § de la longueur du pygidium, où il s’abaisse subitement et disparaît. Nous comptons sur divers individus, plus ou moins développés, de 10 à 18 articulations distinctes. Chacune d’elles est ornée de deux courbes concentriques en accolade,

GENRE ASAPHUS. BRONGNIART.

dont le sommet aigu est dirigé vers l’arrière. On voit, par les premières divisions, que deux de ces courbes correspondent à une seule plèvre, sans cela, on serait tenté de considérer chacune d'elles comme l’indice d’un segment. Au jeune âge, ces ornemens en accolade n’existent pas et chaque anneau de l’axe est limité par deux lignes parallèles. À mesure que l’individu se développe, on voit apparaître les sinuosités ornementales, ainsi que le montrent diverses figures, sur la PI. 31.

Les lobes latéraux présentent, en général, 9 côtes, non compris la demi-côte articulaire très-développée. Elles sont séparées par des sillons intercostaux profonds, mais étroits. Leur direction est courbée vers l’arrière, d’abord comme celle des plèvres du thorax, et plus loin elle se rapproche de plus en plus de l’axe, avec lequel elle finit par faire un angle aigu. Le bord antérieur de chacune des côtes est très-peu incliné, et très-large; la face postérieure est abrupte et très-étroite. Les côtes et les rainures intercostales s’évanouissent, un peu avant d’atteindre le bord plat, qui forme le contour et qui est un peu concave. Dans les exemplaires les mieux conservés,- la saillie maximum des côtes au dessus du fond des rainures s’élève a environ 2 m. m. Leur surface ne montre pas la trace du sillon suturai.

La doublure du test, sous le bord du pygidium, s’étendait vers l’intérieur à peu-près comme sous les plèvres. C’est ce que nous indiquent divers exemplaires; mais nous croyons, qu’entre cette doublure très-mince et le test, il n’existait probablement aucun vide, car nous ne reconnaissons pas, dans cette espèce, l’épaisseur de la matière qui aurait rempli ce vide , comme on la voit dans beaucoup d’autres Trilobit.es.

Nature et ornemens du test. Nous trouvons, sur divers exemplaires de Praskoles et de Kônigshof, une pellicule qui offre à peine g de millimètre d’épaisseur. Nous la considérons comme le test, métamorphosé en une substance ocreuse, très-brune dans la première localité, et jaunâtre dans la seconde. La surface de ce tégument est chargée d’ornemens très-multipliés , sur toutes les parties du corps. — 1. Sur la paroi externe de la tête, nous voyons d’abord des stries, ou plis-sillons, plus ou moins prononcés, qui forment des lignes concentriques au contour extérieur. (PI. 52. flg. 2.) Ces lignes au nombre de o à 8 , inégales en relief, mais à peu-près régulièrement espacées, couvrent une bande continue sur le pourtour. De petites stries obliques et serrées remplissent leurs intervalles. A l’intérieur de cette bande, il existe une autre zône concentrique, qui n’offre que des nervures très-fines, ramifiées, et qui, examinées à la loupe, montrent la forme des plis-sillons. Cette zône est limitée par un sillon, à l’intérieur duquel nous apercevons quelques filets convergeant vers l’oeil, et accompagnés de petites stries irrégulières. Sur la glabelle, nous ne distinguons que la trace de ces dernières. — 2. La surface de la doublure sous-frontale est ornée des mêmes élémens, disposés d’une manière différente, comme le montre la fig. 1. PI. 31. On peut remarquer, que les grands filets concentriques existent sur la doublure, mais principalement sur la zône correspondante à celle qui en est privée sur la surface supérieure. — 3. Nous avons déjà décrit ci-dessus les ornemens du test de l’hypostôme. — 4. Les anneaux de l’axe sont ornés de quelques stries transverses, pseudo-régulières, concentriques, et tendant à former, au milieu, une accolade dont la pointe est dirigée vers l’arrière.

On reconnaît dans ces stries, la forme des filets plus prononcés mais moins multipliés, que nous

avons indiqués sur l’axe du pygidium. — 5. La surface supérieure des plèvres porte de petites nervures serrées, irrégulières, obliques, ramifiées. — 6. L’impression de leur doublure forme un contraste, par ses stries saillantes ou plis-sillons, sub-réguliers , et parallèles à l’axe. — 7. Au pygidium, la surface de l’axe montre çà et là quelques stries en relief, outre les filets en accolade ci-dessus décrits. Tout le reste de la superficie est couvert de nervures obliques aux côtes, et peu prononcées sur les rainures qui les séparent. Près du contour extérieur, nous retrouvons une bande couverte de filets concentriques, et analogue à celle de la tête. Elle en diffère cependant, parcequ’elle diminue de largeur, de manière à disparaître au droit de l’axe. Les filets qui la composent, au nombre de 5 à 6, se ramifient et leurs branches se perdent en nervures

vers l’intérieur. — 8. L’ornement le plus caractéristique de cette partie du corps consiste dans

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