‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 359 sur 469 · Acidasp. Buclii. Barr · texte numérisé non relu

Acidasp. Buclii. Barr

1846. Odontopleura Buchii. Barr Not. prél. p. 28.

1846. Od. .inermis. Beyr. Unt. üb. Tril. II. p. 20. PI. III. fig. 2.

1846. Od. Buchii. Barr. nouv. Tril. p. 12.

1847. Selenopeltis Stephani. Cord. Prodr. p. 54. PI. I. fig. 1.

Sel.

Iiumbolti.

Cord.

ibid.

Sel.

Beyrichii.

Cord.

ibid.

Sel.

Buchii.

Cord.

ibid.

Cette espèce nous montre/ parmi beaucoup d’individus, la forme large contrastant avec la .forme longue. (PI. 36) Dans la première, le rapport des axes principaux est de 3:2 tandisqu’il

GENRE ACIÜASPIS. MURCHISON.

est de 2:1 dans la seconde. Le thorax occupe la majeure partie du corps; la tête ne s’étend jamais au delà du quart de la longueur totale, dont le pygidium occupe au plus

Le contour de la tête, un peu échancré au front, est analogue à un trapèze, dont la hauteur, suivant l’axe du corps, dépasse un peu le tiers de la grande base transversale. Il est formé par un bourrelet épais, relevé, déterminant une profonde rainure, du côté intérieur. Ce bord, étroit au droit de la glabelle, s’élargit progressivement le long des joues et atteint son maximum de largeur, aux points les plus saillans latéralement Sa forme, comparée sur les divers individus figurés, paraît très -variable. 11 est beaucoup plus étroit sur la tête, PI. 37 fig. 25, que sur celles de la PL 56. Cette différence s’explique aisément, par la nature de la roche où les fossiles ont été conservés. Le premier provient des quartzites des monts Drabow, et il montre le bourrelet du bord dans sa forme naturelle, cylindroide, pareeque les sables dans lesquels il a été originairement enseveli, étaient incompressibles. Au contraire, les individus de la PI. 56 ayant été conservés dans les schistes très-micacés et terreux de Zaborzan, ont subi une forte compression, suivant plusieurs directions, comme leur forme irrégulière le témoigne. Divers autres fragmens de cette dernière localité nous montrent la compression du bourrelet marginal à divers degrés. Les longues pointes qui ornent les extrémités latérales de la tête ont leur origine à 1 intérieur de la joue mobile et non sur le limbe, qu’elles recouvrent à l’angle gênai. Cette disposition, qu’on trouve aussi dans Amp. Rouwulti, (PI. 50) est rare parmi les Trilobites, car on voit habituellement la pointe génale dériver de la prolongation du limbe de la tête.

La glabelle est très-clairement déterminée par les sillons dorsaux, figurant deux arcs concaves 1 un vers 1 autre, dans le prolongement, des sillons qui limitent l’axe thoracique. Le bord frontal est rectiligne, et un peu moins saillant que le contour des joues. Le corps central est ovalaire, déprimé, un peu évasé au front, et étranglé vers le tiers de sa longueur. De chaque coté, nous voyons des sillons obliques, contournés, fourchus, déterminant des lobes latéraux nombreux, et d un aspect très-variable, suivant l’état de conservation des individus. La figure 25 PL 5/, doit montrer plus exactement leur apparence naturelle, parcequ’elle représente les formes conservées dans les quartzites. Les têtes provenant des schistes nous offrent toujours la plus grande diversité, dans les contours de ces lobes.

Le triangle interne de la joue fixe forme la surface bombée et alongée, située extérieurement aux sillons dorsaux. , Cette surface domine par son relief tout le reste de la tête, et principalement la joue mobile, doucement voûtée, et s’abaissant fortement vers le bord, où nous avons déjà signalé le limbe ou bourrelet, et la rainure qui l’accompagne. Le bord postérieur de la joue fixe porte un semblable bourrelet, qui augmente de volume à partir du sillon dorsal, jusques sous la pointe génale.

Le filet oculaire figure un arc de faible courbure, incliné à environ 4-5° par rapport à 1 axe. Il forme un petit bourrelet toujours bien prononcé, un peu aminci aux deux bouts. En dehors de ce filet, on voit la bande extérieure presque rudimentaire, mais cependant très distincte, surtout près du front. Elle est limitée en dehors, par la suture faciale, presque rectiligne, inclinée à 45 . Cette ligne se dirige vers l’oeil, qu’elle atteint après un petit sinus convexe vers 1 axe. Derrière cet organe, les deux branches divergent rapidement, et presque en ligne daoite, vers les angles génaux, qu’elles atteignent sous la pointe déjà mentionnée. Les yeux, au niveau de la joue fixe, vers le milieu de sa longueur, forment un demi cercle saillant en dehors. Leur longueur ne dépasse par 4. m. m. et la hauteur de leur surface réticulée excède à peine l.m. m. Les lentilles, qui ont laissé leur vide, étaient fort petites, et disposées en quinconce. Nous évaluons leur nombre à environ 500 sur chaque oeil. Le lobe palpébral, semi-circulaire, forme une petite surface creuse, bordée par le prolongement du filet oculaire.

Lhypostôme est rectangulaire et montre la plus grande analogie de forme avec celui des congénères. Son bord antérieur est rectiligne , les bords laléraux et postérieurs sont larges et légèrement échancrés. Le corps central est un trapèze, dont la grande base est au front. Une

rainure profonde le sépare distinctement des bords. Il présente, vers la partie antérieure, de chaque côté, une impression un peu oblique, parallèle à la rainure du limbe, naissant au contour, et prolongée jusques vers le milieu de la longueur. Nous voyons aussi, sur le bord buccal, une impression faible, transversale. Les ailes sont invisibles. Cet hypostôme est très-rare.

9 segmens au thorax, nombre constant sur beaucoup d’exemplaires. Le premier, derrière la tête, est sensiblement plus court dans le sens de l’axe du corps que les suivans; les 3me et 4me sont les plus longs, les autres diminuent progressivement jusqu’au 8me. Le 9me se raccourcit hors de toute proportion, de sorte qu’il est difficile de reconnaître son indépendance du pygidium, auquel on serait disposé à l’attribuer. Mais nous le voyons distinctement, sur divers individus et nous le reconnaissons aussi à sa surface, qui porte la granulation du corps, différente de celle du pygidium. L’axe occupe un peu plus d’étendue que chacun des lobes latéraux; sa plus grande largeur est vers le 4me segment. Il est fortement bombé dans tous les fragmens provenant des quartzites, et un peu moins dans ceux que nous trouvons dans les schistes. Chaque anneau porte à sa base un nodule ovalaire, très-enflé, dirigé vers l’avant, et qui force le sillon dorsal à des sinuosités correspondantes. Les anneaux de l’axe sont d’ailleurs séparés par des gorges transversales, très-larges et profondes.

Les plèvres forment sur chaque lobe une surface plane, un peu coudée tout près du bord. Elles sont ornées d’un bourrelet saillant, qui, commençant au bord postérieur, près du sillon dorsal, s’élève et s’élargit peu à peu en forme de diagonale, en se dirigeant vers l’avant, et restant concave vers l’arrière. Avant d’atteindre le bord antérieur,, ce bourrelet se courbe à angle droit, et se prolonge au dehors par une pointe creuse, forte, cylindroide, oblique à l’axe, presque rectiligne. Ces pointes presque égales entr’elles, ont à peu-près la longueur de la moitié de l’animal. Nous les trouvons le plus souvent aplaties, et leur section, par suite de cet aplatissement, paraît quelquefois triangulaire, avec une brisure longitudinale. La surface de chaque bande en avant et en arrière, porte une bordure étroite, rectiligne, c. à d. un filet en relief. La bande antérieure se prolonge au dehors par une pointe d’abord droite, puis recourbée en crochet à l’extrémité. Cette pointe, dont la longueur n’excède par 4 à 5 m. m. se trouve cachée sous le prolongement de la plèvre précédente, de sorte qu’on ne peut apercevoir son existence, sur un individu entier ou bien conservé. On la reconnaît sur des plèvres isolées, ou sur les fragmens qui montrent l’impression inférieure, dans les quartzites. On remarquera sur la fig. 25, PI. 57, que la pointe de la bande antérieure varie de forme dans la longueur du corps. Elle semble se développer de plus en plus, dans les derniers segmens vers l’arrière.

Le pygidium a la forme d’un segment de cercle, dans la forme large, et il devient à peu-près un demi-cercle, dans la forme longue. Son bord antérieur est complètement rectiligne. L’axe, très-saillant au contact du thorax, s’abaisse rapidement et disparaît vers le centre. Nous comptons sur sa longueur trois articulations distinctes, dans les meilleurs exemplaires. De chaque extrémité du premier anneau, se détache une côte courbe, concave vers l’axe, et représentant le bourrelet de la plèvre. Sur la plupart des exemplaires dénués de leur test, cette côte paraît se terminer très-brusquement par un nodule, à un demi-millimètre du bord. Cependant, nous avons réussi à trouver des individus dans lesquels on voit ce bourrelet prolongé par une pointe, dont la longueur est d’environ 6 m. m. Ainsi, cette espèce ne fait point exception à la conformation ordinaire des Acidaspis ( PI. 36). Le contour du pygidium ne laisse apercevoir aucune trace des pointes secondaires. La doublure du test ne paraît pas s’étendre au delà de 1 ou 2 m. m. vers l’intérieur.

Le test a été complètement dissous, ou bien transformé en une couche très-mince d’une substance ocreuse, brune. Cette pellicule, très-caduque, nous montre une granulation serrée et très-fine qui couvrait tout le corps. Les pointes des plèvres portent sur leur surface supérieure et inférieure, la trace des mêmes ornemens. Outre la granulation égale dont nous parlons, les joues mobiles et le pygidium sont parsemés de petites protubérances irrégulières.

L’enroulement n’est pas constaté.

GENRE AICIDASPS. MURCIIISON.

Dimensions. L’individu figuré (PL 56. fig. 1), représentant la forme longue, à 95 m.m. de longueur, sur 50 m.m. de largeur maximum. Les dimensions correspondantes de l’individu représentant la forme large (fig. 8) sont 71 m.m. et 46 m.m.

Gisené. et local. Cette espèce caractérise quatre des formations principales de notre étage des quartzites D, savoir: la bande des quartzites des monts Drabow, les schistes noirs feuilletés qui la recouvrent, et les schistes très-micacés superposés à ces derniers. Nous trouvons encore ses traces, mais très-rares, dans les schistes gris-jaunâtres qui couronnent notre étage D. Elle paraît avoir été rare durant le dépôt de la plus ancienne de ces formations , où elle a apparu avec Daim, socialis, As. ingens, Trin. Goldfussi fyc. Son plus grand développement en individus a eu lieu dans les schistes très-micacés, et principalement pendant le dépôt de leurs , couches moyennes, à partir desquelles nous la rencontrons plus rarement, jusqu’au sommet de l’étage D. En somme, Acid. Buchi est un des Trilobites les plus caractéristiques de notre Faune seconde. Les localités qui nous ont fourni cette espèce dans les quartzites, sont, les monts Drabow et Wesela; dans les schistes noirs feuilletés : les coteaux de Winice et Truhin, près Béraun, et ceux des environs de Chrustenitz; dans les schistes très-micacés nous citerons, Praskoles, Wotmitz, Lewin, Zahorzan, Lodenitz, Grosskuchel, <Sçc. j-c. Enfin, dans les schistes gris-jaunâtres, les environs de Kônigshof.

Acid. Buchi a été aussi découverte par M. Marie Rouault dans les schistes de la Bretagne et de l’Anjou, dont la Faune présente d’ailleurs beaucoup d’autres analogies ou identités, avec celle de notre étage des quartzites D. Les fragmens de cette espèce, recueillis à Poligné, ont été désignés sous le nom de Polyere's Dufrénoyi, Rou. (Bull. Soc. géol. de France. 2e. Sér. IV. p. 309. 1846 J

Rapp. et différ. La conformation de cette espèce ne nous permet de la confondre avec aucune autre congénère. Nous ferons seulement remarquer, quelle est jusqu’ici la seule, qui ne porte aucune pointe -secondaire ou ornementale, sur le contour du pygidium, ni sur le bord de la joue mobile.

Le ProfL Beyrich a figuré et décrit la glabelle, un segment et le pygidium de notre espèce Bohême, sous le nom de Od. inermis. La plèvre isolée qu’il a dessinée, se trouvait sans doute privée de la pointe antérieure, qui ne paraît pas dans la figure. Le nom spécifique qu’il a choisi, est fondé sur le manque des pointes, au contour du pygidium. Nous avons vu que ce manque n’est que partiel. (Unt. üb. Trïl. II. p. 20. PL III. fig. 2, J

Acid. Buchi a servi de base au genre Selenopeltis, dont nous avons discuté les caractères, ci dessus, (p. 704) M. Corda en fondant ce type, l’avait enrichi de quatre espèces, uniquement établies sur des fragmens incomplets de Acid. Buchi, provenant de diverses formations et localités, et se trouvant par conséquent à différens états de conservation. Nous avons sous les yeux tous ces matériaux appartenant à M. Hawle.

1. Sel. Stepliani représentant les individus ensevelis dans les quartzites des monts Drabow et Wesela, a été dessinée (PI. I. fig. 1 . du ProdrômeJ d’après un moule indistinct et des fragmens très-insüffisans. La forme du limbe est incorrecte sur la joue mobile. Au thorax, il manque le dernier segment. La pointe antérieure de la plèvre n’ayant été aperçue que près de la tête, est décrite comme droite dans tout les segmens du thorax. Par une erreur de dessin, le bourrelet des plèvres, sur le lobe gauche, paraît creux au lieu d’être en relief comme sur le flanc droit. Le pygidium décrit dans le texte comme ayant 2 segmens à l’axe, en a trois dans la figure, comme dans la réalité. La granulation de cette forme, indiquée comme grossière dans . le texte, a la même apparence que dans la forme suivante.

2, Sel. Humboldti, a été. établie d’après des fragmens provenant des schistes noirs feuilletés, qui s’étendent vers Ptâk. M. Corda décrit la forme large, dont il fait ressortir les proportions. Reconnaissant la courbure en crochet de la pointe antérieure de la plèvre, il en fait un caractère particulier pour cette forme. Il attribue le 9e. segment thoracique au pygidium, qui par là

présente deux paires de côtes au lieu d’une. La granulation indiquée comme très-fine est exactement semblable à celle de l’espèce précédente.

3. Sel. Buchii représente des fragmens trouvés dans les schistes très-micacés de Praskoles, et se distingue, selon M. Corda, par la largeur de l’axe double de celle des lobes latéraux, la pointe antérieure de la plèvre en forme de dent; le pygidium en demi-cercle, portant trois segmens sur l’axe. Ces caractères, ainsi associés, ne se trouvent jamais sur le même individu. L’axe, avec la grande largeur indiquée, s’observe seulement dans la forme large, tandisque le pygidium semicirculaire ne se voit que dans la forme longue. L’auteur du Prodrôme avait trop peu de matériaux pour pouvoir faire ces distinctions. La pointe antérieure de la plèvre est en crochet dans les exemplaires de cette localité, comme dans tous les autres. Le test, indiqué comme lisse, présente, dans les bons exemplaires, la granulation habituelle, très-fine.

4. Sel. Beyriehii est caractérisée selon M. Corda, par un croissant imprimé sur la glabelle, de gros yeux, l’axe aussi large que les flancs, &c. C’est un jeune individu d’environ 7 m. m. de longueur, trouvé dans les schistes noirs feuilletés, sur les côteaux dits Winice, à l’Ouest de Ptâk. Il est dans un si mauvais état de conservation, qu’il est à peine reconnaissable. La tête, en grande partie effacée, ne montre aucune trace du croissant imaginé par M. Corda. Le thorax ne permet de reconnaître que 5 segmens.

En somme, les formes distinguées sous quatre noms spécifiques par M. Corda, représentent uniquement Acid. Buchi.

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