‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 384 sur 469 · GENRE CHEM U MIS. BEYRICH · texte numérisé non relu

GENRE CHEM U MIS. BEYRICH

parences variables et le sillon qui les sépare sont, à nos yeux, les élémens secondaires du bourrelet de la plèvre, dont la surface est plus ou moins fortement subdivisée. On n’aurait pas le droit d’assimiler ces triangles aux bandes de la plèvre à sillon, car la plèvre des Cheirurus nous montre aussi ses bandes véritables, et indépendantes des surfaces triangulaires. Nous les reconnaissons, dans leur position normale, c. à d. l’une à chaque bord de la partie interne de la plèvre. Dans tous les bons exemplaires de Ch. insignis , Ch. g lob o sus , Ch. Quenstedti, Ch. gibbus Sçc. on observe en effet, le long de chaque bord, une petite bande mince, formant le fond de la rainure qui sépare les segmens contigus. En s’éloignant du sillon dorsal, cette bande s’élargit, s’épaissit, et elle se relève, un peu au delà de l’extrémité de la partie interne de la plèvre. Les bouts accolés des deux bandes limitrophes représentent deux lèvres saillantes, dans beaucoup d’espèces, quoique peu sensibles dans quelques unes.

Nous avons déjà dit, que dans certains cas, la partie externe de la plèvre offre une nodule très-prononcé, situé à son origine, immédiatement en dehors du sillon qui la sépare delà partie interne. A ce nodule correspond un étranglement horizontal, plus ou moins marqué, au delà duquel la plèvre, s’élargissant de nouveau , commence à s’aplatir. Elle conserve cependant, jusqu’à son extrémité, une section transverse bombée, en harmonie constante avec le type à bourrelet qu’elle représente. Quelquefois elle porte une carène médiane, qui part du nodule et se prolonge jusqu’à la pointe. On peut comparer la forme de cette partie externe à celle d’un coutelas, arqué vers l’arrière et se terminant en pointe aigue. Bien que cet élément de la plèvre soit assez uniforme, il présente cependant des variations en connexion avec celles de la partie interne. Ces variations consistent, en ce que le nodule s’enfle davantage, l’étranglement latéral se prononce, le coutelas s’effde et s’alonge de plus en plus, à mesure que le sillon de la partie interne devient plus oblique, sauf quelques exceptions.

Les apparences si diverses et si multipliées que nous signalons dans la plèvre des Cheirurus s’étendent, il est vrai, entre des limites très-éloignées et contrastantes au premier coup d’oeil, comme dans Ch. claviger et Ch. gibbus. Cependant, la transition entre ces formes extrêmes se fait par tant de degrés intermédiaires et si rapprochés entr’eux, que nous les considérons comme les modifications spécifiques d’un seul et même type générique.

La doublure du test, sous la plèvre, se reconnaît jusqu’au droit du sillon, qui sépare la partie interne de la partie externe.

Le pygidium offre dans ses élémens les formes des segmens thoraciques, modifiées par leur soudure. L’axe, toujours • saillant, diminue rapidement de largeur, et s’abaisse en même temps vers l’arrière. Tantôt il disparaît au bord, tantôt il paraît prolongé par une des pointes du contour. Il porte toujours quatre articulations, dont la dernière est rudimentaire. À ces quatre segmens, correspondent aussi, sur chaque lobe latéral, trois ou quatre plèvres, dont l’apparence est plus ou moins réduite et défigurée par l’effet de la soudure. Cette soudure ne s’étend jamais au delà de la partie interne; la pointe constituant la partie externe reste libre, en passant souvent à l’état rudimentaire. Le rapport d’étendue entre la partie soudée et la partie libre est en harmonie avec les proportions des élémens analogues du thorax, pour chaque espèce. Dans ce genre, comme dans presque tous ceux qui suivent le type de la plèvre à bourrelet, il n’existe, au bord antérieur des lobes latéraux, aucune surface articulaire, analogue à celle que nous nommons demi-côte, dans les Trilobites qui ont la plèvre à sillon. La première plèvre du pygidium des Cheirurus conserve habituellement tous les traits de la plèvre thoracique. Nous retrouvons même, sur son bord libre, la petite bande antérieure décrite dans le thorax. Tous ces traits s’effacent et disparaissent graduellement sur les trois autres plèvres, vers l’arrière. Dans le tableau suivant, nous avons groupé les espèces dont le pygidium est connu, suivant le nombre des pointes développées autour de chaque lobe latéral.

4 pointes.

3 pointes, et un rudiment médian.

3 pointes.

2 pointes.

1 pointe.

scuticauda.

Barr.

insignis. Beyr.

daviger. Beyr.

Quenstedti. Barr.

Iiawlei. Barr.

globosus.

Barr.

Beyrichi. Barr.

obtusatus. Cord.

brevimucronatus. Münst.

tumescens.

Barr.

gibbus. Beyr.

Sternbergi. Boeck.

pleurexanthemus. Green.

insocialis.

Barr.

gibbus ? Sandb.

pauper. Barr.

pleurexanthemus. Hall.

bifurcatus.

Barr.

speciosus ? Sait.

mimtus.

Barr.

Sedgwicki. M’Coy.

clavifrons ?

(Salter.)

Williamsi. M’Coy.

On voit, que les nombres des espèces représentant chacune des combinaisons, sont peu différens, excepté celle de 2 pointes, qui n’est connue que sur une seule espèce.

La doublure du test, sous le pygidium, s’étend autant que les pointes et à une très -faible distance vers l’intérieur de la partie soudée.

Le test de diverses espèces s’est conservé dans des roches de nature quelconque. Il est toujours très-mince. Nous ne voyons sur sa superficie que deux sortes d’ornemens: — 1. Une granulation d’intensité variable, principalement sensible sur la glabelle, l’axe du corps, et sur l’hypostôme, très-rare sur les joues. Cette granulation est fréquemment parsemée de tubercules plus gros. • — 2. Des cavités irrégulières ornent constamment la surface génale, et elles se montrent aussi parfois éparses sur la glabelle.

L’état d’enroulement paraît avoir été très-instable dans les Cheirurus, ce qui se conçoit aisément, d’après la forme de leur plèvre. Cependant, nous possédons divers individus, non figurés, de Ch. gibbus et de Ch. globosus, qui sont plus ou moins enroulés. Nous constatons le même fait sur deux espèces des environs de S‘. Pétersbourg, que nous devons à la bonté du Dr. A. de Volborth. L’une est Ch. Sembnitzki Eichw. déjà mentionné, et l’autre nous a été transmise sans nom spécifique.

Distribution verticale et horizontale.

Le tableau suivant montre la répartition des espèces entre nos divers étages.

Div. Silurienne

Cheirurus de Bohême.

infér.

super.

Div. inférieure Espèces de l’étage des quartzites D. .

id. communes entre D — E. .

, id. de l’ét. calcaire inférieur E. .

l id. communes entre E — F. .

I id. de l’ét. calcaire moyen F. .

Div. supérieure < id. communes entre F — G. .

1 id. de l’ét. calcaire supérieur G.

f id. communes entre F — G — H.

\ id. de l’ét. des schistes culminansH.

à déduire les espèces communes entre

divers étages ci .

reste par division .

Somme des espèces distinctes ....

GENRE CHEIRURUS. BEYR1CH.

Le genre Cheirurus n’est pas représenté dans la Faune primordiale de Bohême. Il apparaît pendant le dépôt de notre étage D, dans la bande des quartz, ites des monts Drabow, c. à d. vers l’origine de notre Faune seconde. Il fait partie du groupe des genres: Calymene, Âcidaspis, Asaphus , Illaenus, Trinucleus, Dalmania, Spc. qui ont repeuplé notre bassin, après les déversemens de Porphyre qui en avaient anéanti les premiers habitans: Paradoxides, Conocephalites, Sao fyc. A partir de l’horizon indiqué, les Cheirurus se propagent à travers toutes nos formations, jusque dans notre étage des schistes culminans H, où nous trouvons leurs dernières traces.

Le développement maximum des Cheirurus a eu lieu, en Bohême, à la base de la division supérieure, c. à d. à l’époque où la tribu Trilobitique, considérée dans son ensemble, a été représentée par le plus grand nombre de formes coexistantes. Au dessus de l’étage E, le nombre des espèces montre, par sa décroissance continue, l’affaiblissement progressif de la force vitale de ce type.

L’espèce la plus puissante par sa taille, Clieir. claviger, qui a 180 m. m. se trouve parmi les premières de ce genre qui apparaissent dans notre division inférieure. Celle qui tiendrait le second rang, sous ce rapport, Cheir. Sternbergi, acquiert, au contraire, ses plus grandes dimensions, dans les étages les plus élevés de notre division supérieure. Par contraste, la plupart des formes qui ont représenté le genre Cheirurus , aux temps de sa plus grande extension, dans notre étage calcaire inférieur E, ont une . taille au dessous de celle des espèces que nous venons de nommer. Cette observation s’applique aussi à divers types, tels que Acidaspis et Bronteus, dont les plus grandes formes ont apparu à l’une des extrémités de la période d’existence correspondante.

Une seule espèce est commune à nos deux divisions; vraisemblablement, Ch. insignis. Si nous laissons quelque vague dans cette indication, c’est parceque les fragmens, qui nous feraient admettre cette espèce dans la division inférieure, consistent uniquement dans les pièces isolées de . la tête, y compris l’hypostôme. Or, ces pièces, qui se distinguent très-aisément, au premier aspect, des élémens analogues appartenant aux 3 autres Cheirurus de la division inférieure, ne peuvent pas se différencier aussi sûrement de celles, de diverses formes congénères, constituant le groupe de Cheir. insignis , comme Ch. Quenstedti, obtusatus, fyc. Les morceaux en question proviennent de la colonie de la Bruska, dans l’enceinte de Prague. Cette colonie, dont l’étendue se réduit à une lentille très-mince de calcaire, intercalée entre les couches de la formation des schistes très-micacés, nous a encore fourni Arethus. Konincki et divers Brachiopodes, qui ont reparu à la base de notre division supérieure. Nous n’y avons aperçu aucun vestige des 3 Cheirurus, qui appartiennent exclusivement l’étage des quartzites D.

La diffusion horizontale des Cheirurus , dans notre bassin, offre les mêmes bisarreries que nous avons signalées pour d’autres genres. Peu d’espèces sont répandues sur toute la surface de l’étage auquel elles appartiennent; la plupart sont comme cantonnées, dans une région trèsrestreinte. — l.Dans l’étage des quartzites D, Ch. claviger ne s’est présenté jusqu’ici, qu’aux environs de Lodenitz, Béraun et Praskoles, c. à d. sur le quart du contour, situé au Nord-Ouest, et le plus exposé au soleil. Ch. globosus se rencontre dans la plupart des mêmes gîtes, et s’étend de plus vers le Nord-Est, car nous l’avons recueilli dans la tranchée du chemin de fer, près de Lieben. Cette extension est en raison inverse de sa taille, par rapport à celle de Ch. claviger. Ch. scuticauda, Ch. insocialis et Ch. tumescens se trouvent chacun dans peu de gîtes, près Béraun. Aucune de ces 3 espèces n’a été observée jusqu’à ce jour, sur le contour opposé des formations, c. à d. au Sud-Est, par rapport à l’axe longitudinal de notre bassin. — 2. Dans la division supérieure, dont la largeur horizontale ne dépasse guères 7 kilomètres, nous voyons plusieurs espèces également disséminées sur toute la surface des formations qu’elles caractérisent, comme, Ch .. gibbus et Ch. Sternbergi , dans les étages calcaires F — G. Le plus prolifique de tous, Ch. insignis , se trouve aussi dans presque tous les gîtes principaux de l’étage calcaire inférieur

E, auquel il appartient, mais lès individus en sont incomparablement plus nombreux, du côté Nord-Ouest, comme à Tachlowitz, S'. Iwan &c. 11 en est de même de Ch. obtusatus.

Si l’on considère le nombre total des Cheirurus aujourd’hui connus , la plus forte fraction appartient au terrain Silurien de la Bohème. Cependant, nous voyons ce genre représenté dans la plupart des contrées paléozoiques. On peut remarquer, que son apparition dans la division inférieure, correspond également partout à la Faune qui représente notre Faune seconde, et qu’il ne descend pas dans la Faune primordiale, là où elle est signalée, c. à d. en Angleterre et en Suède.

1. En Angleterre, bien qu’il n’existe encore aucun travail critique relativement à l’indépendance des formes nommées, nous admettrons provisoirement, dans la division inférieure : — 1. Ch. speciosus Sait, (non Daim.), — 2. Cheir. clavifrons Daim. — Sphaer. juvenis Sait, (tète) = ? Ch. octolobatus. M’Coy (pygidium) , — 3. Ch. Sedgivicki M’Coy, — 4. Ch. Williamsi M’Coy. — ■ Dans la division supérieure, Ch bimucronatus Murch: Les documens à notre disposition ne nous permettent pas d’avoir toute certitude dans ces indications, et il pourrait aussi se faire, que Ch. Williamsi, dont la formation n’a pas été indiquée par le Prof. MacCoy, appartienne à la division supérieure. Ce savant place dans les schistes de Wenlock, Cheir. Sedgivicki, que les géologues du Geol. Survey nous ont indiqué dans l’étage de Llandeilo. L’avenir éclaircira ces doutes.

2. En Irlande, nous sommes disposé à considérer comme une seule espèce les têtes nommées, Ampli, gelasinosus, avec les pygidium dits Arges plano-spinnsus Portl. Il nous serait difficile d’apprécier la valeur des espèces énumérées par le Prof MacCoy, sous les noms: Ch. bimucronatus Murch. et Cheir. brevimucronatus Münst. Toutes ces formes appartiennent aux formations de la division Silurienne inférieure, qui renferment les représentais de notre Faune seconde.

3. Des fragmens d’une espèce très-analogue, si non identique à Ch. claviger, ont été découverts en France, par M. Marie Rouault. Ils appartiennent à la division Silurienne inférieure, où ils sont associés à divers autres fossiles de la Faune seconde de Bohême.

4. En Suède, les espèces connues depuis longtemps sous les noms , Cal. clavifrons et Cal. ornata, appartiennent à la division Silurienne inférieure , tandisque Cal. speciosa provenant de Gothland, paraît caractériser la base de la division supérieure

5. En Norwège, nous savons qu’il .existe des Cheirurus, car une forme a été figurée par Sars, comme Cal. speciosa, mais nous ignorons à quel horizon géologique elle doit être rapportée.

6. En Russie, les formations des environs de S'. Pétersbourg ont déjà fourni plusieurs espèces encore inédites de Cheirurus, que nous connaissons par des fragmens que le Dr. À. de Volborlh a eu la bonté de nous communiquer. Elles font partie de la Faune qui correspond dans cette contrée à notre Faune seconde. Nous croyons pouvoir en distinguer au moins trois, parmi les morceaux qui sont sous nos yeux.

7. En Franconie, les formes décrites par le C". Munster, sous lès noms de Cal. Sternbergii, propinqua, articulata et Parad. brevimucronatus, nous semblent constituer deux espèces appartenant à la division Silurienne supérieure, d’après ce que nous avons déjà dit à ce sujet, dans notre esquisse géologique (p. 93).

8. Dans les Etats-Unis d’Amérique, deux espèces réunies par J. Hall, sous le nom de Ceraurus pleurexanthemus , caractérisent le groupe de Trenton, dans la division inférieure, tandisqu’une forme identifiée par notre ami M. de Yerneuil avec Ch. insignis, s’élève dans le groupe de Niagara, c. à d. jusqu’au centre de la division supérieure.

Ces faits montrent, qu’à partir de l’origine de ta Faune seconde, le genre Cheirurus a traversé toute la puissance des deux divisions du , système Silurien. Son existence s’est encore maintenue durant le dépôt des formations Dévoniennes, d’après les documens suivans:

GENRE CHEIRURUS. BEYRICH. 705

9. En Angleterre, une tête de Cheirurus, analogue à celle de Cheir. gibbus de Bohême, a été décrite par le Profr. Phillips, parmi les fossiles Dévoniens du Comté de Dévon.

10. Dans le Duché de Nassau, des fragmens de Cheirurus, rappelant aussi les formes de Ch. gibbus et Ch. Sternbergi, c. à d. celles des espèces congénères les plus élevées dans notre division supérieure, ont été recueillis par les DD. Sandberger, dans les formations du système Rhénan, ou Dévonien.

11. Enfin, le Cheirurus du Harz, annoncé par le Prof'. Beyrich (1846), et identifié par lui avec Ch. gibbus, pourrait appartenir avec autant de vraisemblance au système Dévonien, qu’au système Silurien.

En résumé, d’après les faits que nous venons d’énumérer, les Cheirurus ont eu une trèsgrande diffusion horizontale, et une des plus longues périodes d’existence que nous connaissions, parmi les Trilobites. Sous ces deux points de vue, l’importance de ce genre nous paraît trèsgrande, bien qu’elle soit inférieure à celle des Proetus, Acidaspis et Bronteus, sous le rapport de la diversité des formes spécifiques et de la fréquence des individus qui les représentent, dans la série des formations.

Le tableau suivant résume tous les faits que nous venons d’exposer.

Distribution des Cheirurus.

Uiv. Silurienne

Système

Dévonien.

infér.

super.

Bohème .

Angleterre .

1 Irlande .

France .

(Suède .

Espèces connues en (

'Norwège .

Russie .

[Blocs erratiques . . .

|Franconie .

Etats Unis d’Amérique .

Contrées Rhénanes . .

Harz .

Les nombres que nous obtenons en sommant chacune des trois colonnes du tableau , sont loin de présenter des résultats exacts. Nous avons déjà fait remarquer, que le chiffre relatif à chaque pays n’est pas bien arrêté dans plusieurs. En outre, il existe aussi des espèces communes

entre diverses régions, et il faudrait les déduire des totaux, pour déterminer la somme des espèces

distinctes, aux trois époques comparées. Les documens à notre disposition ne nous permettent pas de faire ce travail, qui ne sera possible, que lorsque toutes les formes nommées seront décrites et figurées correctement. En considérant les chiffres bruts auxquels nous sommes arrivé, le développement du genre Cheirurus paraîtrait le plus grand dans la division Silurienne inférieure, ce qui serait un rapport inverse de celui que nous présente la Bohême II est vraisemblable,

que ce contraste s’effacera, lorsque les corrections que nous venons d’indiquer, seront exécutées.

Dans nos études générales (p. 501) nous avons présenté quelques considérations sur les rapports qui existent entre la conformation des Cheirurus et leur distribution verticale. Nous prions le lecteur de jeter un coup d’oeil sur ce passage. Nous allons revenir encore sur le même sujet, après le tableau du groupement des espèces, à la fin de ces généralités.

Rapports et différences.

Les genres les plus analogues à Cheirurus doivent se trouver naturellement parmi ceux qui, comme lui, ont la plèvre conformée suivant le type à bourrelet. Nous passerons d’abord en revue ceux qui composent la môme famille.

I. Placoparia ressemble aux Cheirurus: 1. par la forme et la lobation de la glabelle, —

2. par le nombre 11 des segmens thoraciques. — 3. par la conformation du pygidium, — • Nous distinguons le premier de ces genres: — 1. par le sillon antérieur de la glabelle, dirigé

diagonalement sur le lobe frontal et prolongé vers le bord de la tête; — 2. par l’absence des

yeux et de la suture faciale ; — 3. par la plèvre portant un bourrelet, dont la forme et le relief sont caractéristiques, soit sur le thorax, soit sur le pygidium. — 4. Placop. Zippei offre sur

l’axe du pygidium 5 articulations, mais cette partie du corps n’en montre que 4 dans Plac. Tournemini Rou. comme dans tous les Cheirurus connus.

II. Sphaerexochus se rapproche des Cheirurus, — 1. par la forme et la lobation de sa glabelle comparables à celles de Ch. globosus, Ch. clavifrons, fyc. — 2. par le nombre 1 1 des segmens thoraciques, — 3. par la conformation du pygidium. — A ces affinités, nous opposons les différences suivantes: 1. Les branches de la suture faciale sont isolées et éloignées au bord frontal, dans Sphaerexochus , tandisqu’elles s’unissent autour de la glabelle, dans les Cheirurus. Dans le premier genre, elles aboutissent vers le bord postérieur de la tête; dans le second elles coupent le bord latéral, toujours en avant de l’angle gênai. — 2. L’hypostôme des deux types est contrastant dans la plupart des espèces. — - 3. La plèvre des Sphaerexochus ne présente, ni sillon secondaire sur son bourrelet, ni les nodules signalés dans les Cheirurus. — ■ 4. Le pygidium du premier genre est composé seulement de 3 segmens distincts, dans les espèces connues, tandisqu’on en trouve constamment 4 dans toutes les formes du second type.

III. Staurocephalus ne nous montre d’autres rapports avec Cheirurus, que dans le nombre probable 1 1 de ses segmens thoraciques et dans la forme de son pygidium, portant 4 articulations sur l’axe, et des pointes au contour. Ces affinités sont plus que contrebalancées par la conformation de la tête du premier genre, et l’absence de sillon sur le bourrelet de sa plèvre.

IV. Deiphon, encore imparfaitement connu, paraît cependant se rattacher par tous ses traits, à la famille des Cheirurus , à la suite de laquelle nous l’avons placé. La structure insolite de sa tête, dont les lobes latéraux se réduisent à une pointe, assure suffisamment son indépendance générique.

V. Bronteus a une apparence si particulière et si distincte, qu’on sera peut-être étonné de

le trouver ici comparé à Cheirurus. Nous devons cependant constater l’analogie très-frappante, qui unit ces deux genres, dans la forme de leur segment, ou élément primitif du corps. Cette

affinité sera reconnaissable pour le lecteur, comme pour nous, s’il veut bien jeter un coup d’oeil

sur les planches où sont figurées les espèces de ces deux genres (40 à 42 — 44 à 48). La

conformation de leurs segmens est tellement semblable, que si on traçait un sillon secondaire,

sur le bourrelet de la plèvre des Bronteus, il nous serait presque impossible de la distinguer de celle des Cheirurus. La comparaison des ornemens, qui nous fournirait une différence aisée à saisir dans les Bronteus striés, ajouterait une nouvelle cause d’erreur, dans les Bronteus granulés. Ce sillon secondaire constitue donc le seul contraste entre les plèvres de ces deux types, et encore, ce constraste est loin d’être absolu, car nous apercevons un léger sillon, sur la plèvre de Bront. Edwardsi (PL 42) et de Bront. porosus (PL 48) &c. — Il existe donc une affinité incontestable, entre les élémens primitifs des deux genres. La nature a cependant employé un moyen très-simple, pour caractériser chacun d’eux, par un faciès très-tranché, surtout dans le pygidium. Dans les Cheirurus, elle a laissé libres les pointes pleurales de cette partie du corps, en les réduisant partiellement à l’état rudimentaire, et en conservant sur l’axe 4 segmens distincts. Au contraire, dans les Bronteus, elle a étalé et élargi la partie externe des plèvres, jusqu’à produire

GENRE CHEIliURUS. BEYRICH.

entr’elles le contact et la soudure, en maintenant chaque élément visible, tandisque sur l’axe, elle a fondu ensemble 6 à 8 anneaux, en un seul rudiment, qui ne porte ordinairement aucune trace de segmentation. L’aspect du pygidium résultant de chacun de ces deux modes de fusion d’élémens semblables, mais en nombres très-inégaux, suffirait pour distinguer les Bronteus des Cheirurus. La tête fournit encore d’autres caractères différentiels, dus, sans doute, à des causes analogues et trop évidens pour que nous ayons besoin de les énumérer au lecteur. Enfin, le thorax des Bronteus se compose invariablement de 10 segmens, dans les espèces connues, tandisque celui des Cheirurus oscille entre 10 et 12.

Le Prof. Beyrich, sentant les affinités qui lient les Sphaerexochus et Bronteus aux Cheirurus , avait cherché à les établir sur le nombre combiné des segmens du thorax et du pygidium. Si nous n’avons pas suivi sa méthode, pour faire ces rapprochemens, c’est parceque les matériaux bien plus étendus que nous possédons, nous ont semblé présenter des rapports plus réels et plus saisissables, entre ces divers types.

Le Prof. Burmeister a aussi signalé l’analogie que présente la tête des Cheirurus, avec celle des Phacops ( Dalmania J, Olenus et Triarthrus.

VI. Dalmania se rapproche des Cheirurus: — 1. par la forme et la lobation de la gla¬

belle, surtout si l’on compare Daim, sodalis, (PI. 26) à Cheir. claviger. (PI. 40) — 2. On retrouve sur les joues de Daim, dubia (PL 23) les cavités qui distinguent les joues des Cheirurus. — 3. Le cours de la suture faciale est presque identique dans les deux types. — 4. Le nombre 11 des segmens thoraciques est le même, excepté quelques espèces de Cheirurus, qui en ont 10 ou 12. • — 4. Dans le groupe de Daim, punctata, (arachnoïdes) , Daim, stellifera fc., le pygidium porte des pointes au contour, comme dans les Cheirurus. — 3. Les ornemens du test se réduisent également à la granulation, et à des cavités, dans les deux genres. — Les différences que nous avons à opposer, sont: — 1. La forme de la glabelle très-variable dans les Cheirurus, et au contraire ne subissant que de légères modifications dans les divers groupes des Dalmania. — 2. La structure des yeux, à cornée lisse dans les premiers, tandisque dans les derniers, la cornée est identique avec le test céphalique. — - 3. La forme des plèvres suit le type à sillon dans Dalmania, et le type à bourrelet, dans Cheirurus, ce qui constitue, à nos yeux, une distinction du premier ordre. • — 4. Le pygidium des Dalmania présente habituellement un

nombre de segmens au dessus de 4, chiffre constant pour les Cheirurus. — 5. Enfin, l’hypo-

stôme est notablement différent dans les deux genres comparés.

VII. Olenus se rapproche un peu des Cheirurus: — 1. par la forme et la lobation de la

glabelle ; — 2. par les pointes qui ornent le contour du pygidium de certaines espèces, telles que 01. spinulosus. — Les caractères qui distinguent Olenus, sont: — 1. Le filet qui part des

yeux et se dirige vers la glabelle. — 2. La suture faciale, à branches isolées. — 3. Le chiffre

de 14 segmens. — 4. La forme de la plèvre à sillon.

VIII. Triarthrus. La lobation de la seule espèce connue, Tr. Becki, rappèle celle de divers Cheirurus, par son apparence, mais elle en diffère très-notablement, parcequ’elle ne consiste que dans 2 paires de sillons, au lieu de 3. En second lieu, le thorax de Triarthrus est composé de 14 à 15 segmens; la plèvre suit le type à sillon, et enfin le pygidium ne porte aucun pointe au contour ; circonstances qui éloignent beaucoup ce genre de Cheirurus.

Nous incorporons aux Cheirurus les deux genres que M. Corda en a séparés, sous les de Actinopeltis et Eccoptochile.

I. Actinopeltis a été fondé sur un exemplaire de notre Cheir. globosus, que M. Corda a nommé Actin. Caroli-Alexandri. Ce genre se distinguerait, selon son auteur, par les caractères suivans: — 1. par le nombre 10 de ses segmens thoraciques; — 2. par la forme de sa glabelle; — 3. par la forme des segmens thoraciques. — Examinons ces différences. — 1. D’abord, le chiffre des segmens a été supposé de 10 par M. Corda, d’après un individu fautif, que nous avons sous les yeux, et qui appartient à la collection Hawle. Tous les bons exemplaires de

notre collection, au nombre de 8, montrent le chiffre normal de 1 1 segmens. — 2. La glabelle de Cheir. globosus (PI. 35) est beaucoup plus enflée que celle de toutes les espèces congénères connues, mais nous voyons un passage vers cette limite, indiqué par Ch. gibbus (PI. 42) et surtout par le type historique du genre, Ch. clavifrons, figuré par MM. Phillips et Salter, sous le nom de Sphaerex. juvenis. f Mem . geol. Surv. II. p. I. PL 7. fig. I — 1. a ) D’autres genres nous offrent aussi des variations analogues dans la glabelle, comme Proetus et Cyphaspis. M. Corda a lui-même admis cette diversité, lorsqu’il a rangé Parad. inflatus, dont la glabelle est enflée, parmi d’autres espèces du même type, qui présentent une glabelle aplatie. — 3. Le segment de Ch. globosus nous paraît en parfaite harmonie avec celui des autres Cheirurus, parmi lesquels

il offre une sorte de forme moyenne, entre les formes extrêmes. Par l’étranglement prononcé

et le nodule placé à l’origine de la partie externe, ainsi que par l’apparence effilée de celle-ci, la plèvre se rapproche de celle qui caractérise le groupe de Cli. insignis et Ch. gibbus. Au contraire, cette plèvre, portant sur sa partie interne un sillon alongé, parallèle aux bords, peu profond et marqué par de petites cavités, montre la plus grande affinité avec celle du groupe de Ch. claviger et Ch. scuticauda. Il y a donc connexion, sous tous les rapports, entre Ch. globosus et les autres espèces du genre dans lequel nous le maintenons.

H. Eccoptochile = Cryphaeus (M’Coy non Green.) a été établi sur l’espèce Ch. claviger

Beyr. que M. Corda a reproduite sous 4 noms spécifiques différens, d’après des apparences diverses dues à l’âge, ou aux localités. Les caractères distinctifs de ce genre sont indiqués dans le Prodrôme, (p. 130) comme fournis: — 1. par l’hypostôme ; — 2. par les plèvres; — 3. par le nombre des segmens thoraciques; — 4. par le pygidium. — Examinons ces parties du corps dans leur conformation réelle.

I. L'hypostôme de Ch. claviger se compose des mêmes élémens que celui de Ch. insignis , et ces élémens sont disposés de même, sauf les variations qui constituent la différence spécifique. Nous avons figuré (PL 40) divers hvpostômes de Ch. claviger. Si l’on considère celui qui appartien à la forme large de cetle espèce, on voit qu’il offre des proportions beaucoup moins alongées que l’hypostôme de la plupart des autres Cheirurus. Si nous observons au contraire cette pièce dans la forme longue , nous trouvons, entre sa longueur et sa largeur, les mêmes rapports que dans l’hypostôme de Ch. insignis et de Ch. gibbus , espèces qui constituent la limite opposée dans le genre. En second lieu , l’hypostôme de Ch. claviger porte , de chaque côté de la pièce centrale, dans sa moitié postérieure, une impression profonde, et distincte de la rainure concentrique du bord. Ces deux impressions, concourant sur l’axe, détachent du corps central une bande en forme de croissant, et un peu enflée. Au premier aspect, ce croissant et les impressions qui le déterminent, paraissent un caractère particulier; mais en examinant l’hypostôme des espèces de l’autre groupe, Ch. gibbus, Ch. Quenstedti (PI. 42), Ch. insignis (PL 41) on reconnaît l’existence des mêmes traits, seulement avec une intensité plus ou moins grande, suivant chaque espèce. Il y a donc unité de conformation entre l’hypostôme de Ch. claviger et celui de toutes les autres formes congénères.

2. La plèvre de Ch. claviger présente une des limites des modifications que nous avons observées dans cet élément du corps, tandisque la plèvre de Ch. gibbus montre la limite opposée. Nous avons fait remarquer (p. 760), qu’entre ces deux formes extrêmes, on peut reconnaître une série continue de formes intermédiaires, offrant des degrés très-rapprochés, figurés (PL 6). Nous ne croyons donc pas qu'il soit convenable, ni utile, de rompre cette série, pour constituer des genres indépendans.

3. Ch. claviger a 12 segmens au thorax, au lieu de 11 que possèdent la plupart des autres espèces congénères. Une différence analogue, ou plus grande, existe entre les représentai de 11 autres genres, énumérés au tableau (p. 192), nous ne croyons donc pas devoir la considérer, comme entraînant une distinction générique.

4- Le pygidium de Ch. claviger ne nous permet de saisir aucune différence, si ce n’est

GENRE CHEIRURUS. BEYRICII.

spécifique, par rapport à celui des autres Cheirurus. Il présente exactement le même nombre de segmens sur l’axe et trois plèvres développées sur chaque lobe latéral, comme diverses espèces des groupes de Ch. insignis et de Ch. gibbus. La forme arrondie et étalée des plèvres au pygidium de Ch. claviger, se retrouve dans Ch. Beyrichi, comme pour démontrer la connexion intime de tous les groupes, malgré les apparences diverses de leur plèvre. Nous avons figuré sur la PL 42 un individu, à peu-près de la même taille, de chacune de ces deux espèces, afin que le lecteur puisse plus aisément apprécier les rapports et différences qu’elles présentent.

En somme, aucune des diversités signalées entre Ch. claviger et les autres Cheirurus, ne nous paraît nécessiter une séparation générique. Il nous semble au contraire, que les affinités qui relient entr’elles toutes ces formes, d’un extrême à l’extrême opposé, doivent les maintenir dans un même genre. Ces affinités se manifestent entre Ch. claviger et diverses espèces, tantôt dans l’un, tantôt dans l’autre des élémens du corps, et coexistent avec de notables contrastes, dont nous donnerons quelques exemples: — - 1. Ch. scuticaiula (PI. 40) est, sans contredit, • celle de nos espèces qui se rapproche le plus de Ch. claviger , par sa tête, par ses segmens thoraciques et par son pygidium. Il diffère par les 4 plèvres développées au pygidium et par le chiffre 10 de ses segmens au thorax. — 2. Ch. globosus (PL 36) reproduit la forme du pygidium de Ch. claviger, mais avec des plèvres moins étalées, qui sont au nombre de 4 au lieu de 5. Comme dans l’espèce comparée, sa plèvre présente un sillon parallèle aux bords, et marqué seulement par une série de petites cavités. Elle ditfère notablement par l’étranglement prononcé à l’origine du talus ou partie externe. En outre, la tête de Ch. globosus s’écarte beaucoup de celle de Ch. claviger , par le boursouflement de la glabelle, et enfin, il ne possède que 11 segmens au thorax. — 3. Ch. Beyrichi otfre, dans tous les traits de sa tête et de son pygidium, les plus grandes analogies avec Ch. claviger , tandisque les plèvres thoraciques de ces deux espèces contrastent beaucoup par leur forme, car la première a un sillon profond, court et oblique, et des nodules très-prononcés, presque comme Ch. gibbus. Le chiffre des segmens du thorax est de 1 1 dans Ch. Beyrichi, fyc. fyc. — Nous nous bornons à ces parallèles. Le lecteur pourra en établir d’autres, en consultant nos planches.

Classification des Cheirurus.

En voyant combien différent les apparences des diverses espèces, on serait tenté de croire qu’elles doivent se prêter facilement à la formation de groupes très-distincts. Cependant, il n’en est pas ainsi, parceque dans ce genre, plus que dans tout autre, il existe de nombreux passages entre les formes extrêmes d’un même élément, et ces élémens sont combinés de manières très-diverses. Ces variations sont indiquées dans notre définition des caractères génériques, et nous pensons qu’il serait inutile de les rappeler au lecteur. Nous ferons seulement remarquer, que chacun des élémens se modifie souvent d’une manière indépendante, sans qu’on puisse tracer une connexion générale dans leur évolution. Si on établit, par exemple, des groupes d’après le nombre des plèvres développées au pygidium, comme nous l’avons fait (p. 761) ces groupes ne montreront aucune harmonie avec ceux qui peuvent être fondés sur les variations de forme de la plèvre thoracique. Chacun pourra d’ailleurs se convaincre aisément de la difficulté d’une classification complètement satisfaisante, en essayant de grouper les espèces, par leurs caractères les plus saillans. Pour établir deux sections, nous avons eu recours à la plèvre, dont les apparences sont diverses, suivant que son sillon est parallèle aux bords ou oblique. La profondeur du sillon augmente toujours en raison de son obliquité. Le nombre des segmens thoraciques et la forme des sillons latéraux de la glabelle nous ont offert les moyens de grouper les espèces, suivant leurs affinités naturelles les plus apparentes. Ces groupes sont assez homogènes, bien que certaines formes établissent entr’eux des transitions, comme par exemple, Ch. Quenstedti, entre les groupes 4 — 5, par ses sillons faiblement réunis sur l’axe.

Nous rangeons dans un groupe provisoire les fragmens isolés, qui laissent quelque doute sur l’existence des caractères dont nous nous sommes servi.

Tableau du groupement des Cheirurus.

Division Silurienne

Groupes.

ces.

inter.

supérieure

Sect. I. Sillon pleural

parallèle

aux bords, peu marqué. - —

10 à 12 segmens au thorax.

Ch. claviger.

Beyr.

Ent.

1 2 segmens.

Ch. Sedgwicki. . .

M’Coy. (sp.) Ann. Nat. Hist. Ser. 2. IV.

Ent.

11 segmens.

Ch. globosus. . .

Barr.

Ent.

Ch. insocialis. .

Barr.

analogues.

Ch. clavifrons. .

Daim, (sp.) .

Ch. clavifrons? . .

Sait.

Mem. geol. Surv. IL PL 7.

Ch. Sembnitzki.

Eichw.

Sil. Syst. Esthl. p. 68.

Ent.

Ch. tumescens. . .

Barr.

Ent.

10 segmens.

Ch. sculicauda. .

Barr.

Ent.

Sect. II. Sillon pleura

oblique

et profond. — 11 segmens

au thorax.

Ch. insignis.

Beyr.

Ent.

Ch. obtusatus. . .

Cord.

Ent.

Ch. Hawlei.

Barr.

Sillons latéraux non ré-

Ch. Beyrichi.

Barr.

Ent.

Ch. pleurexanthemus.

Green.

Pal. N. York. PL 65. fig. 1. a -1. b .

Ent.

unis suri axe..

Ch. id.

Hall.

ibid. PL 65. fig. 1. d. PL 66.

fig. 1 .

Ent.

Ch. Quenstedti. . .

Ent.

analogues.

Ch. speciosus ? .

Sait.

Mem. geol. Surv. II. pi. 7'

*îc

Ch. propinquus.

Münst. (sp.) Beytr. 111. PL V. fig. 5-12?

Ch. gibbus. . . .

Beyr.

Ent.

Sillons laté-

Ch. Slernbergi. . .

Boeck. (sp.) PI. 41 . • . .

raux réunis

Ch. Cordai. .

Barr.

sur l’axe.

Ch. pauper. . . .

Barr.

Ch. artieulalus.

Münst. (sp-) Beytr. III. PL V. fig. 7.

Ch. Sternbergi?

Phill. (sp.) Pal. foss.Dev. PL 56. fig. 247.

analogues. <

Ch. gibbus? . . .

Sandb.

Rhein. Sch. Syst. I. PL 2.

fig. 2-2. a? . . . .

Ch. gibbus ?

Beyr.

Unt. üb. Tril. IL p. 3. (non

fig.) (Harz.) .

Ch. bifurcatus. . .

Barr.*

Ch. minutus. . .

Ch. bimucronatus. .

Murch. (sp.) Sil. Syst. PL 14. fig. 8-9.

Ch. gelasinosus.

Portl. (sp.) Geol. Rep. PL 3. fig. 4.

(PL 5. fig. 9)? ...

Groupe pro-

Ch. speciosus.

Daim, (sp.) Ris. Lelh. Suec. PL 39. fig. 2.

visoire.

Ch. exsul. . . .

Beyr.

Unt. üb. Tril. IL PL 4. fig. 6.

Ch. ornatus. . .

Bevr.

ibid. fig. 7.

Ch. Williamsi. . .

M’Coy.

Ann. nat. Hist. Ser. 2. IV.p. 408

Ch. brevimucronatus ?

M’Coy.

Syn. Sil. foss. Irel. p. 44.

Ch. non nommés, de

Russie.

Syst. Dévonien.

GENRE CHEIRURUS. BEYRICH.

Dans le tableau du groupement des Cheirurus , pour indiquer approximativement la hauteur géologique à laquelle appartient chacune des espèces étrangères, nous admettons la correspondance des étages Siluriens de diverses régions, avec les étages de Bohême. Cette indication, qui simplifie notre tableau, ne doit pas être considérée comme absolue. Elle est cependant assez approchée, pour qu’il n’y ait aucun grave inconvénient à l’employer, afin de donner une idée de la distribution verticale des espèces. On remarquera , d’ailleurs , que les Cheirurus étrangers caractérisent seulement deux Faunes distinctes et consécutives, savoir: — 1. la Faune seconde (étage D) , ou bien, — 2. la Faune placée à la base de la division supérieure (étage E). La limite entre les deux divisions Siluriennes correspond, dans toutes les régions explorées, à celle qui sépare l’une de l’autre ces deux Faunes consécutives.

Rapports entre la conformation des Cheirurus et leur distribution verticale.

Les caractères que nous avons choisis pour établir nos deux sections et nos groupes, dans le genre Cheirurus , nous permettent de saisir des rapports intéressans, entre la forme de divers élémens du corps et les époques successives, qui correspondent à leurs modifications.

I. L’élément fondamental ou primitif de l'enveloppe crustacée, le segment thoracique, nous offre dans la plèvre deux apparences très-diverses, suivant que le sillon secondaire qui orne son bourrelet, est parallèle aux bords et peu profond, on bien oblique et très-marqué. Ces deux apparences ont coexisté durant le dépôt de la division Silurienne inférieure, mais avec cette différence, que la première caractérisait le plus grand nombre des espèces de cette époque, tandisque la seconde était relativement moins répandue. Nous devons faire remarquer, que d’après la loi de transition observée partout dans la nature, la plèvre de certaines espèces semble montrer un passage, entre les deux formes que nous distinguons. Cette circonstance n’infirmera pas les contrastes que nous trouvons dans l’ensemble des faits connus.

II. Les Cheirurus à sillon parallèle ont exclusivement existé et se sont éteints, entre les limites verticales de la Faune seconde, dans la division Silurienne inférieure. Cette forme est jusqu’ici inconnue dans la division supérieure.

III. Les Cheirurus à sillon oblique et profojul se propagent seuls dans la division Silurienne supérieure et dans le Système Dévonien, c. à d. jusqu’au terme de la durée du genre.

IV. Le chiffre des segmens thoraciques varie de 10 à 12 parmi les espèces de la division Silurienne inférieure, tandisqu’il reste invariablement de 11, dans les espèces de la division supérieure. Ce fait est en harmonie avec la disparition successive d’un ou de plusieurs segmens, observée dans les genres Aciclaspis, Proetus, Cyphaspis , ainsi que dans l’ensemble de la Tribu des Trilobites, entre les limites de leur existence respective (p. 310).

V. La dilatation de la glabelle, sous une forme plus ou moins globuleuse, caractérise plus particulièrement le groupe 2, dans la division inférieure, et ne s’est pas encore présentée dans la division supérieure.

VI. Toutes les espèces de la division inférieure, quelle que soit d’ailleurs la forme de leur plèvre,' portent, tout autour du lobe frontal, un limbe plus ou moins large, faisant corps avec la glabelle et qui atteint son maximum dans Ch. claviger. (PL 40) Ce limbe, dans les espèces de la division supérieure, disparaît au milieu du lobe frontal, et il se réduit à une trace rudimentaire, de chaque côté, comme dans Ch. gibbus, Ch. msignis , &c.

VII. Dans tous les Cheirurus à nous connus de la division Silurienne inférieure, les trois sillons de la glabelle restent isolés de chaque côté, ou en d’autres termes, chaque paire est composée de deux traits non réunis sur l’axe. La même disposition s’observe dans la plupart des espèces qui caractérisent les formations constituant la base de la division supérieure, et que nous nommons, étage E, èn Bohême. Cependant, nous voyons apparaître parmi ces formes trèsnombreuses, Ch. Quenstedti , qui nous montre les sillons de chaque paire, unis par leurs bouts

internes. Cette réunion, bien qu’indiquée, n’est pas complète, car les sillons ont peu de profondeur sur l’axe. Nous admettons aussi l’existence, dans le même étage E, de Ch. Sternbergi, dont les trois paires de sillons sont réunis de la manière la plus parfaite. Cette existence n’est reconnue jusqu’ici que par des pygidium isolés, que leur forme ne nous permet pas de séparer de Ch. Sternbergi , des étages calcaires superposés. Comme nous n’avons pas encore vu la tête qui correspond à ces rares fragmens, dans l’étage E, il peut rester un doute sur leur nature spécifique. Cheir. (Cal. J articulatus Münst. de la Franconie nous offre encore un exemple des sillons réunis sur l’axe, dans un horizon semblable, ou très-rapproché de notre étage calcaire inférieur E. Malgré ces exceptions, les Cheirurus , à sillons latéraux isolés, prédominent de beaucoup à la base de la division Silurienne supérieure, ainsi qu’on peut le voir d’après le tableau

du groupement qui précède. A partir de notre étage calcaire moyen F, toutes les espèces dont

nous connaissons la tête, en Bohême, nous montrent les 3 sillons réunis par paires, sur le milieu de la glabelle, et nous ne voyons plus aucune forme qui présente la première disposition. Ce fait n’est point infirmé dans les contrées étrangères, car aucune d’elles n’a fourni jusqu’ici des

Cheirurus, dans les formations Siluriennes les plus élevées. Nous trouvons, au contraire, une con¬

firmation incontestable de notre observation, dans les espèces Dévoniennes connues, l’une de l’Angleterre, et l’autre du Duché de Nassau. Ces deux Cheirurus reproduisent, dans la lobation de leur glabelle, le type de Ch. gibbus, dont on ne saurait les distinguer, par la tête seule. Nous sommes porté à croire, par analogie, que l’espèce du Harz qui a la même conformation et qui a été énumérée sous le nom de Ch. gibbus, Beyr. appartient à la même hauteur géologique. On peut donc admettre, que la réunion complète des sillons latéraux, sur l’axe de la glabelle, caractérise presque exclusivement les espèces qui ont représenté le genre Cheirurus, pendant les derniers temps de son existence, c. à d. dans les formations Siluriennes les plus élevées, et dans le Système Dévonien. En résumé, le genre Cheirurus considéré durant la longue période qu’il a parcourue, nous offre des groupes caractérisés par quelque modification des élémens de leur enveloppe, et qui correspondent, d’une manière plus ou moins absolue, aux divers horizons géologiques traversés par ce type.

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