Bront. viator. Barr
Nous ne connaissons de la tête que la pièce médiane. Le contour frontal, arrondi, est formé par un bord assez large et relevé de manière à déterminer à l’intérieur une rainure concave. Ce bord s’élargit assez rapidement à partir de l’axe en allant vers les côtés, où il atteint une largeur de 4 m. m. En même temps, il devient graduellement horizontal. Sur le contour intérieur, nous voyons l'anneau occipital très-développé, et un peu projeté vers l’arrière. Il a une largeur plus grande au milieu que vers les extrémités. 11 porte sur l’axe un petit tubercule saillant. Le sillon occipital est large et profond. Il paraît un peu étranglé au milieu, par suite de la forme de l’anneau occipital.
La glabelle, assez bombée, a un lobe frontal enflé, très-étendu transversalement, tandisque sa longueur, suivant l’axe, n’atteint, pas 3 de celle de la tête. La largeur maximum, un peu en arrière du front, est triple de celle de la base de la glabelle. Le sillon latéral antérieur est bien marqué, et parallèle au contour frontal. Il se réunit par son bout intérieur au sillon moyen, qui est aussi bien prononcé. Le sillon postérieur, très-court, mais profond, se réunit au sillon moyen, en déterminant avec celui-ci un petit lobe ovalaire très-distinct, en arrière du lobe antérieur.
GENRE BKOJSTEUS. GOLDFUSS.
Celui-ci, dans les individus adultes, devient très-enflé et présente une forme ovoïde; en même temps, le sillon antérieur s’approfondit beaucoup. Au droit du lobe moyen, il existe sur la glabelle une dépression transverse, toujours sensible, surtout sur les adultes. Nous remarquons constamment, de chaque côté, vers la base de la glabelle une impression creuse, ronde, qu'on observe sur Br. caelebs (PI. 46) et sur Br. porosus (PI. 48), et qui rappèle les impressions auxiliaires que nous avons signalées sur la tête de Proet. Bohémiens et Pr. neglectus (PI. 16).
L’oeil, de médiocre grandeur, est situé entre le sillon occipital et le sillon moyen. Sa surface nous montre des lentilles dont le relief est très-apparent, sans qu’elles aient été dépouillées de leur cornée. Nous évaluons leur nombre à 1200 pour chaque oeil. Le lobe palpébral, sémicirculaire, est aussi élevé que la glabelle. Il porte vers l’intérieur une impression creuse, en forme d’angle aigu.
L’hypostôme a la forme typique.
Le thorax est inconnu.
Le pygidium, sub-triangulaire, varie dans ses proportions de manière à laisser reconnaître aisément la forme longue et la forme large. Le rapport de la longueur à la largeur est de 4 : 5 dans la première et de 3:4 dans la seconde. La surface est plus ou moins bombée autour de l’axe, suivant l’état de conservation, mais vers le tiers de la longueur, elle s’incline rapidement de tous côtés, et s’étend par une pente douce, jusques à une concavité très-sensible, concentrique au bord extérieur. La ligne d’articulation avec le thorax est droite sur presque toute son étendue ; les angles sont faiblement arrondis. Le rudiment de l’axe forme une saillie très-forte, au dessus de la surface adjacente. Il a la forme d’un quart d’ellipsoide, dont la base est le cinquième de la largeur maximum, et d’un tiers plus petite que la hauteur, dans les individus de la forme longue. On voit sur sa surface deux sillons peu profonds, longitudinaux, déterminant un lobe médian peu élevé, arrondi, saillant vers l’arrière, et dont la largeur égale celle de la côte médiane à son origine. Celle-ci est presque double en largeur des côtes voisines. Elle se bifurque sur le dernier tiers de son étendue. Les sept côtes latérales sont à peu-près semblables entr’elles; cependant, les deux plus rapprochées du thorax sont un peu plus larges. Leur surface est bombée en travers et forme une forte saillie au dessus des sillons. Ceux-ci sont plats au fond, et leur largeur est beaucoup moindre que celle des côtes, au point où les uns et les autres disparaissent, à une petite distance du contour.
La doublure du test s’étend vers l’intérieur sur les trois-cinquièmes de la longueur.
Le test nous montre sur la glabelle et le pygidium des stries en relief, plus ou moins serrées, un peu irrégulières, très- rarement bifurquées. Elles sont concentriques au bord sur le front de la glabelle, et plus ou moins serrées suivant les individus. Sur le pygidium, elles sont transverses aux côtes. Tous les sillons sont lisses sur tout le corps.
Dimensions. Nous trouvons, parmi les fragmens, une glabelle qui a 40 m. m. de longueur, sur 50 m. m. de largeur. Le plus grand pygidium a une longueur de 40 m. m. et une largeur de 46 m. m. Nous évaluons à plus de 120 millimètres, la taille du plus grand individu. Cette espèce se range donc sous le rapport d% la grandeur, auprès de Br. palifer et Br. campanifer.
Gisem1. et local. Nous avons trouvé les fragmens décrits, sur la montagne Kotis près Konieprus, aux environs de Mnienian, sur les collines situées entre Bubowitz et Lodenitz; dans les carrières de Dworetz, aux environs de Lochkow et à Slichow, au Sud de Prague. Dans toutes ces localités, ils caractérisent notre étage calcaire moyen F. Nous avons aussi recueilli le pygidium de cette espèce dans les blocs calcaires mêlés cà beaucoup d’autres débris transportés et formant une sorte de dépôt erratique, au Nord-Est du village de Hiskow, au lieu dit Wapeniee, non loin de Béraun. Tous ces débris déposés sur la surface de notre étage des quartzites D, proviennent évidemment de points plus ou moins éloignés de notre bassin Silurien.
Bapp. et différ. Parmi les espèces striées, plusieurs sont analogues à Br. viator ; nous les distinguons par les caractères suivans :
\. Br. formosus diffère d’abord par les stries de son pygidium, qui sont très-obliques aux côtes, et dont quelques unes se bifurquent plusieurs fois et croisent la direction des autres. La surface de cette partie du corps est faiblement voûtée au milieu, et sa forme, toujours arrondie, n’offre pas l’apparence sub-triangulaire, qui caractérise Br. viator.
2. Br. furcifer présente au contour du pygidium, un pan coupé aboutissant de chaque côté à la ligne articulaire, le long de la première côte. Ses côtes sont très-minces, cylindroïdes, et moins larges que les sillons qui les séparent, près du bord extérieur.
3. Br. Kutorgai a les côtes beaucoup plus bombées, et séparées par des rainures aussi
larges qu’elles vers leur extrémité. Les stries de sa surface sont toujours plus serrées que
celles de Br. viator et nous trouvons aussi des stries distinctes, au fond de ses sillons.
4. Br. oblongus est très -rapproché de Br. viator. Nous distinguons la tête du premier,
par l’absence des impressions creuses qui caractérisent la base de la glabelle du second. Le pygidium de Br. oblongus a une surface aplatie et alongée, qui contraste avec le haut relief qu’offre la partie centrale du pygidium de Br. viator. La largeur maximum du premier se trouve vers le quart de la longueur, tandisqu’elle est près de la ligne d’articulation, dans le second.
5. Br. transversus ne se distingue que par l’absence de bifurcation sur la côte médiane
du pygidium. Peut-être pourrait-on le considérer comme une variété de. Br. viator; mais ne
connaissant pas la tête ni le thorax, nous ne saurions affirmer leur identité spécifique.