Bront. Edwardsi. Barr
Le corps, dans son ensemble, figure une ovale alongé, dans lequel le rapport des grands axes est de 3:2. La largeur de la tête dépasse à peine celle du thorax. La longueur totale du corps est répartie à peu-près également, entre la tête, le thorax et le pygidium.
La surface céphalique, médiocrement bombée, se rapproche d’un demi-cercle. Son contour est formé par un limbe rudimentaire autour du lobe frontal, et qui devient très-sensible le long des joues. Il se termine, à l’angle gênai, par une pointe plate, très-courte, qui n’atteint pas le bout de la première plèvre. Le contour intérieur de la tête est à peine concave vers le thorax. L’anneau occipital, très-prononcé, s’élève au niveau de la glabelle, dont il est séparé par un sillon occipital large et profond. Le bord et le sillon postérieur de la joue sont très-peu développés, mais cependant indiqués, sur la joue fixe et sur la joue mobile.
GENRE BROJSTEUS. GOLDFUSS.
La glabelle, doucement voûtée, ne dépasse pas le niveau des yeux. Son lobe frontal, occupant environ le quart de la longueur de toute la tête, prend une assez forte expansion
transverse, et dépasse notablement par ses deux bouts, le reste de la surface. La largeur
maximum, correspondant au milieu de ce lobe, est presque triple de la largeur de la glabelle à sa base. Les sillons dorsaux, très-prononcés, décrivent des courbes fortement convexes l'une par rapport à l’autre, et très-rapprocbées en avant du sillon occipital. If existe, en dehors de chaque sillon dorsal, une petite impression creuse, à la base de la joue fixe, vis à vis le lobe postérieur de la glabelle. Cette impression est analogue à celle que nous signalons dans Br. planus, Br. palifer fc. Les sillons latéraux de la glabelle sont indiqués par de petites cavités isolées, trèsfaibles, et qu’on ne distingue que sur de bons exemplaires. La cavité qui représente le sillon antérieur est un peu transverse, et distante du sillon dorsal, d’environ 1 m. m. Elle correspond à la partie interne plus profonde, que nous avons signalée sur ce sillon, dans Br. planus fc. Les sillon moyen et postérieur, de chaque côté, paraissent comme de petites impressions, qui pénètrent peu dans la glabelle. Entre le sillon antérieur et le sillon moyen, nous trouvons une
cavité isolée, longitudinale, représentant la dépression qui, dans plusieurs espèces, unit ces deux sillons. Ces diverses impressions tracent les lobes antérieurs et moyens, d’un contour peu défini, mais reconnaissables, par analogie avec les espèces congénères. Dans sa partie postérieure, la glabelle prend une apparence cylindroide, et elle offre un notable relief à sa base, près du sillon occipital.
La suture faciale suit en tout le cours normal. Dans sa partie antérieure, elle s’écarte notablement des sillons dorsaux , à cause de la position éloignée des yeux. Le point où elle aboutit au bord thoracique, correspond à la saillie latérale de la surface visuelle.
L’oeil, médiocrement développé, est situé au droit du sillon occipital, et à mi-distance entre le sillon dorsal et le contour latéral. Son extrémité ne laisse qu’un très-petit intervalle, en arrière, jusqu’au bord postérieur de la joue. Sa surface annulaire nous permet de reconnaître des files obliques de lentilles, dont chacune présente un relief distinct, sous une cornée générale, luisante. Nous évaluons leur nombre à 1600 par oeil. Le lobe palpébral, horizontal, forme un demi-cercle, qui ne recouvre pas toute la saillie de la paroi visuelle.
La joue fixe est très-étendue et 1 s’élève, derrière l’oeil, au niveau de la glabelle. La joue mobile est fortement inclinée autour de la base oculaire, et s’aplatit vers le bord.
L’hypostôme ne se distingue pas parmi ceux de plusieurs Bronteus , qui proviennent de la même localité, comme Br. Partschi, Br. Haidingeri.
10 segmens au thorax, comptés sur plusieurs individus, dont le plus petit a une longueur de 13 m. m., et par conséquent est déjà loin du premier âge. — L’axe, assez fortement bombé, s’amincit à peine vers l’arrière, et occupe environ le tiers de la largeur totale. Ses anneaux, un peu échancrés sur leur bord postérieur, laissent voir, même dans l’état d’extension du Trilobite, une partie du genou articulaire. Le premier segment est un peu plus fort que les autres. Les plèvres nous indiquent par le coude faible, placé au milieu de leur étendue, la séparation d’ailleurs peu marquée, entre la partie interne et la partie externe. La première est horizontale, enflée, et porle au milieu un léger sillon, parallèle aux bords. Les bandes qui accompagnent ordinairement cette partie, sont presque invisibles; nous distinguons cependant la bande antérieure, dans les fragmens isolés. La partie externe de la plèvre s’aplatit et se termine en coutelas, un peu arqué vers l’arrière. — La doublure du test s’étend jusqu’au coude.
Le pygidium, doucement bombé, dans la partie centrale, s’aplatit vers le contour extérieur sans prendre aucune concavité. Sa forme diffère peu d’un demi-cercle , car le rapport de sa longueur à sa largeur est de 26 : 27. Sa ligne d’articulation est droite dans toute son étendue , et n’éprouve qu’un faible raccordement aux extrémités. Ainsi , la largeur maximum est contiguë au thorax. L’axe est saillant, trilobé, et figure un triangle presque équilatéral, arrondi au sommet. Son lobe médian a la même largeur que la côte médiane à son origine. Celle-ci est un peu plus large que les autres, et se dilate vers l’arrière, sans se bifurquer. Les 7 côtes
latérales, semblables entr’elles, ont leur surface un peu arrondie, et sont séparées par des sillons prononcés, très-étroits dans tout leur cours, et disparaissant un peu avant d’atteindre le contour.
La doublure s’étend sur la moitié de la distance entre l’axe et le bord.
Le test, sur tout le corps, excepté le fqnd des sillons, est orné de grains inégaux, assez serrés, irrégulièrement semés. En outre, le lobe frontal, le bord des joues et du pygidiurn sont ornés de stries, comparativement plus fines que la granulation, et qui, pour ce motif, pourraient ne pas être aperçues au premier aspect. Ces stries, assez nombreuses sur le front, sont rares sur le bord du pygidiurn.
La faculté d’enroulement n’est pas constatée.
Dimensions. Les plus grands individus ont une longueur de 36 m. m. sur 22 m. m. de largeur maximum.
Giseml. et local. Cette espèce a été trouvée uniquement sur la montagne dile Dlauha Hora, près Béraun , dans les bancs de notre étage calcaire inférieur E , où elle est associée avec Br. Haidingeri, Br. Partschi, Acid. Verneuili, Acid. Leonhardi Sçc.
Rapp. et différ. La double nature des ornemens du test de Br. Edwardsi le distingue des Bronteus exclusivement striés ou granulés. Les espèces ornées à la fois de stries et de granulation se distinguent comme il suit.
1. Br. angusticeps (PI. 47) a une glabelle d’une conformation différente, portant une forte épine à l’anneau occipital, des sillons et des lobes latéraux plus prononcés. Les stries prédominent de beaucoup sur la granulation, dans cette partie du corps, et elles sont aussi répandues sur toute la superficie de son pygidiurn, dont le fond des sillons est granulé.
2. Br. Haidingeri (PI. 46) a des fossettes plus profondes et un tubercule au milieu de la glabelle; son lobe palpébral est orné de 2 pointes, et son anneau occipital d’une forte épine. Son pygidiurn offre une surface très-élevée au centre, des sillons comparativement très-larges, et une granulation moins serrée.
3. Br. nuntius (PI. 48) présente, dans son pygidiurn, des grains très-petits et des stries fines sur toute la surface des côtes, séparées par des sillons plus larges et plus profonds.
4. Br. spinifer (PL 42) se distingue par les tubercules spiniforrnes q.ui ornent chacun des anneaux de son axe thoracique. Les stries prédominent dans l’ornementation de son pygidiurn, où les grains sont clair-semés.
5. Br. umbellifer (PI. 44) porte sur sa tête un caractère très-distinctif, dans les rides et le filet qui ornent sa joue fixe, et dans la forme trapézoidale de sa glabelle. Son pygidiurn se différencie aussi aisément, à cause de sa côte médiane bifurquée, de ses sillons plus larges, et de sa granulation peu serrée.
Parmi les Bronteus étrangers, ceux qui ont le pygidiurn granulé et la côte médiane non bifurquée, se rapprochent tous de Br. Edwardsi, dans leur première apparence. Cependant, si nous examinons les fragmens que nous possédons de quelques uns d’entr’eux, tels que Br. alutaceus, Br. granulatus et Br. flobellifer de l’Eifel, nous reconnaissons des moyens de distinction, même dans cette partie du corps isolée. En effet, ces trois espèces Dévoniennes montrent uniformément un axe, dont la surface, très-bombée, n’est pas distinctement trilobée, comme celle de Br. Edwardsi. Nous trouvons aussi constamment leurs sillons intercostaux plus larges, et leur granulation d’un aspect tout autre que dans la forme Bohême comparée. Ces différences, bien que peu tranchées, nous semblent devoir être prises en considération, pour le maintien, du moins provisoire, de l’indépendance réciproque de ces espèces, parcequ’elles nous semblent indiquer, dans les parties du. corps encore inconnues, d’autres contrastes, dont Br. jlabellifer nous fournit un utile exemple. La glabelle de ce Trilobite, dont nous avons 2 exemplaires sous les yeux, présente, sur le lobe frontal, des stries mêlées à la granulation, ce qui le rapprocherait encore plus de Br. Edwardsi. Mais la figure trapézoïdale de celte partie de la tête, comprise entre des
GENRE BRONTEUS. GOLDFUSS.
lignes presque droites, dans l’espèce Dévonienne, est en opposition avec la glabelle brusquement élargie au front, de l’espèce Bohême. Dans la forme Rhénane, les yeux sont plus rapprochés de la glabelle; la granulation beaucoup plus forte se compose de gros grains isolés, que la figure donnée par Goldfuss nous montre en séries sur les segmens du thorax. Ainsi, l’ensemble du corps de Br. flabellifer diffère très-notablement de Br. Edwardsi, tandisque si on limitait la comparaison au pygidium , on serait porté à considérer ces deux espèces comme beaucoup plus rapprochées. D’après ce fait, nous pensons qu’il est prudent de ne pas établir à la hâte des identités spécifiques, d’après quelques parties isolées du corps, telles que le pygidium des Bronteus, lorsqu’on y distingue quelques dissimilitudes, même légères, premier aspect.