II. Caractères paléontologiques de l'étage II
La Faune de cet étage est d’une extrême pauvreté, si on la compare à celles des formations calcaires. Tous les fossiles que nous y avons découverts jusqu’à ce jour, se réduisent à un très-petit nombre d’espèces de diverses classes. Les Trilobites nous ont fourni un Phacops, un Cheirurus et un Proelus. Les Céphalopodes: deux Orthocères et un Lituite : les Gastéropodes, quelques moules indistincts. Les Brachiopodes sont représentés par une Leptaena, et une Térébralule: les Acéphales par une Avicule, &c. Tenluculiles s’y trouve aussi.
Les Tentaculites se sont montrés assez abondans en trois localités différentes, mais ils se réduisent à deux espèces, T. elegans et T. clavulus. Nous avons déjà indiqué les empreintes végétales. Doit -on considérer F exiguïté de celte Faune comme provenant de la décroissance progressive, déjà observée dans les étages F et G; ou bien peut-on attribuer aussi cette pénurie à l’absence de l’élément calcaire? Il est probable, qu’iî faudrait tenir compte de chacune de ces deux causes.
Les rapports entre la Faune de l’étage H et celle de I étage G, se bornent, jusqu à ce jour, àl a présence de 2 espèces communes, savoir: Phac. fecundus et Cheir. Sternhergi.
Rapports entre la Faune de la division Silurienne supérieure de Bohême , et la Faune de la division correspondante dans les autres contrées , ou Faune troisième;
En étendant nos considérations à l’ensemble du monde paléozoique , nous comprenons, sous le nom de Faune troisième, tous les fossiles qui caractérisent la division supérieure Silurienne,
ESQUISSE GÉOLOGIQUE
dans tous les pays, en général, quel que soit le développement local de cette division et de sa Faune, dans chacune des régions où elles existent.
jNous nous sommes abstenu, dans l’esquisse qui précède, de comparer partiellement chacun de nos étages avec ceux des régions étrangères, afin d’éviter même jusqu’à l’apparence de vouloir établir entre les uns et les autres un parallélisme parfait, ou une correspondance complète, dont nous n’avons jamais eu la pensée. Cependant, quelque indépendance que l’on veuille assurer à chaque formation locale, ou à chacun des étages admis dans les diverses contrées Siluriennes, le géologue est conduit, malgré lui, à des idées de contemporanéité, sinon absolue, du moins relative, entre certaines de ces subdivisions locales, surtout lorsqu’on les compare entre des limites données, comme par exemple, celles de l'Europe. Sur une surface de cette étendue, en admettant les moyens de diffusion que la nature emploie dans la création vivante, on conçoit un certain nombre de formes semblables, vivant en même temps dans divers parages, quelle que soit la configuration des mers en communication. Il est naturel aussi, que chaque bassin, plus ou moins circonscrit, possède sa Faune spéciale jusqu’à un certain point. Il n’est pas moins rationnel de supposer, que plus deux bassins sont rapprochés et unis directement, plus la proportion des êtres semblables doit croître dans chacun d’eux. Au contraire, deux mers très-voisines, mais sans communication immédiate, nous feraient concevoir une différence plus absolue entre leurs Faunes. La diffusion d’une même espèce, admise sur une portion de la surface du globe, entraine avec elle la conséquence naturelle de son apparition successive dans les diverses régions qu elle envahit. Les traces de son existence, conservées dans les dépôts marins, ne sauraient donc appartenir nécessairement à des individus contemporains, dans un sens absolu. Ainsi, la présence d’une même forme animale, dans des formations placées à une certaine distance géographique, lie peut être une preuve suffisante, que ces formations se sont déposées simultanément. Mais la nature n’a départi à chaque espece qu’une force vitale assez limitée pour la plupart dentr’elles, et par exception, plus considérable pour quelques unes. Ainsi, lorsque deux formations géographiquement isolées, contiennent les dépouilles d’un certain nombre d’espèces identiques, si on n’admet pas qu’elles ont été déposées dans un même temps déterminé , on ne peut du moins s’empêcher de reconnaître, que la durée totale des deux dépôts comparés, n’a pas excédé la durée moyenne assignée à I existence d’une espèce. C’est ce que nous nommons contemporanéité relative ou proximité d âge. Plus le nombre d’espèces communes est considérable, et plus la durée moyenne de leur existence doit se rapprocher d’une valeur constante, qu’on pourra peut-être prendre pour unité, dans les estimations géologiques, lorsque la science sera plus avancée.
Si nous appliquons ces considérations à notre terrain, nous voyons qu’il présente des rapports d’âge plus ou moins rapprochés, avec les autres contrées Siluriennes.
Ces rapports sont loin de dépendre de la proximité géographique, car les formations de la Franconie. les calcaires d’Elbersreuth, par exemple, montrent à peine plus d’analogie que celles de 1 Angleteire et de la Suède, avec celles de la Bohème. En second lieu, nous voyons varier d’une époque à 1 autre, la nature et 1 intimité des rapports entre la Bohême et les autres régions, comme si de nouvelles communications ouvertes entre ces divers bassins, avaient permis à leurs’ habitans une plus facile diffusion. Ainsi, nous avons signalé le manque absolu d’espèces communes entre notre Faune primordiale et celle d’Angleterre et de Suède, qui offrent cependant les mêmes types génériques, ou des types correspondans. Dans le tableau qui va suivre, nous indiquons, entre notre étage des quartzites D, c. à d. entre notre Faune seconde et celle des régions étrangères, un accroissement très-notable dans la masse des analogies générales et de plus un certain nombre de formes identiques, dont il est probable que le chiffre s’augmentera un jour. Maintenant, si nous comparons la Faune troisième, c. à d. celle des divisions supérieures des divers pays, nous voyons, que la quantité des espèces communes est devenue considérable, et qu’elles représentent presque toutes les classes. B faut donc, que dans la période de temps qu embrasse le dépôt du système Silurien, des circonstances naissant
des modifications incessantes de la surface de notre globe, aient successivement facilité les rapports, entre les différentes contrées comparées.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces considérations, auxquelles nous consacrerons plus d’espace dans nos études géologiques. Nous nous hâtons de faire connaître, pour chaque région étrangère, ses relations avec notre terrain. L’Angleterre et la Suède altiient surtout notre attention, d’abord, parce que leur Faune se rapproche de la nôtre, et ensuite parceque les travaux de Sir Rodéric Murchison et de plusieurs autres savans les ont rendues classiques l’une et l’autre, mais surtout la première.
D’après le chiffre constaté pour les espèces de Trilobites de Bohême, et d’après les nombres approximatifs indiqués dans cette esquisse, pour les représentans de toutes les autres classes, constituant les Faunes particulières de chacun de nos étages E, F, G, H, il nous semble, que malgré l’exiguité géographique de la surface qui nous a fourni cet ensemble de fossiles, notre division supérieure présente la Faune la plus complète qu’on ait observée jusqu’à ce5 jour. Elle pourrait donc servir d’échelle de comparaison, pour apprécier l’étendue de la Faune troisième, dans les autres régions Siluriennes que nous allons passer en revue.
Angleterre. Cinq subdivisions verticales, ou étages, ont été distingués dans la division supérieure de cette contrée classique, par Sir Rodéric Murchison, sous les noms de: Wenlock Shale, Wenlock Limestone , Lower Ludlow Rock , Aymestry Limestone et Upper Ludlow
Rock. Chacun de ces étages est caractérisé par des fossiles particuliers, en nombre suffisant
pour constituer cinq Faunes locales, successives. Ces Faunes, malgré de fortes connexions réciproques présentent entr’elles d’assez grandes différences, pour permettre de concevoir autant de sections’ dans le laps de temps écoulé durant le dépôt de la division supérieure des des Britanniques.’ D’après les mêmes considérations, nous avons établi dans la division correspondante de Bohême 4 étages: E, F, G, H, renfermant autant de Faunes locales et successives, dont chacune’ constate le renouvellement presque total des formes animales, dans notre bassin. Outre l’avantage que ces subdivisions présentent pour l’étude, elles fournissent un moyen facile d’établir un parallèle entre diverses régions, et de s’assurer si les formes animales se sont manifestées dans le même ordre, sur les divers points du globe. Or, la comparaison des étapes locaux de l’Angleterre et de la Bohême nous conduit à des analogies et à des contrastes également intéressons, que nous fournit chacune des principales classes de fossiles.
Les Crustacés nous offrent les analogies les plus saillantes, qui consistent, en ce que le développement maximum des Trilobites, sous le rapport du nombre des espèces, se trouve, dans les deux pays, à la base de la division supérieure. En second lieu, les mêmes genres de celte tribu prédominent sur cet horizon, en Angleterre comme en Bohême. Parmi ces types, qui sont tous énumérés sur la Planche 51, nous nous bornons à citer ici Deiphon, qui tait son apparition unique, avec les dernières formes des Ampyx et des Illaenus, (Ruinas tus) également caractéristiques de cette époque. Nous signalerons de plus quelques espèces communes, dans le tableau qui va suivre.
Par contraste, si nous comparons les étages les plus élevés de la division supérieure dans les deux régions, nous voyons, que les genres des Trilobites prédomin ans dans chacune d’elles sont très-différens. En Angleterre, les Homalonotus caractérisent surtout la formation de Upper Ludlow, tandisque ce genre manque totalement en Bohême. Au contraire, notre étao-e calcaire supérieur G nous offre un notable développement des trois genres: Dalmamtes, Phacops et Bronteus. Le premier est relativement rare, et les deux derniers n’ont pas encore été signalés en Angleterre, sur l’horizon comparé.
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Ainsi, la classe des Crustacés, par son développement maximum, par la communauté des genres, par l’identité ou la très-grande analogie de diverses formes spécifiques, semble constater la contemporanéité des dépôts constituant la base de la division supérieure, dans les deux contrées. Par opposition, la diversité des genres dans les formations les plus élevées de chaque pays, tend à infirmer toute comparaison relative à l'époque de leur dépôt. Nous n’aurions donc pas le droit de dire, que la hauteur verticale occupée par la Faune troisième, en Angleterre et en Bohème, mesure exactement un même laps de temps.
Les Céphalopodes présentent, dans l’étage de Wenlock et dans notre étage calcaire inférieur E, plusieurs espèces, soit identiques, soit très-analogues, appartenant aux genres Phragînocerasj Orthoceras &c. Ce fait confirme l’idée de contemporanéité, entre les formations à la hase de la division supérieure dans les deux pays. Par contraste, tandis que la classe des Céphalopodes prédomine sur toutes les autres dans notre étage E, oxi elle offre un immense développement, elle est très-faiblement représentée, en comparaison, dans l’étage de Wenlock. Elle atteint, au contraire, le nombre maximum de ses formes spécifiques dans le Lower Ludlow Rock , de sorte qu’on serait induit à regarder notre étage E comme correspondant à toutes les formations d Angleterre, à partir de la dernière nommée, jusqu’à la base de la division supérieure. Cette conclusion, que divers faits semblent appuyer, est en opposition avec d’autres observations.
Les Brachiopodes, en Angleterre, offrent le maximum de leur richesse spécifique dans le Wenlock Limestone , c’est-à-dire, très-près de la hase de la division supérieure. En Bohême, au contraire, cette classe caractérise par son plus grand développement, notre étage calcaire F, c. à d. la hauteur moyenne de la division correspondante. Malgré ce contraste, on remarquera dans le tableau suivant, un très-grand nombre d’espèces de nos deux étages E, F, qui se trouvent également dans l’étage de Wenlock.
Les Acéphales nous fournissent, dans le genre Cardiola, deux foiunes d’une grande valeur géologique, à cause de leur diffusion, dans plusieurs bassins Siluriens, savoir: Gard, interrupla ■, et Card. fibrosa. En Angleterre, elles s’élèvent, à partir de Wenlock Shule, jusques dans le Lower Ludlow Rock. Elles traversent donc plus de la moitié de la hauteur verticale de la division supérieure. En Bohême, où ces deux fossiles sont encore plus fréxjuens, et répandus en beaucoup plus de localités qu’en Angleterre, on s’attendrait à les voir atteindre au moins une hauteur correspondante, d’après les rapports connus entre la diffusion horizontale et la hauteur verticale des espèces. Mais il n’en est rien, car ni l’un ni l’autre ne franchit les limites de notre étage calcaire inférieur E.
Les Graptolites, et en particulier Grapt. priodon , sont concentrés en Bohême dans une zone schisteuse, à la base de notre étage E. En Angleterre, au contraire, Grapt. priodon , Bronn sp. connu sous le nom de Grapt. Ludensis Murch. s’élève jusques dans le Lower Ludlow Rock.
Les Polypiers, en Angleterre, se trouvent presque tous dans le Wenlock limestone , et sont rares dans les parties moyennes et élevées de la division supérieure. En Bohême , les mêmes espèces, ou des formes très-analogues, sont également répandues dans nos deux étages calcaires E, F.
Sans pousser plus loin ces considérations, sur lesquelles nous reviendrons un jour, il nous semble, que les fossiles qui caractérisent la division supérieure en Angleterre et en Bohême, considérés dans leur ensemble, constituent par leurs analogies et identités, soit génériques, soit spécifiques, une seule et même Faune générale, que nous nommons Faune troisième. A 1 époque de son apparition dans chacun des deux pays, cette Faune offre les rapports
et les connexions les plus intimes. Par suite de circonstances locales, ou autres causes également inappréciables, la Faune troisième, dans chaque contrée, a subi une évolution différente, ainsi que le montrent, d’un côté la marche inégale du développement de chaque classe, et de l'autre côté, les modifications résultant de l’extinction et du renouvellement progressif des espèces. La divergence sensible entre les formes substituées aux plus anciennes, s’accroissant successivement avec le temps, les formations qui couronnent la division supérieure, en Angleterre et en Bohême, sont liées entr’elles par le minimum des rapports paléontologiques.
Il résulte de ces observations, que les étages distincts par leurs fossiles, dans la division supérieure, en Bohême et en Angleterre, sont uniquement des subdivisions locales, et qu’on ne saurait établir entr’eux aucun parallélisme individuel, bien que leur ensemble soit compris dans une même période de temps, durant le dépôt du Système Silurien. Cette conclusion est parfaitement en harmonie avec les vues exprimées à diverses reprises par Sir Rodéric Murchison et déjà confirmées dans notre Notice préliminaire (p. 9 6).
Avant de quitter ce sujet, nous avons à rappeler un fait déjà signalé dans notre mémoire sur les Graptolites de Bohème , (p. 32). Il consiste en ce que plusieurs genres et diverses espèces apparaissent dans les des Britanniques, avant de se montrer en Bohême. Ainsi, dans les formations d’Irlande, représentant l’étage de Car ado c , on trou xe Bronteus, Proetus e t Harpes , types inconnus dans la division inférieure de notre terrain. De même, les genres Staurocephalus et Sphaerexochus présentent, le premier dans le calcaire de Rhiwlas au pays de Galles, le second dans le calcaire de Chair-Kildare en Irlande, c-. à d. l’un et 1 autre dans 1 étage de Llandeilo, des formes que nous admettons comme identiques avec celles qui caractérisent notre division supérieure, savoir, Stauroc. Murchisoni et Sphaer. miras. Nous citerons encore: Calymene Blumenbachi , Calymene duplicata presque identique avec notre Çalym. Baylei, Leptaena depressa , Cardiola interrupta , Gladiolites G einitzianus , Grapt. priodon ( Ludensis ) existant dans la division inférieure d’Angleterre, (Salter.) tandisquils caractérisent exclusivement la division supérieure de notre terrain. Il en est de même des genres: Nautilus, Cyrloceras et Phragmoceras? reconnus par M. Salter dans le calcaire de Bala , étage de Llandeilo, et qui n’apparaissent en Bohême, que dans notre étage calcaire inférieur E.
Ces faits, lorsqu’ils se ront étendus et confirmés par d’autres découvertes, contribueront à indiquer la direction suivant laquelle a eu lieu la propagation des êtres, et à déterminer la position des centres de diffusion, s’ils ont réellement existé. D’après le peu de données que nous possédons sur cette question, il semblerait, que les espèces se sont transportées du Nord- Ouest vers la Bohême.
Suède. La Faune troisième de cette région parait presque uniquement représentée par les formations de l’ile de Gothland. Nous savons par un mémoire de notre ami, M. de Yerneuil, que les Brachiopodes de celte île offrent les plus grandes analogies, et beaucoup d’espèces identiques avec celles de l’étage de Wenlock. Le tableau suivant montre également que les mêmes formes se retrouvent dans notre étage calcaire inférieur E. Ainsi, la base de la division supérieure, en Suède, nous montre la même harmonie que nous avons déjà signalée pour cet horizon, entre l’Angleterre et la Bohême. Ces rapprochemens avec la Suède, fondés sur la seule classe des Brachiopodes, nous font espérer, que la publication de l’ouvrage de M. Angelin nous en dévoilera beaucoup de nouveaux, embrassant les Crustacés et toutes les classes des mollusques.
France. La division supérieure n’ a été jusqu’ici sûrement reconnue dans ce pays, que sur quelques points isolés et de très-peu d’étendue 5 ce qui tient sans doute à ce que celte division est recouverte par d’autres formations. Les localités qui ont fourni des fossiles appartenant incontestablement à la Faune troisième, sont principalement: St. Sauveur-le-Yicomte et Feuguerolles , en Normandie, et St. Jean sur Erve (Mayenne). Nous avons reconnu parmi ces fossiles, Cardiola interrupta , divers autres Cardiacés, plusieurs Orthocères, Graptolites et
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diverses formes, que nous pourrions considérer comme identiques avec les espèces de Bohême, caractérisant notre étage calcaire inférieur E. D’après ces faits, que la description des espèces de France ne peut que multiplier, nous retrouverions encore ici la trace de celte uniformité de la Faune troisième, que nous avons signalée, à la base de la division supérieure, en Angleterre et en Suède. Il serait très-possible, que notre étage calcaire moyen F fut aussi représenté en France, car nous connaissons déjà beaucoup de Brachiopodes, provenant de Viré, et qui semblent identiques à ceux de notre bassin. Nous les citons sous le n. 5, dans la page 93, après le tableau qui suit. Les couches de Viré, n’ayant été jusqu’ici qu’imparfaitement exploitées, promettent encore d’autres découvertes, qui pourraient confirmer l’idée qu’elles appartiennent a la division supérieure, tandisque l’opinion de quelques savans Français les rangerait dans le système Dévonien.
Mr. Marie Rouault, dans un mémoire récemment publié, (Bul. Soc. géol. de France 1851.) indique, comme appartenant à la division supérieure, une formation de grès coquillier des environs de Gahard, en Bretagne, qu’il considère comme représentant les grès de May en Normandie. Parmi les Trilobites qui caractérisent également les deux localités, nous remarquons: Daim, incerta Rou. = As. incertus Desions, et Plaesiacomia Kieneria Rou. = As. brevicaudatus Desions. Or, la première de ces formes présente la plus grande analogie avec Daim. Phillipsi, et la seconde avec Homal, rarus , caractérisant l’un et l’autre notre étage des quaitzites D, dans la division inférieure de Bohême. De plus, les grès de May fournissent Conularia pyramidala Desions, que nous retrouvons dans nos quartzites. Ces analogies, quoique relatives à un petit nombre d’espèces, sembleraient tendre à fixer l’horizon des grès de Gahard et de May dans la division Silurienne inférieure. Comme M. Rouault a découvert à Gahard immédiatement au dessus de la formation en question, des couches Dévoniennes, renfermant Daim. ( Pluie .) Michelini Rou. espèce à pygidium dentelé , comme celles qui caractérisent partout la base de ce système, il serait possible, que la division Silurienne supérieure manquât totalement dans celte localité. L’ouvrage préparé par le laborieux savant que nous citons, sur les terrains paléozoïques de Bretagne, apportera de nouvelles lumières sur les points encore douteux que nous venons de toucher, et établira plus complètement les rapports entre la France et la Bohême.
Nous avons réuni, dans le tableau suivant, les indications des espèces, soit identiques, soit très-analogues, communes entre la Bohême, l’Angleterre, la France et la Suède. Nous ne doutons pas, que les études qui se font actuellement dans le monde scientifique, ne multiplient successivement le nombre de ces formes, car il existe une proportion considérable de fossiles paléozoiques non déterminés. On peut remarquer dans ce tableau: — l. que les Crustacés y sont représentés par un petit nombre d’espèces, circonstance qui n’a rien d’étonnant, si l’on considère les faibles moyens de transport de cette classe, et les conditions d'existence qui semblent cantonner les espèces dans des localités restreintes. — 2. Les Céphalopodes, grands nageurs, nous sembleraient devoir être la classe la plus répandue, comme nous l’observons dans les limites de notre terrain. Aussi espérons-nous qu’on lui accordera, tôt ou tard, une attention convenable, et qu’elle servira à établir de nouveaux rapports entre les contrées paléozoiques. Malheureusement, les exemplaires que nous connaissons des contrées étrangères sont trop mal conservés, pour permettre d’établir des comparaisons en toute sécurité. Cet obstacle a beaucoup contribué à empêcher le développement de la liste que nous donnons. — 3. La classe des Brachiopodes l’emporte de beaucoup sur toutes les autres, par le nombre d espèces identiques qu elle fournit dans les contrées comparées. Cela peut tenir^ avant tout, à la diffusion facile de coquilles très-légères, par le moyen des courans. En second lieu, l’attention particulière dont cette classe a été l’objet depuis quelques années, a mis au jour la majeure partie des rapports qui existent entre toutes les formes. Nos amis, M.M. de Verneuil et Davidson, ont surtout contribué aux progrès de cette branche de la science. — 4. Les Polypiers semblent devoir aussi fournir une liste considérable, qu’on ne peut dresser, avant la publication du travail de M. M. Milne Edwards et Jules Ilaiuie sur les représentais de cette classe en Angleterre.
Espèces communes entre la Bohême, l’Angleterre, la Suède et la France.
Classes,
Genres et Espèces.
Auteurs
qui
ont constaté l’identité.
Etage
<Ci>
sa
ËË3
auquel appartient l’espèce
en Angleterre en Suède et en France.
Observations.
Division Silurienne inférieure.
Faune primordiale
p , } Boliemicus. Boeck.sp.
Barad. ^ ]essini Brongn.
presque identiques, i Barr.
jSuède. Begio A. Angel.
Jo’après Angelin, P. Tessini a 20 segmens au thorax, comme P. Bohemilc«<s. (Pal. Suec. PI. i )
Faune seconde.
C Acidaspis Buclii. Barr. i
l Polyeres Dufrénoyi. Rou.
identiques Barr.i
d’après des exemplaires^
France. Schistes de Bretagne et d’Anjou.
Cheirurus claviger. Beyr.
id. id.
id. id.
I \ Dalmanif.es socialis. Barr. ( \Phac. longicaadatus. Rou.
id. id.
id. id.
„ . ) Bucklandi. Barr. }
l Vtïl }
'J seticornis. IIis. sp.j
très-rapprochés
Barr.'
'Suède. Begio D. Angel, ilrlande, Caradoc. Portl.
T \ ornatus. Sternb sp.
' ln') Caraclaci. Murch.
id. id.
Barr.
AngletJ Carad. Sandst.
Irlande^ et Lland. llags.
t Dalmanites Phillipsi. Barr.
1 Phacops apiculatus. Sait.
, id. id.
Barr.
Anglet. id.
„ . ) parvula. Barr.
a ym- ç brevi-capitataP ortl .
! id. id.
1 id.
Irlande)
t Dionide formosa. Barr.
\Polytom. euglyptus. Angel.
! id. id.
Barr.
Suède. Regio D. Angel.
1 Aeglina speciosa. Cord. sp
sp.? Angel.
! id. id.
Barr.
Suède. Regio D. Angel.
Bellerophon acutus. Murch.
identique
Barr.
Carad. Sandst. Anglet.
Conul. pyramidata. Deslonsch.
i id. id.
Grès de May. France.
( Ortliis redux. Barr.
( „ tesludinaria. Murch.
! id. id.
Barr.
'Carad. Sandst. )
Lland. llags. ( Ang]
I Orth. compressa. Murch.
id. id.
Barr.
id. ;
1 Lingula attenuata. Murch.
id. id.
Barr.
Lland. llags. Angl.
ESQUISSE GÉOLOGIQUE
Classes,
Genres et Espèces.
Auteurs
Etage
auquel appartient l’espèce
qui
en Angleterre, en Suède
ont constaté l’identité.
sa
et en France.
Observations.
Crustacés.
Division Silurienne
Faune troisième. (E
Calym. Blumenbachi. Brongn.^Barr‘ ^ aPr®s (*es ex-{ E
° ) emplaires. ( F
Supérieure.