‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 92 sur 469 · C. 2“e. type de la structure des yeux. — Asaphus etc · texte numérisé non relu

C. 2“e. type de la structure des yeux. — Asaphus etc

Tous les Trilobites que nous avons pu observer, à l’exception des Phacops et Dalmania, montrent une cornée d’une nature différente de celle du test céphalique. La surface visuelle est toujours, il est vrai, soudée au test, sans autre séparation apparente, que la suture sub-oculaire, signalée seulement dans quelques espèces ; mais maigre cette soudure parfaite des surfaces contiguës, on peut reconnaître la diversité de leur nature par les signes suivans : 1 . La couleur de la surface visuelle est toujours différente de celle du test, et nous la trouvons ordinairement beaucoup plus claire, dans les Trilobites de Bohême. 2. — Cette teinte plus claire est la même pour la superficie des lentilles et pour cette des intervalles qui les séparent. 3. Dans aucun cas, ces intervalles ne s’enflent avec l’âge, au contraire, ils deviennent de plus en plus profonds, ce qui montre qu’ils ne participent pas à 1 épaississement général du test, qui accompagne le développement des individus. 4. — -, La surface des intervalles reste constamment brillante et lisse, c. à d. sans ornemens, quels que soient les ornemens du test dans 1 espèce , et quel que soit l’âge de l’exemplaire observé.

De ces observations il nous semble résulter d’abord, que dans ce second type, la nature de la surface visuelle est différente de celle du reste de 1 enveloppe crustacee; et en second lieu, nous reconnaissons dans ce cas, l’existence d’une cornée générale recouvrant tout loeil, ainsi que l’entend le Profil. Burmeister. Mais la surface visuelle dont nous parlons, est loin d’être invariablement lisse , dans le sens que ce savant attache à cette expression, c. à d. sans aucun relief des lentilles.

Une surface absolument lisse dans ce sens, n’existe peut-être pas dans les Trilobites , surtout si on emploie un fort grossissement; mais en prenant l’oeil de Asapli. expansus comme type d’une surface lisse, non bosselée, nous observons, que:

1. La plupart des espèces de Bohême, dont nous connaissons les yeux, dans les genres suivans, ont une cornée lisse.

Cypbaspis, 3

Arethusina. 1

Lichas.

Cromus.

Acidaspis.

Cheirurus. 2

YEUX DES TRILOBITES

Pour Acidaspis et Cheirurus, certaines espèces montrent des indices du relief des lentilles, quelquefois très-marquées, comme dans Cheir. gibbus.

2. Les genres Produs et Bronteus présentent à la fois des espèces dont la cornée est lisse, et d’autres dont la cornée est bosselée, ainsi que l’indique le tableau suivant :

Proetus à cornée:

Bronteus à cornée.

lisse.

bosselée.

lisse.

bosselée.

P. myops. Barr. P. sculptus. Barr.

P. tuberculatus. Barr. P. neglectus. Barr.

P. Bohemicus. Corel. P. Loveni. Barr.

P. Arohiaci. Barr.

B. Zippei. Barr. B. Brongniarti. Barr.

B. campanifer. Beyr. B. Partschi. Barr.

B. Dormitzeri. Barr. B. Edwardsi. Barr.

B. umbellifer. Beyr.

B. palifer. Beyr.

P. venustus. Barr.

3. Le genre Deiphon nous présente une seule espèce, D. Forbesi, dont nous connaissons les yeux. Ils ont la surface visuelle assez fortement bosselée. Nous ignorons si cette forme s’étend aux autres espèces congénères.

Suivant les individus qu’on observe dans Br. Dormitzeri et Br. campanifer , on est porté à considérer leur cornée tantôt comme lisse, tantôt comme bosselée, et il en est de même de certains espèces de Proetus. Ainsi nous serions disposé à admettre, entre les limites d’une même espèce, les mêmes variations de la surface visuelle, que nous venons de signaler par rapport aux diverses espèces d’un même genre.

Existe-t-il au dessous de la cornée générale et extérieure qui caractérise ce type, une seconde membrane réticulée, comme celle que Burmeister a reconnue dans l’oeil de Branchipus? C’est ce que nous n’avons pas pu constater sur nos fossiles. Dès que la surface externe se décompose, on voit au dessous la forme arrondie des lentilles. Celles-ci paraissent faire corps avec de petit cônes tronqués, sur la principale base desquels elles sont fixées. Mais nous ne pouvons distinguer, si ces cônes représentent réellement le corps vitré, ou bien s’ils résultent simplement d’une cristallisation bacillaire du carbonate de chaux, comme semblerait le faire supposer leur longueur considérable dans quelques fragmens.

Quant à l’intensité du relief que présentent les lentilles des espèces à cornée bosselée, nous en donnerons une idée en disant, que dans Pr. sculptus , malgré les petites dimensions de l’oeil, elles se voient très-aisément avec le secours d’une faible loupe. Dans les plus grands exemplaires de Br. Brongniarti, on peut les reconnaître à l’oeil nu, et elles se rapprochent beaucoup pour le diamètre et le relief, de celles des Phacops Bronni et Sternbergi.

Malgré la saillie des lentilles, un oeil conformé d’après ce second type se reconnaît au premier aspect, d’abord à cause de l’éclat uniforme que lui donne la cornée générale dont il est couvert, et en second lieu, pareeque les rangées de lentilles paraissent d’autant plus rapprochées qu’elles sont plus grossies. En effet, lorsqu’elles sont le plus développées, les sillons qui les séparent, devenant plus profonds, deviennent aussi plus étroits ; au contraire lorsque le relief des lentilles est faible, les sillons sont moins profonds mais plus larges.

Par opposition, nous remarquons dans le premier type, que les lentilles sont beaucoup plus serrées dans les jeunes individus que dans les adultes, et les sillons d’abord profonds et trèsétroits, s’élargissent peu à peu avec, l’âge. Nous avons même signalé le cas, où le fond de ces sillons finit par s’élever au dessus des lentilles. Ordinairement ils se dilatent suffisamment, pour que leur surface acquière des ornemens, comme ceux que nous avons mentionnés dans Phac. faecundus et plusieurs Dalmania.

En résumé, nous reconnaissons dans les yeux des Trilobites soumis à nos observations, deux premiers types qu’on pourrait ainsi caractériser:

l'r. type. Phacops Dalmania. Cornée identique au test céphalique, réticulée, traversée par les lentilles. Surface visuelle toujours bosselée.

2î. type. Asaphus, Bronteus fyc. Spc. Cornée différente du test céphalique; non réticulée, tantôt lisse, tantôt bosselée; dans ce dernier cas, elle est simplement soulevée, mais non traversée par les lentilles.

Nous distinguons ces types dans le but de coordonner les faits observés, et qui devant également attirer l’attention d’autres paléontologues, seront sans doute bientôt confirmés. Nous ne . saurions dire, si la création vivante des Crustacés offre une structure analogue à celle des Trilobites. Cette tâche appartient naturellement aux savans zoologues auxquels nous la transmettons , en nous maintenant dans le champ des observations paléontologiques. N’existerait-il parmi les Crustacés modernes, aucune Tribu qui reproduise à la fois ces deux types d’yeux, ce serait seulement une nouvelle anomalie ajoutée à toutes celles qui signalent la conformation des Trilobites, et que Burmeister a déjà fait sentir. (Organ. d. Trilob. p. 41. J

I). Forme, dimensions, disposition des lentilles, dans les deux premiers types.

Il est important de ne pas confondre la forme de la lentille avec celle du cadre, ou maille du filet qui la contient. Dans quelques espèces telles que Phac. latifrons , cette maille est hexagone. Nous la trouvons de même sur le moule de l’oeil de Aeglina speciosa; mais dans tous les autres Trilobites de Bohême, elle nous paraît circulaire.

Dans toutes les espèces des deux types que venons de définir, la forme des lentilles paraît être à peu-près constante, tandisque leurs dimensions varient beaucoup, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer. Cette forme générale est celle d’un sphéroide très-rapproché d’une sphère parfaite. Nous ne pouvons reconnaître l’aplatissement que sur les lentilles les plus grosses, comme dans Dalman. Hausmanni, Dal. rugosa fyc. Le diamètre le plus grand est toujours parallèle au plan de la surface visuelle , et sa plus grande dimension dans les espèces que nous venons de citer, s’élève à un demi-millimètre. A partir de ce maximum, nous observons des dimensions de plus en plus petites parmi les Phacops et les Dalmania, dont les lentilles au jeune âge, ne dépassent pas | de millimètre de diamètre. Cette grosseur minimum est précisément celle des lentilles du second type lorsqu’elles atteignent leur maximum. En effet, dans l’oeil d’un grand individu de Br. Brongniarti qui nous montre ce maximum , nous comptons 5 lentilles contiguës dans la longueur d’un millimètre, mais les plus jeunes nous en montrent au moins huit. Les autres espèces de ce second type offrent beaucoup plus de lentilles dans là même unité de longueur. Ainsi nous en trouvons au moins huit dans les adultes de Br. çampanifer , 10 à 12 dans As. nobilis et jusqu’à 14 ou 15 dans Remopl. radians.

Les Phacops et Dalmania nous permettent d’observer, que toutes les lentilles ne se développent pas à la fois. Les files augmentent successivement en nombre suivant l’âge, et chacune d’elles acquiert de même peu à peu, le maximum des lentilles qu’elle doit contenir. On voit aussi aux deux extrémités de chaque file verticale, des lentilles plus petites que les autres , et qui semblent se former pendant le développement Individuel, surtout le long du lobe palpébral supérieur.

La disposition des lentilles sur la surface visuelle nous semble très-analogue, dans les deux types, mais avec des variations propres aux genres et aux espèces dans chacun d’eux. La plus grande différence que nous ayons à signaler entre les deux catégories, consiste dans la principale direction des files, c. à d. celle qu’on saisit le plus aisément, en observant le surface visuelle. Dans les Phacops et les Dalmania, lorsque l’oeil 'est bien développé, on aperçoit de prime abord des files que nous nommons verticales, c. à d. suivant la ligne de plus grande pente -de la surface oculaire, et à peu-près perpendiculaires aux deux bords horizontaux qui la limitent en dessus et en dessous. Les lentilles de ces files verticales alternant dans deux files contiguës, c. à d. étant disposées en quinconce, il en résulte d’autres files obliques par rapport, aux files verticales. Bien que les files obliques soient aussi très-marquées, elles frappent moins l’observateur dans, les

YEUX DES TRILOBITES

yeux les plus développes, sans doute a cause d’une différence presque inappréciable, dans l’espacement relatif aux deux directions considérées.

Dans la plupart des yeux du second type, et notamment dans ceux d ’Asaph. expansus, de tous nos Bi onteus, Proetus , Cheirurus, Deiphon, Acidaspis <Sçc., on saisit plus aisément de prime abord, des files obliques, dont l’inclinaison varie par rapport aux bords horizontaux de l’oeil, mais qui moyennement peut etre evaluee à 4-5°. Les files verticales sont au contraire difficiles à suivre et paraissent beaucoup moins régulières. Nous trouvons cependant des exceptions à cette disposition générale; ainsi, les yeux de As. nobilis et de Remopleurides radians nous montrent dans certains individus, des files verticales aussi prononcées que les files obliques. Nous sommes donc porté a croire, qu’il n’existe sous le rapport de la disposition des lentilles, aucune différence fondamentale, dépendant du type auquel l'oeil appartient.

E. Nombre des lentilles dans les deux premiers types.

D’après l’observation que nous avons déjà faite ci-dessus, ce nombre varie en raison de l’âge et aussi des individus. Cette variation est souvent très-considérable. Il nous serait impossible d’apprécier isolément les différences qui peuvent provenir des deux causes que nous signalons, car nous ne pouvons juger si un individu observé a atteint le maximum de son développement propre. La taille ne peut, sous ce rapport, être un signe certain. Pour avoir une idée

de la différence qui peut exister relativement au nombre des lentilles, dans une même espèce, le lecteur peut consulter les tableaux de la classification des Phacops et des Dalmania, à la suite

des généralités relatives à chacun de ces deux genres. Les chiffres comparés dans ces tableaux

montrent, qu’entre les limites d’une même espèce, la variation du nombre des lentilles peut être du simple au double.

Cette variation est bien plus considérable, si on l’observe entre les limites d’un même genre. Nous voyons en effet parmi les Phacops, Ph. Volborthi, qui ne possède souvent que 14 lentilles dans un oeil, tandisque nous en comptons, jusqu’à 200 dans un oeil de Phac. Cephalotes. Ces deux chiffres minimum et maximum sont entr’eux comme 1:14.

Nous trouverions sans doute des variations analogues dans d’autres genres, si l’état de conservation et l’extrême exiguïté des lentilles, ne rendaient ces observations très-difficiles.

Le genre Phacops nous a permis de constater, que dans les limites de chaque espèce, le nombre des lentilles d’une file verticale varie proportionnellement beaucoup plus, que le nombre des files dans un oeil. Les nombres sont consignés dans le tableau que nous venons de citer. Mais parmi les Dalmania, ce fait est beaucoup moins marqué, et le chiffre des files subit de plus grandes variations. Nous mentionnons ces observations, pour faire apprécier la valeur des caractères spécifiques qu’elles peuvent fournir.

Il suffit de remarquer la hauteur inégale des yeux, dans leur étendue, pour concevoir que les files soit verticales, soit obliques, dans un même oeil, ne contiennent pas un nombre égal de lentilles. ' &

Nous venons de faire concevoir les diverses causes qui influent sur les variations du nombre des lentilles, dans un même genre, ou dans une même espèce. Il nous reste à indiquer les. limites extrêmes observées parmi nos Trilobites. Tel est le but du tableau suivant.

Genres et espèces.

Lentilles par oeil. .

Genres et espèces.

Lentilles par oeil.

Phacops Volborthi. . .

Barr.

Aeglina rediviva . . Barr.

Pliac. cephalotes.

Cord.

Bronteus Brongniarti. . Barr.

Proetus scidptus.

Barr.

Bront. palifer. . . . Beyr.

Dalmania Phillipsi.

Barr.

Asaphus nobilis. . . Barr.

Daim. Hausmami.

Brongn.

Bemopleurides radians. Barr.

F. Etat de conservation; des yeux des deux premiers types.

Cet état nous paraît dépendre uniquement de la nature de la roche dans laquelle les Trilobites ont été ensevelis , indépendamment du type auquel ils appartiennent. Dans les schistes et dans les quartzites, qui constituent toutes les formations de notre division inférieure, les lentilles et tous les autres élémens des yeux ont généralement disparu, mais à un degré variable. Le moule des Trilobites de l’étage des schistes protozoiques C, n’a conservé aucune trace quelconque de la réticulation de la surface oculaire, si ce n’est dans Conoceph. striatus, sur le moule extérieur duquel nous sommes parvenu à reconnaître l’empreinte distincte des lentilles , toujours effacee sur le moule intérieur. Dans tous les autres genres, nos recherches n’ont abouti à aucun résultat, parcequ’une couche pulvérulente d’oxide de fer a remplacé toute 1 enveloppe crustacée. Nous ne trouvons aussi que des moules dans les roches schisteuses et dans les quartzites de 1 étage D, mais dans tous les cas, ces moules portent la trace de la réticulation des yeux. Cette trace diffère un peu suivant les types. Dans Dalmania socialis et les autres formes de ce genre, lorsqu’elles proviennent des quartzites , nous voyons la surface visuelle occupée par de petites cupules, isolées les unes des autres et un peu saillantes. Chacune d’elles correspond à une lentille, ainsi que nous aurons l’occasion de nous en assurer par une autre observation ci-après. Des cupules analogues ont été aussi observées par M. Rouault, sur les yeux de Pliac. longicaudalus recueilli dans les schistes de Bretagne. (Mém. cité 1846.) Lorsque les Dalmania ont été conservées dans les schistes, la surface de l’oeil nous offre des files d alvéolés vides et profondes, paifaitement comparables à celles d’un rayon de miel. Les lentilles et le corps vitré paraissent avoir laissé ces vides. Dans quelques localités, nous avons trouvé des yeux de Dalmania conservant leurs lentilles devenues complètement opaques, et reposant visiblement sur les cupules.

Un oeil de Calymene pulc.hra , trouvé dans les mêmes schistes très-micacés de 1 étage D, présente des files de petites cavités en quinconce, beaucoup plus rapprochées les unes des autres que celles des Dalmania , ce qui nous ferait supposer, que les yeux de ce genre, jusqu ici trèspeu connus, sont conformés selon le second type.

Comme confirmation de cette opinion, nous observons que les yeux des Asaphus sont couverts d’un réseau très-fin de mailles très-rapprochées, et beaucoup moins profondes que les alvéoles des Dalmania. Les Aeglina, les Remopleurides et les Illaenus montrant la même apparence, dans les ' mêmes roches, nous pensons que cette circonstance indique quils appartiennent aussi au second type.

Les Trilobites de notre division supérieure sont tous conservés dans les calcaires, excepté un couple provenant des schistes culminans H. Tous sans exception, sont encore pourvus de leurs lentilles oculaires, aussi bien dans une roche que dans 1 autre. La seule différence est, que les lentilles sont spathiques dans les calcaires, tandisqu’elles sont remplies d’une substance opaque dans les schistes. Nous n’apercevons entre les yeux conformés suivant les deux types, aucune autre distinction que celles qui ont été mentionnées ci-dessus. N

Mais les yeux des Dalmania décomposés par l’action lente de l’air, nous permettent de reconnaître dans l’intérieur de chaque lentille, un petit sphéroide noir, tantôt central, tantôt un peu excentrique, qui occupe environ le tiers du diamètre. Nous observons ce corps dans plusieurs fragmens • appartenant à Daim. Hausmanni ou à Daim, cristata. Les mêmes morceaux en décomposition, nous présentent les cupules signalées ci-dessus, sur les yeux des Dalmania provenant des quartzites. Elles ont dans les deux cas, la même disposition et la même forme. Dans les exemplaires qui nous occupent, nous voyons distinctement les lentilles reposer sur les cupules, dont le bord supérieur se trouve en contact avec la surface inférieure du test, faisant 1 office de cornée dans ce type. Dans l’oeil de Dalman. caudala , nous observons la même disposition, soit dans les figures données par Buckland, (Bridgew. Treat. pl. 45) soit dans celles de Salter. Nous voyons aussi dans ces dernières, un globule indiqué dans l’intérieur des lentilles en décomposition. (Dec. 2. Pl. 1.)

YEUX DES TRILOBITES

IM

Les mêmes apparences se reproduisent dans les yeux de Daim. *= Phac. laciniatus, de Phac. latifrons, et Phac. brevicauda , figurés par les D. D. Sandberger. (Verst. d. Rhein. Syst. in Nassau. PL 1 . fig. 5. b, et 7. g, et PL 2. fig. 1. g.)

Si la structure de l’oeil des Dalmania renferme tous les élémens signalés par Burmeister dans l’oeil de Branchipus stagnalis , la cupule deyrait être la base principale du corps vitré conique. Sur ce point, nous nous bornons strictement à nos observations, qui ne nous permettent pas de voir plus loin dans l’intérieur de l’organe visuel.

G. 3r. type de la structure des yeux — Harpes. — Yeux composés de ste minâtes.

Un seul genre parmi les Trilobites, présente cette conformation ; c’est le genre Harpes. Jusqu’ici nous ne connaissons dans ce genre, que les yeux de trois espèces, savoir: H. unguia. Sternb., H. macrocephalus Goldf. et H. vittatus. Barr. Ces yeux ont une forme particulière pour chaque espèce, mais ils ont entr’eux une grande analogie, en ce qu’ils sont tous composés d’un petit nombre de tubercules isolés. Nous en comptons trois dans les deux premières espèces et seulement deux dans la dernière. Les figures comparatives de la planche 3 montrent leur forme et leur disposition. Ces tubercules, dont on voit très-bien l’ensemble à l’oeil nu, ne peuvent se distinguer isolément qu’à l’aide de la loupe. Leur surface polie et luisante contraste toujours avec celle du test qui les environne. Mais nos notions sur leur nature se bornent à ces apparences extérieures. On remarque dans beaucoup d’espèces, une nervure ou faible filet, qui partant de la protubérance oculaire, se dirige vers la glabelle, en suivant une petite dépression située entre l’oeil et le sillon dorsal.

§. 3. Formes et proportions des yeux.

Nous remarquons parmi les yeux des Trilobites, des formes très-différentes, si on compare les, apparences extrêmes, mais cependant toutes liées entr’ elles par des passages divers. Ainsi, quoique , nous considérions comme utile et même nécessaire, de distinguer par des noms, les formes les plus caractérisées, nous devons faire observer, qu’il en est d’autres intermédiaires, qui pourraient être rapprochées avec une égale convenance, de plusieurs des formes principales que nous allons définir. Nous distinguerons :

A. La Forme conoide tronquée au sommet.

B. La Forme conoide arrondie au sommet, ou panoramique.

Page 1