C. La forme annuloide
q. La forme ovoide.
E. La forme aplatie.
F. Dimensions relatives des yeux.
G. Tableau comparatif de la forme des yeux dans les Trilobites.
A. Forme conoide tronquée au sommet.
C’est celle qu’on rencontre le plus fréquemment dans les Trilobites. Elle se présente dans
la presque totalité des yeux du premier type, c. à d. dans presque toutes les espèces de Phacops
et de Dalmania. Elle n’est pas moins répandue dans le second type, parmi les Asaphus, Nileus,
&c. &c. Elle consiste en ce que la surface visuelle paraît faire partie d’un cône plus ou moins
oblique, tronqué en dessus par le plan du lobe palpébral. La base de ce cône est quelquefois rapprochée d’un demi-cercle, mais le plus souvent elle figure une courbe, que nous ne saurions mieux comparer qu’à la lettre C, et qui est plus fermée que le demi-cercle. L’obliquité ordinaire de la surface visuelle conique, a pour conséquence naturelle une inclinaison variable de cette praoi , si on la considère dans le sens parallèle à l’axe du corps. Vers l’angle antérieur de
l’oeil, elle présente un talus incliné vers l’avant; mais à mesure qu’on s’éloigne de ce point, l’inclinaison du talus se rapproche de la verticale, qu’elle finit par atteindre et même par dépasser, de sorte qu’à l’angle postérieur, la partie supérieure de l’oeil surplombe sa base dans certaines espèces. On reconnaîtra aisément cette conformation sur les gros yeux des Dalmania, ou de l’un quelconque des genres cités.
Les yeux de la forme conoide tronquée varient beaucoup dans les proportions de leur étendue verticale et horizontale, entre les limites d’un même genre. Ainsi, parmi les Phacops de Bohême, PL Hôninghausi a un oeil qui n’occupe que l’angle antérieur de la joue, tandisque dans
Phac. Boecki , cet organe couvre la joue presque entière. Dans le sens vertical, nous trouvons
des différences aussi frappantes, si parmi les Dalmania, nous comparons les yeux médiocrement saillans de nos espèces Bohèmes, à ceux de Daim, caudata d’Angleterre, qui forment un cône très-élevé. As. expansus observé à divers âges, présente dans ses yeux un contraste encore plus grand, et qui a fait méconnaître l’identité spécifique, par les anciens observateurs. On sait en
effet, que As. cornigerus n’est autre chose que l’âge adulte de cette forme, dans laquelle les yeux
finissent par figurer une sorte de corne. Enfin, Zethus bellatulus décrit et figuré par M. de Volborth, nous semblerait offrir la limite extrême de cette forme, car ce savant indique la suture faciale comme atteignant le sommet, et les facettes comme existant seulement sur la paroi extérieure du cône oculaire, (mém. cité.) Lich. Iiaueri est un autre exemple de cette limite , parmi
nos espèces de Bohême. (PI. 28.)
Le lobe palpébral de la forme qui nous occupe, a un contour à peu-près semblable à celui que nous avons indiqué pour la base de l’oeil. Son inclinaison par rapport à la joue, varie en
raison de la hauteur de la surface visuelle. Ainsi, dans Phac. Bronni, Phac. Cephalotes &c., il est
incliné vers l’extérieur de la tête; dans nos Dalmania il est a peu-près horizontal, et il devient presque vertical dans les adultes de Daim, caudata et de As. expansus.
B. Forme conoide arrondie au sommet, ou panoramique.
Nous croyons devoir distinguer cette forme, quoique très-analogue à la précédente. Le principal motif de cette distinction est que, dans l’oeil de Acid. Yerneuili que nous considérons , il n’existe d’abord aucune suture faciale pour séparer le lobe palpébral, de la surface visuelle, quoiqu’on reconnaisse très-bien la limite du premier, par suite de la granulation de sa superficie,, contrastant avec la paroi lisse du champ visuel. Mais de plus, on remarquera sur la figure, que ce lobe palpébral est loin d’atteindre le sommet du cône, et qu’il est surmonté par une partie de la surface consacrée à la vision. En d’autres termes, dans cette espèce, la surface visuelle s’étend tout autour du cône dans la partie supérieure; ainsi l’animal jouissait d’une vision panoramique, circonstance que nous n’avons remarquée jusqu’ici sur aucun autre Trilobite. C’est pour avoir égard à cette conformation, que nous séparons cette forme de la première. L’oeil de Zethus bellatulus que nous avons mentionné comme limite voisine, a le lobe palpébral étendu jusqu’au sommet, et ne permet la vision que vers l’extérieur, d’après le savant qui nous l’a fait connaître.
Nous n’avons parmi nos Trilobites que deux espèces, qui nous montrent la surface visuelle circulaire, savoir: Acid. Verneuili, et Acid, vesiculosa ; mais nous croyons très-vraisemblable, que les Acidaspis du même groupe, signalées en Angleterre et dans l’Amérique du Nord, en offriront de nouveaux exemples. Cependant, nous devons faire observêr que Acid. Portlocki, appartenant à ce groupe, a des yeux de forme annuloide.