‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 94 sur 469 · C. Forme annuloide · texte numérisé non relu

C. Forme annuloide

En comparant cette forme à une portion d’anneau, nous devons indiquer ses apparences extrêmes, dans le sens vertical et horizontal.

Si l’on coupe l’oeil par un plan vertical, la section de la surface visuelle peut se présenter:

1. — Comme un arc vertical aplati, et très-rapproché d’une ligne droite. C’est lé profil qu’on voit dessiné dans les figures de Illaen. tauricornis et III. crassicauda données par le Profit.

YEUX DES TRILOBITES. 443

Kutorga. ( Verhandl . der k. Miner. Gesell. St. Petersb. 1848. PL VIII. J Cette limite avoisine la première forme décrite, mais en diffère cependant par son ensemble.

2. ■ — La section verticale de l’oeil est un arc bombé, de sorte que la surface visuelle fait au milieu de sa hauteur une saillie assez forte, par rapport à ses deux bords supérieur et inférieur. Parmi les Bronteus de Bohême, Br. palifer, Br. Dorrrdtzeri, présentent cette forme prononcée, tandisque dans d’autres tels que Br. Brongniarti et Br. campanifcr, on retrouve presque la forme conoide tronquée. (PL 44 à 48.)

Si on fait dans l’oeil une section horizontale, elle figure un arc de cercle, plus ou moins étendu. Dans Cheir. insignis, Ch. gibbns, cet arc est très-court. Nous le trouvons beaucoup plus alongé et plus aplati dans la plupart des Proetus. Il paraîtrait former au moins un demi-cercle dans HI. tauricornis déjà cité.

Le lobe palpébral de cette forme varie beaucoup en étendue et en inclinaison. Sa surface se réduit de plus en plus à mesure que le profil vertical de l’oeil prend plus de bombement, et elle s’élargit au contraire à mesure que la surface visuelle tend à devenir cylindrique. III. tauricornis offre une exemple du maximum, et Bront. palifer un exemple du minimum de cette étendue.

Le lobe palpébral est horizontal dans les espèces que nous venons de nommer et dans beaucoup d’autres, parmi les Bronteus , Proetus, &c. Il prend dans Aretliusina Konincki et dans Cyphaspis Burmeisteri, une inclinaison qui atteint 45.

D. Forme ovoide.

Cette forme résulte de la précédente, par suite du rétrécissement de la base, et d’une plus grande hauteur de la surface visuelle. L’oeil présente alors l’aspect d’un ovoide plus ou moins alongé, et plus ou moins tronqué à la partie inférieure. Le bel exemplaire de Encrinurus punctatus, figuré par le ProfL Kutorga, dans la PL III. du mémoire cité, montre la limite extrême de cette forme, car ses yeux sont des sphéroïdes portés sur un pédoncule étranglé. Acid. Leonhardi, Acid, truncata, Acid. Hôrnesi, Cyphasp. Barrandei, &c. &c. ont des yeux ovoides plus alongés, mais dont la base n’est pas aussi resserrée. (PL 36 à 59.)

Dans tous les cas où nous avons observé cette forme, et notamment dans Encr. punctatus , on voit la suture faciale s’élever jusqu’au sommet de l’ovoide. Ainsi le lobe palpébral alongé et presque vertical, s’étend sur toute la face intérieure de l’oeil, et le champ visuel est parconséquent limité à la face extérieure de cet organe.

E. Forme aplatie.

Le plus grand contraste existe entre la forme que nous venons de décrire, et celle que nous appelons aplatie. Ce terme doit être entendu dans ce sens, que la paroi visuelle considérée dans toutes les formes précédentes, comme faisant avec la joue un angle plus ou moins prononcé et parfois rapproché de 90 0 , se couche entièrement sur celle-ci, de manière à former avec elle une même surface, sans aucune différence de relief. Les trois espèces connues du genre Aeglina et Phac. Volborthi, sont jusqu’ici les seuls Trilobites, qui nous présentent cette conformation. Le Profl Emmrich ayant dit dans son mémoire de 1845, fJahrb. f. Miner. J que les yeux de Phac. Cryptophtalmus sont très-petits et presque dans le plan des joues, nous les considérons comme très-rapprochés de notre forme aplatie. Dans les espèces Bohèmes que nous venons de citer, le lobe palpébral disparaît presque, ou bien il se réduit à une petite bande étroite, indiquée par un très-faible sillon du côté de la glabelle.

F. Dimensions relatives (les yeux.

Nous ne remarquons aucune sorte de relation quelconque, entre la grandeur de la tête des Trilobites et celle de leurs yeux. Si nous comparons entr’eux les genres de la tribu, nous trouvons dans nos Asaphus , représentant la plus grande taille, des yeux assez petits et notamment dans As. ingens. La longueur comparée de ces yeux avec celle de la tête entière est dans As.

va

nobilis , comme 1: 4, et dans As. ingens 1 : 10. Les Phacops et les Dalmania , qu’on peut regarder comme ayant une taille moyenne dans la tribu, ont en général les yeux les plus développés. Dans beaucoup d’entr’eux, ces organes occupent le tiers et dans d’autres au moins deux cinquièmes de la longueur de la tête, comme dans Pli. Boecki , et jusqu’à la moitié de cette, dimension dans Daim. Hawlei. L’oeil atteint un plus grand développement, dans le genre Remopleurides, représenté en Bohême par une espèce aussi de taille moyenne, Rem. radians (PL 43.) dans lequel la surface visuelle décrit dé chaque côté à partir du sillon dorsal, un arc qui embrasse presque la totalité de la glabelle. Nous voyons dans les yeux de Nileus nanus. Leucht. qui nous semble appartenir au genre Remopleurides, une étendue analogue. Parmi les Trilobites de petites dimensions, Nileus armadillo est un de ceux dont les yeux offrent la surface la plus considérable, par rapport à celle de la tète. L’oeil présente le maximum de son étendue, dans notre genre Aeglina, qui n’est composé que de petites espèces. Dans Aegl. pachycephala , (PI. 34.) nous voyons les deux yeux embrasser presque complètement tout le contour de la tête dont ils occupent ensemble environ la moitié de la surface. Ainsi la grandeur relative des yeux dans la tribu Trilobitique serait, généralement parlant, en raison sinon exactement inverse, du moins opposée à celle de la taille du corps entier.

Cette conclusion exige cependant une importante restriction, si nous considérons combien les proportions des yeux sont variables entre les limites d’un même genre. Nous nous bornerons à citer comme exemple le genre Phacops. Nous observons dans Phac. Cephalotes, et Ph. Boecki, &c. &c. de très-gros yeux, très-saillans sur la joue, et dont la surface visuelle porte jusqu’à 200 lentilles, tandisque dans Ph Hoeninghausi, l’oeil ne forme qu’on petit tubercule aplati, confiné dans l’angle gênai antérieur, et présentant environ 23 lentilles. Tout relief disparaît même dans Phac. Volborthi, dont l’oeil noyé dans le test de la joue, ne se distingue dans les meilleurs exemplaires qu'à l’aide d’une loupe, et ne possède que 14 à 17 facettes.

Il y a donc une extrême inconstance dans les proportions , comme dans les formes des yeux des Trilobites.

Nous ne sommes pas en mesure d’offrir aux savans un tableau complet, indiquant dans chaque genre toutes les variations de la forme de l’oeil, car nous sommes loin de connaître suffisamment ces organes dans toutes les espèces, et beaucoup moins encore dans les espèces étrangères, que dans celles de notre terrain. Cependant nous présenterons le tableau suivant comme un essai, qui se complétera peu à peu. Nous nous bornerons à citer pour chaque genre, une seule espèce de chacune des formes observées entre ses limites.

G. Tableau comparatif de la forme des yeux dans les Trilobites.

Genres et Espèces.

Conoide |

tronquée. 1

Panorami¬

que.

Annuloide.

Ovoide.

Aplatie.

Observations.

Aeglina .

Barr.

Toutes les espèces connues.

Acidaspis. ....

Murch.

. Leonhardi. . .

Barr.

Chacune de ces especes représente un

Buehi. . . . .

Barr.

i groupe plus ou moins nombreux.

Verneuili. . '. .

Barr.

Amphion frontilobus.

Pand.

Arethusina Konincki.

Barr.

Asaphus. .

Brongn.

Bronteus .

Goldf.

1 D’autres espèces de ce genre' offrent des

palifer. ... .

Deyr.

I formes intermédiaires.

Brongniarti.

Barr.

Galymene .

Brongn.

pulchra.

Barr.

YEUX DES TRILOBITES

-QJ

Genres et Especes.

rzi

CB

Observations

Cheirurus . Beyr.

insignis . . . Beyr.

pleur exanthemus Green, sp.

L’œil de Cheir.=(CeraurJ pleur exanthemus figuré par J. Hall, offre une forme anomale.

Conocephalites.

. Zenk.

Cette espèce est la seule qui montre l’exi-

stence des lentilles, dans l'étage des schis-

striatus. .

. Euimr.

tes protozoiques C.

Cromus. . . .

. Barr.

Beaumonti.

. Barr.

Rapprochée de la forme ovoide.

Cyphaspis. . «

. Burin.

Burmeisteri

. Barr.

Même observation.

Barrandei.

. Cord.

Dalmanites. .

. Emmr.

Deiphon.

. Barr.

Forbesi. .

. Barr.

Ellipsocephalus.

Encrinurus.

punctatus.

. Zenk.

. Emmr.

. (Kulor.)

Nous citons la forme de Russie, figurée

par le Prof. Kutorga, et qui paraît différer en plusieurs détails , de la forme Suédoise.

Harpes. . . .

. Goldf.

[ Tous les yeux connus dans ce genre sont ^composés de stemmates.

Illaenus. . . .

. Daim.

Nous avons consulté les figures données

crassicauda.

. Wahl.

pour les deux espèces par le Prof. Kutorga.

tauricornis.

. Kutor.

(Mém cité.)

. Daim.

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