Trinucleus
Toutes les espèces connues en.
seticornis. His.
Bucklandi. Barr.
Î Bohême . 8
Irlande (Portlock.) . 3
Eifel (Goldfuss.) . 1
Fichtelgebirge (Münster) 2
Total . 16
YEUX UES TRILOBITES
Ces espèces sont toutes pourvues d’ yeux, et n’ont montré jusqu’ici aucune trace des branches faciales de la grande suture, à travers les lobes latéraux de la tête, comme on les observe dans tous les autres Irilobites, portant les organes de la vision. Nous les classons en deux groupes, à cause de la structure toute différente de leurs yeux. Les 2 espèces du premier groupe ont des yeux composés, réticulés, et conformés selon notre second type. Au contraire, les Harpes ont des yeux simples, selon notre troisième type, c. à d. consistant en un certain nombre de stemmates, variable pour chaque espèce. La nature des yeux des Trinucleus n a pas encore été observée, mais la grande analogie qui lie ce genre aux Harpes t, nous semble autoriser leur rapprochement provisoire sous le rapport de l’œil.
Ces deux groupes forment un contraste qui mérite d’ être remarqué. En effet, le premier se réduit à 2 espèces, qui constituent toutes les exceptions connues, à la coexistence ordinaire parmi les Trilobites, des branches faciales de la grande suture et des yeux composés j coexistence qu on peut considérer, sauf exception, comme une loi générale de leur organisation.
Le second groupe, au contraire, réunit, sans aucune exception, toutes les espèces dans lesquelles il existe des yeux simples, ou du moins dans lesquelles nous les admettons, selon toute vraisemblance. Il semblerait donc, d’après celte considération, que 1’ existence des yeux simples dans les Trilobites est sans aucune connexité avec la grande suture. Cette loi, si elle se confirme, contrasterait avec celle qui lie la dite suture aux yeux composés.
Nous venons d’ admettre implicitement, qu’ aucune branche faciale de la grande suture n’a été constatée jusqu’ici, ni dans les Harpes, ni dans les Trinucleus. Au sujet des Harpes, une seule indication de ces branches a été donnée par le Profr. Burmeister, dans H. macrocephalus ; mais le Profr. Beyrich a signalé cette erreur et en a expliqué la cause. ( Uriter . üb. Trilob. IL St. p. 33). La suture faciale de Tria. Caractaci annoncée par le Proff. Emmrich reposait aussi sur une erreur , relevée dans 1’ ouvrage que nous venons de citer (p. 3 1 j. Il reste encore à ce sujet l’ indication de la suture faciale de Tria, ornatus donnée par M. Salter, mais d’après les motifs exprimés ci-dessus (p. 116), nous sommes peu porté à considérer le fait comme bien établi.
Enfin, MI., le ProP. MacCoy a fondé un genre, Tetraspis , dont les types seraient selon lui, Tria, seticornis His. et Tria. Bucklandi Barr. Ce savant place sur la joue un tubercule oculaire, dont nous reconnaissons l’existence. U y ajoute une suture faciale, dont nous n’ avons jamais aperçu aucune trace, sur notre espèce Bohême. Nous remarquons, il est vrai, une ligne diagonale sur la joue de certains exemplaires, mais cette ligne n’est qu’une nervure ou une brisure, qui varie de forme pour chacun deux. Nous sommes d’autant moins disposé à attendre la découverte d’une telle suture sur les têtes Bohèmes, que nous connaisons également bien leur moule extérieur et leur moule intérieur. Le schiste qui les renferme, aurait sans doute reçu la trace de ces lignes, si elles eussent existé, car sa pâle est très-fine et elle nous montre constamment la suture des autres Trilobites associés, tels que Calym. declinata , Bemopleur. radians, Daim. Phillipsi fyc. Nous ne croyons donc pas que notre espèce Trin. Bucklandi, puisse être enrôlée dans un genre, dont le caractère le plus saillant serait certainement 1' existence d une suture traversant la joue. Elle n’ est pas moins rebelle au second caractère générique, qui est de n’avoir que cinq anneaux au thorax. Tous les exemplaires connus de Trin. Bucklandi en ont six, même les plus petits. D’ailleurs, nous figurons (PI. 3 0.) Trin. ornatus, dans ses divers degrés de développement, avec un nombre de segmens variant depuis zéro jusqu’à 65 nous accorderions donc peu d’importance à ce second caractère du genre Telraspis. Nous avons sous les yeux plusieurs têtes de Trin. seticornis. His. de Suède, avec un test bien conservé, et sans la moindre trace de suture à travers les joues. Nous persistons donc à considérer les Trinucleus pourvus d’ un tubercule oculaire comme privés des branches faciales ordinaires de la grande suture, et nous les maintenons provisoirement avec les Harpes, dans le second groupe indiqué ci-dessus. Nous prions le lecteur de jeter un coup d’œil sur le chapitre des sutures.
En réimprimant cette page, nous ajoutons que nous avons récemment vu, au musée Woodwardien à Cambridge, l’empreinte sur laquelle le type Telraspis a été fondé, et nous persista*
tons à considérer comme des nervures, les lignes admises par le Prof. MacCoy comme les branches de la grande suture, traversant les joues. Yoir ci-après (p. 617).
2. Les branches faciales de la grande suture existent-elles sans les yeux dans les Trilobites? Cette seconde question se résout par les faits suivans: — 1. La plupart des Ampyx connus en Bohême, Suède et Russie montrent les branches faciales très-distinctes, sans aucune trace d’yeux quelconques. (Yoir PL 30 et p. 634.) — 2. Il en est de même pour les deux espèces Conoceph. Sulzeri et Conoc. coronalus dans lesquelles nous reconnaissons aussi les branches faciales , sans qu’ il existe aucun organe apparent de la vision. (Voir PI. 14. et p. 42 0.). Ce sont les seuls faits de ce genre qui soient constatés. Divers Trilobites ont été décrits et figurés avec les branches faciales de la grande suture et sans tubercules oculaires; mais nous sommes en mesure de rectifier les erreurs commises à ce sujet. — Nous rappèlerons d’abord, que les Trilobites réellement dépourvus d’yeux sont: (p. 131.)
Agnostus. Brongn.
Conocephalites.
Zenk.
Dindymene.
Cord.
Ampyx. Daim.
Sulzeri.
Schlot. sp.
Dionide.
Barr.
coronalus.
Barr.
Placoparia.
Cord.
Telephus.
Trinucleus. (pars.)
Barr.
Lhwyd.
Parmi ces Trilobites, les seuls auxquels on ait attribué une suture faciale, inexactement tracée, sont les deux Conocephaliles et Placoparia.
1. Conoc. Sulzeri a été décrit et figuré avec la suture faciale et des tubercules oculai¬
res, par Burmeister, (Oryan. der Tril. 86. PI. I. fi y. 10.) et par M. Corda. (Prodr. 2-1. PI. II. fig. 10. ) En ce qui touche les tubercules, 1’ auteur du Prodrome remarque avec raison,
qu’on les trouve quelquefois , et que ce sont peut-être des stemmates. Ils sont le plus sou¬
vent insensibles et s’ils représentent les organes de la vue, leur forme ne peut admettre d’autre interprétation que celle que nous venons de citer. Quant à la prétendue suture, les deux savans se sont également laissé tromper, par des brisures d’une apparence assez régulière, et souvent presque symétriques de chaque côté de la tête, entre le petit tubercule et le bord frontal. En comparant quelques centaines d’ exemplaires, nous avons reconnu l’irrégularité de ces lignes, et de fréquentes variations dans leur cours. Nous les distinguons toujours des sutures de jonction tracées dans une direction semblable, mais seulement sur l’impression de la doublure sous frontale (PI. 2B. et 14). A partir du même tubercule, jusqu’à l’ angle gênai postérieur, les auteurs cités ont considéré comme suture, le filet qui traverse obliquement la
joue, d’un angle à l’autre. Ce filet ou nervure existe aussi sur Con. striatus , entre 1’ œil et
le coin antérieur de la joue; il est indépendant de la suture faciale, qui a une autre direction. Nous sommes donc persuadé, qu’il ne représente pas la partie postérieure de la suture dans Con. Sulxeri. En effet, si on l’examine avec soin dans de bons exemplaires, on voit qu’il donne naissance à des nervures plus faibles, analogues à celles qui distinguent Con striatus. Des nervures analogues, traversant diagonalement la joue, ont déjà été signalées par nous sur Dionide formosa (PI. 42.) Trin. ornalus (PI. 30.) Harpes viltatus (PI. 9), Trilobites sans suture faciale.
2. Con. coronatus reproduit, sous une forme exagérée, tous les traits de Con. Sul-
%eri , et par conséquent nous admettons dans la première espèce, comme dans la seconde, le
même cours de la grande suture et l’absence des yeux. Tout ce que M. Corda a dit sur la suture faciale de Con. coronatus, qu’il a décrit sous le nom de Ctenocephalus Barrandei, (Prodr. 26. PI. 2 fig. 13.) doit être considéré comme non avenu.
3. Placoparia Zippei a été décrite et figurée par M. Corda, avec une suture faciale.
(Prodr. p. 128 PI. VI fig. 71.) Nous avons sous les yeux les têtes de cette espèce, obser¬
vées par cet auteur. (PI. 2 9) Elles ne montrent aucun vestige de suture quelconque, non plus que celles de Plac. Tourneminei. Rou. dont nous avons examiné les meilleurs exemplaires connus, chez M. M. de Verneuil et Rouault.
Nous, n’avons fait aucune mention des genres Phlysacium , Plianoples , Crithias, Tetraçnemis et Goniacanthus , décrits dans le Prodrome comme dépourvus d’yeux et dont la suture faciale est toujours indiquée avec beaucoup de détails, suivant des directions inouies. Le motif qui nous fait éliminer ces noms, c’est qu’ils ne représentent réellement aucune forme nOu-
YEUX DES TRILOBITES
velle. Phlysacium et Phanoptes sont fondés, l’un sur notre Hydrocephalus carens, et l’autre sur notre Hydroc. Saturnoides. Or, ces deux espèces sont l’une et l’autre pourvues d’yeux et d’une suture faciale très-distincte, mais tout autre que celle que M. Corda leur a prêtée. Les trois autres noms génériques: Crithias, Telracnemis et Goniacanthus désignent trois des formes ou degrés de développement de notre Suo hirsuta. Quoique ces degrés soient ceux du premier âge, ils permettent cependant de reconnaître l’existence des yeux et des branches faciales véritables de la grande suture, très-différente de celle qui a été imaginée dans les descriptions du Prodrome.
Résumé: Les connexions entre les branches faciales delà grande suture et les yeux peuvent se formuler ainsi:
1. Dans les Irilobites dont les yeux sont réticulés , la règle générale est la coexistence de ces organes et des branches faciales de la grande suture. Par exception, l’œil existe sans ces branches, mais très-rarement.
2. Au contraire, dans les Trilobites qui ont des yeux simples, la règle générale est l’existence de l’œil sans les branches faciales de la grande suture. Jusqu’ici, cette règle est sans exception.
3. Dans le genre Ampyx et dans deux espèces du genre Conocephalites citées ci-dessus, on a constaté P existence des branches faciales de la grande suture sans yeux.
.§'• ô. Valeur des caractères fournis par les yeux. -
1. La considération de l’existence ou du manque des yeux, qui a servi de base principale aux divisions établies par Dalman et Goldfuss, perd tout son poids, si on remarque l’affinité qui lie indissolublement entr’eux des Trilobites, dont les uns sont pourvus et les autres privés d’yeux. Nous citerons les genres Zelhus et Dindymene, et les diverses espèces d’ un même genre, tels que Conocephalites et Trinucleus. Soit qu’on maintienne dans un même type ces espèces, les unes voyantes, les autres aveugles, soit qu’on les range sous deux dénominations génériques différentes, on ne saurait les séparer dans la série des genres, sans rompre les plus fortes affinités. Ainsi, l’existence ou le manque des yeux ne peuvent fournir aucune base de division générale, ni aucune distinction de famille. On peut les admettre auxitiairement parmi les caractères génériques, comme entre Zelhus et Dindymene. Dans d’ autres cas, ils ne nous paraissent pas dépasser la portée des caractères spécifiques, comme dans Conocephalites et Trinucleus.
2. La structure des yeux nous présente trois types tellement distincts, qu’ils semblent pouvoir servir de base à autant de divisions générales parmi les Trilobites. Malheureusement, dans la pratique, 1’ emploi de ces moyens nous paraît de peu de secours. En effet, il faut remarquer, que tous les irilobites dont l’œil est construit suivant le premier type, se réduisent aux deux genres, Phacops et Dalmanites , que bien des paléontologues persisteront peutêtre, à considérer comme un seul. Bien que riches en espèces, ces deux genres réunis ne renferment, en somme, qu’une faible fraction du nombre total des Trilobites connus. Dans l’étendue de la Faune irilobitique de Bohême, cette fraction serait d’environ i, et probablement, elle serait encore moindre, si nous embrassions dans notre calcul les Faunes de toutes les contrées paléozoïques.
Si nous énumérons de même les formes qui offrent le 3“e type de la structure oculaire, nous ne trouvons que deux genres Harpes et Trinucleus. Encore faut-il ne pas oublier, que nous adjoignons Trinucleus , par analogie, et seulement pour 2 espèces qui, réunies aux t4 espèces admises de Harpes, feraient un total de 16, pour la Faune paléozoïque de toutes les régions connues. Dans les limites de la Faune de Bohême, nous ne compterions en tout que
9 espèces, présentant le 3me type, c. à d. environ du nombre de nos Trilobites.
En ajoutant les deux fractions que nous venons d’indiquer pour la Bohême, nous trouvons, que la somme de toutes les espèces appartenant au premier et au troisième types réunis, s’élève à peine au dessus du sixième du nombre total de nos Trilobites.
Si maintenant, au lieu de comparer les chiffres relatifs aux espèces, nous avons égard aux genres généralement admis et (pie nous avons constamment pris en considération dans nos études, leur nombre total s’élève, d’après nos connaissances, à 4 5. Or, le chiffre des genres ci-dessus indiqués pour le Ie et 3er type oculaire, serait tout au plus de 4; ainsi il ne représenterait pas tt du nombre total des types génériques admis.
La considération de ce dernier rapport a l’avantage d’être plus générale, que celle qui a été basée sur les espèces de la Faune de Bohême. Quel que soit le point de vue sous lequel on envisage celte question, il n’en est pas moins certain, qu’en employant les trois types de la structure oculaire, comme bases d’autant de coupes parmi les Trilobites, il resterait dans la division correspondante au second type, une masse comprenant au moins les U de la Tribu entière. Les premières coupes faites seraient donc à peu-près illusoires et elles ne dispenseraient pas de chercher de nouveaux et puissans moyens de classification.
En second lieu, si les Phacops et les Dalmaniles forment une division à part, ils seront isolés des Calymene, Proetus &c. avec lesquels ils sont cependant liés par de grandes affinités naturelles.
Ces inconvéniens nous induisent à considérer les divisions par la structure des yeux, comme ne présentant pas les avantages qu’on doit attendre d’une bonne classification naturelle.
3. Ce que nous avons dit sur les variations de la forme, des proportions et de la position des yeux, suffit pour faire concevoir, que l’on ne peut ürer de l’observation de ces élémens que des caractères spécifiques.
Chapitre 5. Joue fixe, joue mobile, pointe génale, et doublure du test céphalique.
Nous croyons devoir conserver le nom collectif de Joues, par lequel presque tous nos devanciers ont désigné les lobes latéraux de la tête, c. à d. les parties de 1 enveloppe céphalique, symétriquement situées de chaque côté de la glabelle, et séparées de celle-ci par les sillons dorsaux. Chacun des lobes latéraux est ordinairement subdivisé par les branches faciales de la grande suture, en deux segmens de forme diverse. Le segment compris entre chaque branche et le sillon dorsal, reste constamment attaché à la glabelle, constituant avec elle la pièce médiane de la tête. Nous le nommons: Joue fixe. Le segment placé en dehors des branches faciales se détache au contraire très-fréquemment, par l’effet de la décomposition de la tête; pour ce motif nous lui avons donné le nom de Joue mobile. fNot. prél.)
D’après ces définitions, il est clair que le lobe palpébral, recouvrant l’œil, fait toujours partie de la joue fixe; tandisque la surface visuelle fait corps avec la joue mobile et se détache avec élle du reste de la tête.
Les relations d’étendue entre la joue fixe et la joue mobile, doivent nécessairement varier selon le cours des branches faciales de la grande suture, non seulement en passant d’un genre à l’autre, mais aussi en comparant les diverses espèces d’un même type. On conçoit
aussi, que l’augmentation de la première en superficie, entraîne nécessairement une diminution
correspondante de la seconde.
Dans un seul cas, la distinction que nous établissons entre la joue fixe et la joue mobile, disparait: c’est lorsque les branches faciales cessent d’exister. Nous avons signalé ci-dessus quelques espèces qui présentent cette anomalie, telles que Acidaspis Verneuili Sec. Alors la dénomination de Joue, ou de lobe latéral de la tête, suffit également à tous besoins des descriptions.
D’après la définition que nous venons de donner, la joue fixe est la partie de la surface céphalique comprise, de chaque côté, entre le sillon dorsal et la branche faciale, tandisque nous avons défini comme Glabelle , l’espace compris entre les sillons dorsaux. Nous rapprochons ces deux définitions, pour mieux faire concevoir les limites réciproques de ces élémens de l’enveloppe. Les sillons dorsaux se réunissant ordinairement d’ une manière plus ou moins marquée, autour du lobe frontal de la glabelle, il s’en suit, que le limbe frontal est exclus de cell-ci, et fait partie des joues. Suivant que la suture se compose de branches faciales réunies ou isolées, sur la partie antérieure de la tête, le bord frontal appartient, à la joue mo¬
bile dans le premier cas, et dans le second à la joue fixe.