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JOUES ET DOUBLURE DU TEST DES TRILOBITES

Nous aurons à considérer séparément:

§. 1. La joue fixe.

§• 2. La joue mobile.

§■ 3. La pointe génale.

§. 4. La doublure du test céphalique.

§. 1. Joue fixe.

Rien n’est plus variable, et parconséquent rien n’est plus difficile à définir, que la forme de cette partie. Elle, est subordonnée à toutes les variations des sillons dorsaux, d’un côté, et de l’autre, à celles de chacune des branches de la suture faciale. Les modifications que la joue fixe éprouve par suite de ces variations, la font disparaître, tantôt dans la partie antérieure, tantôt dans la région postérieure de la tête, mais elle est constamment représentée par le lobe palpébral, qui forme comme son centre.

En avant du lobe palpébral, la joue fixe s’évanouit plus ou moins complètement, dans tous les Trilobites, où les branches de la suture faciale se réunissent devant la glabelle, comme dans les Phacops, Dalmania fc. Elle commence à devenir sensible, lorsque les branches de la suture se séparent vers le front, et elle s’accroît en proportion de leur écartement, comme dans les Pi oelus , Bronteus Spc. Elle acquiert le maximum de son étendue dans cette région, lorsque la suture aboutit sur le contour le plus loin possible de l’axe , et surtout lorsqu’en même temps, l’oeil s’éloigne latéralement du sillon dorsal. C’est ce que nous observons dans les Paradoxides, Arionellus , Sao , Ellipsocephalus , Conocephal. striatus Sçc. On remarquera aisément sur les figures de ces Trilobites, que les joues fixes forment de chaque côté de la glabelle, une, bande longitudinale, plus ou moins contractée au milieu, en raison de la position de l’oeil. De plus, elles font corps l’une avec l’autre devant la glabelle, et elles portent le limbe frontal lorsqu’il existe.

En arrière du lobe palpébral, la joue fixe s’évanouit sensiblement, lorsque l’oeil étant placé près du bord postérieur de la tête, la suture faciale aboutit dans le sillon dorsal. Cette conformation très-rare, existe dans le genre Remopleurides (PI. 43). Elle coincide avec cette circonstance, que les branches de la suture faciale étant réunies devant le lobe frontal de la glabelle, la partie de la joue fixe en avant du lobe palpébral, disparaît simultanément. Ainsi dans ce genre, la surface de la joue fixe se réduit à celle du lobe palpébral, qui figure une bande concentrique au bord de la glabelle. A partir de ce minimum, nous voyons la partie postérieure de la joue fixe très-reconnaissable, quoique peu étendue, dans les genres Illaenus, Aeglina, Phïllipsia, Proetus fyc. Ce qui rend son étendue moins sensible dans les deux premiers, c’est l’absence du sillon dorsal, à peine indiqué, et en même temps l’exiguité du lobe palpébral. Dans les Bronteus, elle se réduit à une petite bande étroite, parallèle au bord thoracique. A mesure que l’extrémité de la suture faciale, le point ci-dessus mommé w (p. 118) s’écarte du sillon dorsal, la joue fixe s’accroît peu à peu, dans cette région. Elle atteint l’angle gênai postérieur dans les Calymene, Lichas fc. puis elle le dépasse dans Cromus. Elle parvient à son développement maximum dans les Phacops, Dalmania et Cheirurus. Les espèces: Phac. cryptophtalmus Emmr. et Gheir. Cordai Barr. nous montrent la joue fixe envahissant presque tout le lobe latéral de la tête, et la joue mobile réduite parconséquent au minimum. Dans la progression croissante que nous venons d’indiquer, pour la partie postérieure de la joue fixe, il est clair, qu’elle porte d’abord une portion du limbe postérieur de la joue, puis ce limbe tout entier, et enfin la majeure fraction du bord latéral de la tête.

§. 2. Joue mobile.

Cette pièce indépendante de la pièce centrale de la tête, varie dans son étendue, en raison inverse de la joue fixe. Elle présente donc son maximum de superficie relative dans les Remopleurides, et le minimum dans les Phacops, Dalmania et Cheirurus.

Suivant la forme de la suture faciale, les deux joues mobiles sont, ou liées ensemble, ou isolées l’une de l’autre. Elles sont unies par le bord frontal, toutes les fois que les branches de la suture se réunissent par une courbe qui n’atteint pas le contour. Elles sont indépendantes, dès que ces lignes touchent le bord, soit en un même point, soit en deux points distincts.

Dans tous/ les cas, lorsque les joues mobiles existent, chacune d’elles porte une partie du

bord latéral de la tête, et lorsque la joue fixe est peu étendue, elles portent aussi une fraction

plus ou moins grande du bord postérieur de la tête.

On peut toujours comparer la joue mobile à un triangle, dont la surface diversement bombée, s'incline plus ou moins vers l’extérieur, jusqu’à devenir presque verticale dans certaines espèces, comme Bront. Brongniarti, et divers Proetus, tandisqu’elle est à peu-près horizontale dans Bemopleurides radians, et dans la plupart des Paradoxales. Lorsque l’oeil prend de grandes dimensions, il couvre de plus en plus la superficie de la joue mobile et il l’occupe même toute entière dans les Aeglina. (PL 34.)

ÿ. S. Pointe yènale .

On peut considérer la pointe génale comme un appendice, fixé à l’angle postérieur de la joue. Cet angle, que nous nommons aussi plus brièvement angle gênai, se trouve tantôt sur la joue fixe , tantôt sur la joue mobile , et parfois aussi sur leur limite réciproque , suivant le cours de la suture faciale. L’angle considéré en lui-même, est presque toujours aigu, rarement il atteint 90°. Son sommet est souvent émoussé et arrondi, comme dans presque toutes les espèces de Calymene (PL 19.); quelquefois il est nettement arrêté comme dans Bront. Brongniarti, et plus souvent il se prolonge en pointe plus ou moins développée. Cette pointe est tantôt large, et aplatie, comme dans nos Asaph. nobilis et ingens, tantôt conique ou cvlindroide, comme dans les Acidaspis Buchi, Leonhardi, &c. Sa longueur varie autant que sa forme, parmi les espèces congénères, qui en sont tantôt pourvues, tantôt privées, comme les Illaenus, Proetus, Calymene, &c. Nous la voyons notablement développée dans une des variétés d’une seule et même espèce , Daim, socialis , tandisqu’elle se réduit et disparaît presque , dans la variété : proaeva.

La pointe de l’angle gênai ne peut être considérée que comme une expansion du test, ou prolongement du bourrelet 'formant le bord latéral. Elle n’a donc d’autre importance que celle qu’on peut attribuer à un appendice ornemental. Il est cependant important d observer sa conformation, afin d’éviter des erreurs auxquelles peut donner lieu l’état de conservation de divers Trilobites.

La pointe génale est un cône creux dans certaines espèces, tandisqu il est plein dans d autres. Dans le premier cas, le cône creux était sans doute rempli d’une substance charnue, comme le bourrelet du bord. Cette conformation se reconnaît aisément dans les Dalmania, où la cavité intérieure était considérable (PL 24). Elle n’est pas moins apparente dans Acid. Buchi , et Acid. Keyserlingi, dont nous trouvons la pointe génale tantôt avec le test, tantôt représentée par le moule intérieur, entouré d’un vide qui correspond à l’enveloppe calcaire dissoute dans les schistes. Les longs appendices de la joue des Paradoxides étaient également des corps creux; cest ce que nous pouvons aisément constater sur les moules de ces Trilobites, malgré la pression quils ont subie.

Les pointes génales étaient au contraire pleines, dans les Conocephalites, Arionellus , Sao, Calymene pulchra, &c. Divers exemplaires de notre collection nous permettent d’observer ces pointes encore tenant aux angles, mais ouvertes au point de leur jonction avec la joue. Or, dans ^ ce cas, on distingue clairement le moule terminé par un arc arrondi, et ne pénétrant pas dans 1 intérieur de la pointe. Cette observation nous explique naturellement, l’apparence variable des espèces indiquées, qui se présentent tantôt avec un angle gênai parfaitement arrondi, - tantôt avec une pointe très-dével'oppée. Par suite de cette diverse apparence, on serait exposé à donner deux-

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