JOUES ET DOUBLURE DU TEST DES TRILOBITES
noms spécifiques à une seule et même espèce. C’est ce qu’a fait M. Corda, pour plusieurs Trilobites, et notamment pour Conoceph. Sulzeri, qu’il a décrit d’abord sous ce nom avec des pointes, et ensuite avec l’angle arrondi, sous la dénomination de Con. mutica.
§. 4. Doublure du test céphalique.
L’enveloppe crustacée recouvrant la tête des Trilobites ne se termine pas brusquement à l’arête extérieure du contour, mais elle se reploie constamment en dessous, pour former comme une doublure à la surface supérieure. Cette doublure dont les. principales destinations semblent avoir été, de donner plus de solidité aux parties du test les plus exposées, et de fournir des surfaces d'attache aux muscles mouvant les appareils buccaux, s’étend plus ou moins loin vers l’intérieur. Sa largeur est ordinairement en rapport avec celle du limbe lorsqu’il existe, et comme nous l’avons déjà fait observer, la doublure constitue avec celui-ci un corps creux , ou bourrelet, offrant l’accroissement de résistance qu’on sait appartenir à cette forme.
La doublure s’étend sur tout le contour de la tête, mais elle a peu d’importance le long du contour postérieur, parceque dans cette partie, elle se présente d’une manière à peu-près uniforme, quel que soit le genre ou l’espèce que l’on considère, et c’est là d’ailleurs qu’elle possède la moindre largeur.
Le long du bord latéral de la tête, la doublure et le test supérieur offrent sur l’arête qui les raccorde, une rainure plus ou moins prononcée, que les paléontologues ont considérée comme destinée à recevoir l’arête saillante du contour du pygidium, dans l’état d’enroulement. Cette rainure se voit ordinairement sur les Pliacops. Dans certaines espèces, elle s’efface presque long du bord frontal, comme dans Ph. cephalotes, tandisqu’elle est très-profonde dans d’autres, telles que Ph. foecundüs var. maxima. (PI. 21.)
La partie la plus importante de la doublure est celle qui correspond à la partie antérieure de la tête, et que nous nommons doublure sous-frontale. Sa fonction principale consiste à porter l’hypostôme, toujours fixé à son bord postérieur, par la suture hypostomale.
L’étendue de la doublure sous-frontale à partir du contour, vers l’intérieur, est fort différente suivant les genres. Elle est au minimum, si toutefois on peut la considérer comme existante, dans les Cheirurus et dans les Lichas, dont l’hypostôme se soude au bord immédiat du front. Au contraire, cette doublure prend une surface considérable dans les Calymene, Phacops, Asaphus, Bronteus, Illaenus, &c. dont î’hypostôme est placé assez en arrière, par rapport au contour frontal.
Suivant les sutures coexistantes dans chaque genre, la doublure sous-frontale est, ou indépendante, ou bien attachée tantôt à l’une, tantôt à l’autre des pièçes de l’enveloppe céphalique. Son indépendance est une conséquence de la présence de la suture marginale, comme dans Illaenus, ou de la suture rostrale, comme dans Calymene et Bronteus. Mais dans ces deux derniers genres, il reste une petite bande de la doublure fixée au front.
Dans tous les autres cas, la doublure sous-frontale est fixée aux parties de la surface supérieure de la tête. 1. — Lorsque la suture faciale présente deux branches séparées, franchissant isolément le contour, et prolongées jusqu’à la suture hypostomale, comme dans les Proetus figurés par le Profit. Lovén, la glabelle et les deux joues mobiles conservent chacune la partie de la doubluré sous-frontale qui leur correspond. 2. — Lorsque au contraire, la suture faciale décrit sur la surface supérieure de la tête, une courbe concentrique au contour, comme dans les Phacops, Dalmania, Remopleurides, le groupe d eOgygia dilatata, &c., la doublure sousfrontale fait corps avec les deux joues mobiles qu’elle sert à réunir, l’une avec l’autre. 3. — Enfin, les branches de la suture faciale étant aussi réunies, mais en ogive, comme dans beaucoup d' Asaphus, s’il existe en même temps une suture médiane, comme dans As.gigas = flsot. gigas), la doublure sous-frontale se trouve divisée en deux parties égales, dont chacune reste fixée à l’une des joues mobiles.
Les divers élérriens que nous avons considérés dans ce chapitre, étant d’un nature peu importante dans l’organisation des Trilobites, ne peuvent fournir que des caractères accessoires , et rentrant en grande partie, dans ceux que nous offrent les sutures. Leur valeur peut cependant être fréquemment admise, dans la distinction des espèces d’un même genre.