EXTRAITS DE LA PREFACE DE L EDITION PRECEDENTE
Les questions d'impôt acquièrent, dans ce dernier quart de siècle, une importance dont la cause première doit être attribuée au développement désordonné des dépenses publiques. En vain, certains pays essayent-ils de pourvoir temporairement à ce débordement de dépenses au moyen d'emprunts plus ou moins déguisés, de tels procédés ne sauraient se prolonger. Force est donc de se résigner tôt ou tard, et d'autant plus largement qu'on recule davantage, à relever le montant des impôts au niveau des dépenses, c'est -à -dire à désorganiser le système fiscal existant par une succession de créations et de retouches.
Corrélativement, le mouvement des idées sociales, surexcité d'ailleurs par la situation qui vient d'être indiquée, se lance plus que jamais dans la ,voie des projets radicaux de réformes d'impôts. Ces projets, à Tordre du jour dans tous les pays, prétendent substituer au régime actuel un régime entièrement nouveau, où régnera désormais la mise en pratique de la véritable justice démocratique. 11 ne s'agit plus, alors, comme précédemment,de remaniements partiels effectués au jour le jour. Le bloc même des contributions existantes doit disparaître d'un seul coup, et faire place d'emblée au système sortant tout agencé du cerveau de ses promoteurs.
La fantasmagorie d'un tel changement à vue, malgré son invraisemblance, n'en séduit pas moins la masse du public. Il suffit, pour s'en convaincre) d'avoir parcouru, en août 1893, les diverses communes de France, où s'étalaient sur tous les murs les professions de foi des candidats aux élections générales.
Évidemment, si les candidats s'accoident à risquer de telles élucubrations, c'est que leurs électeurs s'y complaisent. Là est le grave danger qui survit à la période électorale. Car le public conserve les sentiments irréfléchis qu'attisent périodiquement ses courtisans. Ces sentiments, d'ail-