‹ Tabagisme et dénicotinisationChapitre 11 sur 17 · EU DE · texte numérisé non relu

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2° accidents tardifs (survenant chez des fumeurs invétérés de 15, 20 ans) (peuvent être précédés ou non d'accidents précoces) : douleur précordiale obsédante, se montrant aussi bien la nuit que le jour, accompagnée le plus souvent de dépression cardiaque, d’arythmie, et aboutissant à l’angine de poitrine spasmo-tabagique, par spasme des coronaires lié à la névrite du plexus

cardiaque.

Ces troubles persistent. longtemps après la suppression du tabac et réapparaissent dès que le malade recommence à fumer, même d’une facon modérée, comme si le cœur présentait une extrème sensibilité pour ce poison, une fois la limite de tolérance atteinte ou dépassée.

Huchard admet, en outre de ces accidents, une angine de poitrine scléro-labagique, angine vraie, liée à l’aortite chronique et à la sclérose du myocarde. Tandis que les autres formes se terminent rarement par la mort (Beau, Letulle ont cependant publié des observations de mort subite sans aucune lésion constatable à l’autopsie, et le professeur Dieulafoy est d'avis que «tout individu atteint d'angine de poitrine peut en mourir »), on connaît le pronostic effrayant de l’angine vraie, qui survenant à la suite d’un effort souvent minime, terrasse sa victime en quelques secondes, sans qu'un cri ait eu le temps de traduire la sensation horrible qu'elle éprouve. Potain et Lancereaux ne reconnaissent pas au tabac le pouvoir de produire directement l’aortite chronique ; Péter admet que la dégradation tabagique amène, au même titre que les diverses intoxi-

cations, la sénilité prématurée, et par elle les lésions de cet état (Bureau, Les Aortiles, 1895).

M. Rénon, qui croit à l'action spécifique directe de la nicotine sur les artères, vient d'attirer l'attention sur les faits de claudication intermittente et sur la thrombose de l'aorte abdominale ; dans un certain nombre de cas il n'a pu incriminer que l'intoxication tabagique ; d’autres fois la syphilis et l'alcoolisme s’associaient à l'action du tabac. (Aortite, Tabagisme et Syphillis. Gaz. Méd. de Paris 07.)

Appareil respiratoire. — La laryngile chronique est fréquente chez les fumeurs qui « avalent » la fumée ; Péter a remarqué chez quelques-uns une foux opiniâtre ; Blatin a voulu faire du tabac une cause d'emphysème pulmonaire.

L'asthine tabagique a été décrit par divers auteurs comme ayant des caractères tout à fait particuliers (Fonssard, Péter, Jaquemart).

C’est une dyspnée pénénible survenant le soir des jours où l’on a beaucoup fumé. « Le sujet éprouve une sensation analogue à celle que produit la privation d'air; il lui semble que sa respiration s’arrête et qu'il est menacé d’asphyxie; alors il suspend toute occupation, fait des inspirations lentes et profondes, des expirations rapides, et ce n’est qu'après un certain temps employé à ces efforts respiratoires, que l’anxiété et la dyspnée disparaissent. Or l’auscultation permet de constater que pendant l'accès, l’air ne cesse pas un seul instant de pénétrer dans toute l'étendue des poumons, et que, pendant ce temps aussi, le cœur bat normalement ou présente à peine quelques intermittences, »

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Cette dyspnée est un signe de saturation nicotinique ; la cessation de fumer suflit pour la faire disparaître.

Appareil.digestif. — La leucoplasie buccale, à ses divers degrés, est fréquente chez les fumeurs ; mais «le tabac ne paraît avoir dans son apparition qu’un rôle adjuvant et l'indispensable dans l'espèce est la syphilis ; son rôle, comme aussi le rôle collaborant du tabac, doit être étendu aux formes les plus atténuées de taches nacrées, opalines, pelure d'oignon, de la face interne des joues et des commissures, toutes lésions jusqu'ici hors du procès syphilitique et mises à la charge du tabac ». (Landon o8).

Non seulement la fumée favorise les manifestations buccales de la syphilis, mais elle contribue à en assurer la persistance.

La question des cancers des lèvres et de la langue a longtemps été discutée ; actuellement il est permis d'aflirmer avec Velpeau, Kirmisson, Broca, Macdonald, Nélaton, Richet, que le brûle-gueule n’a qu'un rôle irritatif et qu'il favorise seulement la localisation du germe encore inconnu qui produit le cancroïde.

Guermonprez, de Lille, incrimine avec plus de raison le verre à boire des cabarets qui, ébréché la plupart du temps, mal rincé toujours, passe de bouche en bouche et transmet le contage.

La pharyngite granuleuse est connue de tout le monde et Triquet a insisté sur la surdité qu’elle peut amener par suite de l’obstruction de la trompe d'Eustache.

Les fumeurs ont de la gastralgie(Monneret), de mau-

vaises digeslions par suite de la diminution de l'acidité du suc gastrique (Kohos) ; ils présentent souvent de la dyspepsie flatulante (Beau, Péter, Potain, Macdonald, Vulpian, Craemer) ; enfin la diarrhée serait plus fréquente chez eux, par suite sans doute de l’action laxative du tabac.

Appareil génito-urinaire.— De nombreux auteurs ont accusé le tabac de « déprimer ou éteindre le sens génital » (D' Depicrin) « L'homme qui fume, dit Michelet, n’a que faire de la femme ; son amour c'est cette fumée où le meilleur de lui s’en va... vaine vapeur où se fond l’homme insousciant de lui-même, des autres, de toute affection ».

De longues dissertations, de minutieuses expériences sur ce sujet n'ont pas encore abouti à la solution du problème !

Peu nous importe ! Le tabac a recu des blâmes plus sérieux : « Il provoque l'avortement » ont aflirmé les anciens auteurs, d'après leurs observations sur les ouvrières des manufactures de tabacs, Heurtaux, Mélier, Decaisne, Delaunay, Jacquemart (1880), Bousquet dans sa Thèse (1872) donnent des statistiques effrayantes, surtout pour les ouvrières arrivées récemment ; mais l'examen plus impartial des faits a montré que la manipulation du tabac n’est nullement en cause, et que les résultats des statistiques (d'ailleurs fort difficiles à établir) doivent être expliqués autrement (Piasecki, Brouardel). M. le D' Fallot qui est de cet avis, nous dit en outre qu'il observe peu d’avortements à la Manufacturé de Lyon (10 °/, au max.).

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Nous en dirons tout autant pour ce qui concerne la morlalité infantile et l’allailement. Piasecki compte 223 morts sur 376 enfants au cours de la première année, G. Etienne 8 morts sur 8 enfants nourris au sein par leurs mères, ouvrières à la manufacture de Nancy.

Delauray, Quinquaud, Goyard, observent que « ces nourrissons sont très difficiles à élever ; ils ne s’endorment pas après avoir têté, ont des coliques, des selles vert-de-gris, des convulsions, un teint terreux, un caractère irritable, ils sont petits, peu résistants aux maladies ».

Kostial et Etienne attribuent les accidents à la présence de nicotine dans lé lait des mères ; mais, outre que ce fait n’a jamais été démontré chimiquement (et M. Fallot doute du résultat) nous estimons, avec le professeur Fabre, qu’on trouve assez de bonnes raisons pour expliquer la mortalité infantile, à ne considérer que l'hygiène générale très défectueuse et les conditions de milieu, sans incriminer le tabac, qui n'en peut mais !

Au reste le nombre d’ouvrières qui nourrissent au sein est, à la manufacture de Lyon, trop peu important pour quon puisse tenir compte des résultats ; on conseille cependant à la plupart des mères d’allaiter leurs enfants et l'Etat à créé, en septembre o4, une prime d'encouragement pour les quatre premiers mois d'allaitement maternel. Or, M. Fallot a constaté que les quelques ouvrières qui nourrissent au sein sont les ouvrières pauvres, le font par nécessité et le font mal,

d'où la misère physiologique des enfants.

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Système nerveux. — « L'intoxication par le tabac porte surtout ses effets malfaisants sur le système nerveux tout entier » (Péter).

Gélineau, Liégois ont recueilli des cas de céphalalzie opiniâtre et de névralgie du trijumeau dûes au tabagisme chronique.

Le tremblement a été signalé chez les fumeurs invétérés par Blatin, Bodros, J. Guérin, Potain, Huchard, Rochard et d’autres auteurs ; 1l ressemble à celui des alcooliques.

Plus rares sont les observations d’hallucinations (Blanchet), de /ypémanie (Bodros), de crises hystériformes (Gilbert), d'épilepsie tabagique (un cas de Ch. Hastings cité par Jolly), (Gélineau) et de paralysie nicotinique (Jolly). |

Kjellberg a parlé d’une psychose spéciale au tabac, qu'il appelle wicotinosis mentalis, et on a été jusqu’à dire

: que le tabac produit la paralysie générale.

L'affaiblissement de la mémoire est un fait plus certain, reconnu depuis très longtemps par Néander, Bacon, Rouillard, Sichel, et admis par tous les auteurs.

L'amnésie nicotinique porte principalement sur les mots et en particulier sur les noms propres ; «le sujet qui en est atteint, dit Rouillard, se sert à chaque instant dés mots « machin », « chose », pour désigner les personnes et les objets dont il ne peut plus évoquer le nom. La mémoire revient à l'intégrité parfaite lorsqu'il’ cesse de fumer.» Faut-il ajouter à la liste déjà longue des méfaits du tabac l’affaiblissement de l'intelligence et jusqu’à la dégénérescence de la race ? Nous nous permettrons d’en douter.

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Beaucoup d'hommes de génie étaient fumeurs ; (Milton, Byron, Walter-Scott, Haller, Bacon, Locke, Newton, Kant) Napoléon I‘ prisait constamment, à tel point qu'on a immortalisé le geste famillier du « Petit caporal », qui n'avait pas de tabatière et prenait du tabac dans la poche gauche de son gilet !

Organes des sens. — Delie cite une dizaine de cas de surdité à évolution rapide, avec des bourdonnements d'oreilles et des vertiges passagers ; le Rinne positif indiquait une lésion de l'oreille interne. Cet auteur admet une action directe du tabac sur le nerf auditif et notamment sa branche cochléaire.

Les troubles oculaires sont plus fréquemment observés ; ils constituent, dans leur ensemble l’Arblyopie nicolinique, étudiée par Follin, qui la croyait très rare ainsi que Hübsch de Constantinople, puis par Mackensie, Desmarres, Sichel, Hutchinson, David, Gillé, Masselon, Galézowski et Ch. Martin, Fieuzal, plus récemment par Hirschberg, et par Terrien qui a résumé la question.

Le premier phénomène en date est la yctalopie, qui consiste en ce fait que le sujet est ébloui par la lumière vive et amélioré par les verres fumés ; puis on constate de la fatigue de l'accomodation, (asfénopie accomodatire) et de la rétine (asténopie rélinienne) se traduisant par un voile qui recouvre rapidement les objets fixés ; en même temps le malade présente de la dyschromaïopsie dûe à la persistance des images colorées sur sa rétine.

Si on examine le champ visuel, on décèle fréquem-

ment un scolome, qui est plus ou moins central, et débute

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par la tache aveugle de Mariotte pour s'étendre vers le point de fixation, qu'il envahit peu-à-peu >; existant seulement au début pour les couleurs (vert et rouge) il finit par devenir complet et le blanc même n'est plus perçu dans cette partie du champ visuel.

Le scotome est d’abord négatif, c’est-à-dire perçu seulement par l'observateur, puis le malade l’objective etaccuse dans son champ visuel une tache sombre au point de fixation.

On constate seulement du myosis et un léger degré d’anémie papillaire ; l’acuité visuelle peut tomber audessous de 1/10° de la normale.

Ces troubles cessent généralement après la supression du tabac ; on a cru remarquer qu'ils sont surtout fréquents chez les fumeurs de cigares et en général chez ceux qui utilisent des tabacs chargés en nicotine.

L’hyperméiropie coïncide le plus souvent avec l’amblyopie toxique « sans qu'on puisse dire si c'est la congestion du fond de l'œil qui favorise cette localisation de la nicotine ou si les deux troubles oculaires sont le résultat d’une tare héréditaire par laquelle le système nerveux serait plus facilement vulnérable aux intoxications » (Terrien).

Infections et intoxications. — La fumée de tabacest antiseptique ; il n’est donc pas étonnant que plusieurs auteurs lui attribuent à la fois un rôle prophylactique (Pécholier, Siméon) et curatif contre les infections pulmonaires et intestinales. La plupart des médecins des manufactures ont remarqué la rareté de la tuberculose et de la fièvre typhoïde parmi les ouvriers (vicomte Siméon 1842, docteur Fallot).

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« Il faut, dit Jankau, recommander aux phtisiques, surtout au début, de fumer beaucoup ». Beaucoup est exagéré, et il est certain que l’abus du tabac ne peut que diminuer la résistance du sujet et accélérer la marche des tuberculoses ouvertes. ;

La syphilis n'a rien à gagner de son association avec le tabac : localement le tabac favorise et entretient Île développement des syphilides buccales ; 1l fatigue les artères, créant de véritables traumatismes par les sautes de pression qu'il provoque.

« Le tabac, dit L. Rénon, nocif chez tout le monde, a son maximum de nocivité chez les syphilitiques ».

L’alcoolisme complique très souvent le tabagisme, et plusieurs auteurs ont prétendu que le tabac entraîne les jeunes fumeurs à faire des excès de boisson.

Cadet de (Gassiccourt a même remarqué que les ouvriers des manufactures s'adonnent plus particulièrement aux liqueurs fortes !

Nous en avons assez dit pour montrer combien les divers points du tabagisme clinique sont difliciles à résoudre : le début insidieux des divers accidents, chez des malades qui font usage du tabac depuis de longues années sans inconvénientsapparents, l’âge des malades,etles antécédents,souvent aussicomplexes que mal,connusfont qu'on peut très rarement affirmer l’étiologie tabagique.

Il appartient à l’expérimentation de supprimer les causes d'erreur et d'isoler à l'état pur les effets de l'intoxication par le tabac et la nicotine.

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Tabagisme expérimental

Méthodes générales. — Au début on a employé presque exclusivement la wicotine en solution aqueuse à 1 pour 1000 (Josué) et à 1: pour 200 (Adler et Hensel, nicotine Merk) (Papadia, Miller, Gébrowsky).

Le tabac en nature peut être utilisé sous forme de feuilles hächées de N. Tabacum (Ball) mélangées aux aliments, ou de pilules qu’on fait ingérer directement aux animaux (Lœæper et Boveri).

Boveri (de Parme), Baylac et Amouroux, Gouget, Ball, Lesieur, ont employé les nfusions de 10 à 20 gr. de tabac dans 100 cc. d’eau bouillante; après 10 minutes de contact, filtrer et conserver en flacons bouchés. Les macérations sont obtenues en triturant au mortier 10 à 20 gr. de tabac dans 100 gr. d’eau distillée; on laisse le tout pendant 24 heures à l'étuve à 38° puis on exprime le jus sur un filtre de papier.

Nous avons utilisé, après MM. Fleig et de Wisme, Guillain et Gy, Gébrowsky, les solutions aqueuses,

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obtenues en faisant barboter la fumée de 10 gr.. de tabac dans 100 gr. d’eau distillée, de sérum physiologique ou de divers liquides organiques.

Un dispositif facile à employer est le suivant: une pipe, contenant 10 ou 20 gr. de tabac est reliée à la tubulure longue d’un flacon laveur dont la tubulure courte est mise en communication avec une trompe à eau ; on place dans le flacon, qui doit être autant que possible de forme haute et étroite, le liquide dissolvant choisi et on règle le courant d’eau de façon a obtenir une aspiration très lente.

La solution de fumée est filtrée sur papieretconservée en flacons bouchés (M. Gébrowsky emploie des ampoules stérilisées de 5 cc. qu'il ferme à la lampe).

La fumée en nature est administrée aux animaux soit au moyen d'une trachéotomie soit en les plaçant dans une atmosphère de fumée ; dans le premier cas on se rapproche au maximum des conditions normales en envoyant des bouffées de fumée soit vers la bouche (fumeurs qui n’avalent pas la fumée), soit vers le poumon ; ces bouffées peuvent être intermittentes grâce à l’emploi d’un tube en YŸ dont une des branches s'ouvre à l'air libre et peut être obturée à volonté par l’expérimentateur.

Pour les afmosphères de fumée, plusieurs dispositifs ont été recommandés ; MM. Guillain et Gy en ont fait connaître un certain nombre (Archives de Médecine expérimentale 1908) : tantôt ils enferment les animaux dans des cages vitrées, hermétiquement closes, placent d'un côté une pipe allumée et font d'autre part une

aspiration lente à l’aide de la trompe à eau, tantôt ils

placent dans les cages entr'ouvertes des cigarettes Spéciales capables de se consumer spontanément. Nous reprochons à ces dispositifs d'apporter une cause d'erreur : l’asphyxie résultant de lair confiné (raréfié dans certains cas) et de l'élévation rapide de la température ; nous avons donc modifié ceux-ci de la facon suivante : notre cage vitrée étant munie de deux orifices, nous en avons laissé un ouvert à l'air libre; l’autre était relié à une trompe à air en rapport avec une pipe allumée. Le courant d’air, envoyé de facon intermittente, entraine avec lui une assez forte proportion de fumée, que nous renforçcons de temps à autre en faisant passer l’air directement par le foyer de la pipe.

On s'est servi, pour l'application de ces diverses méthodes, de toutes sortes de voies :

Par voie stomacale, on a introduit les feuilles hâchées, les pilules de tabac, les infusions et les macérations, ces dernières au moyen d’une petite sonde; Goujet recommande de ne pas laisser écouler de liquide le long de la sonde dans les voies digestives et respiratoires supérieures sous peine d’avoir des accidents mortels.

La voie pulmonaire n’a été utilisée que pour la fumée en nature.

La voie intra-veineuse est de beaucoup la plus employée : on se sert d’une aiguille de seringue de Pravaz (stérilisée par flambage) reliée soit à la seringue, soit à une burette de Mohr, suivant la quantité de liquide à injecter; on emploie ainsi la nicotine, les infusions ou macérations, les solutions de fumée,

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La voie sous-culanée donne de bons résultats également, sauf pour la fumée en nature dont nous avons rejeté l'emploi après un essai malheureux d’insuffation. Même technique que la précédente.

Quant aux animaux utilisés, nous citerons en toute première ligne le lapin, puis le chien, le cobaye ; nous nous sommes servis également, avec notre maitre Lesieur, du goujon, pour lequel nous avons adopté la méthode suivante :

Le poisson était placé dans un cristallisoir contenant 500 cc. d’eau ordinaire nous y faisions tomber goutte à goutte de la macération de tabac à l'aide d’une pipette graduée et à raison de 1 cc. par minute environ. E La grenouille n'a été employée que par les physiolo-

gistes. ‘

Tabagisme aigü

Voici d'abord les résultats obtenus avec la wicotine pure en injections intra-veineuses :

Appareil circulatoire : (CI. Bernard, Blatin, Mosbasaker) une faible dose amène un ralentissement initial puis une accélération plus durable des battements cardiaques, une forte dose augmente brusquement leur nombre et leur énergie, des doses répétées produisent une perturbation complète de l’excitabilité cardiaque, et de la bradycardie ävec arythmie.

Ces effets disparaissent par une injection d’atropine

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