‹ Tabagisme et dénicotinisationChapitre 9 sur 17 · D FL "22 R · texte numérisé non relu

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Nous indiquerons seulement à titre de curiosité un tabac d'Afrique, le Souffi, dont les feuilles contiennent en moyenne 16 °/, de nicotine ; il pourrait être employé par les expérimentateurs.

La préparation que subit le tabac avant d’être livré aux consommateurs a pour effet d’abaisser sa teneur en nicotine de 1/3 à 1/2 et de développer l’arôme. Celui-ci n’est pas, en effet, dû ‘exclusivement à la nicotine ; des produits, encore mal connus, qui se forment pendant la fermentation, contribuent à donner à chaque espèce de tabac une odeur et un goût particuliers.

* Le travail des manufactures se réduit, en principe, aux opérations suivantes : Les feuilles sèches, livrées en balles de cinq mille, sont mouillées avec une solution de sel marin à 18 °/,, et entassées dans des cuves où on les fait fermenter par élévation progressive de la température ; au bout de quatre mois elles sont reprises,

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hachées, torréfiées ; après séchage complet à l'air, le tabac est empaqueté.

Le tabac à priser est fabriqué avec les feuilles très corsées ; la fermentation en est poussée très loin, ce qui lui donne un arôme spécial ; les feuilles sont mises en poudre dans un moulin à raper. La poudre à priser contient 2,04 °/, de nicotine. On utilise de moins en le tabac sous cette forme ; est-ce affaire de mode, ou bien faut-il Voir à ce fait une raison philosophique, comme Fermond, qui dit dans sa monographie du tabac : « Plus l'usage d'une chose occupe de sens, plus elle a de chance de réussir ; or remärquons que le tabac est peut-être la seule substance qui puisse à la fois, sous forme de fumée, occuper trois de nos sens, savoir : le goût, l’odorat et la vue ; que, sous forme de prise ou de mastication, elle n én occupe qu’un... » |

La consommation du tabac à macher diminue également de jour en jour. La chique n'est plus qu'un pisaller, résérvé aux bouches peu délicates ; ses avantages sont de « se dissimuler facilement, de ne point gêner pendant le travail et surtout de ne faire courir aucun risque d'incendie. C'est pourquoi on trouve le plus grand nombre de chiqueurs, non seulement chez les marins, mais aussi chez les ouvriers occupés dans les mines, usines et ateliers où les substances inflammables abondent » (Pellet).

Le tabac à fumer est de beaucoup le plus intéressant pour nous; c'est celui qu’on a le plus souvent à invoquer dans l’étiologie du tabagisme.

Le scaterlati ordinaire estle plusemployé; il renferme de 15 à 18 espèces différentes (Docteur Fallot) :

1° des tabacs américains (Kentucky, Ohio).

2° du Hongrie ; :

39 des crûs divers (Java, St-Domingue) ; 4° du tabac d'Algérie ;

5° des tabacs indigènes.

Le mélange donne un produit de composition assez fise, renfermant 4 ‘/, de nicotine environ ; prêt à être livré à la consommation, il en contient 2,5 à 3,5 0j.

La combustion du tabac donne naissance à deux

sortes de produits :

1° Des matières distillées (constituant un goudron de tabac) nicotine, nicotianine, nicotéine (A. Pictet), huile empyreumatique composée de bases puriques (collidine, pyridine, picoline) et quinoléiques(aniline)ammoniaque, carbonate d’am, méthylamines, des carbures d’hydrogène, de l'alcool méthylique,de l'acide cyanhydrique et et des cyanures et isocyanures, des composés aldéhidiques et acétoniques {aldéhyde formique), des acides organiques (acétique notamment).

2° Des matières brüûlées, gaz divers, oxyde de carbone.

La toxicité de la fumée de tabac est surtout dûe, d’après les chimistes (Lebon, Johnston, Gmelin) à trois sortes de produits : la nicotine, la nicotianine et les bases puriques.

Lebon a calculé que, pour produire une quantité vraiment dangereuse d'oxyde de carbone et d'acide cyanhydrique dans une pièce de moyenne dimensionet d'air confiné, il faudrait fumer 30 pipes, 25 cigares ou 250 cigarettes (France médicale 1880).

Tout récemment C. Fleig (avril o8) a démontré que

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« la toxicité de l’oxyde de carbone de la fumée de tabac n'entre point en jeu dans les diverses conditions où se produit normalement l'intoxication tabagique chez l'homme. »

Cet expérimentateur fait traverser à la fumée un système absorbant, qui ne laisse passer que les gaz, mélange qui constitue la « fumée d'oxyde » ; cette fumée inhalée ne produit aucun des phénomènes que l’on observe à la suite de l'emploi de la fumée du tabac.

L'aldéhyde formique est en trop petite quantité dans la fumée pour qu’il puisse avoir soit une influence délétère sur l'homme soit même une action antiseptique et bactéricide importantes.

La présence de la nicotine dans la fumée de tabac a été mise en évidence par Melsens. M. le Docteur Fallot emploie le procédé suivant pour la recherche de cet alcaloïde dans les divers liquides (solution de fumée

de tabac, urines, lait...)

1° Séparation par l'éther dans la boule à décantation ; 2° Evaporation, traitement du résidu par le formol

PuX> 3° Ajouter quelques gouttes d'acide azotique.

S'il y a de la nicotine on obtient une coloration rouge éosine très nette. On pourrait faire le dosage par la méthode colorimétrique.

La combustion détruisant environ les 3/4 de la nicotine, il en subsisterait, d'après Bapst, Go centigrammes dans la fumée de 100 grammes de scaferlati ordinaire.

Or la dose de 1 milligramme, qui correspondrait

ainsi à moins de 2 grammes de tabac (soit le contenu d'une pipe de terre) serait suffisante pour tuer un homme si elle était absorbée en totalité ; mais, grâce à la température du milieu buccal, la condensation ne peut pas se produire et la quantité qui se dépose est très minime.

Il n’en est pas de même pour les animaux à sang froid, qui succombent à la suite de l'insufflation dans la bouche de quelques bouffées de tabac. Ce fait explique la différence de nocivité des divers modes de fumer : plus la fumée sera refroidie avant son arrivée à la bouche, moins elle renfermera de matières distillées.

Les narghilés, les pipes à réservoir ou à absorbants

sont beaucoup moins nocives que la pipe vulgaire; celle-

ciest d'autant moins dangereuse qu'elle est à plus long tuyau ; la cigarette et le cigare tenus à la bouche présentent le maximum d'inconvénients et l'on ne saurait trop conseiller l’usage de fume-cigarettes et de fume-cigare très longs !

La proportion de nicotine absorbée (et nous en pourrions dire autant de chacun des produits contenus dans la fumée) varie en outre suivant une multitude de facteurs :

En première ligne bien entendu, le tabac employé ; puis la façon de fumer : le fumeur qui « avale » la fumée s’intoxique davantage que celui qui la rejette immédiatement, celui qui fume rapidement est moins exposé que celui qui rallume plusieurs fois la pipe ou le cigare éteints.

F. Wikalill a remarqué que les pipes dont onne s'est pas servi depuis longtemps produisent des symptômes

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