SCENE II
FRANCISQUINE, MONDOR, NICAISE, pnisTABARIN .
Mondor et Nicaise entrent par le fondj enveloppés dans leurs manteaux, qu'ils quittent en entrant.
FRANCISQUINE *
Eh bien ?
NICAISE
Ils l'ont pendu, ce pauvre Fritelin !
Je l'ai vu — poings liés et cravate de lin — Horrible !... triste fleur dans sa tige frappée, La justice royale en a fait...
MONDOR
... Uneépée De Damoclès ! — Tant pis!... C'est une perte !
Mondor va s'asseoir à droite de la première table — Francisqnine à gauche de la seconde.
NICAISE
Ob ! oui.
Aviez-vous vu jamais garçon plus réjoui ? Plus rond ? plus franc ? plus fou ? malpeste ! Et quel coma^ONDOR. [ptre!]
L'art en prendra le deuil !
NICAISE, allant s'asseoir sur la première marche de l'escalier qui monte au théâtre.
La justice est sévère D'avoir expédié, pour un rien, à Sfttan, Un gaillard qui jouait si bien les capitan!
MONDOR
Par le fait, nous voici privés de matamore!
* Mondor, Nicaise, Franfisquine.
NICAISE
Oui Que donnerons-nous, ce soir ?
MONDOR
Le sais- je encore?...
NICAISE
La farce des deux sacs?
MONDOR
Oh!...
NICAISE
Celle des bossus?
MONDOR
Ah!., voilà de longs mois que nous vivons dessus : Je crains que le public enfin ne se rebelle!
NICAISE, se levant".
Ddme! vous, le docteur, madame, l'Isabelle... Tabarin, ( t puis mof, ça fait quatre, et c'est peu Pour jouer notre grand répertoire!
MONDOR
Parbleu !
Fritelin nous manquant, ce sera grand miracle Si, de manière ou d'autre, on peut faire un spectacle! Un vendredi. — Bone Deus ! Un jour d'extra ! Point de farce!...
NICAISE
Ah bien oui ! le maître y pourvoira!
MONDOR, se levant.
Le maître ?
NICAISE
MONDOR
Le maître, camarade, C'est moi, — Mondor.
NICAISE
Possible... ailleurs qu'à la parade !
— Je ne suis point ici, monsieur, pour vous vouloir Fâcher, et rends justice à votre grand savoir.