CONTINENT
Un naturaliste pénétrant , Benjamin Smith Barton, ft déjà dit, il y a longtemps, avec beaucoup de vérité: « I cannot but deeni it a puérile supposition, unsup-
ported by the évidence of nature , that a great part of America has probably later emerged from the bosom of the Océan than the other Continents, w {Fragments ofthe Natural Histary of Pensylvania, 1" part, p. 4.) J'ai touché le même point dans un mémoire sur les peuples primitifs de TÀmérique ; je disais alors : « Des écrivains d'ailleurs justement célèbres, ont trop souvent répété que TAmérique est, dans toute l'acception du mot, un nouveau continent. Cette richesse de végétation, les immenses cours d'eau dont elle est arrosée, la puissance et la fermentation continuelle des volcans, annoncent, suivant eux, que la terre, toujours tremblante etencore détrempée, est là plus voisine que dans l'ancien monde de l'état primordial du chaos. Longtemps déjà avant le commencement de mon voyage, de telles idées m'avaient paru aussi peu philosophiques que contraires aux lois physiques généralement reconnues. Ces images capricieuses de jeunesse et d'agitation , opposées à la sécheresse et à l'inertie de la terre vieillissante, ne peuvent prendre naissance que dans les esprits qui se font un jeu de chercher des contrastes entre les deux hémisphères, et ne se donnent pas la peine d'embrasser d'un coup d'oeil général la structure du corps terrestre. Faut-il regarder l'Italie méridionale comme plus récente que l'Italie du Nord, parce qu'elle est presque incessamment tourmentée par des tremblements de twre et des éruptions volcaniques? Que sont d'ailleurs aujourd'hui les volcans et les tremblements de terre?
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Quels pauvres phénomènes , si on les compare avec ks révolutions de la nature que doit supposer le géologue dans rétat de chaos, pour expliquer le soulèvement, la solidification et la rupture des masses de montagnes I Les forces de la nature ont dû produire des effets différents, suivant la différence des causes. Peutrétredans le nouveau monde, les volcans dont, aujourd'hui encore, on peut compter plus de vingt-huit, ont-ils conservé plus tard leur foyer ardent, parce que les hautei montagnes au sommet desquelles ils ont fait expIosioDi à travers des cratères rangés en file sur de longues crevasses, sont plus voisines de la mer, et qu'à peu d'exceptions près, ce voisinage, sans que Ton en ait encore clairement expliqué la cause, parait influer sur l'énergie du feu souterrain? De plus, les tremblements de terre et les éruptions se produisent à des époques périodiques. Aujourd'hui (j'écrivais ceci il y a quarante-deux ans}) l'agitation physique et le calme politique régnent dans le nouveau monde, tandis que, dans l'ancien, les luttes des peuples troublent la jouissance que leur off're le repos de la nature. Peut-être viendra-t-il des temps où , dans ce singulier contraste entre les forces physiques et les forces morales, un hémisphère prendra le rôle de l'autre? Les volcans reposent durant des siècles avant de faire rage de nouveau, et l'idée que les puissances de la nature doivent vivre en paix dans le continent le plus vieux n'est fondée que sur un jeu de notre imagination. On ne peut supposer aucune raison
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pour qu'une partie de notre planète soit plus vieille ou plus jeune que l'autre. Sans doute, il est arrivé que des lies , telles que les Âçores, et un grand nombre d'îles plates de la mer du Sud, ont été soulevées par des volcans ou formées peu à peu par des dépôts polypiers. Ces lies sont assurément plus récentes que beaucoup de formations plutoniennes de la chaîne centrale de l'Europe. Un petit coin de terre entouré de toutes parts de montagnes circulaires, comme la Bohême et le royaume de Kachmir, on peut dire aussi comme un grand sombre des vallées de la Lune, peut, à la suite d'inondations partielles, rester longtemps couvert par les eaux . Aptès l'écoulement de ces eaux , on serait en droit de dire par métaphore, que le sol sur lequel les plantes prennent peu àpeu racine est d'origine plus récente. Des tles ont été rattachées, par voie de soulèvement, à des masses continentales ; d'autres contrées se sont abîmées par suite des oscillations du sol ; mais en vertu des lois hjrdrostatiques, on ne peut se représenter d'inondation générale que comme existant simultanément dans toutes les parties du monde et sous tous les climats. La mer ne peut longtemps recouvrir les immenses plaines de l'Orénoque et de la rivière des Amazones sans ravager en même temps les contrées voisines de la mer Baltique. L'enchaînement et l'identité des couches horizontales et des débris organiques d'animaux et de plantes qui y sont renfermés depuis les temps antédiluviens, prouvent aussi qu'un grand nombre de dépôts se sont for-
mes à peu près en même temps sur toutes les parties de la terre (neue Berlinische Manaschrift, t. XY, 1806| p. 190) ; on peut consulter sur les débris de végétaux contenus dans les formations houillères au nord de rAmérique et de TEurope, Adolphe Brongniart,!^ drome â^une histoire des Végéta/ax fossiles^ p. 179, et Charles Lyeli, Travels in North America^ t. II, p. 30).»
Note 20, page 44.
OBSERVATIONS THERMOMÉTRIQUES SUR l'HÂMISPHÈRS DUNOID