ET L*HÉMISPHÉRE DU SUD
Le Chili, Buenos- Aires, la partie méridionale da Brésil et le Pérou , jouissent véritablement du climat des îles, grâce au peu de largeur du continent qui va se rétrécissant vers le sud ; les hivers y sont doux, les étés frais. Cet avantage de Thémisphère austral se &it sentir jusqu'à 48<> et 50'' de latitude méridionale; mais à mesure que Ton s'engage plus avant vers les glaces du pAle arctique, TAmérique devient peu à peu un désert inhospitalier. La différence des latitudes sous lesquelles se prolongent vers le sud Textrémité de l'Australie y compris nie de Diemen , la pointe de l'Afrique et celle de l'Amérique, donne à chacun de ces continents un caractère particulier. Le détroit de Magellan est situé entre 53° et 54° de latitude, et cependant le thermomètre, an mois de décembre et au mois de janvier où le soleil reste dix -huit heures au-dessus de l'horizon, tombe jusqu'à
4^' Réaum. Il neige presque tous les jours dans la plaine, et la plus grande chaleur que Churruca ait observée au mois de décembre 1788, dans Tété par conséquent, ne dépassait pas 9^. Le Cabo Pilar, dont les rochers semblables à des tours en ruine n'ont pas plus de 218 toises de hauteur, et que Ton peut regarder comme l'extrémité méridionale de la chaîne des Ande?, est situé à peu près sous le même parallèle que Berlin (Relacion del Viage al Estrecho de Magallanes , apendîce, 1793, p. 76).
Tandis que dans Thémisphère septentrional, tous les continents, en se prolongeant vers le pôle, rencontrent une limite moyenne qui coïncide à peu près régulièrement avec le 70*" parallèle ; la pointe méridionale de la terre de Feu, coupée en tous sens par les eaux de la mer, celle de TÂustralie et celle de l'Afrique sont éloignées respectivement du pôle sud de 34'»,46° 30' et 56°. La température des masses d'eau si inégales qui séparent ces extrémités des glaces du pôle, produit dans les climats des différences essentielles. Si l'on compare, sous le rapport de l'étendue continentale, l'hémisphère du nord et celui du sud, le premier est au second conmie 3 est à 1 ; mais cette infériorité de l'hémisphère méridional, porte plutôt sur les zones tempérées que sur les zones brûlantes. Les zones tempérées des deux hémisphères sont entre elles dans le rapport de 13 à 1, les zones brûlantes dans celui de 5 à 4. Une distribution aussi inégale de l'élément solide exerce une remar-
quablc influence sur la force du courant d'air asceûdanl qui se dirige vers le pôle sud, et en général sur la température de rhémisphère méridional. Les plus noUei formes végétales des tropiques, telles par exemple que les Fougères arborescentes(rfee-/<?fn5) s'étendent au sud de réquateur jusqu'au 46'' et même jusqu'au 53* parallèle, tandis que vers le nord elles ne dépassent pas le tropique du Cancer. (Robert Brown, Appendix toFlint' der's Voyage, p. 57ô et 584 ; Humboldt, de DistribuiUm geographica Plantarum^ p. 81-85). Les Fougères a^ borescentes atteignent un développement admirable dans la terre de Diemen à Hobart-Town (latit. 42*530) par une température moyenne de Q'', c'est-à-dire dam une bande isotherme dont la chaleur est de 1*,6 inférieure à celle de Toulon. Rome est à un degré environ plus loin de l'équateur qu'Hobart-Town , et sa température annuelle ne descend pas au-dessous de 12'',3, la température de l'hiver étant de 6%S, celle de Tété de 24"", tandis qu'à Hobart-Town les moyennes correspondantes sont 8°,9; 4'',5 et IS^'fS. À Dusky Bay, dans la Nouvelle-Zélande , les Fougères arborescentes se développent sous une latitude de 46*8'; dans les îles Auckland et Campbell on les rencontre jusqu'à 53^ (Jos. Hooker, Flora antarctica^ 1844, p. 107).
Dans l'archipel de la terre de Feu , située à la môme distance de l'équateur que Dublin , et où la température moyenne de l'hiver est de 0*,4, celle de l'été de 8* seulement , le capitaine King a vu le sol couvert de
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belles plantes (végétation thriving most luxuriantly in large woody stemmed trees of Fuchsia and Yeronica); et d'autre part au sud du cap Horn , dans les rochers des Orcades méridionales, des îles Shetland et de Tarchipel Sandwich, cette végétation vigoureuse qui, particulièrement le long des côtes occidentales de TAmérique, sous 38** et 40^ de latitude méridionale, a été décrite par Charles Darwin avec tant d'enthousiasme et en termes ai pittoresques, vient à s'évanouir tout à coup. Cependant ces lies misérablement recouvertes d'herbes, de mousses et de lichens, ces terres de désolation, comme les appellent les navigateurs français, sont encore situées à ane grande distance du pôle antarctique, tandis que dans rhémisphère septentrional, par IQf* de latitude, à Textrémité la plus reculée de la Scandinavie, on voit des pins s'élever jusqu'à 60 pieds de hauteur. (Dar* vin, Journal ofresearches, etc., 1845, p. 244, et King dans Narrative of the Voyages of the Adventure and Beagle, 1. 1, p. 577). Si l'on compare la terre de Feu et particulièrement Port Famine dans le détroit de Magellan ( lat. 53*" 38' ) avec Berlin , qui est d'un degré plus rapproché de l'équateur, on trouve pour
Berlin 6,8 ' pour Port Famine 4,7 -^* Je joins
à la fin de cette note les quelques indications thermométriques , dignes de confiance , que nous possédons aujourd'hui sur la zone tempérée de l'hémisphère méridional, et qui peuvent être comparées avec les tem-
IdS des steppes et des déserts.
périture» du nord, si inégale que soit de part et d'autre Id moyeane des diverses saisons. J'ai déjà expliqué plus haut le système de notation fort simple que j'ai cru devoir suivre. Je rappelle que le nombre placé devant la fraction exprime la température annuelle, le nominateur de la fraction la température de l'hiver, et le dénominateur celle de Tété.
VCS LIICX.
Sidney et PuramatU NouveUe<HoUuide\
Capstidt .Afnqw'.
Bueoos-Aires.
Montevideo.
Hohart-Town vTerre de Diemen'.
Port Famiae détroit de MageUan;
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