‹ Table aux de la natureChapitre 18 sur 43 · SS'SS · texte numérisé non relu

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Note 21 , page 14.

MERS DE SARLE DE l'aFRIQUE ET DE L'aSIE.

S'il est permis de considérer les plantes sociales connues sous le nom d'Éricées, qui s'étendent depuis Tembouchure de TEscaut jusqu'à TElbe , depuis la pointe de Jutland jusqu'aux montagnes du Harz, comme formant une seule traite de végétaux, on peut suivre de la môme manière à travers l'Afrique et l'Asie, les mers de sable, qui depuis le cap Blanco jusqu'au delà de rindus, occupent un espace de 2400 lieues. La région sablonneuse d'Hérodote nommée par les Arabes désert de Sahara, traverse toute l'Afrique, comme un bras de mer desséché, non pas à la vérité sans être interrompue par des oasis, et s'étend jusqu'à la vallée du Nil qui la borne à l'orient. Au delà de l'Isthme de Suez, au delà des rochers de porphyre, de syénite et de grunstein, dont est formé le mont Sinaï, commence le plateau désert du Nedjed qui remplit toute la partie centrale de la presqu'île arabique, et est borné à l'ouest et au sud par les contrées fertiles et plus fortunées de l'Hedjaz et de l'Hadhramaut qui bordent l'océan Indien. L'Euphrate marque à l'orient la limite des déserts de l'Arabie et de la Syrie. Plus loin d'immenses mers de sable nommées Bejaban^ traversent toute la Perse, depuis la mer Caspienne jusqu'à la mer des Indes; elles comprennent les déserts de Kerman, de Seistan, de Be-

loudschistan et de Mekran, riches en sel et en soude. Le désert de Mékran est séparé de celui de Moultan par rindus.

Note 22, page 15.

chàIne de l'atlas; pic de tbnériffe.

La question relative à la situation de TÀtlas des anciens a été souvent agitée dans les temps modernes, mais on a confondu dans cette recherche les plus anciennes traditions de la Phénicie avec les fables répandues plus tard sur TÂtlas par les Grecs et les Romains. Un homme qui , avec la connaissance approfondie des langues, unissait au même degré celle de Tastronomie et des mathématiques, le professeur Ideler, a le premier clairement débrouillé ces notions confuses. On me permettrad'insérer ici les détails que m'a comqpiUDiqués sur un aussi important sujet ce savant et ingénieux philologue.

« Les Phéniciens s'aventurèrent, dans l'un des premiers âges du monde, au delà du détroit de Gibraltar. Ils bâtirent Gadès et Tartessus sur la côte d'Espagne, Lixus et plusieurs autres villes sur les côtes de la Maiiritanie. De ces rivages leurs vaisseaux les portaient, vers le nord, aux îles Cassitérides, d'où ils rapportaient l'étain, et aux côtes de Prusse, où ils allaient chercher l'ambre; vers le sud, au delà de Madère et jusqu'aux îles du Caj -Vert. Ils visitèrent entre autres l'archipel des îles Canari ;)s. Là leur apparut le pic de TénériSequi,

à part sa hauteur réelle, semble d'autant plus élevé qu'il s'élance immédiatement de la surface de la mer. Par l'entremise des colonies que les Phéniciens envoyèrent en Grèce et surtout de celle que Cadmus amena en Béotie, les Grecs eurent connaissance de cette montagne élevée si haut au-dessus des nuages, ainsi que des lies Fortunées, auxquelles elle appartient, et où, parmi des fruits de toute espèce , brillaient les oranges dorées. La tradition se propagea dans ces pays par les chants des bardés, et arriva jusqu'à Homère. Homère parle d'un Atlas qui connaît toutes les profondeurs de la mer, et supporte les grandes colonnes qui tiennent séparées la terre et le ciel {Odyssée, 1. 1, v. 62); il dépeint les champs Élysées comme une contrée délicieuse située vers l'occident {Iliade, 1. IV, v. 661). Hésiode s'exprime en termes semblables sur Atlas , et le donne comme le voisin des nymphes Hespérides {Théogonie, Y. 617) ; il place les champs Élysées à la limite occidentale de la terre, et les nomme îles des Bienheureux (OperaetdieSj v. 167). Les poètes qui suivirent jetèrent de nouveaux ornements sur ces mythes d'Atlas , des Hespérides, de leurs pommes d'or, des lies des Bienheureux, séjour promis à l'homme juste après sa mort, et y rattachèrent les expéditions de Mélicerte, THerçule grec, adoré chez les Tyriens comme le dieu du commerce.

« Ce fut très-tard que les Grecs commencèrent à rivaliser comme navigateurs avec les Phéniciens et les Car-

thaginois. Ils visitèrent à la vérité les cdtes de Vocéan Atlantique, nGiais ne paraissent pas s'y être engagés trèsavant. Je doute pour moi qu'ils aient jamais vu les tles Canaries et le pic de TénérifFe. Leurs poètes et les traditions populaires leur représentaient T Atlas comme une montagne très-élevée, située à l'extrémité occidentale de la terre, et ils croyaient devoir le chercher sur la côte occidentale de l'Afrique. C'est là en effet que le placèrent les géographes d'un âge postérieur, Strabon, Ptolémée et d'autres encore. Comme cependant il ne se trouve dans la partie nord-ouest de l'Afrique aucune montagne isolée d'une hauteur considérable y on était fort embarrassé de déterminer d'une manière précise la véritable position de l'Atlas, et on le cherchait tantôt sur la côte, tantôt dans l'intérieur du pays ; quelquefois on le rapprochait de la mer Méditerranée, d'autres fois on le reculait plus avant vers le sud. Enfin au premier siècle de l'ère chrétienne , lorsque les armes des Romains pénétrèrent dans l'intérieur de la Numidie et de la Mauritanie, l'habitude prévalut de donner le nom d'Atlas à la chaîne de montagnes qui traverse l'Afrique septentrionale de l'ouest à l'est, dans une direction presque parallèle aux côtes de la mer Méditerranée. Pline et Solin sentaient cependant très-bien que les descriptions, qu'ont faites de l'Atlas les poètes grecs et romains conviennent mal à ces dos de montagnes ; ils croyaient d'après cela devoir rejeter l'Atlas, dont euxmêmes tracent un tableau pittoresque, d'après la tra-

ÉCLAnassiinifTS n abditioiis. 173

dition poétique, dans les terres inconnues de TAfrique centrale.— En résumé, l'Atlas d'Homère et d'Hésiode ne peut être autre que le pic de Ténériffe, et il faut chercher dans l'Afirique septentrionale celui des géographes grecs et romains. »

J'ajouterai seulement quelques remarques à cette notice si instructive du professeur Ideler. D'après Pline et Solin, l'Atlas s'élève du milieu d'une plaine de sable (emedio arenarum); des éléphants paissent sur ses flancs , et jamais sans doute le pic de Ténériffe n'a vu d'éléphants. Ce que nous nommons Atlas est d'ailleurs une longue chaîne de montagnes ; comment les Romains ont-ils pu reconndtre dans la chaîne d'Hérodote un pic isolé? Une telle méprise ne viendrait-elle pas de cette illusion d'optique par laquelle toutes les chaînes de montagnes, vues de profil dans le sens de leur axe , apparaissent comme des cônes étroits.^ Souvent en mer, de longues chaînes m'ont fait l'effet de montagnes isolées. D'après le témoignage de Hœst, l'Atlas dans le Maroc est couvert de neiges éternelles ; sa hauteur doit par conséquent dépasser 1 800 toises. Il est à remarquer aussi que, suivant Solin , les barbares ou anciens Mauritaniens nommaient l'Atlas Dyris ; aujourd'hui encore cette chaîne est appelée par les Arabes Daran, mot composé à peu près des mêmes consonnes que Dyris. Homius veut au contraire retrouver le mot Dyris dans le nom gouanche du pic de Ténériffe, Aya-dyrma ( de originibus Americanorum, p. 195). On peut consul- 1. 15* ••

ter sur le lien qui unit les symboles purement mythiques et les légendes géographiques, ainsi que sur la manière dont naquit, à Toccasion du Titan Atlas, l'idée d'une montagne supportant le poids du ciel au delà des colonnes d'Hercule, le mémoire de Letronne intitulé: Essai sur les idées cosmographiques qui se rattachent au nom d'Atlas dans le Bulletin universel des sciences^ de Férussac, mars 1831, p. 10.

L'état actuel des connaissances géologiques, trèsbornées, il est vrai, que nous possédons sur la partie montagneuse de l'Afrique septentrionale, ne nous a pas permis encore de reconnaître dans ces contrées aucune trace d'éruption datant des époques historiques. On doit être d'autant plus surpris de retrouver si souvent exprimée chez les anciens la croyance à des phénomènes de ce genre qui auraient eu pour théâtre la partie occidentale de l'Atlas et les côtes qui Tavoisinent. Il est possible , à la vérité , que les feux, dont il est si fréquemment question dans le Périple d'Hannon, provinssent de champs incendiés ou de si' gnaux à l'aide desquels les habitants sauvages des côtes se donnaient avis du danger, au premier aspect des chariots ennemis. Le haut sommet du char des dieius (Oecuv Sxw^h qu'Hannon représente comme illuminé par des flammes, pouvait être aussi un souvenir confus du pic de Ténériffe ; mais plus loin Hannon décrit une contrée d'une configuration singulière : il signale dans le golfe qui touche à l"£<r7rspou xépotç une tle étendue,

6t dans cette île un lac salé renfermant lui-même une seconde île. Au sud de la baie des Singes Gorilla, les lieux se retrouvent disposés de même. Cette description représente-t-elle des dépôts de corail, des îles formées par des lagunes (atolls), ou des cratères-lacs volcaniques, du milieu desquels a surgi une montagne en forme de cdne ? Le lac Tritonien n'était pas situé dans le voisinage de la petite syrte, mais sur les côtes occidentales {Asie centrale, 1. 1, p. 179). Il disparut à la suite de tremblements de terre accompagnés de grandes érup- &>ns de flammes. Diodore de Sicile dit expressément : Kupoç lx(puTi{[AaTa [u^akoL (1. III, c. 53., 55). Un passage peu remarqué jusqu'ici des dissertations philosophiques le Maxime de Tyr, attribue à l'Atlas une forme caverneuse extrêmement bizarre. Maxime de Tyr était un philosophe platonicien qui vivait à Rome sous Commode. Il place l'Atlas sur le continent, « à l'endroit où les Libyens occidentaux habitent une presqu'île qui ivance dans la mer. » Du côté de la mer, la montagne renferme un abîme profond en forme d'hémicycle. Les parois des rochers sont tellement abruptes, qu'il est impossible de les gravir. L'abîme est rempli d'une espèce de forêt; « on aperçoit la cime et les fruits des arbres, comme si l'on regardait dans un puits » (Maxime de Tyr, diss. YIII, c. 7, p. 86, éd. Markland). La description a quelque chose de si pittoresque et de si caractéristique, qu'il est difficile de croire qu'elle n'ait pas été faite d'après nature.

176 DB8 SnPPBS ET DBS DtSKRTB.

Note 33, page 45.

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