GRAND COURANT DE ROTATION OU GULF-STREAM
Dans la partie septentrionale de l'océan Atlantique, «atre l'Europe, le nord de l'Afrique et le nouveau continent, les eaux sont entraînées par un courant qui fevient sur lui-même. Sous les tropiques , ce tourbillon général que l'on pourrait appeler, en raison de la cause qui le produit, courant de rotation, est dirigé, comme on sait, de l'est à l'ouest, dans le même sens que les vents alizés. Il hâte la marche des vaisseaux qui font voile des lies Canaries vers l'Amérique méridionale, et rend presque impossible de revenir en droite ligne de Cartagena de Indias à Cumana. La force de ce courant occidental, attribué à l'influence des vents alizés, est augmenté dans la mer des Antilles par l'agitation beaucoup plus grande des eaux, agitation dont la cause lointaine, découverte dès 1560 par sir Humphry Gilbert, a été développée avec plus de précision par Rennell en 1832 (Hakluyt, Voyages, t. III, p. 14). Entre Madagascar et la cdte orientale de l'Afrique coule du nord au sud le courant de Mozambique qui se presse contre le rivage de Madagascar, au banc des Aiguilles ou même plus au nord, pour tourner la pointe méridionale de l'Afrique, lemonte avec violence le long des côtes occidentales de cecontinent jusqu'un peu au delà de l'équateur, vers l'Ile
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Saint-Thomas, communique à une partie des eaux de Tocéan Atlantique austral une impulsion vers le nordouest, enfin les envoie se brisercontre le capSaintrAugastin, et longer les cdtes de laGuyane jusqu'à rembouchuie de rOrénoque, la Boca del Drago, et la côte de Parii (Rennell , Investigation of the Currents of the Aikmtk Océan, 1832, p. 96 et 136). Le nouveau continent, depuis risthme de Panama jusqu'à la partie septentrionale du Mexique, oppose une digue qui arrête ce mouvement de la mer, et force le courant à se diriger vers le Dord en partant deVeragua, et à suivre les sinuosités des cites de Costa Rica, des Mosquitos, de Campéche et de Tabasco. Les eaux qui entrent dans le golfe du Mexique par l'ouverture laissée libre entre le cap Catoche de Tucatan et le cap San Antonio de Cuba, retournent dans l'océan Atlantique par le canal de Bahama , après avdr accompli un grand mouvement de rotation entre Yera- Cruz, Tamiagua, l'embouchure du Rio bravo del Norte et celle du Mississipi. Ces eaux , en rejoignant l'Océan vers le nord, forment ce que les navigateurs appellfitt le Gulf'Stream, c'est-à-dire un fleuve rapide d'eaox chaudes qui s'éloignent de plus en plus, en suivant une ligne diagonale, des côtes de l'Amérique du Nord. Ltf vaisseaux qui, des ports de l'Europe, naviguent vers ces parages et sont incertains de leur longitude, peuvent s'orienter, aussitôt qu'ils atteignent le Gif//*- j^r^am^ d'après de simples observations de latitude, grâce à l'obliquité de ce courant, dont la situation a été pour la pre-
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mière fois déterminée exactement par Franklin, Williams et Pownall.
A partir du 41* parallèle , le fleuve d'eau chaude, qui gagne toujours en largeur à mesure qu'il perd de sa vitesse , se détourne subitement vers Test , et va presque toucher à la limite méridionale du grand banc de Terre-Neuve. J'ai observé qu'en ce lieu la température de ses eaux contraste plus que nulle part ailleurs avec celle des eaux environnantes, refroidies par le contact des sables. Avant de parvenir aux plus occidentales des Aço- Tes, le Gulfstream se partage en deux bras, dont l'un, du moins dans certaines saisons de l'année, se dirige vers rislande et laNorwége, l'autre vers les lies Canaries et les cdtes occidentales de l'Afrique du Nord. Ce mouvement de l'Atlantique, que j'ai décrit plus en détails dans le premier volume de mon Voyage aux régions équinoxiales, explique comment, en dépit des vents alizés, des troncs d'arbres dicotylédons sont charriés de l'Amérique du Sud et des Indes orientales jusque sur les côtes des îles Canaries. J'ai fait, dans le voisinage du banc de Terre-Neuve, un grand nombre d'expériences sur la température du Gulf-stream. Il apporte, avec une grande rapidité, les eaux chaudes des basses latitudes dans les régions plus rapprochées du nord. Il en résulte que la température est de 2"" ou 3° Réaumur plus élevée que celle des eaux immobiles qui l'entourent, et qui forment en quelque sorte les rives de ce courant pélagique d'eau chaude.
Le poisson-volant de la zone équinoxiale (Exocetus volitans) s'avance vers le nord et pénètre à une grande distance dans la zone tempérée, en suivant le courant da fleuve où le retient la chaleur des eaux. Le varech ou Fucus natans qui s'amasse à la surface du Gulf-strea/m, pa^ ticulièrement dans le golfe du Mexique, rend facilement rcconnaissable au navigateur rentrée du courant, et b disposition même des rameaux indique la direction da fleuve. Le grand mât du vaisseau de guerre anglais ik Tilbury qui fut incendié pendant la guerre de Sept ans sur la côte de Santo Domingo, fut jeté par le courant d'eau chaude sur les rivages de l'Ecosse septentrionale. Des tonneaux remplis d'huile de palme, reste du chargement d'un vaisseau anglais qui s'était perdu sur un écueil, près du cap Lopez en Afrique, parvinrent également jusqu'aux côtes d'Ecosse. Ces débris avaient par conséquent traversé deux fois tout l'océan Atlantique, d'abord de Test à l'ouest, entre 2° et 12* de latitude, en suivant le courant équinoxial ; la seconde fds de l'ouest à l'est , entre 45° et 55*», portés par le Gnlfstream, Rennell raconte le voyage d'une bouteille flottante qui fut jetée, avec une inscription, du vaisseau anglais Newcastle, le 20 janvier 1819, par 38° 52' de latitude , 66° 20' de longitude , et retrouvée seulement le 2 juin 1820 sur la côte nord-ouest de l'Irlande, près de l'île d'Arran. {Investigation ofCurrents, p. 347.) Peu de temps avant mon arrivée à Ténériffe , la mei avait jeté dans la rade de Santa Cruz un tronc de cèdre
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de l'Amérique méridionale (Cedrela odorata), tout recouvert encore de son écorce, à laquelle une grande quantité de lichens était restée attachée.
Le Giilf'Stream, en portant aux îles Açores de Fayal, de Florès et de Corvo des tiges de bambous , des morceaux de bois artistement travaillés, des troncs d'une espèce de pin propre au Mexique et aux Antilles et que Ton n'avait pas encore vue, des cadavres humains d'une race particulière , remarquable par la largeur du visage, a, comme on sait, contribué à la découverte de l'Amérique. Ces épaves fortifièrent les conjectures de Colomb sur l'existence d'iles et de contrées asiatiques, situées vers l'ouest, à une distance qui ne devait pas être considérable. Colomb apprit de la bouche d'étrangers établis dans les Açores, au cap de la Berga, que Ton avait rencontré, en naviguant vers l'ouest, des barques couvertes, conduites par des hommes d'un aspect étrange , et construites de telle façon qu'elles ne pouvaient jamais sombrer « Almadias con coza movediza, que nunca se hunden. » Que des naturels de l'Amérique, vraisemblablement des Esquimaux du Groenland ou du Labrador, poussés vers le sud-est par des cou-* rants et des tempêtes, aient réellement passé dans notre continent , c'est ce qui est attesté par les témoignages les plus convaincants, bien que le fait ait été longtemps mis en doute. James Wallace raconte dans son Account of the Islands of Orkney (1700, p. 60), qu'en 1682, un Groénlandais fut vu dans son canot par
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un grand nombre de personnes à la pointe méridionale de nie d'Eda. On ne put réussir à s'en emparer. En 1684, un pécheur groênlandais apparut aussi près de FOe Westram. On voyait suspendu dans l'église de Bom un canot qui avait appartenu à des Esquimaux, et que les courants ou la tempête avaient jeté sur le rivage. Les habitants des Orcades désignent les Groênlandais qui se montrent dans ces parages sous le nom de Finnois (Finnmeny
Je trouve dans Thistoire de Venise par le carduBal Bembo, la mention de ce fait, qu'en 1S08, un bàtûnent français captura sur les côtes d'Angleterre un petit canot monté par sept honmies d'un aspect bizarre. La description répond tout à fait à la conformation des Esquimaux : « Homines erant septem mediocri statora, « colore subobscuro, lato et patente vultu, cicatrice- « que una violacea signato. » Personne ne put comprendre leur langage. Leurs habits étaient attachés avec des arêtes de poisson ; sur la tête , ils portaient « ooronam e culmo pictam, septem quasi auriculis intextao. ■ Us mangeaient de la viande crue et buvaient du aaog comme nous buvons du vin. Six de ces honmies mon* rurent dans le voyage; le septième était jeune et fot présenté au roi de France, qui était alors à Oriéana. (Bembo, Uistorix Venetœ, 1718, 1. VII, p. 257.)
L'apparition de prétendus Indiens sur les cdtes oo(** dentales de rAJlemagne, au temps des Olhons et de Frédéric Barberousse , dans le x"* et le xu* siècle, ^
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même à une époque beaucoup plus reculée, lorsque Quintus Métellus Celer était proconsul dans les (xaules, ainei que Fattestent, Cornélius Nepos dans ses fragments (edid. van Staveren cur. Bardili, 1820, t. II, p. 356), Pomponius Mêla (1. III, c. 5, § 8), et Pline {Hist. nat,, 1. II, c. 67}, s'explique de la même manière par les effets des courants marins et la persistance des vents de nordouest. Un roi des Boïens, d'autres disent des Suèves, fit présent à Métellus Celer d'hommes au teint foncé qui avaient échoué sur la plage. Déjà Gomara, dans VHistoria général de las Indias (Saragossa, 1553, fol. vu), est d'avis que les Indiens du roi des Boïens étaient des indigènes du Labrador : « si y a no f uesen de Tierra del Labrador, ylostuviesen los Romanes por Indianos, engaftados en el color. » Les Esquimaux ont pu autrefois se montrer d'autant plus fréquemment sur les côtes septentrionales de l'Europe, que cette race formait, au xi"* et au xiv siècle, ainsi que nous l'ont appris les recherches de Rask et de Finn Magnusen, une population extrêmement nombreuse qui sous le nom de Skrélingues, s'étendait depuis le Labrador jusqu'au Winland, le bon pays du vin, c'est-à-dire aux côtes de Massachusetts et de Connecticut. (Humboldt, Cosmos, t. II, p. 284; Examen critiqtie, etc., t. U, p. 247-278.)
De même que la température est adoucie durant Thiver à l'extrémité septentrionale de la Scandinavie par le Gulf-streamy qui charrie jusqu'au delà du 62« parallèle des fruits de l'Amérique tropicale, tels que
les fruits du Cocotier, du Mimosa scandens et d'Ànacardium occidentale, Ilslande jouit aussi de temps à autre des effets bienfaisants que produit ce vaste courant d'«au chaude , en se répandant au loin dans les latitudes septentrionales. Les cdtes d'Islande reçoivent, comme celles des îles Feroer, un nombre considérable de troncs d'arbres américains. On faisait servir autrefois à des constructions ces bois que la mer rejetait alors en plus grande quantité ; on les distribuait en planches et en poutres. Les fruits des plantes tropicales que Ton ramasse sur la câte dislande témoignent de la direction que suivent les eaux du sud au nord. (Sartorius Tan Waltershausen y physisch-geographische Skisze vo» Island, 1847, p. 22-35.)
Note 25, page M.
Dans les contrées du nord, la terre dépourvue de végétaux, se recouvre de lichens tels que le BaBomyces roseus , le Cenomyce rengiferînus, le Lecidea muscorum, et le Lecidea icmadophila, ainsi que d'autres cryptogames de même nature qui annoncent et préparent la végétation des Graminées et des plantes herbacées. Sons les tropiques où les mousses et les lichens ne croissent en abondance que dans les lieux ombragés , quelques plantes grasses en prennent la place.
.. — RUINES DU CHATEAU DBS AZTEQUES.
oces de bœufs déjà mentionnés plus haut, .iinericanus et le Bos moschatus , sont particu- :^ à la partie septentrionale du nouveau continent , mais les indigènes :
Quels neque mos neque cullus crat; nec jungere tauros noranU Virgile, Enéide, l.YIII, v. 316.
buvaient le sang tout chaud et non pas le lait de ces animaux. On a cependant trouvé quelques exceptions chez les races qui cultivaient le m^. J'ai déjà &it observer plus haut ce que raconte Gomara des troupeaux de bisons apprivoisés que possédait un peuple habitant la partie nord-ouest du Mexique, et qui lui fournissaient de quoi se vêtir, manger et boire. Le breuvage pouvait bien être du sang (Prescott, Conqttest of Mexico, t. III, p. 416j;car, avant l'arrivée des Européens, ainsi que je l'ai rappelé bien des fois, tous les indigènes du nouveau continent paraissent avoir eu cela de commun avec ceux de la Chine et de la Cochinchine, entourés cependant de peuples pasteurs, de ne pouvoir souffrir le lait ou du moins de n'en pas faire usage. Les troupeaux de Lamas domestiques, que l'on a trouvés dans les hautes terres de Quito, du Pérou et du Chili, appartenaient à des co-
Ions qui cultivaient la terre et non à des populations nomades. Les exceptions étaient assurément très-rares; Pedro de Cieça de Léon (Chronica del Peru^ Sevilla, 1553, c. 110, p. 264) parait vouloir en citer une, lorsqu'il dit que sur le plateau péruvien de Collao, des Lamas étaient attelés à la charrue (voyez aossi Gay, Zoologia de Chite^ Mamiferos, 1847, p. 154). Habituellement dans le Pérou la charrue n'était tiiée que par des hommes. (Garcilaso, Commentarios reaies, 1^ part., 1. V, c. 2, p. 133; Prescott, Hisiory of the Conquest of Peru, 1847, 1. 1, p. 136.) M. Barton a accrédité cette opinion, que chez quelques races du Canada occidental le soin des bestiaux n'était pas complètement inconnu, et que Ton élevait des buffles américains à cause de leur chair et de leur peau {FragnmU of the Natural History ofPennsylvania, 1" part., p. 4). Dans le Pérou et à Quito, on ne trouve plus nulle part de Lamas à Tétat sauvage primitif; ceux qui errent sur U pente occidentale du Chimborazo sont redevenus sauvages , suivant le récit que m'ont fait les indigènes, lorsque Tancienne résidence des maîtres de Quito, Lima, fut réduite en cendres. De même au centre du Pérou, sur la Ceja de la Montana, on rencontre aujourd'hui des bœufs qui sont retombés dans une sauvagerie complète. Les habitants du pays les nomment Vacas del monte on Vacas cimarronas (de Tschudi, Fauna Peruana^ p. 266). M. de Tscliudi a combattu à 1 aide de solides raisons l'opinion de Cuvier, très-répandue malheureusement
par le savant Meyen, d'après laquelle les Lamas descendraient des Guanacos, aujourd'hui encore à l'état sauvage (Meyen , Eeise um die Erde, 3* part., p. 64).
Le Lama, le Paco ou Âlpaca et le Guanaco sont trois espèces séparées par des différences originaires (de Tschudi , Fauna Peruana, p. 228 et 237) : le Guanaco, nommé Huanacu dans la langue Qquichua, est le plus grand; l'Âlpaca, mesuré depuis le sol jusqu'à l'extrémité de la tête , est le plus petit ; c'est le Lama qui approche le plus de la hauteur du Guanaco. Des troupeaux de Lamas, quand ils sont en aussi grand nombre que je les ai vus sur les plateaux situés entre Quito et Riobamba , ajoutent beaucoup à l'agrément du paysage. Le Moromoro du Chili parait n'être qu'une variété du Lama. Dans le genre Lama, la Yigogne, le Guanaco et l'Alpaca vivent encore à l'état sauvage sur des hauteurs qui n'ont pas moins de 13000 à 16000 pieds. On rencontre aussi ces deux dernières espèces apprivoisées; mais cela est rare pour le Guanaco. L'Alpaca s'accommode moins bien que le Lama d'un climat plus chaud. Depuis l'introduction d'animaux plus utiles, tels que le Cheval, le Mulet et l'Ane qui, sous les tropiques, a une vivacité et une beauté particulière, le Lama et l'Alpaca ne sont plus aussi souvent appliqués comme bêtes de somme aux travaux des mines , et l'on n'en prend plus le même soin. Leur laine, de finesse très-inégale , est toujours restée néanmoins un des objets importants sur lesquels s'exerce l'ancienne industrie des habitants de la mon-
tagne. Dans le Chili, on distingue par des noms différents le Guanaco sauvage et le Guanaco apprivoisé; le premier s'appelle Luan, le second Chilihneque. Afin de s'expliquer comment les Guanacos sauvages, réunisquelquefois par troupeaux de 500, ont pu se répandre sur un si vaste espace , depuis les Cordillères du Pérou jusqu'à la terre de Feu^ il est important de savoir que ces animaux nagent avec une grande facilité d'une île à l'autre, sans être arrêtes dans leur voyage par les bras de mer ou fiordes de la Patagonie. On peut voir à ce sujet les gracieuses descriptions de Darwin dans son Jouriial ofResearchcs (1845, p. 66).
Au sud du fleuve Gila qui se jette avec le Rio Colorado dans le golfe de la Californie (Mar de Cortes), on rencontre, perdus au milieu de la steppe, les énigmatiques débris du palais des Aztèques , nommé par les Esçagnois las Casas grandes. Vers l'an 1160, lorsque les Aztèques, sortant du pays inconnu d'Aztlan, parurent à Anahuac , ils s'arrêtèrent quelque temps sur les bords du Gila. Deux moines franciscains, Garces et Font, sont les derniers voyageurs qui aient -visité les Casas grandes, et leur voyage remonte à l'année 1773. Ils assurent que les ruines forment une enceinte de près d'une lieue carrée. Toute la plaine à Tentour est couverte de débris de vases de terre peints avec art. Le palais principal , si l'on veut donner ce nom à une vaste maison bâtie en briques qui n'ont pas même été durcies par le feu, a 420 pieds de long et 260 de large.
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(Voyeï l'ouvrage rare, intitulé : Cronica seràfica y tiposMica del Colegio de Propaganda Fide de la Santa Cmz de Querétaro, porFr. Juan Domingo Arricivîta, Mexico, 1792.)— Le Tayé de la Californie, décrit par le père Yenegas , paraît ressembler beaucoup au Mouflon de l'ancien continent (Ovis musimon). Le même animal a été vu aussi dans les S^ony Mountains, près des sources du fleuve de la Paix. Le Tayé diflère , au contraire , d'un petit ruminant tacheté de blanc et de noir, 4ai ptaïi sur les bords du Missouri et de l'Arkansas. La synonymie de l'Antilope furcifer, de l'Antilope tememalama de Smith et de l'Ovis montana est encore très-incertaine.
Note 27, page 48.