DANS LBS FORÊTS DU NOUVEAU MONDE
ments de leurs rameaux, rendent impénétrables les forêts voisines de Téquateur. Les lianes ne forment souvent qu'une très-faible portion du menu bois. L'obstacle principal vient des plantes arborescentes qui ne laissent aucun espace vide, dans une contrée où tous les végétaux qui couvrent le sol deviennent ligneux. Si un voyageur, dès qu'il arrive sous les tropiques et non pas seulement dans le continent, mais dans des îles, se croit, avant même de s'éloigner des côtes, transporté au milieu des forêts vierges, son erreur ne peut tenir qu'à l'impatience de voir un long désir réaUsé. Toutes les forêts des tropiques ne sont pas des forêts vierges. Je ne me suis presque jamais servi de ce mot dans la Relation historique de mon voyage ; et cependant , pour ne parler que d'hommes vivant encore , je crois être avec Bonpland , Martius, Pœppig, Robert et Richard Schomburgk un des observateurs de la nature qui ont le plus vécu au miHeu des forêts vierges , resserrées dans le cœur d'un vaste continent.
Malgré la surprenante richesse de la langue espagnole en termes descriptifs , richesse que j'ai déjà signalée, un seul et même mot, monte^ désigne à la fois une montagne et une forêt, et s'emploie comme synonyme de cerro et de selva. Dans un travail sur la véritable largeur et sur le plus grand prolongement