DANS LES FORÊTS DU NOUVEAU MONDE
tribué Jie méfait. Comme le ciel nébuleux ne permettait aucune observation d'étoiles, nous nous fîmes traduire par notre interprète (languaraz) ce que racontaient des tigres de la forêt les indigènes qui nous servaient de bateliers.
Parmi ces tigres se trouve fréquemment l'espèce appelée Jaguar noir, la plus grande et la plus sanguinaire de toutes, dont les tacbes noires ressortent à peine sur un pelage d'un brun très-foncé. Le Jaguar vit aux pieds des monts Maraguaca et Unturan. Entraînés par leur avidité et le désir de changer de lieu, ces animaux, suivant le récit que nous faisait un Indien de la peuplade des Durimonds, se perdent quelquefois dans des parties de la forêt tellement inextricables qu'ils ne peuvent plus poursuivre leur proie sur le sol, et que, objets d'eflfroi pour les familles de singes et les Kinkajousà la queue prenante (Cercoleptes), ils sont réduits à vivre sur les arbres durant de longs espaces de temps.
Le journal que j'écrivis autrefois en allemand, et auquel sont empruntés ces détails, n'a pas passé en entier dans» la R( lation française de mon voyage. Il contient une description détaillée de la vie, je pourrais dire des voix nocturnes des animaux dans les forêts des tropiques. Une semblable description me paraît heureusement appropriée à un livre qui porte