‹ Table aux de la natureChapitre 40 sur 43 · DE LA YIB NOCTURNE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DE LA YIB NOCTURNE DES ANIMAUX

à la tombée de la nuit , lorsqu'il redoutait un orage : « Puisse le ciel nous accorder une nuit tranquille aussi bien qu'aux animaux sauvages de la forêt. »

La scène que je retrace ici, et qui s'est souvent renouvelée pour nous, oifre un contraste singulier avec le calme qui règne sous les tropiques vers l'heure de midi, dans les jours où la chaleur est excessive. J'emprunte au Journal, où j'ai déjà puisé, un souvenir du lieu où l'Orénoque se resserre et se fraye un chemin à travers la partie occidentale des monts Parime. Ce que, dans ce remarquable passage, on appelle un rétrécissement ou détroit (Angostura del Baraguan) est un bassin qui n'a pas moins de cinq mille trois cent quarante pieds de large. Si l'on excepte quelque vieux tronc desséché d'Aubletia (Apeiba Tiburbu) et une nouvelle espèce d' Apocinée (Allamanda salicifoIia),à peine pouvaiton trouver sur le roc quelques Crotons argentés. Un thermomètre, placé à l'ombre, mais à quelques pouces seulement de la masse granitique qui s'élevait des rochers escarpés, marquait plus de 40**. On voyait, par un effet de mirage, flotter les contours de tous les objets lointains. Aucun souffle de l'air n'agitait le sable poudreux qui recouvrait le sol. Le soleil était au zénith; la lumière qu'il versait sur le fleuve, et que les eaux à peine agitées renvoyaient étincelante, faisait mieux ressortir encore les nuées ardentes qui enveloppaient l'ho-

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