‹ Table aux de la natureChapitre 41 sur 43 · DANS LES FORÊTS DU NOUVEAU MONDE · texte numérisé non relu

DANS LES FORÊTS DU NOUVEAU MONDE

rizon. Les pierres nues et arrondies et tous les blocs de rochers étaient couverts d'un nombre infini d'Iguanes

aux écailles épaisses, de Geckos et de Salamandres bigarrées, qui, immobiles, la tête levée et la bouche béante, semblaient aspirer avec délices l'air embrasé. Les grands animaux se cachent à cette heure dans les profondeurs de la forêt, les oiseaux sous le feuillage des arbres ou dans les crevasses des rochers ; mais si, durant ce calme apparent de la nature, on prêle Foreille à des sons presque imperceptibles, on saisit à la surface du sol et dans les couches inférieures de Fair un bruissement confus produit par le murmure

et le bourdonnement des insectes. Tout annonce uir monde de forces organiques en mouvement. Dans

chaque broussaille, dans Técorce fendue des arbres, dans la terre que fouillent les Hyménoptères, la vie s'agite et se fait entendre : c'est comme une des mille voix que la nature adresse à l'âme pieuse et sensible de l'homme.

ÉCUIBCISSEMENTS ET ADDITIONS.

Note 4 , page 306.

Od pourrait citer plus de vingt mots à l'aide desquels les Arabes distinguent les diverses espèces de steppes {tanufah\ suivant qu'elles sont sans eaux, complètement nues, couvertes de gravier ou entrecoupées de pâturages {sahara, hafrCy mikfar, iih^ mehme). Le mot sahl désigne une plaine déprimée; dakkah^ un plateau désert. Dans la langue persane, on appelle l)€yabannxi désert aride et sablonneux, ce que les Mongols appellent gobi, les Chinois lum^ai el ieha^no. Yaila est une steppe couverte de graminées plutôt que de plantes herlxicées. Ce nom est synonyme du mongol kûdah^ du turc tala ou tsçhol , du chinois houang. De$ehU-reft est une plaine bpute et dénudée. (Humboldt. Relation historique^ t. II, p. 158.)

Note 2, page 306.

Pico, picacho, mogote, cucurucho, espîgon, loma tendida, mesa, panecillo, farallon, tablon, pena, peôon, penasco, penoleria, roca partida, laxa, cerro, sierra, serrania, cordillera, monte, montana, montanuela, cadena de montes, los altos, malpais, reventazon, bufa, etc.

ÉGLÂ1BCISSE1I1NT8 ST ADDITIONS. 3i3

Note 3, page 340.

Sur te chaîne de coUines que l'on a tran»rorin6e en hmiête» Cordillères et Andes de Cuchao, voyez ma Relatùm historique, t. III, p. S38.

Note 4, page 345.

Le genre Hermesia appelé par les in<ligènes Saune a été décrit et dessiné par Bonpiand dans notre Recueil des plantes équinoxUUes, 1. 1, p. 162, tab. XLVI.

Note 5, page 318.

Les dauphins d'eau douce ne doivent pas Atre ciinfondus avec les dauphins de mer, bien que va'm dernif^rM ainsi que plusieurs espèces de Pleuroncctim ou poi^Mirm plats, remarquables en ce qu'ils ont Uiujours I<;h d<MJx yeux du même cdté de la tête, remonUmt iriin-lmii ilan» les fleuves. Il en est ainsi en particulif^r lUt la UumutUi (Pleuronectes Limanda) qui remonU^ la Unrn ju«i|ij'tt Orléans. Dans les grands fleuves d<;s lUaix vAHiUui^nin^ la nature a répété plusieurs formes iMint,'uiut*M . Ion dauphins et les raies par exemple. Le dauphin d'<mu douce que l'on trouve dans les eaux de TApure et de rOrénoque est spécifiquement distinct du Delpliinus gangeticus et de tous les dauphins de inav {lidulion historique, t. U, p. 406-41 3J.

324 DB LÀ VIB NOCTURNE DKS ANIMAUX, KTC.

Note 6 , page 3i8.

Le singe dormeur, marqué de raies sur la tête, est le même que le Douroucouli ou Cusi-cusi du Cassiquiare que j'ai décrit sous le nom de Simia trivirgata dans mon Recueil d'Observations de Zoologie et d'Anatomie comparée (t. I, p. 306-311, tab. XXVIII), sur un dessin que j'avais fait moi-même d'après un individu mort. Plus tard il a existé un Douroucouli vivant dans la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris (ibid., t. II, p. 340), Spix a trouvé aussi ce singulier animal sur les bords du fleuve des Amazones, et lui a donné le nom de Nyctipithecus vociferans.

APPENDICE HYPSOMETRIQUE

APPENDICE HYPSOMÉTRIQUE.

Je dois à Tobligeance de M. Pentland, dont les explorations scientifiques ont jeté tant de lumière sur les relations géognostiques et sur la géographie de la république de Bolivia, les déterminations de lieux suivantes quil m*a communiquées dans une lettre écrite de Paris au mois d'octobre 1848, après la publication de sa grande carte du lac de Titicaca.

Nevado de Sorala ou ÀDCohuma :

Lat. australe

Long, de Greenwich.

Hauteur en piedi anglais.

Pic méridional.. .

Pic septentrional.

Illimani ;

Pic méridional* . .

CT^yiS"

Pic central

ie« 38' 28"

Pic septentrional.

Ces hauteurs sont, en négligeant une différence insignifiante de quelques pieds pour le pic méridional de riUimani, les mêmes que sur la carte du lac de Titicaca. Le sommet le plus élevé du Sorata a donc en mesures françaises 19974 pieds ou 6489 mètres ; le sommet le plus élevé de riUimani 19848 pieds ou 6447 mètres.

328 APPENDICE HYPSOMÉTRIQUE.

M. Pcntland avait déjà donné le contour de llllimani, tel qu'il se montre dans toute sa majesté à La Paz d'Ayacucho {Journal of the Royal geographical Society^ t. V, 1835, p. 77), cinq ans après avoir fait conndtre les résultats de ses premières mesures dans Y Annuaire du bureau des Longitudes (1830, p. 323), résultats que je me suis empressé pour ma part de répandre en Allemagne (voyez Hertha, Zeitschrift fur Erd-und Vôlkerkunde, publié par Berghaus, t. XUI, 1829, p. 3, 29). D'après M. Pentland, le Nevado de Sorata, situé à Test du village de Sorata ou Esquibel s'appelle, dans la langue Ymarra, Ancomani, Itampu ou Illhampu. Dans le nom de FlUimani on reconnaît le mot illi, neige, de la langue Ymarra.

Si dans la chaîne orientale de Bolivia, on a attribué longtemps au Sorata 3718 pieds, à TlUimani 2675 pieds de plus qu'ils n'ont réellement, en revanche, il existe dans la chaîne occidentale , d'après la carte du lac de Titicaca, quatre pics situés à l'est d'Arica, entre 18** 7' et IS"" 25' de latitude, qui tous dépassent la hauteur du Chimborazo, c'est-à dire 21422 pieds anglais ou 20100 pieds français. Ces quatre pics sont :

Pomarape 21700 pieds anglais ou 20360 pieds français.

Gualatelri 21960 20604

Parinacota 22030 20670

Sahania 22350 20971

Berghaus a appliqua mJi> Andes de BoUvia le genr^

APPENDICE HTPSOMÉTRIQUE. 329

de recherches dont j'ai donné un spécimen dans les Annales des Sciences naturelles (t IV, 1825, p. 225- 253), sur la proportion, très-variable d'ailleurs suivant les différentes chaînes de montagnes, qui existe entre l'arête, c'est-à-dire la hauteur moyenne des cols ou passages, et les plus hautes cimes ou points culminants. 11 a trouvé d'après la carte de Pentland que la hauteur moyennne des passages est de 12672 pieds dans la chaîne orientale, et de 13602 pieds dans la chaîne occidentale. Les points culminants étant placés à 19972 et 20971 pieds, il en résulte que la hauteur des arêtes et celle des cimes sont, à l'est, dans le rapport de 1 à 1,57; à l'ouest, dans le rapport de 1 à 1,54 (fierghaus, Zeitschrift fur Erdkunde, t. IX, p. 322-326). Ce rapport, qui peut servir à mesurer la force du soulèvement souterrain, est très-analogue à celui que l'on a reconnu dans les Pyrénées; il révèle au contraire une configuration très-différente de celle desÀlpes, dans lesquelles la moyenne des passages est moins élevée relativement à la hauteur du Mont-Blanc. Le rapport des arêtes aux cimes est dans les Pyrénées de 1 à 1,43; il est dans les Alpes de 1 à 2,09.

D'après Fitz-Roy et Darwin, lé volcan d'Àconcagua, situé dans le Chili, au nord-ouest de Yalparaiso, sous 32° 39' de latitude australe, dépasse encore de 796 pieds la hauteur du Sahama. L'état-major de VAdventure et du Beagle aux ordres du capitaine Fitz-Roy, a reconnu au mois d'août 1825, que la hauteur de

330 IPPSNBICK STPSOXlTlUQim.

rAconoagua est entre 23000 et 23400 pieds anglais. Si Ton s*en tient à la moyenne, soit 23200 pieds anglais ou 21767 pieds de France, il en résulte que cette montagne est de 1667 pieds plus haute que le Cbimborazo (Fitz Roy, Voyage of the Adventure and Beagle, 1839, t. II, p. 481 ; Darwin, Journal of Researches, 1845, p. 253 et 291) ; d'après des mesures plus récentes, la hauteur de TAconcagua parait être de 22431 pieds (Mary Somerville, Physical geography, 1849, t. II, p. 425).

Que Ton se place au point de vue de la géographie et de rastronomie , à cehii de Thypsométrie , de la géogposie ou de la botanique, la connaissance des systèmes de montagnes qui, au nord du 30** et du 31'' parallèle, prennent le nom de Rocky Mountains et celui de Sierra JVevada de la Californie , a fait tout récemment d'immenses progrès, grâce aux excellents travaux de Charles Frémont {Geographical Memoir upon Upper Califomia, an illustration of his Map of Oregon and Califomia^ 1848), à ceux du docteur Wislizenus {Memoir ofa tour to Northern Mexico connectée with col. Doniphan' s Expédition 1848) et des lieutenants Abert et Peck {Expédition on the Upper ArkansaSf 1845, et Examination ofNew- Mexico in 1846 and 1847). Un esprit vraiment scientifique anime ces travaux de l'Amérique du Nord et les rend dignes de la plus vjve reconnaissance. Lq remarquable plateau appelé Great Basin^ qui s'élève sans interruption jusqu'à 4 ou 5000 pieds de hauteur entre les

APP9NDIGB HTPaOHÉTRIQUB. 331

Roekp Mountain» el la Sierra Nevada de la Californie renferme, outre des sources d*eau chaude et des lacs salés, un système de rivières intérieur et fermé de toute part (voyez plus haut, p. 55). Aucune de ces rivières (Bear River, Carson River et Humboldt River) ne peut sefirayer un chemin jusqu'à TOcéan. Le lacTimpanogos, que je crus pouvoir, à Taidede combinaisons et d'inductions, représenter sur ma grande carte du Mexique, dressée en 1804, est le Great Sait Lake de la carte de Frémont. Ce lac, qui n'a pas moins de 25 lieues de longueur du nord au sud et 16 lieues de largeur, communique avec un lac d'eau douce situé plus haut, le lac Touta, dans lequel se jette la rivière Timpanogos ou Timpanaoza qui coule de l'est à l'ouest. Si sur noa carte le lao Timpanogos n'est pas placé assez loin dans la direction du nord*ouest, cela tient à ce que l'on n'avait encore fait aucune expérience à cette époque pour déterminer astronomiquement la position de Santa Fé del Nuevo Mexico. L'erreur, qui pour le bord occidental du lac est de 50', paraîtra moins surprenante, si l'on se rappelle que ma carte itinéraire de Guanaxuato, qui comprend un espace de 15 degrés de latitude, ne pouvait reposer que sur les observations magnétiques de don Pedro de Rivera (Humboldt, Esm politique sur la Nouvelle-Espagne^ t.I, p, 127-136). Les indications de la boussole , combinées différemment par l'un de nos collaborateurs, M. Friesen, enlevé si jeune à la science, et par moi, lui ont donné pour la longitude de Santa Fé

332 APPENDICE HTPSOMÀTRIQUB.

107* 58', tandis que je n*ai trouvé que 107" 13'. D'après des déterminations astronomiques plus récentes la véritable longitude parait être 108''22'. La situation des lits de sel gemme trouvés dans des couches d'argile rouge et salée (in thick strata of red clay) au sud-est du Crreat Salk Lake ou Laguna de Timpanogos , près du fort Mormon et du lac Youta, a été très-exactement indiquée dans ma grande carte du Mexique. Je prendrai la liberté de m'en référer au témoignage tout récent d'un voyageur qui le premier dans ces contrées a déterminé avec certitude des positions géographiques, de Charles Frémont : « The minerai or rock sait, of v^hich a spe- « cimen is placed in Congress Library, v^as found in « the place marked by Humboldt in his map of New tt Spain (northern half) as derived from the Journal « of the missionary Father Escalante, who attempted « (1 777) to penetrate the unknown coun try from Santa Fé u of New Mexico to Monterey of the Pacific Océan. South- « east of the Lake Timpanogos is the chain of the Wha- « satch Mountains, and in this at the place v^here « Humboldt has written Montagnes de sel gemme this a minerai is found. » (Frémont , Geographical Memoir ofUpper Califomia, 1848, p. 8 et 67.)

Cette partie du plateau, particulièrement dans les environs du lac Timpanogos, identique peut-être avec le lac Teguayo, sur les bords duquel les Aztèques firent leur première station, offre un grand intérêt historique. Les Aztèques dans leur migration d'Aztlan à Tula et à

APFENDICl HTPSOMiniQUK. 333

la vallée de Tenocfatitlan ou de Mexico, s'arrêtèrent trois fois sur des emplacements où Ton voit encore aujourd'hui les ruines des Casas grandes. Ils choisirent d'abord les bords du lac Teguayo, au sud de Quivira, puis ceux de Rio Gila ; enfin ils fixèrent leur demeure près du Presidio de Llanos. Le lieutenant Abert a retrouvé sur les bords du Rio Gila des innombrables débris de cruches de faïence et de pots de terre peints avec goût, qui avaient déjà jeté dans Tétonnement les missionnaires Francisco Garces et Pedro Fonte. Ces objets paraissent témoigner qu'une civilisation plus avancée a régné jadis dans ces régions aujourd'hui désertes. Le caractère particulier à l'architecture des Aztèques et leurs maisons à sept étages se retrouvent encore aujourd'hui fort loin à l'est du Rio grande del Norte, à Taos, par exemple fcomp. Abert, Examination of New Mexico, dans les Documents ofCongress, n*4l, p. 489 et 581-605 avec Humboldt, Essai sur la NouveUe^Espagne, t. II, p. 241-244 et 261). La Sierra Nevada delà Californie longe les côtes de la mer du Sud ; mais depuis le 34' jusqu'au 41'' degré de latitude, entre Buenaventura et la baie de la Trinité, on voit courir à l'ouest de la Sierra Nevada une autre petite chaîne côtière dont le point culminant est le Monte del Diablo, haut de 3448 pieds. Dans l'étroite vallée comprise entre cette chaîne côtière et la grande Sierra Nevada coulent , du sud-est au nord-ouest, le Rio de San Joaquin, et du nord-eat au sud-ouest, le Rio del Sacramento, sur les

334 APPXNDIGS HTPSOMÈTAIQUK*

rives duquel sont situés, dans des terrains d'alluvion, les riches lavages d'or que Ton exploite aujourd'hui.

Outre le nivellement hypsométrique dont j'ai parlé plus haut (p. 54) et les mesures barométriques exécutées entre le point où le Eanzas River se jette dans le Missouri et les côtes de la mer du Sud, sur une étendue de 28'' de longitude, le docteur Wislizenus a poursuivi heureusement le nivellement que j'avais commencé dans la zone équinoxiale, en s'avançant vers le Nord à partir de Mexico jusqu'à 35"^ 38^ c'est-à-dire jusqu'à Santa Fé del Nuevo Mexico. On reconnaît avec étonnement que le plateau qui forme le large dos de la chaîne mexicaine des Andes est loin de s'abaisser, comme on l'a cru longtemps, au point de ne plus offrir qu'une hauteur insignifiante. Je donne ici, pour la première fois , d'après les mesures que nous possédons aigourd'hui, le nivellement de la contrée qui s'étend depuis la ville de Mexico jusqu'à celle de Santa Fé, éloignée à peine de six lieues du Rio del Norte,

Mexico 7008 pieds (Humbolclt}.

Tula.., 6318 {Id.).

San Juan del Rio . 6090 {Id.).

Queretaro 6970 (fd.).

Celaya 6646 (W.).

Salamanca , . 6406 (Jd.).

Guanaxuato 6414 (id.).

Silao 5646 (Burkart).

ViUa de Léon 6755 [Id.).

Lagos. 6988 (Id.).

. I. l !• UMi

Zacstecak ''^ (iïL).

FresDiUo ^^ Çld.).

Durango ^*^ (Otein).

Paim • ^^ (WkliMiini).

Mtimk. *W^ (Td.).

P BriiMi dP MMJMl 4eiiMà4aM (j^).

Gbihuabni *>** (W,).

Godquiriachi «86 (Ji.).

PaflSQ ddKorte (nir le Blo fonde dd

Horte). •••• ^^^ ildL).

Sarta f« dd Mttevo Meifeo M12 (id.).

Le docteur Wlslizenus a joint trois profils à son intéressant Mémoire : Ton , de Santa Fé à Chihuahua par Passo del Norte ; le second, de Chihuahua à Reynosa par Parras ; le troisième, du fort de Flndépendance, situé un peu à Test du confluent du Kanzas River et du Missouri, jusqu'à Santa Fé. Les calculs se fondent sur un échange journalier d'observations barométriques, faites par Engelmann à Saint-Louis et par Lilly à la Nouvelle-Orléans. Si Ton réfléchit qu'il y a entre Mexico et Santa Fé un intervalle de plus de 16 degrés de latitude, et que par conséquent la distance, en suivant la direction méridienne et sans tenir compte des sinuosités de la route, dépasse 400 lieues, on est amené à cette question: existe-tril sur toute la surface du globe une autre partie du sol conformée de la même manière, c'est-à-dire unissant à une pareille étendue une hauteur de 6000 à

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