MM
Auteurs :
De GuiGHK, de l'Académie des BeUes-Lettres, etc., cloître Saint.LouiîHlu.LouTre. Gaillard , de F Académie Françoise et de ceUe des BeUes-Lettres , rue du CimeUère
Saint-André-des^Arcs.
DupuY, de l'Académie des BeUes-Lettres, Hôtel Soubise. De la Lande, de PAcadémie des Sciences, etc., au Collège Royal. L'abbé Tessier, Docteur Régent de la Faculté de Médecine, del'Académie desScicnces,
cloître Notre-Dame. ^
xui HISTOIRE
Db VoiBLti, Homnie de Loi, Garde da Gibinet de minértlogie du Roi, niedaBevI*
loy» n* 36. •
AheiumWi de rAcadémie des Bettes^Lettret, etc., rae des Prètres-Saint-Paul. RcRALio, de rAeedëmie des Belles-Leltres, rue de Grammonl *•
L^adhésioD du journal au oouTel état de choses, ne put le sauver de la ruine. L^orage grondait, détruisant tout sur son passage. Le tempe n^était plus où la plume et la parole se lÎTraient seules des combats acharnés : une 11 Ite plus tetrible allait ensanglanter la France. Ceux qui jusque-là avaient cherché dans les lettres un adoucissement à leurs craintes, perdaient leurs dernières illusions et cette paix profonde nécessaire à la méditation. La poliliqtie absorbait tout. La presse, en harmonie avec Texcitation des esprits, répon-
1 Cette Préface tenniDaSt par une note ainsi oonçœ t c Les Aatenn des livres noaTeaiu qui déu* reront les faire connoltre, sont priés de les adresser à M. Péconome de rétablissement des Sourda-el' Maets, ans CélesUns, en ijoutant sur la snscription : Journal deê Savons, U recevra aussi les lettres, mémoires, extraits, et morceaux entiers de science et de littérature que les Savants et les Gens de Lettres voudront bien envoyer. On se tara un plaisir de les insérer dans le Journal, pourvu q«*i]s sopeot renfermés, autant qu*il sera possible, dans le court espace qu'on peut leur réserver. On aura la bonté d'affranchir tout ce qui sera adressé pour le Journal, à l'établissement des Sourds-et-Muets. >
Neuf mois après, l'avis suivant était inséré dans le Journal :
€ Les Goopérateurs du Journal des Savons promirent, au commencement de Tannée, de redoubler de lèle et d'efforts pour conserver à la République des Lettres ce dépôt prédeux, où l'on a si souvent intérêt à faire des recherches.
« Ils s'engagèrent solemnellement à réparer une négligence dont ils n'étoient point coupables, mail qui «roit occasionné un retard involontaire dans l'exactitude du service que leurs Souscripteurs avoient k droit d'exiger.
c Ils ont tenu fidèlement leur parole : depuis longtemps le Journal des Savons n*a renfermé un plus grand nombre d'articles utiles et intéressants ; depuis longtemps la distribution n*avoit été aussi régulière, et les conditions du Prospectus n'avoient été aussi exactement acquittées, puisque le volume de Jaovlsr f TM sera envoyé au comnieBcemàit de Février.
« Ciiin, esmtaaunent astsoliés «a ^ystèsM de sagesse et de modération, qui les a toi^oon distingués, toujours pleins de respect pour la loi, et d'égards pour toutes les convenances, ils ast obtenu pour récompense l'estime publique et une ai^ansnlatien considérable de souscriptions.
« Ds se font un devoir de publier ici l'obligation qu'ils ont à l'Imprimerie des Sourds-Muets. Get éublissèment, formé sous les auspices du Département de Paris, et favorisé par tous les amis de l'humanité, a le droit d'atteindre à la plus grande prospérité, s'il continue de servir le public avec autant de «Me, et d'être administré avec autant d'intelligence.
« On s'adresse, pour souscrire, à M. Masset, économe de cet établissement, dans l'ancienne maison claustrale des Gélestins, près TArsenaL
« C'est à lui qu'il faut envoyer les livres nouveaux qu'on voudra faire oonnoltre, et les Mémoires, extraits et autres pièces qu'on pourra insérer dans le Journal, lorsque n'excéderont pas le court espace qu'on peut leur accorder.
• Le pris mUsn^êom de IS livres psor Paris, et de 20 Unes 4 sois psorlaProvince. On ne souscrira que pour l'année entière, qui commencera toi^oars au premier Janvier. •
DU JOURNAL DSS SAVANTS. xliv
à tous lés besoins. Quant aux journaux scientifiquas ou littéraires^ personne ne se préoccupait de leur existence ; auteurs, critiques et lecteurs avaient disparu dans le tourbillon révolutionnaire !
L& Journal des Savants, dissous au mois de novembre 1792, après cent \jngl-trois ans d'existence, forme une collection de cent vingt-neuf volmnes in.4^
Une institution aussi ancienne, qui avait excité pendant plus d'un siècle les sympathies du monde savant, et qui tranchait cette difficulté, si peu aisée à résoudre, d'attirer le public tout en recevant Tappm officiel du gouvernement, devait être rétablie avec la renaissance des lettres.
Dès 1796, plusieurs savants^ dont quelques uns avaient fait partie de Tancien journal, essayèrent mais trop tôt de'le reconstituer. Camus, Langlès, Baudouin des Ardennes, I^ialande, Mongez, et surtout Silvestre de Sacy etDaunou, qui devaient donner plus tard à ce recueil une si grande renommée, furent les membres de cette nouvelle association, formée en dehors de toute influence politique. Les espérances que les journalistes avaient conçues ', ne furent
< Voici l'introduction pabliée le 25 Janvier 1706. Malgré sa longueur, dooi avoM cm 4eroîr la publier ici :
INTnODOCTIOlf.
« L*iTABLiB8feH«irr des journaux, dont rautiquité n'offre point de modèle, au moins quant à leur circulation régulière, est chez les nations modernes le produit combiné de deux anties étabUBsemans qui hii appartiennent également, et qui sont l'imprimerie et les poste& La fécondité des moyeas ^e les journaux roumissent pou/le perfectionnement des sciences comme pour celui de la civilisation, «st incontestable, quoique tout retentisse de reproches contra l'abus %u'on en fait. Il n'est, à te hien prendre, aucune découverte à l'égard de laquelle on ne pût former des plaintes qui ne secaient ni moins amères ni mieux fondées. Peut-ôtre trouvera-l-on, avec le tempSj de qoei inculper le télescope et le télégraphe : mais, pourquoi n'accuseroit-on pas les aérostats d'avoir coûté la vie à quelques uns de ceux qui en ont fait le périlleux essai ; l'artillerie, d'avoir moissonné plusieurs millions d'hommes ; la boussole, d'avoir causé l'esclavage des nègres, et d'avoir infecté l'Europe d'un poison honteux et destructeur? A côté de pareils griefs, ceux qu'on accumule contre les écrits périodiques de toute espèce, seroient assurément très-légers, si l'amour -propre irrité qui s'élève contre eux, n'étoit à la fois juge et psrtie dans le procès qu'il leur intente. Ils ont sans doute propagé beaucoup d'erreurs, ce qulleurest conunun avec tous les écrits sortis de la main des hommes : on pardonneroit facilement ce tort, d'autant moins dangereux, que le règne de l'erreur est nécessairement passager; mais les attaques portées ^ quelques réputations, attaques trop aisément confondues avec les traits odieux et méprisables de la ealomnie, ont fait aux journaux politiques et littéraires une foule d'ennemis accrédités qui s*éver« tuent chaque jour à chercher les moyens de les entraver, si l'on ne peut les anéantir : efforts impuissants auxquels on associe les hommes connus par le talent et la vertu, et qui sont dignes de reoonnoltre que le genre humain ne rétrogradera point sur le libre et entier usage des découvertes dont il est en possession, et dont on ne peut séparer les inconvénients qu'elles entraînent.
« Dn autre sujet de murmure contre les papiers publics, se tire de leur prodigieuse multiplicîuS
xLiv HISTOIRE
malheureusement pas réalisées, a L*ange exterminateur de la révolution aVait
c'est-à-dire, de oe qui sert prédsément à neutraliier leur inlloeiice, snppeeé qu'elle fttt eo ellét redoutable. N'est-il pas évident que leur nombre est un obstacle au succès exclusif de chacun d'eux ; qu'il ouTre un champ indéfini au développement de toutes les opinions, et que, en facilitant les agressions, il favorise les résistances? On voit Jusqu'à de bons esprits entrahiés à croire qull faut opposer une digue aux Journalistes, et qui ^'épuisent en recherches pour la trouver, tandis qu'elle existe dans leur concurrence. S'il n'en paraissoit qu'un seul, ou s'il arrivoit qu'en leur lainant en apparence un libre cours, l'autorité voulût en établir un plus ou mioins privilégiét dont elle dletcroit la rédaction en disant qu'elle la surveille, et dont elle ordonnerolt la circulation sous prétexte de la seconder, alors sans doute on auroit tout à craindre. L'équilibre seroit détruit, les moyensde contredire manquerolent aux opposans et aux offensés, et au lieu d'un conibat qui n'est loyal qu'autant que les armes sont les mêmes, et que leur wage dépend uniquement de l'adresse ^ de la force avec laquelle on les manie, k* champ de bataille seroit d'avance assuré à celui en faveur duquel on auroit saisi tous les avantages de terrain. Il s'y présenterolt couvert d'un bouclier qui le rendrolt invulnérable, et pourroit porter des coups que seroient hors d'état de parer des adversaires à peu près enebalnéa.
€ Que tous les amis de la liberté se réunissent donc pour réclamer, pour défendre et pour maintenir cette conquête précieuse, ce droit de manifester la pensée, qui ne semblolt plus exposé à redevenir la matière d'un problème, puisqu'à l'exercice de ce droit sont attadiés également nos destinées politiques et les progrès de l'esprit humain. Veut- on, au reste, que la liberté d'écrire cesse de porter ombrage, même aux dépositaires de l'autorité ; qu'on cesse ausi de prendre l'emportement pour énergie. La déclamation ne persuade point les lecteurs Judicieux, et l'imposture finit par verser le mépris sur le lâche écrivain qui se la permet. Nous nous élèverons constamment contre tout ce qui pourra porter atteinte à la liberté de la presse, quelque détour qu'on emploie pour l'entraver, et nous aurons d'autant plus de droit d'invoquer les principes qui la garantissent, et de la défendre avec force, que ce sera sans aucun intérêt direct, puitque nous désapprouvons hautement ce qui porte l'empreinte de la licence, et que d'ailleurs notre Journal, €xdu9i»eme$U eontaeré au» teieneeê ei àla littérature^ ne contiendra rien de relatif aux événemens politiques. D'autres écrits périodiques sont en possession d'embrasser à la fois ces divers oljets, dont le méUnge n'appartient point au Journal dt$ Savam\ car ce n'est point un nouveau Journal que nous olbvns au public, mais la continuation de celui qu'il avoit accueilli sous ce titre depuis plus d'un siècle. Nous ne regarderions pas cependant comme lA reproche sérieux contre une entreprise de ce genre, d'i^outer un papier public à ceux qui déjà sont en si grand nombre. Écrifte qui vouera^ àii le législateur du Parnasse français. Et que peutron objecter à un Journaliste, quand, en empruntant les paroles du même poète, il est en état de répondre :
Qu'il a trouvé pourtant, quoi qu'on en puisse dire. Un marchand pour le vendre, et des yeux pour le lire!
« A plus forte raison les eonlmiiafetirs d'un ouvrage connu et goûté sont-ils à l'abri du soupçon d'avoir trep légèrement compté qu'ils pourrolent aussi treuver des lecteurs.
« Le Journal des Savant remonte à 1665, c'estpà-dire aux premières années de l'administration de Golbert, qui fit éclore tant de cheb-d'œuvre, encouragea tant de talens, et donna l'impulsion à ce siècle Justement fameux dans les annales des sciences, des lettres et des arts utiles, comme de ceux qui sont de pur agrément. Ce grand ministre, dont on retrouve l'influence dans tous les établissemens qui se formèrent alors, et qui souvent en fht lui-même le créateur, eut part à celui du Journal; et sa protection, comme on parloit slors, fut une égide qui repoussa les attaques auxquelles se vit, dès sa naissance, exposé cet essai. Lever l'étendard de la critique, quel que soit son objet, c'est rallier contre soi tous ceux qu'elle peut atteindre. Il est asses curieux d'observer que cette fois ce fut l'autorité qui conçut le noble dessein d'éclairer le public. Elle eut le mérite de faire naître la lumière, et la sagesse de
DU JOURNAL DES SAVANTS. xlv
anéanti autour de lui jusqu'aux germes de toute instruction ; l'ouvrage ne
né Yoir dans les murmures élevés contré elle, que le cri de fintérèt persomiel. La peur esume des pas«> sioDs les plus fécoDdes en sophismes, et ceux qui donnent le plus de prise à la censure, sont aussi les plus susceptibles d'en prendre de l'effroi. Le Journal se maintint malgré les damdbrs, et quoique depuis 'il s'en soit établi beaucoup d'autres, aucun n*a pu l'empêcher de subsister jusqu'au mois de Juillet 1792. Quelle riche moisson pour ses premiers rédacteurs, que cette production du génie qui forme aujourd'hui nos ouvrages classiques! Leur annonce consistoit alors dans des notices fort courtes, auxquelles on a, dans la suite, substitué des extraits étendus et raisonnes d'ouvrages assurément moins durables. Nous croyons, au reste, que chacune de ces deux méthodes a son mérite et son usage, et que tout consiste à employer à propos l'une ou l'autre. '
« Remarquons encore qu'à l'époque du ministère de Golbert et de l'origine du Journal des Savants, c'étoit le gouvernement qui imprimoit cSffe direction donnée aux esprits vers la recherche dé tout ce qui pouvoit accroître ou perfectionner les connoisaanoes humaines, au lieu qu'au moment où nous nous occupons de la reprise de ce même Journal, c'est le vœu le plus fortement exprimé de la nation, qui provoque les premiers pouvoirs constitués à rouvrir les canaux fermés ou desséchés de rinstruction publique.
« La Constitution, à cet égard, va plus loin qu'aucun des projets du pacte social qui aient été précédemment essayés ou conçus : elle établit, détermine et garantit suffisamment les moyens d'enseignement dont elle a laissé le développement à la législation, qui seule, en effet, pouvait embrasser les détails, n est honorable pour le peuple français, que la soif de l'instruction se manifeste par la demande d'un grand nombre de communes qui sollicitent l'autorisation nécessaire pour organiser à leurs frais des écoles. Les législateurs et le gouvernement favoriseront sans doute de toute leur puissance ces louables dispositions, pour régénérer les études, rendre leur marche rapide et plus sûre, et produire par la communication des lumières tout l'effet que celles-ci ont nécessairement sur les mœurs.
« Nous nous estimerions heureux de concourir en quelque chose à un si grand dessein, en faisant connoltre à ceux qui désirent de s'instruire, le point auquel sont parvenus parmi nous les sciences, les lettres et les arts, en publiant les découvertes nouvelles, et en donnant une idée succincte des principaux ouvrages en tout genre, tant françois qu'étrangers, à mesure qu'ils viendront à paroître.
« Tel est le but que ^ous nous sommes proposé, et voici les moyens que nous croyons devoir employer.
• Dès qu'un livre sera donné au public, nous nous empresserons d'annoncer son titre, tel que le portera le frontispice. Cette partie de notre Journal ne sera probablement qu'un catalogue, sous le nom uaité de Nouvellei littéraire», tout au plus y Joindrons-nous quelquefois une très-courte notice, soit pour les ouvrages dont l'importance ou le mérite exigeront d'en avertir aussitôt le lecteur, soit pour ceux, au contraire, qui ne nous paroltront pas susceptibles d'un extrait plus étendu.
<f Nous donnerons séparément l'analyse des livres nouveaux que nous croirons les plus utiles et les plus dignes d'être connus, quels que soient le lieu de leur i^ublication et le sujet dont ils traitent, et quelles que soient aussi les opinions qu'ils défendent* Aucun préjugé d'intolérance dans aucun sens, ni sur aucune matière^ ne prévaudra sur la Justice que nous nous ferons un devoir de rendre à chaque auteur ; l'impartialité, telle que nous la concevons, n'est pas la nullité de ces hommes sans caractère qui rédoisent tout au pyrrhonisme; nous soutiendrons comme certain, ce qui nous paioltra fuodé sur des principes incontestables; et sur les questions controversées en tout genre, nous défendrons l'opinion qui n'est la nôtre que parce qu'elle nous parolt la meilleure. Seulement, nous nous tiendrons en garde contre l'aigreur et la mauvaise foi, qui font dégénérer la discussion en dispute, et qui décèlent les écrivains de parti.
« Chacun de nos extraits sera signé de la lettre initiale adoptée par son rédacteur, soit qu'il emploie celle par laquelle commence son nom propre ou qu'il se serve de toute autre; lui seul sera garant de
xm HISTOIRI
trouva ni protecteurs, ni acheteurs, ni lecteurs, et il mourut de sa belle mort
rarlicle. L*iiiteBtian eoMmiuie à chftom 4n eoopérstmn, su d'aipriasr svee iéberté w» j u ga m s al ^ë» le nMtivep, et de m Jamsii meaquer eux éganis q«i*oa éoH à eeax doal on oenbet les optafooft, deni on relève les méprisa, et dont on critiqae les prodactiitai. Noue enmwM tofai de cralre qn'on onnnfe périodique ne loit que l'eliment de la maligaité, ni qu'na JoumaJiete dotTe Hn m^qoe s'il ▼enlMie lo; nom tTont, du genre d'dcriTO «aqiiel nons aUom nom livrer, une idée plue noble et pin» JnMe. Rien n*esl beau ^nt le vrot; aussi ae traaeiserons-noQs sur aucune vérfilé, et ne ferona^ions fiéee à rven do ce qai la blesse, ou de ce qui serait contraire aux principes de goût : mais en peut défendre et le bon goSit et la vérité, sans immoler à la risée pobliqne ceux dont les eSsrts ne aé r ai en t pas hettni. S'il est permis, s*il est nécessaire dVgayer parfois la critiqae et de saisir le ridicule dana un écrit, doit-on le verser sur raatenr? La morale ne réprouve-lF«lle pas ce %ai sent Tinsalte et Toutra^s; et si l'on plaisante à l*occaaioa d'une erreur, pour la faire arieux lentir, faut41 que la raillerie prenne le caractère d'une offense t
« Nous ferons revivre avec plaisir une institution très-utile, qui remonte à la naissance du Jounud dêê Sùpans^ et qui depuis a été beaaeoup trop négli|ée. Tout homme de lettres étoit alors admia à demander aux gens instruits de tous les pays, aux bibliothécaires, aux propriétaires de manuscrits et d'éditions rares ou de collections, des renseignements sur le sujet qu'il se proposoit de traiter. S*agit-lt, par exemple, de donner une édition ou une traduction nouvelle de quelque ancien écrivain, on sent combien il seroit précieux à celui qui en a formé le prq|et, de profiter de recberchcs d^à faites, et de Gonnoltre des sources quelquefoia très-pures et très-fécondes, quoique ignorées. Et qu'on no croie pas que divulguer ainsi son propre dessein, ce soit toujours s'exposer à en perdre le fruit : plus d'une fois, il faut le dire pour l'bonneur des lettres et de ceux qui les cu'tivent, on a vu des savan», qui, s'étant rencontrés dans le même plan sans le savoir, se sont, dès le moment où ils en ont été prévenus, communiqué le produit de leurs veilles. Halbeur aux âmes petites, froides et rétrôcies par le calcul de la défiance et de la Jalousie ! Comment pourroient^cs comprendre le charme d'un sentiment qu'elles n'ont Jamaia éprouvé, la Joie des succès d'autrai, et celle qui naît de l'avancement de quelque partie des sciences, lorsqu'on a le bonheur d'en être téaMÎn, même aux dépens de sa propre gloire ?
ft En faisant revivre un usage qui, d'après sa longue désuétude, aura presque le mérite de la nouveauté, nous enrichirons encore notre Journal d'un article absolument neuf : ce sera le compte-rendu des travaux de l'Institut national des sciences et arts, qui sont dignes, à tous égards, de fixer Tattention de nos lecteurs. Nous ne noas bornerons pas à ce qui concerne les quatre séances publiques, t|ui se tiennent le 15 du premier mois de chaque trimestre, et dans lesquelles les secrétaires donnent un court résumé de tous les Mémoires qui ont rempli le temps des séances intérieures pendant les trois mois qui viennent de s'écooler. Nous les ferons connoltre chaque quiniaine par un simple énoncé de leur titre et de leur objet; toute espèce d'observation seroit prématurée, pour ne pas dire injuste : on ne peut s'en permettre sur un ouvrage, que lorsque le public, en étant saisi par l'impression, on tont au moins, par une lecture faite en sa présence, se trouve en état de Juger à la fois Tauteur et le orMqae; et nous prenons ce dernier mot, non pas dans le sens limité à l'écrivain qui bUme et cenaure, mais dans son acception la plus étendue, pour désigner celui qui discute et apprécie les productions d*antfvi.
€ B. • ( Journal des Savanlf, 19 niv^do an v.)
Cett9 introduction est suivie d'un avertissement ainsi conçu :
« Si nous devons nous interdire de prononcer sur des ouvrages qui ne sont point encore coodoSi noua croyons que c'est satisfaire l'empressement de ceux qui cultivent les sciences et les lettres, de leur apprendre ce que produit le xèle et le talent de tant d'hommes réunis dans un établissement duquel elles ont sans doute beaucoup à se promettre. Annoncer qu'un savant, un littérateur, un artiste s'oc-
DU JOURNAL DBS SAVANTS. xt»
au bout de six mois. Les biographes même ont oublié de i* enterrer dans leurs
nécrologes ^
Le Consulat et TEmpire laissèrent fi la Restauration Thonneur de rétablir le Journal des Savants. Le 15 atril 1 81 6, le garde des sceaux Barbé-'Marbois en fit la proposition au roi Louis XVlll, qui Tapprouya. Voici le rapport du mini&tre de la justice , qui appuyait cette proposition :
SlRE^
Le Journal des SavafUs est le plus ancien des journaux parement littéraires. Commencé en 1665, avec l'approbation de Louis XIV, votre illustre aïeul, il a duré, sauf quelques interruptions, jusqu*en 1792. Les hommes de lettres et les savants les plus distingués, ont été appelés à y concourir. Constamment rédigé sous la surveillance du Garde des Sceaux, ce journal s'est distingué de tous l#^ autres par la sagesse et la réserve des principes, par l'exactitude des recherches, par Téquité et la politesse des observations critiques; aussi a-t-il toujours été regardé en Europe, commç le meilleur et le plus instinictif des journaux. Diverses parties ont été traduites en latin, en anglais, en italien, etc., et la coUection des cent vingtHïeuf volûmes est aujourd'hui fort rare et fort recherchée.
J'ai déjà pris les ordres de Votre Majesté, concernant le rétablissement de ce journal. Tai recueilli des renseignements sur les hommes de lettres et les savants qui pourraient en être chargés. Malgré les paalbours de ii^s derniers tenops, on trouvera des hommes qui réimiront les qualités que Votre Majesté exigea et qui observeront dans la rédaction de cet ouvrage périodique, les mêmes principes de sagesse et de cbconspection dont ne se sont jamais écartés
cape de telle question, c'est donner des espérances à ceux qu'intéresse sa solution; c*est peut-être procwer à eelui qoî la traite, une lettre, un MéniDire, qui loi leinat adKesâés et qui ajonteront i ses «loyeqB. fiw» ^ua plaisona ^ mite dans la république dea lettres, sinon ^ la cQiQj;r^ujQauijé ^ ^|ens Sl^solÂ^ ^ proprement dite, qui n'y est pas plus admissible que dans Tordre poUtique, au moins à la dispOaitioc, si désirable et si natureUe, d'une libéraUté qui enricUt celui qui reçoit sans dépouiller celui ^«i.dfliyie*
> Les limites, dans lesquelles nous nous renfermerons, par rapport à la Notice des séances particulières de chaque classe de l'Institut, ne nous empêcheront pas de donner une plus grande étendue à la publication des Mémoires que les membres voudront nous communiquer, au moment où ils les auront lus, q^ surtout à celle de chaque découverte nouvelle. Le recueil des Mémoires ne devant paroltre qu'annueUement, il importe de ne pas frustror le public, pendant une partie au moins d'un si long in* tervaUe, de ce dont on peut lui procurer une prompte jouissance ; et nous nous hâterons de lui transmettre les nouveaux bienfaits dont l'enrichiront les inventeurs.
« Telles sont les vues d'après lesqueUes nous entreprenons la continuation de ce Journal. Nous sommes prêts à profiter, pour son amélioration, des conseils que les hommes éclairés voudront bien nous donner et des critiques auxquelles nous devons nous attendre.
• Nous renvoyons, pour les conditions de la souscription et les autres détails analogues, au Proapectua d^à distiibué, et qui sera imprimé sur la couverture de chaque numéro.
• Yey. Delisle de Sales.
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leurs prédécesseurs; ils s'abstiendront également de toutes les matières religieuses et politiques et de toute critique qui po*irrait avoir les apparences de la personnalité.
Je me suis fait rendre compte^ Sire, des dépenses que pourrait occasionner cette entreprise ; elles ne peuvent, dans aucun cas, excéder annueOement la somme de 20,000 flrancs. La Caisse du Sceau est en état d*y fournir, et quoiqu'on ne puisse pas attendre un succès ^tmupt et fort étendu, les abonnements pourront diminuer progressivement les fhiis que cette caisse aura à supporter.
Le bruit déjà' répandu du rétablissement de ce journal, a excité une vive satisfaction dans le monde savant. Je crois pouvoir assurer à Votre Majesté, que cette nouvelle preuve de Fintérêt qu'elle porte aux lettres et à ceux qui les cultivent, sera reçue avec une profonde reconnaissance, et je la supplie de m'autoriser à en poursuivre l'exécution.
Je sub avec un profond respect.
Sire,
De Votre Mijesté, le sujet le plus fidèle et le {dus soumis, ' U 4krâe dei Scewx, MhMre SeeréMrê é'Etai,
Signé : Marbois.
Paris, le 15 avril 1816.
Approuvé,
Loms.
Par le roi,
Le Garde de$ Sdemuc, MMitre Secrélakte d^État,
Signé : Barbé Marbois.
Un document fort intéressant, et qui nous a été communiqué par M. Tail* landier, avec cette bienveiliance dont tant de personnes ont déjà eu à se louer, donne de curieux détails sur le rétablissement du Journal des Savants, et sur les différents changements que son organisation a subis de 1 &1 6 à 1 830. Ce rapport, adressé au ministre de la justice, est du célèbre Daunou qui, on le sait, remplissait alors les fonctions de secrétaire du bureau.
Le 6 mai 1816, M. de Marbois, Garde des Sceaux, écrivit à plusieurs hommes de lettres, en ces termes :
« Monsieur,
a Sa Majesté ayant autorisé le rétablissement du Journal de$ Savante^ et l'ayant placé, « ainsi qu'il l'était autrefois, sous la direction du Garde des Sceaux, j*ai cherché à connaître « par quelles personnes ce travail pourrait être fait avec l'utilité et la sagesse qui en ont fait « le caractère aussi longtemps qu'il a existé. J'ai pensé. Monsieur, que douze Savants rem- « pliraient complètement l'objet proposé, et vous êtes im de ceux que les travaux connus et « Topinion générale m'ont désignés J'ai été assuré en même temps que vous éties disposé à
bU JOURNAL DES SAVANTS. 40
« concourir à cette niile entreprise. Je vous prie donc de vous trouver chei moi, mercredi i5, « à sept heures et demie du soir. Les autres personnes désignées atcc tous y seront réunies « à la même heure.
« ReceTes, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée,
« Le Garde des Sceaux, Ministre Secrétaire d'État.
« Signé : Marbois. »
Une première conférence fut, en effet, tenue à la chancellerie par M. le secrétaire général du Ministère de la Justice; mais ie procès-Terbal n'en a jamais été remis au secrétaire du journal; il est probablement resté, avec les pièces qui devaient raccompagner, dans les archives du ministère.
11 oe se tint pas d'autres conférences durant les mois de mai, juin et juillet 1816; mais le {«r août, M. le Chancelier Dambray, qui avait repris les fonctions de Garde des Sceaux^ rassembla au Liuembourg les personnes désignées pour travailler au Journal des Savants, et y présida une conférence dont voici le procès verbal :
<& Monseigneur le chancelier a présidé la conférence; il l'a ouverte à sept heures du soir.
c MM. Dacier, Sylvestre de Sacy, Gosselin, Cuvier, Quatrcmère de Quincy, Biot, Visconti, a Raynouard, Gay-Lussac, Raoul-Rochctte, Cousin, Daunou, y ont assisté.
c Monseigneur le chancelier a donné communication des pièces suivantes :
c lo Règlement pour le Journal des Savants;
« 2^* Noms des assistants et auteurs qui doivent concourir à la rédaction du Journal des « Savants.
« Assistants: M. Dacier, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et bellesc lettres;
f M. Silvestre de Sacy, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
a M. Gossellin, de FAcadémie des inscriptions et belles-lettres;
c M. Cuvier, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.
c AiUeurs : M. Daunou, de l'Académie des inscriptions et belles- lettres;
t M. Tessier, de TAcadémie des sciences ;
c M. Quatremère de Quincy, de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres, secrétaire « perpétuel de l'Académie des beaux-arts;
c M. Biot, de l'Académie des sciences;
u M. Visconti, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
n M. Vanderbourg, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
« M. Raynouard, de l'Académie française;
« M. Gay-Lussac, de l'Académie des sciences ;
a M. Boissonade, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
a M. Raoul-Rochette, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
« M. de Chézy, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
« M. Cousin, maître des conférences à TÊcole normale;
« 3« Budget ou règlement des recettes et dépenses du Journal des Savants^ pour la On de
a l'année 1816.
« La recette du restant de l'année te compose d'une somme de 1 2,000 fr. que le Roiabien
c Touhi Accorder pour la fin de l'année 1816, sur la caisse du sceau, pour faire ikce aux c dépenses du Journal det Savants. Cette sonune peut être employée ainsi qu'il suit :
« Le Journal ne peut paraître a^ant le i*' septembre prochain; il n*y aura donc cette an* c née que quatre numéros et le prospectus qu'il sera utile de répandre avec assez de profiic sion pour que le journal soit connu. Les frais dimpression peuvent être évalués, pour le c restant de Tannée, à la somme de 2,400 fr.
c Les achats de livres étrangers peuvent exiger une somme de 1,000
« Les honoraires de l'éditeur-comptable, attendu les travaux préparatoires c dont il s'occupe depuis plusieurs mois, seront, pour le reste de l'année, de. . . 1,800
c Les frais de bureau, y compris la première dépense d*achat de cartons et U- « vres de comptes, sont portés, pour le reste de Tannée 1816, à 600
n Les honoraires fixes des douze auteurs, pour Tannée 1 816, à raison de 300 fr* « chacun 3,600
« Les droits de présence aux assistants et auteurs sont évalués 800
« Reste, pour remplir les 12,000 fr., la somme de. 2,400
« Sur laquelle seront prises les dépenses imprévues 12,000 fr.
tt Le surplus sera distribué au 1^ janvier prochain, entre MM. les auteurs, en raison de « Timportance et de retendue des articles qu'ils auront. fait entrer dans le journal.
« M. Daunou, chargé par Monseigneur le Chancelier des fonctions indiquées dans Tarticle 5 c du Règlement, a rendu compte des propositions failes par plusieurs imprimeurs, qui ont c demandé à imprimer le Journal des Savants. Après une délibération sur ces propositions, « Monseigneur le Chancelier a prononcé que le Journal des Savants serait i&iprimé à l*]m- • piimerie royale.
c II a été ensuite donné lecture d'un Prospectus, qui a été adopté * :
f Monseigneur lu Chancelier a levé la séance à dix heures, en annonçant que la prochaine
I Voici ce prospectus :
« Le Journal des Savons est le plus ancien des Joomaax purement littéraires. Denis de Sallo, oon> seiUer au Parlement de Paris, en publia les premières feuilles en 1665. Colbert eneourageoit cette eotrepriae; mais elle n'étoit point encore sous la direction immédiate du Gouvernement. Suspendue dès 1065, elle fût reprise en 1666, et continuée, sauf quelques interruptions, par l'abbé Gallois Jusqu'en 1675 ; par l'abbé de La Roque, jusqu'en 1686, et, durant les quinse années suivantes, par le président Cousin, que le chancelier Boudierat avait chargé de ce travail
« A la fin de 1701, le chancelier Poatchartrain crut à propos de partager, entre plusieurs hommes de lettres, la rédaction du Journal des Savons. Les premiers membres de cette société se réunissoient chei l'abbé Bignon ; mais, depuis 1715 Jusqu'en 1702, les conférences des auteurs de ce Journal se sont tenues, une ou deux fois par mois, à la chancellerie, et l'on en rédigeoit des procès-verbaux.
« En général les articles du /ovmal des Savons sont de trois espèces : 1 « analyses d'ouvrages importans ; 2* disaertationsou mémoires sur des questions littéraires ou sur des découvertes dans les sciences ; S* simples annonces de livres nouveaux ; mais ce sont toujours les articles du premier genre qui occupent le plus d'espace. Ceux du second sont rares, et ceux du troisième fort courts» On employoit quelquefois des articles composés par des hommes de lettres qui n'étoient point membres de la société chargée de la rédaction du Journal : MM. de Bose, Sénac, de Mairan, de Foncemagne, en ont ainsi fourni plusieurs. Dans le courant du xvni* siècle, on remarque parmi les rédacteurs ordinaires : Vertot, Fontanelle, Bu-
' t cooffrecce se tiendrait à la Chancellerie, place Vendôme, le 1 4 de ce moit, à sept heures * du soir. >
DepuiscelempSideaconrtirGnccsont été tenues deox fois par mois à la Chancellerie, quelquefois sous la présidence de Monseigneur le Chancelier ou du Garde des Sceaux, et en son absence par le plus ancien des assistants.
Un cahier du journal a paru chaque mois.
A la lin de chaque trimestre, l'ëditeur a rendu compte des receltes et des dépenses, en ^ joignant des pièces justificatives.
Tous les autres artides du Riglaoent ont été (d>seiTés.
relto, d'Héricourt, DaboB, Joseph Saurin, Bougner, du Reenel, Clalraulti etc. En lïM, le bareao du Jtwnal da Staaiu £toit composé ainsi qu'il soit : ' Le minisira de lajustice.
• Aimtatu : HM. Bftrtliéleiiii, de Brequigny, Daubentoo, Baill]', Da Tbeil.
• AuUuf$ : UH. de Guignes, GftiJlard, Dupuy, Laluide, Temier, de VoieUfs, Aineilhai), Keralio. ' Qiaque aitide âtoit signé du nom de l'auteur qui l'tvoit téàigé.
■ Bntretous les Jouniwix littéraires, celui des Sïtsiu s'est certùDemeiit distingad par Is fli^llté des eitraits, par la piuelé du style, par l'eiactitude et la prorondeur des recherches, par l'équité et la politetsedes oiMcrrations critiques. Il a cooiribué, pendaut ceui Tingt-eept bjis, au malniicn du bon goùi et des connoitsances utiles.
• Protecteur éclairé des sciences, des lettres et des arts, le Roi TÎmt d'ordouuer le rétabtissemeut de ce Journa', et de le replacer suus la direction dii Chancelier, Garde des Sceaux de France. L'iaiention de SaM^iesié est qu'il soit rédi^ dans le mfme esprit et dans les mËmes formes qu'arant 1703; il n'y a donc pfa lien d'en publier ui) nouveau Prospectus. En eipoaaut ce qu'il a été, nous avons dit ce qu'il doit redevenir.
• Les ouvrages importans qni parollront en France et liors de France, seront anooneés dans le Journal dtt Savanti., soit par la simple uauscriplion des titres, soit par de courtes ooticea, soit enfin par des analyses proprement dites. On lïra connoltre, de celte troisième manière, lea Unes dont l'élendue, la matiËre ou les fonnes mériteront de fixer l'attention publique. Les onalysea ou ces annonce* saiTrantd«prËs In publication des ouvrages qu'elles concemerouC; et l'on prend aussi l'engagement de publier sans retard et par des articles particuliets, les déconverlcs qui eoridiîront les divers genres
Ce prospectus est suivi de la tisle des collaborateurs du Jonmal, telle qu'elle se trouve dans le Héinoir^ de Daunon ; il termine par cette note ;
« A partir du X" septembre iSie, il paraîtra, chaque mois, un cahier du Journal da Sarani, composé de huit feuilles, on soiiaot»quatre pages in-i*. Quand l'abondance des matières l'eiigera, on donnera un ou plusieurs cahiers supplémentaires dans le coun de l'année. Le Journal sera Imprimé k l'imprimerie royale : les caractères seront, pour les sept premières feuillca de chaque cahier, celui qui vient d'être employé dans cet avis) et pour la huitième, qui contiendra les annonces, celai des ligne* qu'on va lire.
• L'abonnement au iowmai da Savam est de 30 franc* par an, et de ÏO Troues par la poste, franc de porL On paiera le Uets des mêmes prii pour les quatre derniers mois de 1816. On sonscrit h Paris, cbei HH. Treuttel et Wum, me de Bourbon, n* 1T[ et à Strasbourg, rue des Serruriers. Il fiiui alfranfibir les lettres de jlemande et l'argenb •
hî HISTOIRE
Ce Règlement a éié lenourelë et modifié le 21 juin 1 SM, par M. le Garde des Sceaux, comte Portalis *.
• Voici ce règlemenl :
RÊGLEMEirr pour.
Ll JOURKAL Dtt SATANIt.
Le Journal de$ SaianU sera rédigé,, eomme il Ta été dcpuie 17M Joeqn'eo 17M« par une iodélé d'hommes de lettres, soas Tautorité de Mgr le Garde des 8ceaai| et la direction du conseiller d*£tat commissaire da roi au sceau.
Cette société est composée de quatre assistants et de dooie auteun du Journal.
Les assistants et les auteurs, réunis en bureau, tiendront, tous les quinse Jours, une oonMienee, pré>
sidée par Mgr le Garde des Sceaux» et en son absence, par Tun des assistants ou des auteurs, selon
l'ordre du tableau.
Tous les articles destinés à entrer dans le loumal ieiSavanii aeroni ha, disnitéa et définitivement
arrêtés ^ans cea conférences.
L*un des auteurs est chargé de la rédaction du procès-verbal des conféiencea et des soins relatift à 4*impression et à la distribution, aux recettes et aux dépenses du Journal. Il rendra compte de ses dépenses et de ses recettes à la fin de chaque trimestre.
fi.
Les membres du bureau remettront à l'éditeur désigné par l'article précédent, les titres des ouvrages
dont ils croiront à propos qu'il soit rendu compte dans le Journal det Savanlt^ et l'éditeur donnera
lecture de tous ces titres et de ceux qu^il y pourra Joindre, dans la conférence la plus prochaine, après
le Jour où il les aura reçus.
Le hsreaa, dans la conférence qni suivra immédiatement celle oà 11 aura entendu la lecture de ces
titres d'ottviages, désignera par des déUbérations an scrutin secret :
!• Ceux desdits ouvrages dont U devra être rendu coeiptei
S* Le rédacteur qui en sera chargé.
Si, après la lecture d'un article rédigé et dans la délibération au scrutin secret sur la question de savoir s'il sera inséré au Journal, le tiers des bulletins contient la demande de quelque modification ou retranchement déterminé ou indéterminé, le bureau décidera par une délibération nouvelle, au scrutin secret, si ce retranchement ou cette modification devra avoir lieu, et dans le cas de l'aflSrma* tive, l'article sera reproduit, ainsi abrégé ou modifié, dans l'une des conférenoes suivantes.
A la fin de chaque trimestre, la liste des articles demandés depuis trois mois ou plus, et non encore présentés, sera mise par l'éditeur sous les yeux du bureau, et insérée au procès-verbal, avec les noms des personnes qui en avaient été chargées.
Lorsqu'un article demandé depuis six mois, n'aura point encore été présenté, le bureau délibérera au scrutin secret, sur la question de savoir s'il n'y a pas lieu d'en chaiger nn autre rédacteur.
n paraîtra chaque mois un cahier du Journal des Savantit consistant en hnh feuilles on quatre pages in-&*.
Quand une place d'auteur on d'assistant a Taciuë, par décès ou par dëmbsion^ le bureau du Journal des Savants a procédé, par voie de scrutin, à la désignation de la personne qni pouvait le mieux la remplir, et ces choix ont été soumis & la décision de M. le Garde des Sceaux, d'est ainsi qu*ont été nommés, depuis 1816, MM. Letronne, Abel Rémusat, Cheyreul, Saint-Martin, et qu'est proposé aujourd'hui M. Frédéric Cuvier. Jusqu'à présent les choix
Selon raboDdance des matîèm, et pour éviter de trop longs retards, on pourra publier, dans le tours de chaque année, 1, 2 ou a cahiers supplémeiitaires.
Les sept premières feuilles de chaque cahier contiendront les analyses, extraits, examens des principaux ouvrages publiés en France et hors de France, dans tous les genres 4e sciences» arts, et de littérature ancienne et moderne.
Des mémoires succincts sur des expériences nouvelles, sur des découvertes, sur des questions sdenti* flques ou littéraires, pourront être quelquefois insérés dans lesdites premières feuilles, en vertu de délibérations particulières prises dans les conférences.
Des délibérations semblables pourront autoriser «l'insertion de quelques articles rédigés par des auteurs non compris parmi les membres du bureau du Journal des Savants; mais chacun de ces articles doit être présenté par deux membres de ce bureau.
Lorsqu'un article remplira plus de dix pages, Téditeur sera autorisé à le diviser en deux parties, qui paraîtront en deux cahiers oonsécutils. Il se concertera avec l'auteur de l'article sur la manière d'opérer cette division.
La dernière feuiUe de chaque cahier est réservée aux nouvelles littéraires, savoir : à des annonces bibliographiques, à de courtes notices de livres nouveaux, aux programmes des sociétés savantes, à des récits succincts de leurs séances publiques, et à de courts articles de nécrologie.
Jamais le Journal des Savants ne contiendra de nouvelles politiques, ni de discussions ou réflexions relatives aux actes, démêlés ou intérêts présents des gouvernements. On s'abstiendra même d'y rendre compte des ouvrages qui traiteront de ces matières.
Chaque auteur corrigera une épreuve de ses articles et les signera de toutes les lettres de son nom. Ces signatures seront toi^ours imprimées à la fin de chaque article. Les auteurs pourront revoir une seconde épreuve; mais, en aucun cas, ils ne pourront en exiger une troisième.
La liste des membres du bureau du Journal des Savants sera imprimée à la tête des caliiers de janvier et de Juillet de chaque année.
Le prix de la souscription annuelle, pour les douze ou quinze cahiers, est fixé à 36 francs.
La caisse du sceau fournira, pour la dépense du Joamal, une sonune annuelle de 30,000 francs, à laquelle a'i^tera le prodiy t net des abonnements.
54 mSTOIRE
du bureau ont Coujoun détermiDé can de M. le Garde des Socaux; mais e'ail à loi qu*appartiennent pleinement ces nominations.
A la (in de Tannëe 1829^ on a publié un nouveau Prospectus du /ohtm/ dêi Swantê.
Il résultc^du registre, tenu par réditenr, de toutes les recettes et dépenses du Jawfml des Savante^ depuis son rétablissement au l'^ septembre i816, jusqu'au 31 décembre 1830, que dans le cours de ces cent soixante-douse mois, la totalité des sonunes reçues et dépensées sélèTe à 319,388 fr. 09 c
Si l'on déduit de ce total celui de 401,829 fr. 10 c«, produit net des aboonemenls durant
Les frais d^impTession du Journal da Savtmii^ à l'Imprimerie ro/ale, ne seioiil déduite, ni de ladite somme de 30,000 francs, ni du produit des souscriplioos.
Chacun des douse auteurs recerra une indemnité annuelle de 500 francs.
aa.
Cependant, quand Tun desdits auteurs aura mamiué à six oonlérenoea eoosécutires, sans avoir, dans
cet interralle, envoyé aucun des articles qu*ll était chargé de rédigeri II sera privé, pour ce trimestre^
de son traitement fixe»
th.
S*il arrive que Tun des douse auteurs manque à vingt-sept contttences consécutives, sans envoyer dans le cours de l'année entière aucun des articles de la rédaction desquels le bureau Tavait chargé, il sera censé avoir donné sa démission.
Les deux articles précédents resteront sans effet, lorsque le bureau, avant l'expiration du premier trimestre, aura reconnu qu*nne maladie ou quelque autre empêchement rend impossibles et la présence et la coopération de l'un de ses membres. Cette délibération se prendra au scrutin secret, sur la demande de l'absent ou d'un antre membre du bureaa*
Aucune des dispositions des trois précédente articles ne s'appliquera à celui des douse auteurs, dont l'absence aura pour cause une mission donnée par le gouvernement ou par l'une des quatre Académies
composant l'Institut.
A la fin de chaque trimestre, des bonorafres particuliers seront distribués aux rédacteurs d'articles iniérés dans les trois cahiers, en proportion de l'étendue desdite articles, et à raison de 100 francs par feuille.
On ne comprendra, dans l'état des honoraires pour rédaction, que les artidea et mémoires présentés au bureau, en cooséquenee des délibérations au scrutin secret par lesquelles il les aura préalablement demandés.
fieront comprises dans l'état de ces mên^ honoraires, les personnes étrangères au bureau, qui, sur sa denumde, auront fourni des articles dont il aura entendu la lecture et décidé l'insertion au Journal.
De plus, chacun des douse auteurs et des quatre assistante recevra, pour droit d'assistance aux conférences qui auront keu deux fois par mois, un Jeton de présence de la valeur de 5 francs. En conséquence, une somme de 80 francs sera distribuée, pour chaque^ conférence, entre cens des
le même espace de temps^ il s^ensuit que la caisse du sceau a dépensé, pour ce service, 217,558 fr. 99 c, en quatorze ans et quatre mois.
Il est à remarquer toutefois, que depuis le !«>" janvier f82B, M. le trésorier du sceau a été aulorisé à rcleoir 2 p. 100 sur le produit des abonnements^ et que ces retenues, en diminuant de 756 fr. 65 c. le total de ce prodmt, ont ajouté cette même somme aux dépenses de la caisse du sceau; mais c'était là une dépense étrangère à celles que le journal exigeait.
D'un autre côté, il est à propos d*ob8erver que l'impression gratuite du journal à l'imprimerie royale, n'a commencé qu'au «ahier d'avril 1820; que les quarante-trois cahiers précédents ont été imprimés aux frais de la caisse du sctîau, et tout entrés dans le total des dépenses Je cette caisse, pour une &ommc de 16,070 fr. 74 c.
Il y aurait lieu aussi de tenir compte des frais de premier établissement, dont il a été fait mention ci-dessus dans le procès-verbal de la conférence du !«' août 1816, et qui peuvent être poilés au moins à 1,468 fr. 26 c.
En déduisant cette dernière somme et celle de 16,070 fr, qu'à coûté Timpression des quarante-trois cahiers, il reste que, pour les dépenses ordinaires de la rédaction du joiunal, savoir : honoraires ûies et éventuels des auteurs, droit de présence aux conférences, honoraires de l'éditeur, frais de bureau et achat de livres, la caisse du sceau a fourni, en cent soixante-douze mois, 200,000 fr. C'est par mois : i,i62 fr. 85 c; par an : 13,953 fr. 75 c. (ou 14,000 fr.). .
Voilà la somme qui serait à comprendre, pour le Journal des Savants, dans le budget du ministère de la justice. Mais peut-être y aurait-il moyen, sinon d'opérer quelque réduction dans la dépense de ce journal, du moins, d'augmenter ses produits. 11 a été, à diverses reprises, proposé aux prédécesseurs de M. le garde des sceaux, de s'entendre avec leurs collègues pour accroître la recette et l'utilité du Journal des Savants. Il s'agirait de faire, pour ce
seize membres du bureau qui y auront assisté, et se seront inscrits avant la première déUbération an scrutin secret.
Les honoraires des travaux particuliers indiqués dans rartide 5 ci-dessus, sont fixés à une somme annuelle de 1,500 francs. La personne qui sera chargée de ces travaux participera, en outre, comme let onxe autres auteurs du Journal, à l'indemnité fixe de 500 franor, et aux indemnités proportionnelles dont il a été parlé ci-dessus aux articles 37, 28 et 30.
Les autres dépenses du Journal dis SavatUs^ sont les frais de bureau et de correspondance, auxquels sera destinée une somme annuelle de 1,800 francs ; les frais de gravure et l'achat des livres nouveaux dont il y aura lieu de publier des analyses; achat qui ne pourra excéder la somme de 1,660 francs par an. Les frais de vente et de distribution sont supportés par les Ubraires chargés de cette vente, en vertu du traité approuvé par Sa Grandeur Monseigneur le Garde des Sceaux.
Les pièces de comptabilité, les demandes et la correspondance de tout genre, relatives au Jmarna des Savante, seront toujours adressées à Mgr le Garde des Sceaux, par l'intermédiaire du Conseil'er d'État, Commissaire du roi au Sceau, qui demeure chargé de Texécution du présent règlement
Approuvé le 21 Juin 1828.
Le Garde des Sceaux,
Signé : comte PoaxAus.
recueil périodique, ce qu'on a, bit pour plusieurs autres qui ne répandaient pas une instructien aussi réelle et aussi pure.
Si les Minislrcs de l'intérieur, de Tlnstruction publique et des Affaires étrangères, prenaient ou procuraient à eux trois une centaine d^abonnements, la somme annuelle de 14,000 fir., dont il Tient d èlre parlé, s'abaisserait à 1 i ou 12,000 fr.
Du reste, on suppose qu'outre cette somme de 14 ou 12,000 fir., que le ministre de la justice aurait à fournir, il abandonnerait au Jatêmal de$ Savants, comme on la toujours fait jusqu'ici, le produit net des souscriptions, et comprendrait Timprcssion des cabiers dans les 40,000 fr. d'impressions gratuites de Timprimeric royale, ainsi qu*il fe pratique depuis le !" avril 1820.
Ce journal, placé depuis cent trente ans sous la direction immédiate du chef de la magistrature, doit à des relations si honorables le caractère grave et impartial qui le distingue. Jusque dans le cours des quatorze dernières années, il a sn se préserver des égarements où la littérature était presque partout entraînée parle Pouvoir; et quoiqu'il ait dû s'abstenir d'offenser les doctrines qui gouvernaient la société, il n'aurait pourtant presque rien à désavouer aujourd'hui de celles qu'il a professées lui-même en des temps si difficiles. (Test afin de conserver cette indépendance et cette équité, que les hommes de lettres qui le rédigent ont exprimé le désir de rester compris dans les attributions du ministère auquel de longues habitudes et une vive reconnaissance les attachent.
L'espoir que Daunou exprime, au nom de ses collègues, de voir le Journal des Savants se maintenir dans la dépendance du ministère de la justice, ne fut pas déçu, et jusqu'en 1857, les gardes des sceaux comptèrent parmi leurs plus précieuses prérogatives, celle de veiljcr à la conservation de ce grand recueil, et de le maintenir dans Fétat de prospérité où le talent de ses auteurs avait su le placer dès les premières années de son rétablissement.
Jaloux de réunir sous sa haute direction tout ce qui est du domaine des lettres et des sciences, et de ramener le Journal des Savants au but que lui impose sa nature et que ses premiers rédacteurs semblent d'ailleurs lui avoir assigné, M. Rouland proposa à l'Empereur de faire passer Tadministration de ce recueil, des attributions du ministère de la justice dans celles du déparlement de rinstruction publique. La sanction impériale ne se Gt point attendre, et un décret, en date du 24 mai 1857, fît droit à celte juste demande '.
t Voici le rapport adressé à l'Emperear par le Ministre de la Jastice et le Ministre do rinstmeiioD publique :
RAPPORT A L*EHPER£UR.
« SlBB,
« Le Journal dts SavanU^ fondé en 1665 par im conseiller au Partement de Paria, mérita, dès 1702, le patronage de TÉtat, et fut placé sous l'autorité du Chancelier de France, chai^ alors de toutes les Hi-Micfaes du senrice de rimprimerie et de la librairie* La réTOlution Interrompit cette putUcatioQ in-
DU JOURNAL DES SAVANTS. lvii
Ce changement de direction n'a produit, jusqu'à présent, aucune modification dans l'organisation du Journal des SavantSy rédigé aujourd'hui par MM. Biot, Cousin, Cheyreul, Flourens, Viilemain, Patin, Magnin, Mignet, .Hase, Vitet, Barthélémy Saint-Hilaîre et Litlré, assistés de MM. Naiidet, Gi-
portante, qui, suspendue en 1792, ne fut reprise qu'en 1816. Obéissant aux traditions du passé, la Restauration remit entre les mains du Chancelier de France, Ministre de la Justice, Tadministration renaissante du Journal des Savants, qui reçut une subvention de la Caisse du sceau. « Quelques années plus tard fut organisé le ministère de Tinstruction publique, qui réunit dans un
même faisceau tous les établissements et toutes les grandes entreprises scientifiques et littéraires, dont la munificence de l'État peut seule protéger le développement et assurer la prospérité. Cependant rien .06 fut alors changé dans l'administration du Journal des Savants.
« Aujourd'hui, Sire, nous n'hésitons pas à reconnaître que le premier organe de l'érudition française,
constamment rédigé par des membres de llnstitut et de l'Université, doit rentrer dans le domaine du
.ministère de l'instruction publique. Le Journal 4es Savants.se rattache intimement & l'administration
chargée des intérêts des sciences et des lettres ; son influence ne peut que s'accroître si on le ramène
au centre des travaux dont il a pour mission de propager le goût et de constater les progrès.
« Telle est, Sire, la conclusion à laquelle nous a conduits un examen impartial de la question. Votre ministre de la Justice^ n'a pas |)ensé que lé regret de renoncer à une prérogative, si précieuse qu'elle soit, doive prévaloir sur l'utilité d'une meilleure distribution des services publics. Oe concert avec son collègue» il a l'honneur de soumettre à Votre Majesté un décret qui a pour objet de transporter an ministère de l'iostruotion publique raUribation du Journal des Savants.
« Nous sommes avec un profond respect,
« Sire,
« De Votre Majesté « («es très-humbles serviteurs et fidèles sujets.
« Le garde des scecMx, ministre de la justice^
« AfiBATCCCI.
M Le minisire de l'instruction publique et des cultes,
« RODLAND. »
' Ce rapport est suivi d'un décret ainsi conçu :
« Napoléon, par la gr&ce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français, à tous présents et h venir, salut.
« Avons décrété et décrétons ce qui suit :
« Art. l*r. L'administration du Journal des Savants, placée sous l'autorité du garde des sceaux, miubtre de la justice, passe dans les attributions du ministre de l'instruction publique et des cultes.
« Art. !S. Notre garde des sceaux, ministre de la Justice, et notre ministre do l'instruction publique
et des cultes, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
• Fait au palais de Fontainebleau, le 24 mai 1857.
« Signé, Nafoléosi.
a Par l'Empereur :
« Le garde des sceaux^ ministre de la juêtice^
c Signé, Abbatdcci.
< Le ministre de finstmction publique et des cii/fet,
« Signé, RocLAKD. »
Ce d'icret est suivi d'un autre décret qui reporte au budget du ministère de l'instruction publique
Lvui HISTOIRE
raud, Mérimée et Lebruu. L'auteur de Marie Stuart a remplacé Daunou, en 1839, dans les fonctions de secrétaire du bureau.
Depuis 1816, le journal a perdu plusieurs de ses rédacteurs, qui ont été remplacés par Letronne, Dulong, AbelRémusat, Girard, Saint-Martin, Fréd. Cuvier, Eug. Burnouf, Lacroix, Libri et Quatremère.
Les savants qui ont eu Thonneur d^insérer des articles ou de simples notes dans le journal, bien qu'ils ne fussent point membres de la société chargée officiellement delà rédaction, sont MM. Avenel, Beulé, Ed. Biot, Briancbon, Callier, Chabaille, Champollion le jeune, Daremberg, Delambre, Deluc, Depping, Egger, Garcin de Tassy, de Golbery, Ideler, Jomard, A. Langlois, Ch. LéYêque, Nestor L'Hôte, Miller, MohI, Mongez. Pardessus, P. Paris, Renan, Ross, Rossignol, de Rougé, Sainte-Beuve, Sédillot, Terquem, P. Varin, Natalis de Wailly et Walckenaer .
Depuis la réorganisation en 1816, le Journal des Savants jouit de l'estime générale. Pendant les vingt-deux premières années surtout, il fut considéré ^ juste titre comme le premier recueil littéraire de l'Europe. L'érudition n'avait pas alors les organes de publicité dont elle dispose aujourd'hui : la Bibliothè*
des cultes, exercice 1857, la somme comprise an budget du ministère de la Justice à titre d'indemnité au Journal des Savante :
M Napoléon, etc.
« Sur le rapport de nos ministres secrétaires d*État, de la Justice, et de l'instroction publique et des cultes,
< Avons décrété et décrétons ce qui suit :
« Art. 1*'. Sur les crédits accordés au budget du ministère de la Justice par la loi du 14 Juillet 1S56, pour dépenses de Texerdce 1857, et s'élevant ensemble à Tingtreept millions quatre cent soixante et seixe mille deux cent soixante et dix francs (27,476,270 fr.), une somme de qulnie mille francs (15,000 fr.)« comprise au chapitre xii, article s, à titre d'indemnité au Jourt^ de$ Savanii, est annulée et reportée au budget du ministère de l'instruction publique et des cultes.
« Art. 2. En conséquence, le montant du budget du ministère de la Justice, pour l'exercice de 1857, se trouve réduit à yiogt-sept millions quatre cent soixante et un mille deux cent soixante et dix francs (27,461,270 ft*.)* e^ celui du ministère de l'instruction publique et des cultes élevé à soixante-quatre millions cinq cent trente-sept mille cinq cent quatre-vingt-six fhmcs (64,537,586 tr,). ,
« Art. 3. Nos ministres secrétaires d'État aux départements de la Justice, de Tinstruction publique et des cultes, et des finances, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent dé« cret, qui sera inséré an Bulletin des lois.
< Fait au palais de Saint-Cloud, le 14 Juin 1857.
« Signé, Napoléon.
« Par l'Empereur :
« Le garde des êceaux^ mimtire secrétaire d^Etaf de tajuslke.
« Signé, Abutccci.
< Le ministre secrétaire d^Etat de rinstruetion pubUipte et des cultes,
« Signé, RooLAND. »
DU JOURNAL DES SAVANTS. lix
que de l'Ecole des Chartes, la Revue archéologique , la Revue de numisma' tique n'existaient point ; \e Journal asiatique ^ lui-même, neparntqu'en 1822. Le Journal des Savants était donc Tuniqye recueil qui mit le lecteur au courant du mouvement scientifique, et bien que ses rédacteurs eussent une prédilection pour Torienlalisme, Tarchéologie etPhistoire, le journal n^en renfermait pas moins une variété d'articles assez grande pour altcindrc le but qu'il se proposait. Le journal qui, subventionné par rEtat^ne redoutait ni la concurrence ni le besoin d'argent, n'oublia pas néanmoins tout ce que son titre lui imposait d'obligations, et voulut que la gloire de son état présent rappelât celle de son passé.
De tous les savants choisis en 1816, pour prendre part à la rédaction du nouveau recueil, aucun ne contribua, plus que Daunou et Sylvestre de Sacy, à sa réputation toujours croissante.
Daunou, que distinguaient un goût pur, un jugement droit et une érudition profonde, apportait au journal, non seulement Téclat d'un nom respecté, mais encore le secours d'une plume aussi exercée que féconde. Chargé de le diriger, il ne se contenta pas de le maintenir, par ses soins, dans la voie qu'il croyait la plus propre à son élévation : joignant le précepte à Texemple, il Tenrichit d'un nombre considérable d'articles, et sut lui conserver son cachet d'originalité première, a Sa manière déjuger les ouvrages, dit M. Sainte-Beuve, se rapportait en toute convenance à celle que ce journal a conservée, et que til. Daunou aurait seul retenue, quand tout le monde de noi^ jours Peut abandonnée : elle consiste à se borner et presque à s'associer à Touvragc qu'on examine, à l'extraire f à le suivre pas à pas, en y relevant incidemment les fautes ouïes beautés, sans se permettre les excursions et les coups d'œil plus ou moins étrangers. La critique moderne, même la meilleure (témoin la Revue d'Edimbourg), a bien dévié de cette voie prudente et de ce rôle où le juge se considère avant tout comme rapporteur. Le livre qu'on examine, et dont le titre ûgure en tête de l'article, n'est le plus souvent aujourd'hui que le prétexte pour par- I8r en son propre nom et produire ses vues personnelles. Ici rien de semblable: on fait connaître, sans tarder et dès- la première ligne, Touvrage dont on doit compte aux lecteurs; mais aussi on apprend nettement de quoi il s'agit, on est en garde contre les témérités, et une juste finesse y trouve pourtant son recours dans le détail. Ces discrets avantages ne se montrent nulle part avec autant de distinction que dans les articles de M. Daunou. Si Ton regrette au
Lx HISTOIRE
premier abord qu'il ne se permette aucune conjecture rapide, aucune considération soudaine, générale et trop éclairée, on s^aporçoit bientôt^ que dans son habitude et presque son affectation de terre à terre j il trouve moyen de laisser percer ce qu'il sent, de marquer ses réservés, d'insinuer ses malices couvertes, de faire parler même son silence ; il atteint véritablement à la perfection en ce genre exact et très-tempéré. S'il n'a en rien reculé les anciennes limites, il a mieux que personne creusé le champ et mis en valeur, sur ce terrain étroit, les moindres parcelles ^ »
Mais ce n'est pas seulement par ses articles, où P.-L. Courier voyait avec raison briller une grande sagesse, que Daunou sut donner une si grande valeur au Journal des Savants, c'est aussi par le soin avec lequel on le voit rédiger le bulletin bibliographique, ne se contentant pas d'annoncer les ouvrages adressés au journal, mais signalant aussi les livres offerts à l'Académie des inscriptions et consacrante chacun d'eux une note courte, mais substantielle et pleine d'intérêt. En parlant de ces notices, si différentes de celles que nous lisons aujourd'hui, M. Sainte-Beuve dit avec raison qu'elles contiennent, sous leur enveloppe bibliographique, bien de piquantes malices résultant du seul fait de citations bien prises.
Silvestre dcSacy, non moins considérable que Daunou, par l'étendue du savoir et l'élévation du caractère, donne à ses comptes rendus une forme sévère, mais riche de détails et de remarques fines et ingénieuses. Ses analyses, remari]uables par leur fidélité, sont si complètes, qu'après les avoir lues, il parait inutile de recourir à l'original. Rien n'échappe à la sagacité du grand philologue, et bien qu'il u demande pardon de ces observations, qui pourraient sembler minutieuses, mais qui sont à son avis la partie la plus utile des notices auxquelles est consacré le Journal des Savants » ^, il ne manque jamais de s'y livrer avec ardeur, et sa plume devient entre ses doigta un scalpel dont il se sert pour pénétrer dans les parties les plus secrètes du livre qu'il examine. Du reste, si dans le respect que leur inspirait la vaste érudition de Sylvestre de Sacy, les auteurs lui adressaient volontiers leurs ouvrages comme un écolier soumet un devoir à son professeur, on peut dire, avec quelque raison, que les articles de cet illustre savant ressemblaient fort souvent à des corrigés.
I Voy. Portraits contemporains et divers^ par C.-A. Sainte-Beuve. Paiis, 1850. T. Ul, p. 52, * > Journal dis Savants. Juillet 1820, p. 419
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Quoi qu'il en soit, ^ensemble de ces critiques forme encore aujourd'hui, pour les orientalistes, un véritable corps de doctrines.
Raynouard, d'une science moins profonde, suppléa par son zèle aux grandes qualités qui distinguaient ses deux confrères. Ses comptes rendus d'ouvrages relatifs à la littérature du moyen âge, offrent encore une lecture aussi agréable que variée, et forment un tableau fidèle du mouvement qui commençait alors à se manifester en faveur de cette étude si intéressante.
Raoul Rochette enrichit le recueil d'analyses d'ouvrages archéologiques, qui peuvent être considérés comme de véritables traités. C'est lui qui, le premier, donna à ces articles un dévelop|)ement hors de toute proportion; mais ses dissertations sont d'un haut intérêt et n'on point reparu depuis en volume.
Tels étaient, avec l'éclectique M. Cousin, le savant Letronne et J.-B. Biot. le Fontcnelle de notre siècle, les principaux rédacteurs du Journal des Savants y à Tépoque de sa réorganisation.
Cependant, la tradition si bien conservée par Daunou et ses premiers collaborateurs, ne tarda pas à se perdre quelques années après la mort du célèbre oratorien. Quatremère, qui représenta pendant vingt ans, au Jomiwl des Savants, l'érudition orientale, fut peut-être dans ces derniers temps, le seul qui, avec MM. Hase et Littré, sut conserver l'ancienne manière. Il ne tint pas à lui, dit un éminent critique \ que ce grand recueil ne continuât d'être ce qu'il était du temps de Daunou et de Sylvestre de Sacy, l'écho fidèle et complet de la littérature savante de l'Europe. Il y maintint la grande manière des recensions spéciales et détaillées qui disparait de jour en jour, et qui pourtant est si indispensable au progrès des recherches de première main. L'abnégation nécessaire à ce genre de critique devient rare, et ne peut naturellement trouver sa place que dans un recueil qui n'a point à tenir compte des intérêts particuliers ni des exigences du public.
C'est en effet, pendant longtemps, le seul rôle auquel semble s'astreindre le Journal des Savants. Les ouvrages les plus remarquables dans les sciences ^
Voy. daDs le Journal des Débats , du 20 octobre 1857, un excellent article de notre ami M. E. Renan miitalé : 5/. Etienne Quatremère. Notre confrère M. Cb. Daremberg a professé dans la même fcuiUe une opinion tout à fait opposée à la nôtre. La sympatMe qu'il éprouve pour les rédacteurs du Journal des Savants^ qu'il a enrichi lui-même de très-bons articles, Ta entraîné à des éloges dont il est permis de suspecter la véracité. L'amitié l'a rendu un peu aveugle et, sans le vouloir, il a rempli le rOle du ccËCUs aduîùtor de Ju vénal.
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les lettres et les arts, y étaient analysés, et si les journalistes s^occupaient plus des autres que d'eux-mêmes, personne n'y^ trouvait à redire. Dépuis, au contraire, le nombre des comptes rendus a diminué, celui des dissertations s'est accru, et les articles sont devenus en général démesurément longs *. C'est ainsi que le journal s'est insensiblement transformé en revue. Considéré alors dans son ensemble, en tant que recueil littéraire, il a certainement conservé toute sa valeur ; mais, si on le juge d'après son titre, on ne peut se dissimuler qu'il s'est éloigné considérablement du but pour lequel il fut créé.
Depuis le commencement du siècle, les critiques ont pris l'habitude de reprendre les articles qu'ils ont publiés dans les journaux, et, sans autre peine que celle de les imprimer les uns à la suite des autres, d*cn composer des livres plus ou moins intéressants. Cette coutume, qui relire aux recueils toute leur importance, en les dépouillant de leurs richesses les plus précieuses, fut longtemps dédaignée des membres du /oumo/rfe^ Savants. Il n'en est plus de même aujourd'hui : les i-édacteurs ont (noins de scrupule, et leurs livres, publiés d'abord par fragments dans le journal, ne tardent pas à paraître en volumes. Un ami de Platon, de Descartes et de Madame de Lougueville, assez ingrat pour préférer l'histoire anecdotique du jiwi* siècle à la philosophie qui lui a procuré tant de gloire et d'honneur, offre au lecteur du journal les {rièces justificatives de ses nouveaux chefs-d'œuvre ; un célèbre physiologiste y public ses remarques intéressantes sur u les manuscrits de Buflbn. » L'estimable traducteur d'Aristote, analyse (( la religion de Bouddha ; » et un éminent historien y insère ses études sur Marie Stuart, Charles Quint, Gilles Pérez et Philippe II.
Certainement, des ouvrages si remarquables ne peuvent qu'honorer les recueils où ils sont insérés, et les lecteurs éprouveront toujours, en les lisant, ce charme qu'inspire toute œuvre sérieuse ; mais on ne peut se dissimuler néanmoins qu'ils y soient déplacés. Les qualités d'un style brillant et raffiné s'allient difficilement avec la sévérité de la science et la simplicité de ses formes. De si séduisants écrits ne sont pas faits pour le Journal des Savants^ et on n'est pas moins surpris de les y rencontrer, que de voir le groupe des trois Grâces dans la sacristie de la cathédrale de Sienne.
1 En 1 si 7, lesrédactcan publiaient soixante-dix-neuf comptes rendus, et once eo 1S57. La moyenne des ouvrages analysés pendant les vingMeux premiiires années (1817 à 1S60), est environ de quarante, trois par an, et celle des dix-huit dernières années (1 SAS- 1858), est à peine de dix neuf. Ces chiffres sont trop éloquents, ils n'ont pas besoin de commentaires.
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Le célèbre recueil ne peut, son fcKrmat l'indique assez, devenir un livre de salon. Il ne s^adresse qu'à un nombre limité de lecteurs, ou plutôt d'initiés. Tel article digne partout ailleurs de l'admiration générale, peut n'y être pas à sa place. Ce recueil, son titre en fait foi, ne doit être que l'écbo fidèle et complet de la littérature savante de l'Europe. Un si beau rôle est le seul qui lui convienne, le seul qu'on ne sera jamais tenté de lui enlever. Ceux qui l'ont rempli ont conduit le Journal des Savants au faite de la gloire ; espérons que les critiques éminents qui le dirigent aujourd'hui tiendront à honneur de l'y maintenir.
H. COCHERIS.
Bibliotliëquc Biaxarine, U décembre 1S59.
TABLE
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