‹ Tableau de l'amour conjugal (volume 3)Chapitre 12 sur 15 · CR · texte numérisé non relu

CR

appelé Jean Éritter, pannes très-savant et!

très-sincère, me raconta, à Paris, une histoire que M. re Aélecie de Bourges, qui vivait encore alors, lui avoit faite de cette sorte. La femme de A. pt lieutenant criminel de:

cette ville-là, de à sanié de laquelle ce dermer avoit Île soin, devint grosse, et se poral assez bien jusqu'au quatrième mois, après quoi elle soufirit des foiblesses et des Fer extrêmes aux reins et dans le ventre, principale ment du côté droit. Tout cela l’épuisa tellement, qu'elie mourut sans pouvoir se délivrer. On ouvrit Je 2 janvier 1714; On trouva une fille longue de sept pouces ‘ans la corne droites de la matrice, la matrice étant alors dans sa figure et situation ordinaires : si bien qu après le on peut dire que la conception l'a faites ailleurs que dans la cavité de la matrice, et que le fœtus étant déja assez grand, et ne pouvant plus demeur er dans l’une de ses cornes, ill faut qu ïilen sorte pour se perfecticnner NA leurs, ou que la mère en meure.

o. Je pourrois encore rapporter ici l’auta-:

rité d'Hippocrate, qui dit, en parlant de lai superfétation des femmes, que « sile fœtus ess: « descendu dans la matrice lorsque la femme:

« engendre une seconde fois, ce second fœtus a ne peut vivre, £t la femme en fai! une fausse

La

« couche.» La raison en est évidente; car, comme ce dernier fœtus ne se forme pas dans le lieu que la nature a destiné pour la conception des enfants, il ne peut aussi trouver de quoi ailleurs, et pour se former, et pour se nourrir. Aristote confirme cette op'pion, et l'expérience l’autorise. Car nous v#ÿons que les secondes conceptions qui se font dans les premiers mois de la grossesse, réussissent pour l'ordinaire ; que la femme nourrit l’un et l’autre de ses enfants, et qu’elle les met au monde comme s’il étaient conçus dans le même moment. Mais si la superfétation arrive quelques mois après les premiers fœtus formés, et après que les cornes de la matrice sont embarrassées et bouchées par des humeurs, ou par l'enfant même qui occupe toute la cavité; ce qui arrive pourtant fort rarement, le second enfant ne peut vivre; ce que l’histoire que rapporte Aristote sur ce sujet confirme clairement.

Après tout cela , l’on peutdonc conclure que la conception se fait, selon les lois de la nature, dans les cornes de la matrice, et non dans sa page. Mais Kerkringe, Warton, de Graaf, et quelques autres médecins modernes, sont d’un autre sentiment, puisqu'ils ne peuvent, croire . que la conception se fasse, ni dans la cavité de la matrice (a), comme l'ont cru les anciens, ni

à f 100) dans ses cornes (6), comme je pense : mais ils soutiennent qu’elle se fait dans les testicules des: femmes (c), lesquels sont pleins d'œufs (d) comme l’est l’ovaire des oiseaux : si bien que,, renouvelant la pensée des poëtes anciens, quii publioient qu'Hélène avoit pris sa naissance: d'un œuf, ils s’imaginent pouvoir établir et: prouver cetïe opinion par des raisons et par des | expériences suffisantes.

Ils assurent donc que les testicules des femmes sont de véritables ovaires, où les hommes commencent à se former; que les vésicules dont ces parties sont composées, sont pleines d’une liqueur semblable au blanc d’œuf » laquelle, selon le sentiment de tous les anatomistes, est Îa semence de la femme; que cette semence étant rendue féconde par les parties déliées et spiritueuses de la semence de l’homme, qui, étant dardée dans la matrice, se fait passage dans les trompes pour entrer ensuite dans les testicules de la femme, communique sa vertu yrolifique à l'œuf ou aux œufs qui sont le plus près des membranes des testicules, ou les plus disposés à recevoir son impression féconde, quand il s’engendre un ou deux fœtus; que l’une des trompes se courbe alors pour communiquer à l'œuf qui est disposé dans l'ovaire, à recevoir ce qu'elle a reçu de la matrice, qu’en ce temps-

CO de

\ ces mêmes trompes demeurent quelque temps omme collées au testicule {e), pour y faire une mpression de fécondité, ou pour recevoir l'œuf à l'homme commence déjà à se former, ce qui e fait dans les lapines, au troisième jour, et eut-être dans les femmes quatre ou cinq jours près leur conception, comine le pense Kerringe ; que les vésicules d'un côte, les boules ju les œufs de l’autre (c’est ainsi qu'ils les appelent indifféremment), se grossisien pendant quelque temps dans le testicule, et que l’enveloppe ou la vésicule qui contient la semence de la femme, et qui est une partie essentielle di. testicule, se grossit aussi et se fait glanduleuse. afin de conserver les esprits de la semence de l’homme, qui sont les agens de la créature à venir, et de fournir aussi à la boule des humeurs pour la formation et pour l'entretien de homme: a venir; que cette même semence féconde prend d’autres enveloppes que la substancs glanduleuse qui l'enveloppe, et que ces enveloppes sont le chorion et l’amnios du fœtus; que l’étui ou l'enveloppe glanduleuse s'ouvre pour laisser couler par le mamelon (f) qui se forme sur les membranes du testicule, l'œuf fécond qui entre dans la trompe par la propre vertu du testicule

ou par sa propre disposition; que pour cela la trompe embrasse étroitement avec sa frange une

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Fro2

grande partie du testicule: qu'ensuite cet œu fécond étant tombé dans la trompe, tom aussi dans la cavité de la matrice, où il se mûri pour ainsi dire, et devient un fœtus parfait qu’enfin l’œil fécond et distingué des hydatide qui sont plusieurs petites boules qui : tienneni par leur queue à leur grappe de chair, és | les grains de raisin sont attachés par leur grappe de bois, comme le marque {a figure » qui est au chapitre des Fardeaux et des faux Germes : au lie que les œufs féconds où le fœius se forme, manquent d'attache, et descendent crdinairement seuls du testicule dans les cornes , et puis dans la cavité de la matrice.

” Cela étant donc ainsi établi ; ils concluent! que le fœtus prend son origine dans le testicule + de la femme, et non dans ses cornes, ni dans la: cavité de la matrice,

Cette opinion renferme, ceme semble, beaucoup plus dedifficulté que celle des anciens que nous avons examinée et réfutée ensuite; car elle soutient tant de choses qui me semblent impossibles, et qui ne peuvent être bien expliquées par ceux même qui la soutiennent, que je ne m’étonne pas s’il y a aujourd’hui si peu de médesims qui aient embrassé ce parti.

1. En effet, peut-on concevoir que la trompe se courbe, et fasse obéir le ligament large sans

‘tio3)

que la femme sente son mouvement et son pli, qui ne se peut faire sans douleur? et le testicule qui est attaché à ce ligament, et qui flotte dans la cavité du ventre, peut-il être si stable, qu’il demeure toujours dans sa situation, et qu’il at-

tende la jonction de là trompe pour recevoir

Vimpression génitale de la semence du mâle qui y est renfermée? En vérité, on fait faire ces mouvements à ces partics-là, pour appuyer le sentiment où l’on est, et pour flatter sa prévention.

2. D'ailleurs, qu’ils fassent la semence de l'homme Si déliée et si spiritueuse qu’ils voudront, peut-elle entrer dans le testicule par les portes de déux fortes membranes dont il est revêtu? Et où montreront-ils une semblable démarche que fait la nature dans le corps de la femme ? Les esprits animaux, qui sont imperceptibles, ont des conduits par où ils passent ; et la semence de l’homme, qui est plus grossière, den aura point!

3. D'autre part, comment se peut-il faire que, l’œuf rendu fécond et animé, qui est alors gros comme un pois vert, puisse se faire passage à travers les enveloppes glanduleuses, et à travers les deux membranes du testicule de la femme, Pour entrer dans la trompe par la jonction, sans que la femme n’en ressente rien? Ces membra-

res sont-elles moins sensibles que celles du reste du corps? et si la membrane est un nerf aolati, comme le pense Galien, peut-elle le rompre sans douleur? de plus, le mamelon, que Graaf a inventé, se rencontre-t-il dans toutes les femmes, comme il nous l’assure ? et n’y a-t-il pas lieu de croire qu'il l’invente à plaisir, pour couvrir ’aveuglement où il est ?

4. Au reste, cette solution de continuité estelle selon les lois de la nature, qui en a tant d'horreur ? et a-t-on vu quelquefois dans la femme de pareilles choses ? J'avoue qu’on a remarqué des parties se dilater d’une manière ex-! traordinaire, comme fait le pas de la pudeur dans l’accouchement; mais on n’a jamais observé aucune partie se rompre et s'ouvrir selon. les lois de la nature, à moins quece ne soit pour finir une maladie, comme dans les abcès.

Ÿ 5. En un mot, peut-il se faire une plaie sans un épanchement de sang, et ce sang extravasé et hors de ses vaisseaux, se peut-il conserver sans se corrompre, et sans que la femme s’en aperçoive ?

6. La plaie que la boule aura faite en sortant du testicule, et l’uteère qui s’ensuivra, peuventils se consolider et se ciestriser dans une partie spermatique, comme sont les parties du testicule de la femme, sans que la femme en res. sente de la douter,

#05) __g. Enfin, le Festicule a-t-il un mouvement sensible ou insensible pour se défaire de l'œuf qu’il contient? et cette vertu expulsive, que Graaf a imaginée, peut-elle jeter l’œuf dehors par sa propre disposition, comme si c’étoit un sxcrément fâcheux ?

Toutes ces dificultés m'ont contraint d’abanlonner ce parti, et m’ont fait dire en moi-même: comment y a-t-il des personnes de bon sens qui peuvent l’embrasser ? Cependant, comme il ar : ive quelquefois dans l’homme des actions don: nous ne connoissons pas les causes, celle-cüù sourroit bien être de ce nombre-là ; car, s’il ex rai, ce que l’on vient de m 'araurer; que M. d ir. anatomiste du roi, fit voir à Paris, en 1691, un testicule de femme qui contenoit une spèce de tête dans laquelle on remarquoit 1” ente d’un œil avec deux paupières garnies de landes ciliaires, et d’une espèce de sourcils or : es de poils, qui étoit au-dessus ; un front d’où ortoit un toupet de cheveux, avec une éminence zarnie de trois dents molaires, disposées er riangle, de la grosseur de celle d’un enfant de juatre ans; trois autres dents dans la face antéieure de ce monstre, et à la postérieure cinq utres; savoir, trois incisives et deux petites nolaires : si cette histoire, dis-je, est véritable, omme plusieurs personnes nous l’assurent ,

D d nouë pourrions; dans ceite AA suspendr notre sentiment jusqu’à ce que la curiosité et l travail des ânatomistes nous pussent faire voir quélqué aütre formation du fœtus dans le testicule d’une femme. Car, comme un sentiment ne peut solidement être appuyé dans la médecine; sur üne seule expérience, qui souventest un jel de la naturé ; il faut. attendre + que l'on nous all fait Voir quuque autre chose de réel dans 1 même pârtie, pour être persuadé que l’homme y prénd ses principes, et qu’il commence à sy foriner. | | 7 |

La conception- nest pas plutôt, faite ;, que Dieu; pär les ordres qu'il a lui-même établis crée un entendement humain, pour le placer dañs le petit corps qui commence à se former Get entendement y est envoyé en qualité d’ambassädeur, qui doit un jour rendre compte de

sa Négociation, < Ct qui doit représenter. partou oùil se trouve le caractère du maître qui l'envoie

Cet entenrlementse mêle avec l'âme, ou plutôt.se joint et s'unit à sa substance; et, "ce! qu nous surprend encore plus, aux esprits et au

corps de l’homme, pour ne faire ensuite qu'u homme amimé d'une. seule forme. #

il scroit difficike 'ée. s ‘imaginer cotiéni joignent ces substances si ‘éloignées entre elles. si l'expérience ne nous en Convainquoit à tou!

noment; car, si mourir est la dissolution de ses Jarties , vivre sera assurément l'union et la soiété de ces mêmes substances.

Si j'étois obligé de prouver ici les quatre parties qui nous RomposenE entre toutes les preuves que je pourrois choisir, je n'en saurois rouver de meilleure que celle que me fournit saint Grégoire de Nice, lorsqu'il dit « que «puisque Dieu, qui est un être infini, s’est Mêlé «et s’est uni, sans confusion toutefois, à a l'âme « et au corps de Jésus-Christ, qui est une créa- «ture, nous pouvons croire que notre enten- « dement peut se joindre à notre âme et änotre & corps par des décrets d’en-haut : de sorte que «de ces deux premières substances 1l ne s’en x fasse qu’une seule forme, dont nous soyons & animés. »>

La semence de l'homme étant donc entrée dans l’une des cornes de la matrice, fait entler la semence de la femme, et lui sert comme de fevain pour la production d’un enfant. Une des causes de la prompie distribution, est une matière séreuse et spermatique qui se trouve dans la matrice d’une femme féconde, et qui se mêle avec elle pour lui servir de vésicule. Cette matière vient des vaisseaux et des glaïdes de la matrice et de son col, par l'expression de ses parties, par la foule des esprits qui s'y portent,

(108) par le plaisir et Îe chatouillement que la femme ÿ ressent. L'activité de l’Âme et de la semence de l'homme, et l’abondance de ses esprits, ne contribuent pas peu-a l’y faire entrer précipi: :tamment. La petite valvule qui est à l’embor-: chure des vaisseaux ejaculatoires, favoris.

aussi l’entrée de cette même matière Elle est! lâche avant et après les règles, pour faciliter la! conception, qui se fait en ce temps-là plutôt: que dans un autre. La membrane interne dans : ces vaisseaux a tant de replis, et le conduit: qu’elle forme a l'embouchure si étroite, qu'il: n’y a pas lieu de craindre que ce qui est une fois : entré en puisse sortir que dans son temps.

{ }seroit bon de remarquer ici ce que nous:

ave j observé ailleurs, que les cornes de la ma= trie } d’une femme ont trois ou quatre petites | cellules, qui servoient comme de forme ou de mesure à la semence de la femme et à la matrice de chaqué enfant : c’est pour cela que quelques jurisconsultes ont cru que la matrice de la femmc avoit sept cellules, prenant la cavité de la matrice pour une septième. La matière qui forme la semence vient peu à peu des tasticules, et est filtrée au travers de la substance nerveuse des vaisseaux éjaculatoires. Cet excré- « ment des testicules tombant peu à peu dans les cavités de ces vaisseaux, prend la figure de la

ARE ANS alaire AE MAUR = de

cellule qui le reçoit; et la chaleur naturelle qui agit incessamment sur tout ce qui est dans Ï corps, agissant aussi sur cetie semence, produit tout autour une petite peau mince et délicate, qui forme une boule, quand cette boule ou cet œuf a été rendu fécoud par la semence du mâle. Cette membrane n’est pas si ferme ni si dure dans le lieu où la boule a reçu la der nière goutte de la semence, qu’elle est ferme ailleurs ; et c’est par-là que la semence de l’homme se communique à celle de la femme, comme la semence du coq se communique à l’œuf de la poule par la tache du jaune, et que Vhumeur de la terre se filtre dans la semence d’une plante par son germe. J’ai remarqué dans un œuf. de poule couvé, qu'après Îe premie jour , l’ongle du jaune, la cicatrice ou le petit point blanc, ainsi qu’on voudra l'appeler, qui est environné du cercle jaune obscur, étoit beaucoup plus grand qu’il n’étoit avant que d’avoir été couvé; le deuxième et le troisièmejour, la tache s’étoit augmentée presque deux fois autant : j'ai jugé que l’âme du poulet résidoit dans cette partie, que c’étoit par-[à que la semence du coq étoit entrée dans l'œuf, et que le cœur sy vouloit rmer, puisque jy remarquois un Si prompt changement.

Cest donc à ur petit point de ja semence de

"+. yo

-Fa10 2

la femme, s’il m'est permis de comparer Il bêtes aux femmes, que se communique l’ânk de l’homme avec toute la matière qui la porte ce qui arrive au même instant que la concey tion s’accomplit ; et c’est aussi alors, comni sous l’avons dit ailleurs, que l'entendement paroit pour disposer toutes les parties à ohé ensuite à ses ordres.

Comme les fruits jouissent de la même Âns que les arbres auxquels ils sont attachés, qu’en étant désunis ils portent dans leurs s4 mences des principes semblables à ceux qf ont formé les arbres dont ils ont été détachés ainsi la boule de la semence de la femme , étal attachée au vaisseau éjaculatoire, jouit alo de la même âme que la femme; mais, dès qu cette boule a été rendue feconde par la semene de l'homme qui s’y est mêlée, alors elle au principe indépendant et une âme particulièrs Ce qui me fait croire que cela est de la sort} c’est ce que je vis la nuit dn 23 janvier 1684 Mademoiselle L...… après de pressantes tra!

chées, rendit environ deux cents boules ou pi tits œufs sans coquille (a), et c'est ce que que ques anatomistes modernes ont appelé fü improprement Aydatides. Chaque boule étoit a tachée par sa petite queue (4), qui tenoit à di fibres charnues, tissues et entrolseées ensembl

la moitié des boules étoient grosses corn # jout du doigt, et l’autre moitié comme de peits pois : elles étoient toutes transparentes, et a membrane étoit assez dure. L’humeur qui y toit contenue étoit claire, et en quelque façon luante ; elle étoit un peu salée et âpre au goût, t je ne doute pas que ce ne soit de pareilles boues qui occupent ordinairement les cornes de la patrice quand elles sont prolifiques. Comme ‘elles-ci n’ayoient pas été rendues fécondes par a bonne semence du mari, et que les vaisseaux jaculatoires les avoient rejetées comme inuiles ; c’est de-là sans doute qu’étoit venu ce aux germe, comme on le voit dan fe figures et 7.

Les semences de l’homme et de la RAA :

tant mélées, se communiquent l’une à l’autre eurs qualités réciproques. Le peu d’âpreté de elle de l’'hemme, avec son odeur vireuse et sulurée, pénètre toutes les parties de la semence le la femme, et en fait mouvoir tous les petits orps; et la semence de la femme étant d’une ubstance un peu visqueuse et d’une qualité un jeu âpre, n'obéit pas sitôt à la pénétration des qualités de celle de l’homme. Ainsi l’action est ente et les mouvements de toute la matière enlée en sont anguissants : si bien que l’on ne eut remarquer aucune chose dans la formation

fiaah

du fœtus avant le neuvième ou dixième jour, ou, pour mieux dire, avant le quatorzième, après lequel on peut observer les vessies iransparentes (d), ensuite la goutte de sang et le: point saillant qui, par son mouvement, donnes des marques assurées de vie : si bien que ceux : qui nous ont assuré avoir découvert quelque:

chose au sixième ou au huitième jour après Îa! formation du fœtus, nous ont voula assurément | ; surprendre. | Mais avant que de passer outre, découvrons !

la manière dont la nature se sert pour faire fer-: menter les deux semences unies; car, puisqu’on demeure d’accord que nous ne vivons que par!

la fermentation, il faut aussi né ce soit par son! moyen que nous commencions à être formés.

Nous savons que le levain a deux sortes de substances : la plus grossière devient de même nature que la matière avec laquelle on la mêle, et la plus subtile fait lever cette même matière par sa pénétration et par l’agitation qu’elle ex=! cite dans les corps différents de toute la masse. Ainsi la partie la plus terrestre et Îa plus visqueuse de la semence de l’homme sert en partie à composer les parties spermatiques de l'enfant, et la plus spiritueuse est employée aussi en partie à produire les esprits et l’âme de ce même enfant; ce qu’elle fait par la fermentation qu’elle |

en

éxr3 )

eule cause dans toute Îa matière qui le com« ose. à

Rlus le levain a de parties subtiles et pénsrantes, et plus la matière sur laquelle on agit st souple et aisée à ménager ; plus aussi cn vance son action; témoins les garçons qui ont plus tôt formés que les filles, et les pigeons nâles qui naissent le plus souvent avant les emelles, la matiére dont ils sont faits ayant lus de chaleur et d’esprits.

La semence de l’homme fermente donc peu

\ peu toute la masse de la boule, en précipiant toutes les parties Les plus grossières, et en levant les plus agitées et les plus spiritueuses. Son odeur virulente la dissout et en ouvre Îa matière, la sulfurée la précipite, et la qualité ipre de la semence de la femme la rassemble et l’endurcit : si bien qu’au bout de dix ou douze jours il se fait, dans la partie inférieure de la boule, une goutte d’eau transparente et claire comme un cristal fondu, qui est l’élixil et l'extrait des esprits de l’homme et de k, femme. Cette petite ampoule d’eau se divise ordinairement en deux, et quelquefois en trois parties, si nous en croyons Cognatus et Félix Platerus. Le dernier dit avoir vu une femme qui faisoit, presque tous les ans, des fausses cou ches, et qui rendit un jour une boule ronde et

UT

(114) blanche, de la grosseur d’une nonsette, q étoit couverte d’une petite peau mince que l’o pourroit appeler amnios ; et qui renfermoit trois vésicules transparentes (cs dont l’'inférieur étoit la plus pâle.

C’est dans cette humeur diaphane et cristal.

line que l’âme se place pour obéir de-là au:

ordres supérieurs de l’entendement, qui n’oc eupe poirit de lieu, et qui est cependant pa tout ce petit corps pour disposer ses organe de la manière qu’il le veut, Dans la partie inférieure de cetre boule, où ce médecin remarqua la vésicule la plus pâle, est placée 1 matière la plus pesante des parties spiritueuses des deux semences. Elle sert à former le cervêau, qui est la partie, dans les enfants, la plusi grande, la plus pesante et la plus froide; aussi. observons-nous que la tête des enfants qui sont dans lés entrailles de leurs mères, est située toujou&s en bas lorsqu’elle est selon les lois de la nature: En effet, on aperçoit une goutte d’eau transparente qui se forme, au commencement du troisième jour, dans un œuf de poules couvé; et je ne doute point que ce ne soit laK que le cœur se place pour faire ensuite tous les organes qui peuvent servir à so mouvement. |

Ce petit corps, qui se forme dans les en-:

trailles de sa mère, est déjà comme un enfant |

émancipé, qui n’a besoin d’aucune autre conduite que de la sienne propre pour mettre toutes ses parties en ordre, et pour les placer où elles doivent être. Cependant la nature, qui prévoit les besoins de cet Re enfle le conduit où il se forme, et re peu à peu, des testicules et de quelques petits vaisseaux nerveux qui sc glissent de la matrice aux cortes,, les aliments qui lui sont nécessaires : elle en fait de même de l’autre côté; elle envoie de la matrice à la corne vide, aussi bien qu'à celle qui est pleine; et ainsi ces vaisseaux éjaculatoises s’enflent tous deux presque également, et j'en ai vu qui étoient aussi gros que l’un de mes doigts.

Vers le quatorzième jour de la conception, plus ou moins, selon la chaleur de la mairice abondance des esprits, la vivacité de l'âme ) la diversité du sexe, la disposition du temps et de la saison, énfh, le tempérament de la femme et de la matrice même, il naît dans lune des ampoules transparentés un point rouge, ou une goutte de sang qui s’agite d’ellemême ; et je ne doute point que ce ne soient cé petites oreilles du cœur, ou le cœur même qui, par ses premiers mouvements de dilatation et de resserreméht, veut se fabriquer des organes

pour donper la vie au petit enfant qui COM

(1163 mence à se former : car, comme c’est à l’entendement à placer toutes les parties en leur lieu, après leur avoir donné à chacune une figure convenable, c’est aussi au cœur à les perfectionner ei à les nourrir.

J'avoue que je suis ea peine de dire si Îe sang est formé avant le cœur, ou le cœur avant le sang; mais, quoi qu’il en soit, je suis pourtant sent que l’instrument doit etre fait le dernier, puisque l’entendement n’entreprend l'ouvrage du cœur que pour contenir le sang, pour distribuer les humeurs et pour communiquer la chaleur ct la vie à toutes les parties les plus éloignées du corps. Mais parce que la fermentation a donné l’être à ce petit corps, il est aussi raisonnable que la fermentation le perfectionne par le moyen de l’ébullition qui se fait incessamment dans son cœur.

Ceux qui ont examiné, après le troisième jour, un œuf de poule couvé, auront observé, aussi bien que moi, qu'auprès de la cicatrice où s’étoient formées les trois vésicules, claires comme de l’eau coulante d’un rocher, il paroît une goutte de sang, que l’on appelle fort à propos le point saillant, puisqu'il a des mouvements réglés, et qui se resserre et s’élargit eomme le cœur.

Cette partie de l’enimal, qui se forme la

REED 2 remière dans le blanc de J'œuf , auprès de la icatrice, par l’indusirie de Yâme de y réside, st celle qui doit ensuite travailler à à la perfecion du poulet.

Cette goutte de sang, qui paroït quatorze ours après notre conception, est une partie principale de notre corps, l'organe de toutes es opérations de l’âme, l’origine des esprits ; a source des parties sanguines, le siége de Ia chaleur naturelle, le trône de l’humide radical, par lequel nous vivons; en un mot, l'extrait de l'âme de nos parents, et une de qui a du rapport à l’huile que nous tirons des semences des plantes. |

Second degré de la formation de l'homme.

Lx boule animée demeure encore dans. le lieu où la nature l’a d’abord placée : elle ne s’enfle guère, parce qu’elle ne reçoit point d'humeur qui puisse abondamment se commu niquer au petit projet qui s’y forme.

L’entendement qui y est rerfermé est alors occupé à bâtir un domicile pour sa demeure; il a assez de matière chez lui sans en recevoir d’ailleurs, pour commencer toutes les Poe qui lui sont nécessaires; il a déjà ménagé ce qu'il y avoit de plus spiritueux, dont il a fait comme une matière de verre fondu, où il a

placé le point saillant (fg:'87e). 11 prétend, de ce point, distribuer la matière et les esprits, pour former et nourrir les parties principales qui doivent être fabriquées les premières.

H ne faut pas s'étonner si, dans la plus pure

portion des deux semences unies, il se forme.

une goutte de sang. Des changements sembla-

bles ne sont pas extraordiraires dans la nature, | ni au-dessus de ses forces; car, si les semences

dé nos parents viennent le la plus pure portion de leur sang, quelle dificulté y a-t-il de croire qu’elles ne puissent encore retourner en uns substance pareille ? Les aliments, de quelque

couleur qu'ils soient, se changent dans l’'esto-.

mac en une matière blanche; et l’artifice nous fait voir tous les : jours du A se changer en rouge; et du rouge en blanc, par le mélange de

diverses liqueurs : si bien qu'après cela on ne!

doit pas s'étonner si, avec du blanc, l’âme ) Où plutôt ’entendement , fait du rouge; et si de ia semence de nos M tents il se forme du sang et les humeurs rouges.

Le vingtième jour, la génération s’avance d’une manière surprenante. Alors le cœur bat

plus fort qu'auparavant; et, s’agitant avec force: pour obéir au ministre qui le commande, il commetice à frapper doucement le vaisséäu.

(fa: 6)3 où il est renfermé , et à Pirriter par ses

petits battements. Ce conduit, qui en sent l’agitation, commence aussi à en être ému, et à faire de petits mouvements péristaltiques et serpentins, pour se décharger, en faveur de la matrice, du riche dépôt que la nature lui a confie. |

Cependant le cœur semble alors être partagé en deux parties, qui représentent ou ses petites oreilles, ou ses ventricules. Îl se meut sans cesse par les esprits et par la fermentation de son sang ; et comme l’âme perfectionne le cœur de son côté, le cœur darde aussi du sien, par sés mouvements réiterés, un peu de sang dans les petits conduits, qu’il forme à mesure qu'it pousse avec force l’humeur de ses petites cavités : tellement que lon aperçoit alors deux petits fils rouges sortir du point saillant, qui se produisent et s’allongert ensuite avec le temps.

Au-dessous du cœur on voit toujours une &utre petite vessie un peu pâle, de couleur de corne, comme la remarqué Cognatus, qui croit plus que le reste; et je ne fais aucun doute, ainsi qne je l'ai remarqué ailleurs, que ce ne soit le cerveau, qui nest & abord fait que pour le cœur, selon la pensée d'Aristote, et qui doit aussi, de son côté, traveilisr a le furntation des parties spermatiques, come le ame fait du sien à la fabrique es sar9ûp28 (Be Se

Le sang avec l’entendement fait toutes cho ses dans la formation d’un enfant; et si, dans les premiers mois de la génération il nous est} impossible d’apercevoir du sang qui vienne desi artères ‘le la mère pour la nourriture de l’en-. fant, cette humeur blanche, spermatique €k ne ; qui y est incessamment portée, ‘nef laisse pas pourtant de le nourrir, et de venir des la plus pure portion du sang de la femme. Les sang est fait de deux sortes de matières, l’une! est cuite et l’autre est crue. Celle-ci n’est autre! chose que Îe RTS, qui n’est pas encore sang, | et qui pourtant est Âme de la nature. Cette der-: nière humeur est la matière qui est abondante! dans la femme grosse ou accouchée, et qui sert | à nourrir son enfant : car cette aire se filtre | par des pores qui lui sont propres , et sert en= suite à nourrir et à faire croître l'enfant : outre! que la semence de l’homme, qui a communiqué sa vertu fermentative à toute la masse du sang de la femme, a rendu liquide et comme fon< due, pour ainsi dire, une partie de son sang, pour servir aux mêmes usages,

Les cornes de la matrice se remplissent luna et l’autre de cette semence pour fournir à l’em= bryon l'aliment qui lui est alors le plus convenable. Celle qui est vide en est toute remplie; | et Pautre, qui conserve le précieux trésor de

la nature, en est aussi garnie au côté de la frange, sans que cette humeur en puisse sortir, Elle sy épaissit et sy embarrasse tellement parmi les fibres, qui y sont en grand nombre, que l'extrémité de ces deux vaisseaux en est entièrement bouchée

La boule croit chaque jour d’une façon étonante; et comn.e les semences jetées en terre ’enflent et se nourrissent par l'humeur qui pénètre leurs membranes, ainsi la plus subtile pastion de la sercnce de la femme, qui touche la boule, se fait passage en forme de sueur à travers la petite membrane qui la compose, afin de subvenir à ses nécessités. C'est ainsi -nfin que le petit œuf de poule se grossit en lescendant dans l'ovaire, sans qu’il soit attaché aucune des parties de la poule, ainsi que ’expérience nous le fait voir.

| Le vingt-cinquième jour, tout s’avance enore plus. L'on aperçoit déjà le commencenent du poumor et du foie, qui naissent à l’exrémité des eines ou des artères; car il n’est as aisé en, ce temps-là de dire quels vaisseaux ont ceux que l’on voit, à cause qu’ils sont priés de mouvement, S’il le faut pourtant conjecuter, je pense que ce sont plutôt des artères ue des veines. Le poumon et le foie naissent onc à l'extrémité des vaiss .ux, comme l’a-

(im garic fait sur le mélèse. Ils paroïssent d’abo: blanchâtres par la disposition des fibres qu l'entendement a fabriquées, et puis rougeâtres par l’arrosement du sang du cœur. |

Bien que l'humeur rouge du cœur croisse de jour en jour, elle n'a pourtant point d'autre matière pour se multiplier, qu’une partie dé* licate de la semence, qui esi conservée entre ses membranes, et qui coule des testicules d la femme, ainsi que nous l'avons observé.

On voit clairement, par les démarches del nature, qu’il se fait du sang avant le poumon € le foie, qu'il y a du mouvement avant que Î cerveau soit formé, et que le corps se nourri et s’augmente avant que l’estomac soit en éta de faire le chyle, et les boyaux de le distribue On voit même alors des excréments de la so conde coction , et le foie ne commence Pas pli sôt à se faire, que l’on y aperçoit une peti vessie de fiel distinguée par sa couleur verte.

En ce temps-là la matrice est encore vit dans quantité de femmes, et les règles, qui CO jent souvent à quelques jeunes personnes sai guines et pléthoriques, pendant les premiêil

semaines de leur grossesse, ne troublent pos alors la génération, qui se fait ailleurs. Les vai seaux du fond de la matrice et ceux de son donnent ; pour Vordinaire , du sang en P?

grande abondance qu'ils f’avoient accoutumé ; et si cela n’arrive point ainsi, ces femmes en sont plus malades, et on les doit quelquefois saigner; de peur que le sang qui séjourne autour de leurs parties naturelles, ne cause quel: que désordre et à la mére et à na et que là matrice, en l’hamectant trop, ne puisse plus être capable de recevoir le présent que ces vaiseaux sont sur le point de lui faire. Le trenteneuvième jour, le cerveau s’augmente considéräblement, et son eau claire paroît plus abondante qu'auparavant. Le poumon est manifeste, le foie presque fait, la rate est sur le pin d’être formée ; et les reins commençent à paroître ; mais toutes ces parties sanguines ne sont pas encore tout-à-fait rouges. L’épine du dos et les côtes ressemblent à de petites fibres. Enfin, tout se perfectionne avec une promptitude surprenante. Le cœur, qui n’est pas plus rouge que les autres parties sanguines, a maintenant ses mouvements plus forts èt plus réglés. Il frappe et s’agite avec tant de force, que les vaisseaux éjaculatoires augmentent aussi de leur côté leurs mouvements serperitins.

L'enfant (b), qui est renfermé dans la boule année, croit de telle sorte, qu’il presse fortement le lieu où il est (c). En. effet, il a besoin

les d’un plus grand espace pour avoir la l/

( 124 )) v$ berté de se perfectionner, et de chercher de la nourriture, qu’il ne trouve pas suflisamment où il est.

Enfin, c’est en ce temps-là que quelques femmes grosses, des plus sensibles, sentent comme le mouvement d’une fourmi dans l’un ou dans l'autre de leurs flancs. Mademoiselle C***, qui a eu beaucoup d’enfants, a toujours senti, le trente ou le trente-unième jour de sa grossesse, le mouvement de l'enfant qu’elle avoit conçu. Cela arriva par la sortie de la boule animée et par le mouvement de l’un des vaisseaux éjacu= latoires qui s’en défait. On peut connoître pare là si ce que porte une femme dans ses entraillc” est un garçon ou une fille : le premier étant ordinairement du côté droit est plutôt formé que ‘Vautre qui demeure le plus souvent dans les. conduits de la matrice jusqu’au quarante ou quarante-troisième jour.

Troisième degré de la formation de l’homme.

MrrEs que l'âme a fabriqué le cœur pour ÿ obéir à l’entendement humain, elle le garantit de toute part des embüûches qui lui pourroient être dressées. Elle l’environne dabord d’une forte membrane pour le défendre contre les as+ sauts du dedans. Elle Jui fait naïtre une eau

me vu25$

claire et douce pour l’humecter dans ses mouvements continuels et quelquefois violents, et fabrique ensuite au dehors des remparts d’ossements pour le défendre contre ses ennemis étrangers.

Le premier mois de Îa lune ne s’est donc pas plutôt écoulé , que le petit enfant change de place, et ra À dans le vide de la matrice. La il est reçu et conservé comme le plus riche trésor de la nature, et se sentant doucement pressé, comme par de petites caresses, il sem . ble qu’il s’en réjouisse par les légers mouvements qu'il commence imperceptiblement à faire à sa mère.

C’est sans doute par ces pressements que les femmes ont moins de ventre en ce temps-là qu'auparavant. Leursentrailles se tendent alors, et couvent chèrement l’enfant qui vient d’arriver. Il se place donc à l'embouchure du vaisseau duquel il est sorti, si bien qu’il est entre le milieu du fond de la œatrice et l'ouverture de son vaisseau éjaculatoire. Cette situation Jui est comme contrainte, puisque la cavité de la matrice n’est alors guère plus spacieuse que pour y loger une grosse amande verte.

Cependant toutes les parties de Nembryon ne sont pas encore parfaites. Le cœur; le poumon, la rate, les reins, et les boyaux semblent

LT

être suspendus ét comm attachés hors de d@ti corps; les yeux sont comme deux petits points noirs marqués à la tête. L'épine du dos ét les côtés paroissent plus forls ; és mains et les pieds commencent à 5c former ; les vaisseaux se grossissent ct s'allongent. L'on s'aperçoit même de là production dé ceux du nombril, qui vont chercher dehors &é quoi faire vivre! cette petite créature. C'est ce qu'a remarqué. Riolan dans l'enfant d'une femhié dont il fit [à dissection. |

L'embryon e nourrit péû à péu de ce QWi choisit entre là membrone qui l'énveloppé, et qui s’élargit de jour er jour par l'accrôissement du petit corps qu’elle renferme : ce qui n’empêche pourtant pas qu'il ne sorte de l'une et dé! l’autre corne de la matrice une humeur hlanthe!

lie £À

yeotis

le témoin des actions de la nature, j'ai résolt de la confirmer par les expériènces que j’en ai faites, et par celles que les plus savants méde*

Si Von peut comparer les animaux avee l'homme, je puis dire, dans la remarque que | ai faite de la nourriture du poulet, que ce jretit animal ne se nourrit d'abord que du blans de son œuf. Il Pépuise presque entièrement ayant de toucher au jaune : si bien que le jaun3 est presque tout entier quelques jours avant qu’il sorte de sa coquille. Sen dis dé même d’ur: enfant qui sé nourrit dans les flancs de sa zière. Une matière blanche, qui n’est autre chose que la semence de la femme, lui sert d’abor1 de tiourritüre ; et, comme cette matière n’est pas suffisante pour le nouriir, le sang de la nière, qui a du rapport au jaune d'œuf, lui sert de nourriture dans les derniers mois de sa prison.

Avicenne, l’un des plus curieux observateurs de la nature qui aït jamais paru, autorise cette vétité, lorsqu'il nous rapporte qu’il a « anerçu tie fœtus comme suspendu par deux petites it attiches spermatique: qui sortoient de l’uñe ä et de l’autre corne de la matrice; et j ne i doûte poitque ce ne toit par-là qu'il se aour- & rissé ; avant qu'il vive du sang des entrailles & de $a mère. »

Varolé 4 aussi observé la même chose, lôrsd'il retiarque que «les veines dorsales du & fœtus, qui le suspendent, sortent des deux 1 ccrnés de la matrice, en forme de cheveux.

(126) | « Ces petites attaches s’'effäcent, selon la reman «que de ce médecin, dès que les vaisseaux d!

«nombril pénètrent la membrane qui environns «le fœtus, ». et que la matrice commence distiller une petite rosée de sang qui forme Il partie charnue de l’arrière-faix, qu’Arancio api pelle fort proprement le foie de la matrice.

Pour moi, qui me suis beaucoup applique à examiner les principes de la formation d!

l’homme, j'ai remarqué dans la matrice, au commencement de la grossesse de quelques femmes que j'ai disséquées, des vaisseaux blancs et lymphatiques parmi des sanguins:

Ils descendoient vers son orifice, et il sem: bloit qu'ils formoient plusieurs valvules, poun retenir plus aisément l’humeur qu'ils contenoicnt.

En ce temps-là le fœtus est gros comme le pouce, et il paroît de la grosseur d’un œuf des poule lorsqu'il est couvert de sesmembranes. Sal têle, qui est aussi grosse que tout le reste dut Corps, renferme une substance semblable à du lait caillé : à voir la bouche fendue, on diroiti que c’est ur chien sans nez et sans oreilles. Sesk parties principales ne paroissent plus à décou-: vert : ou distingue alors plus aisément le sexe! par 15 diversité des parties naturelles qui sont! faites Tes dernières; car l’entendement ayant un |

ef d'œuvre à faire, il étoit bien juste qu’il y tavaillit long-temps avant que de le perfecionner : : et je ne doute pas que ce ne soient les rands avantages que possèdent les parties naelles, qui en ont retardé la formation. Le siége le Vâme distributive, et Îes parties par lesuelles la volupté se communique à l’homme, t par lesquelles il devient vigoureux, hardi, ngénieux et fécond, ne se forment pas en peu le temps comme a autres.

On commence, au second. mois de la lune, distinguer deux membranes, dont l’enfant est nveloppé. La première qui paroît à nos yeux; t que les anatomistes appellent chorion, semble voir été faite par la semence de l’homme et par a chaleur naturelle, qui, agissant sur la se- 1ence de la femme lorsqu'elle s’assemkle dans une des cornes de la matrice, en a formé une oule. La seconde est celle qui touche immétatement l’enfant, que les mémés anatomistes nt nommée amnios, à cause de la semence de homme et de la femme, par le moyen de la 1ème chaleur, dont l’entendement s’est d’abord ervi pour faire la petite vessie diaphane et ansparente , que ncus avons remarquée au ommencement de la conception.

Ces deux membranes (a 6) renferment donc enfant (c); et, parce qu’elles croissent peu à

(130) a peu, à mesure que l'enfant se nourrit, elles: pressent aussi et élargissent également la ma-trice. La membrane externe, touchant fortement} son fond , se joint et se colle à la superficie in-+ terñe de-cette partie- -là, par un peu de sang quil eu coule goutte à goutte. Ce sang, en se caillanth par ja vertu de ia semence de l’homme, devieni| clair, et recoit les vaisseaux (c) que l'enfant y} pousse, pour y puiser l’alimen, qui lui est con. venable sur la fin de sa prison.

Deux artères sortent des iliaques du petit enfant, une veine les accc rpagne, qui vient des 14 cavité du foie; et ces trois vaisseaux, se trou vant unis à son bai avec le lien qui suspené! la vessie, font tout ensemble ce que les sages. femmes appellentle cordon, qui r’estautre chosel que étui des artères et des veines allongées de: l'enfant. Les artères en évacuent 1e: sang. super-| flu, et vont donner du mouvement et commu!

niquer de la chaleur et des esprits au sang quil se trouve dans la partie chkarnue de RES |

faix. La veine, qui est souvent double, porte,. du fond de la matrice dans le foie de l'enfant, l'humeur qu’elle y a puisée, afin que cette hu-: meur soitencore perfectionnée et épurée, avant} que de passer par |2 cœur de l'enfant.

uatrième et dernier degré de la formation de l'homme.

L'INTELLIGENCE travaille si proprement a son eureuse composition, que; si nous avions la aculté de la voir agir de jour en jour, nous ÿ emarquerions à chaque moment quelque chose le nouveau.

Les membranes qui enveloppent l'enfant ont, dans le troisième mois de la lune, de la srosseur du poing, et le chorior cominence déjà à se coller au fond de la matrice; raais de alle sorte, qu'il n'empêche point l'écoulement | ès humeurs qui viennent des vaisseaux ejacu-

| ioires. Si cela n'étoit pas de la sorte, quelle apparence ÿ auroit-il que les matières blanches et spermatiques dont l'enfant se nourrit encore; en puissent soir incessamment ?

— Quoique l’on ne demeure point d'accord des vaisseaux qui portent cetle matière blanche à l'enfant, cependant on doit croire qu'ily ena; puisque les humeurs qui sont renfermées dans le chorion et dans l’amnics, Ont servi Jusqu’alors de matière à former toutes les parties de l'enfant, et puis à le nouciir pendant tout ce temps-là : si bien que l'on peut conjecturer que ces humeurs spermatiques 5€ seroient épuiséesy Stelles wavoient été safraichies par d'autres ; gi

Je ne doute pas que les attaches spermatitques | les racines dorsales d’Avicenne et de Varoler soient les vaisseaux qui portent au fœtus la sd mence de la femme pour le nourrir : car, s’allér persuader qu’il se nourrisse d’abord d sang de sa mère, c’est ce que je ne saurois croir. non plus que Galien et Fernel.

Si Le sang des règles est retenu quelques sol dans une femme vide, l'expérience nous montrt qu’il se corrompt, et qu’il fait dans le corps de la femme tant de désordre en peu de temps!

qu'il y met une disposition à toutes sortes de maladies. A plus forte raison, s’il est retenu plusieurs mois dans une fem grosse, sera-t-il moins capable de nourrir un enfant délicat, qui ne s’est jusque-là entretenu que d’aliments fort purs et bien préparés.

Ce sang superflu s’ecoule donc les premiers jours de la grossesse, en partie par les règles de quelques jeunes femmes sanguines. Pour les autres, qui ne se purgent pas ainsi, la partie la plus mauvaise demeure dans leurs veines ) POur leur faire passer misérablement tout le temps da Teur grossesse, à moins qu’elles ne soient extrêmement fortes pour y résister. Cependant la nature, qui ménage sagement ses productions, dissipe ce mauvais sang de femme, ou bien elle En évacue Jes excréments par la ché eu Vo“

(133) missant, ou par les autres lieux destinés à cet ‘usage. Pour l’autre, qui est la meilleure partie, Le. la change en matière blanche > pour la nourriture de l'enfant, comme nous allons le prouver.

La semence de l’homme n’a pas seulement la vertu d’être la principale matière de la génération; elle rend encore la semence des femmes

Ride par ses esprits, qui se brouillent parmi toute la xasse de leux sang. Car quelle apparence que dans la plupart des femmes, qui ne sont pas crdinairement réglées, les premuers mois de leur grossesse, le sang des règles ne fit pas de désordres, s’il n’étoit changé en semence par la faculté fermentative et particulière de l’homme ? Etquel moyen encore que la femme pût engendrer tant d’humeurs blanches durant les premiers mois de sa grossesse, pour former ct nourrir son enfant, si lo sang des règles, Lomme en étant la première matière, ne servoit à cet usage.

La semence de l’homme , qui change en lait e sang qui reste après que ie femme grosse s’en st nourrie, change aussi en matière blanche et permatique le même sang, pour servir de nouriture à l'enfant qu’elle porte dans ses entrailles. 1. Presque tous es médecins ont cru, les ns après les autres, que l'humeur claire qui

ni LU 134)

est contenue dans l’amnios étoit la sueur d l'enfant, et que celle que-renfermoit le chorio: en étoit l'urine :'et parce qu’ils n’ont pu décou

rir l'origine ni l'usage de ces liqueurs, ils on (Re. la nature à leurs pensées, et se son imaginé que les choses étoient autres qu’elle ne sont véritablement. C’est pourquoi ils on fait passer l’ouraque, qui est le suspensoir a la vessie, jusqu’au delà de l'amnios, afin d porter l'urine dans la cavité du chorion; au lie que ce lieusse termine seulement au nombril, e qu'il n’est jamaisitroué que contre les ordres d la nature, ainsi que l'expérience nous le fa sonnoître.

2. En second lieu, d’où pourroient veni cette urine et cette sueur dans un fœtus qui n’ pas encore de reins fabriqués, ni de vessie for mée, et qui ne s'exerce pas avec assez de vio prés pour suer ?

3. D'ailleurs, le petit oiseau qui est renferm dans sa cequille, qui ne sue et qui n’urine Jjà mais, a pourtant ces deux humeurs séparées et, pour ne parler ici que du poulet, après qu l'œuf dans lequel il est renfermé a été co pendant huit ou dix jours, on y remarque dan l'une de ces membranes une humeur fort claire que lon appelle le lait del’œuf ; et dans l'autre

(ra) une matière un peu plus épaissé, que lon pomme le blanc.

4. Au reste, si ces matières étoient de lurine et de la sueur, qu’est-ce qui auroït la vertu de les conserver sans se corrompre, et sans corrompre les enfants pendant tout lo temps qu'ils demeurent dans les flancs de leurs mères?

Ik faut donc avouer que les hunieurs renfermées entre les membranes du fœtus, sont plutôt son aliment que l’excrément de son petit corps:

5. S’il faut prouver cette opinion par l’axiôme des philosophes, on peut dire que nous devons d’abord nous nourrir de semence, puisque nous en avons été formés; car, outre qu’au commencement nous ne découvrons pGint de vaisseaux qui portent du sang de la mère au fœtus, le sang des règles, comme nous l'avons dit, est un€ nourriture trop éloignée pour se changer dan les parties d’un petit corps tendre. Mars quant l'enfant est accompli, et qu’il a change de tempérament , c’est alors qu’il a besoin de plus d’aliment et du sang des règles, qui est une autre sorte de nourriture qui lui vient de la chair de l’arrière-faix.

6. D'ailleurs, les semences étant des émanations et des extraits de la plus pure partie du sang dé nos parents, quel inconvénient y a-t-il

à croire qu’elles ne puissent encore devenir sang, puisque la goutte de sang qui paroît quel= ques jours après la conception, est engendrée de semence et muitipliée par cette même matière ? #

7. L'expérience nous fait voir que tous lesi oiseaux se nourrissent d’abord du blanc de leur! meuf, par les veines qui y sont distribuées, et. que, cette nourriture leur manquant, ce qui:

arrive sur la fin de leur prison, ils se servent 1 du jaune, que l’on trouve attaché à leur nom- * bril huit ou dix jours après qu’ils sont sortis de | leur coquille. Si le sang des règles a du rapport au jaune, et la semence de la femme au blanc de l’œuf , ne devons-nous pas croire que les enfants se nourrissent d’abord de la semence de leur mère, puis de leur sang sur la fin de la. grossesse ?

8. Nous trouvons dans l’amnios une humeur claire, douce et agréable au goût, que la nature a ainsi préparée pour servir d’aliment prochain à l'enfant, et dans le chorion une autre matière un peu plus épaisse qui en est l'aliment le plus éloigné. L’une et l’autre de ces matières. se figent et se caillent quand on les expose au: feu : sibien que Pon ne se tromperoit point, si l’on croyoit qu’elles ont les mêmes qualités et. les mêmes usages que le blanc de l'œuf à l'égard

6 oiseaux : car, si le blanc nourrit le poulet,

si que nous l'avons remarqué , je ne vois

int de raison pourquoi cette hunteur blanche

bla femme ne pourroit pas aussi servir de

ürriture à l'enfant, et avoir de pareils usa

s. Il ne faut pas douter, selon le sentiment. Hippociate, que\la matière claire de l’amnios e pénètre le corps de Venfant, que sa bouchs e la suce, que son gosier ne l’atire, que son stomac ne la reçoive, puisque nous trouvons ans l'estomac des enfants nouveaux-nés une aatière chyleuse, et dans leurs gros boyaux les excréments noirs. :

. 9. Après tout, ondoit être persuadé que lenrant, pendant tout le temps qu’il demeure dans e ventre de sa mère, se nourrit des humeurs pui se trouvent renfermées dans ses membraes : car qui lui auroit appris, dès qu'il est né, ie yrendre et de sucer la mamelle ûe sa mere, i auparavant il n’en avoit appris Pusage ci le métier, lorsqu’il étoit dans ses entrailles ?

On doit donc conclure de tout ce que nous venons de dire, que les humeurs continues dans les deux membranes qui enveloppent le fœtus, ue sont pas de purs excréments, mais le matière pour le former, ou pour le nourrir.

Si nous avions des observations de tous les mois, nous aurions sans doute plus de lumières

Dh )ES

(138) que nous n’en avons, pour connoître de quelle façon là nature agit lorsqi'elle nous forme ; etit si les médecins vouloïent se donner un peu plus de peine qu'ils ne font ordinairement , je mes: Fersuade que, dans peu detemps, nous férions des découvertes qui nous apprendroient des:

choses admiräbles touchant la formation dé:

l'homme, | I ÿ à environ six ans que je fis ouvrir üne femme qui étoit morte grosse de quatre moiss et, après avoit coupé Les deux membranés qui couvfüient l'enfant, j'apcrçus que tous ses pelits membres étoient distingüés : que la tété éloit plus grossé à proportion que tout Îe reste du cofps : que son cerveau étoit cemme du lait caillé, àvec quelqiés fibres rouges qui le tra vérsoient; Que ses yeux Manquoicnt de pau:

pières; sôn héz, de cHait; sa bouche, de lèvres: sOh visage; de joües; que sa poitrine était di. visée éni trois cavités présate égales. Ex fateus étoit placée dans la plus haute, Cette partie étoit Leducoup plus grosse que dans les horimes par. faits , ét étoit pleitie d’üne liqueur blinche comme du lait, Le pourton, le foie; la rate, et les réihs qui étoieñt tous d’un rouge moürant, Otcupoient la Eänacité itférieure ; et le cœar renferMé dans sen péricarde étoit dans celle da milieu. Cette dernière partie sembloit être

double par la fumeur de son ventricule droit et de ses deux petites oreilles. L’estomac étoit rempli d’une humeur un peu épaisse, semblable en quelque façon à celle que renfermoit l’amnios. Les petits boyaux contenoient une matière chyleuse, et les gros én rénfermoient une autre un peu noire, qui étoit de la consistance d’un opiat liquide. Lé boyau cœcum n’étoit qu’ur appéndice, non plus qüe dans les hommes ; il ne formoït pas ur second intestin, comme on Vaperçoit dans les pourceaux. Il ÿ avoit un peu d’uriné dans la vessie, et un neu de bile dans la vésiculé du fiel. L& coiffe sembloit être unë petite nuéé qui flottoit sur les boyaux dans le hau® ventre. Les reins étoient divisés en plusieurs petites boules, comme le sont céux des veaux, ét par-dessus on observoit dans lagraisse d’autres parties rougeâtres et comme glandaleuses, qüe l'artère adipeuse arrosoit, Qui étoit aussi grosse que l’émulgente. Les testicules etoient dans le ventre, car c’étoit fin garçon, au méme liéu que ceux des femmes, uñ peu audéssus des reins. Les pieds et les mains comménÇüient à se gärnir d'ongles; et lés muscles parois$soient rouges par le sang dont ils s’étoicht apparement déjà nourris: Le chorion toit Comine céllé à quelque sang caillé qui sortôit du fond de la matrice, de la même mac

(140) nière que nous voyons un potiron attacné à un, arbre ou à la racine d’un chardon qui l’engendre. Je remarquai encore que les vaisseaux ombilicaux venoient du bas, et s’allongoient en haut, après avoir percé les deux membranes de l’enfant, pour se joindre au milieu de la partie charnue de l’arrière-faix ; ce qui eût été fait apparemment dans huit ou dix jours, si la mère ne fût morte avant l'enfant. Je trouvai aussi beaucoup de matière blanche et mucilagineuse entre les membranes de l'enfant et de la matrice ; et après avoir coupé moi-même un des vaisseaux éjaculatoires de cette femme, qui étoit gros comme le doigt, il me parut rempli d’une matière blanche, qui ressembloit à la semence d’une femme. La matrice, dans son fond, étoit épaisse d’un pouce, et spongieuse comme une éporge. J’y aperçus des varices en assez grand nombre , et quelques veines rem:

plies d’un suc blanc, qui étoit visqueux en plu: sieurs endroits.

Ce qui sert à l'enfant pour son ornement el pour sa défense est formé dans cinq ou six mois, Les cheveux percent alors la peau, et l’on voit venir les ongles aux mains et aux pieds. Les paupières commencent à couvrir les yeux, le nez à se garnir de peau, les muscles buccinar teurs qui font les joues, à rougir, et Ïes lèvres:

| {r4t) wnt les dernières parties à se former : on aperjoit encore alors les oreilles imparfaites , et l’on ommence à voir la poitrine qui se distirigue des arties basses par le diaphragme qui se forme.

Pendant que toutes ces parties s’avanceni le la sorte, celles que nous appelons princiales et nécessaires à la vie, <e perfectionneni t s'accomplissent anse “horion est atta.

hé, plus qu'auparavant, à la partie charnue le l’arrière-faix, qui est de la hauteur d’ux tra. ers de doïgt, et qui reçoit déjà l'insertion des aisseaux ombilicaux. Ces vaisseaux commen.

ent à y puiser la matière qui contribue à vour ir l’enfant, qui est déjà assez grand peur avoir esoin de plus de nourriture qu'auparavant.

En effet, Riolan me confirme dans mon opiion par une histoire qu’il rapporte d’une femme rosse de cinq mois, dont il fit la dissection en année 1612. Ses testicules étoient plats, blanhâtres, et comme attachés au milieu du dehors e la matrice. Les cornes de cette partie étoient rosses comme le doigt; mais la droite létoit lus que l’autre, et toutes deux étoient remplies une humeur Mrs Son col étoit dur et alleux, et cependant humecté d’une matière uante, La partie charnue de l'arrière-faix ctoit aisse d’un travers de doigt, joint au fond de mairice par de petites fibres,

Ci42) |

Cétte histoire nous fit connoître que cetl enfant étoit sorti de la corne droite de la mä-trice, puisqu'elle étoit beaucoup plus élargie: que l’autre; que les vaisséaux éjaculatoires nt séroient pas si gros, ét ne contiendroient pas une si grande quantité de matière blanche, sk cette matière n'avoit sés usages particuliers; savoir, de nourrir l’enfant dans ses premierfi mois, et d’y contribuer encore dans ses der:

niers. Enfin, que l’enfant ayant communication! avec la partie charnue de l’arrière-faix, il fait conjecturer qu'il se nourrit de différents ali: ments.

La chair de l'arrière-faix est un sang figé pat la semence de là femme, qui a été rendu fé:

coïde par les esprits de la semence de l'hommier Cetté chair n’est pas semblable à celle des vis sères ; elle se déchire aisément avec lès ongles 4 sa iollessé ct £a substance spongieusé en étanl une des principales causes. C’ést ce qui la rent

prompté à äbreuvér du sang qui distille im cessammetit en forme de rosée par lés petite: artères de là matrice. Sa figure est convêxe di côté qu’eile touché cetté partie-là. Elle a de: féntés, des sinus, où des inégalités qui l’em! pêchent d'êtré safoquée par les bumeurs qu pourréient lui êtré rommuhiquées en àbonl dance du côté de la atricé. Fotite 4 substantt

est pleine de vaisseaux, qui sont plutôt des ax. Lères que des veines , afin d’atténuer et d’inciser le sang qui a servi une fois de nourriture à l’enfant, et de rectifier celui qui vient de nouveau du côté de la mère. Ces vaisseaux sont des prcductions de ceux de l'enfant, que son intelli-. gence a poussés jusque dans l'arrière-faix, pour y chercher de quoi aourrir la petite créature qu'elle a formée.

Si la matrice ouvre de son côté huit ou di petites artères pour distribue: du sang goutte goutte à la chair de l'arrière-faix , cette chaï en a poussé plus de quarante dans le fond def matrice : et ainsi les femmes qui accouchent, ne courent pas ordinairement tant de risque de perdre la vie qu’on se le persuade, par l’épar chement du sang de leurs vidanges, puisqu'il à de leur côté si peu de vaisseaux ouverts.

L'enfant est situé d’une certaine façon dare les entrailles de sa mère, que ses vaisseaux ombilicaux montent en haut pour chercher de quoi vivre, comme fait le germe d’une semence qui cherche air. Ils sont fortifiés d’uns membrane épaisse et gluante, qui est nne production de la peau du ventre de l’enfant et des autres membranes communes. Après qu’elles se soni allorgées de la longueur d'environ cinq pieds, elles se jettent dans Îe milieu de Ïe chair

| (144) de larrière-faix. Les autres s’y font faire plac: par le mouvement de leur sang qui raréfie subtilise l'humeur qui s’y rencontre, qui n’es pas ordinairement trop bonne; et, après lu avoir imprimé son mouvement, il la fait promp: tement passer dans la veine qui est renferméé dans le même étur. Cette veine a de distance en distance de petites valvules, pour empêcher que le sang ne coule avec trop de précipitation! et qu'il ne suffoque lenfant. C’est par ces petits nœuds que los matrones devinent ce qui doit arriver à la mère, et c’est aussi contre ce pronostic que saint Choc parle d’un ton 5:

“haut et si éloquent.

Si l’on veut savoir comment circule le sang dans la chair de l’arrière-faix, et commert il se communique à Penfant, l’on n’a qu'à lier lo cordon, et l’on verra que la veine s’enfle du côté de l’arrière-faix, et que l'artère Lat du coté de l’enfant ; et ainsi don n'aura plus de done sur le mouvement de ses humeurs.

Nous avons sujet d'admirer la situation de l'enfant dans le corps de la femme; il a toujours la tête en bas, selon les lois de la nature; afin d’être prêt, à sortir quand il en sera question ; la! grosseur et la pesanteur de sa tête lui faisant garder toujours cette posture. Son visage est tourné vers le das de sa &père, son nez est entre

(145) es genoux , cE il a ses deux poings près de ses joues. Ses coudes touchent ses cuisses, et ses alons ses fesses : si bien qu’en cette posture il demeure neuf mois, souvent en dormant, et quelquefois en voillant et en s’agitant avec assez de vigueur : car, quoique les nerfs des enfants ne soient pas durs, ils sont pourtant aussi gros et même plus gros que les nôtres, et assez capables de causer des mouvements sensibles.

Au commencement du dixième mois de Îa june, l'enfant est dans son entière perfection. outes ses parties sont accomplies, et il n’asqu’à sa liberté. La liqueur dans laquelle il nage devient vieille ct corrompue, parce que; d’un côté, il en a pris le meilleur pour se nouf” rir depuis le commencement de sa vie, et que de l’autre il s’y est mêlé une infinité d’excréments qui l'ont infectée. Son urine, qui sort de ses parties naturelles et non d’ailleurs, et les ordures de sa peau ont corrompu ceite liqueur: C’est un prisonnier infecté de l'air de la bassefosse : il brise ses liens, et fait un effort pour aller ailleurs chercher une demeure plus commode. Son estomac ne peut plus souffrir une liqueur corrompue; elle fait de mauvaises impressions sur son cœur, et ses esprits en sont altérés. Peut-être est-ce pour cela que, depuis e milieu jusqu'à la fin de la grossesse de la 3, 13

mère, sa nature Jui a fourni du sang assaisonné de la manière qu'il le faut pour éviter la mauvaise nourriture des liqueurs renfermées entre les membranes de larrière-faix. C’est en ce temps-la que l’orifice iuterne de la matrice, qui resembloit, au commencement de la grossesse, au museau d’un chien naissant, ou plutôt d’une poule, n’est qu’un petit bourlet, et encore est-il effacé par l'élargissement de la matrice; ce qui est le plus sûr et Le plus véritable signe de lapproche des couches.

Ces liqueurs, qui sont devenues des excrémeris, ne manquent pas pourtant d’usages.

Eli 1s’oppasent, d’un côté, aux accidents exierx js qui pourroient lui causer la mort, Torsjuif est encore dans les flancs de sa mère; et de l’autre, elles doivent un jour faciliter l’accouchement, en humectant les parties naturelles de la femme.

Il y a encore une autre cause de l’accouchement, qui est aussi naturelle que celle dont nous venons de parler. La chaleur qui réside dans notre.cœur ne peut durer long-temps, si elle n’est éventée, et si elle ne se décharge de temps en temps des excréments vaporeux qu’elle engendre. Lorsque ce feu est veau à un degré de force, qu’il ne peut plus souffrir d’accroissements saus courir risque de périr par k

suffocation, le cœur de l’enfänt en seroit bientôt étouffé, si, en se dégageant des liens dont il est attaché, il ne cherchoit ailleurs de quoi se rafraîchir par le moyen de l'air que ses poumons doivent respirer : c’est aussi pour cela que l’on a quelquefois entendu le cri de quelques enfants qui “toient encore dans le ventre de leurs mères, éomme voulant respirer avant que d’être nés. Cette cause, aussi bien que l'autre, oblige les enfants de sortir pour 56 donner la liberté. Ce r’est pas qu’ils manquent alors de nourriture, puisqu'il leur en vient suffisamment du côté du cordon.

C’est donc l'enfant qui, par ses efforts, donne le branle à l'accouchement; c’est lui qui brise ses liens et les membranes qui l’embrassent; c’est lui qui veut vivre tout seul, et qui a dessein de se servir de la nourriture. Pour cela, il frappe fortement les entrailles de sa mère, qui étant extrêmement sensibles, sont obligées de s'élever contre lui, et de le chasser dehors. Il cause donc les premiers efforts, et la mère Îles achève ; car dans l’accouchement, lorsqu'il est dans le pas, la tête sortie, il est souvent si étonné de ses propres efforts et de ceux de sa

mère, qu’il ny a alors que la femme qui agisse pour le mettre deuors, par la violente agitation des muscles de sor ventre,

Quelques uns ne peuvent eroire qu’ux enfant | puisse demeurer dans les flanes de sa mère sans: respirer, parce que, disent-ils, la vie est telle- : ment unie à la respiration, que nous cessons de: vivre lorsque nous cessons de respirer.

Mais, s'ils avoient exactement considéré les | poumons des enfants de huit ou neuf mais, ils! seroient convaincus du contraire. Ils auroient: observé que le poumon ne fait pas alors les ac-. tions qu’il fait dans les hommes parfaits; car, dans les enfants, cette partie se nourrit sans se mouvoir, ainsi que la couleur de la substance: nous le marque. Ils auroïent encore appris que: le sang ne circule pas dans leur poumon comme | dans le nôtre, puisqu’il passe par le trou ovalaire du septum, ou de l’entre-deux du cœur, ainsi que l’a fort bien remarqué Botal.

Au reste, si quelques animaux parfaits vivent sans respirer, ainsi que le font la plupart des poissons, ne pouvons-nous pas croire que les enfants peuvent bien vivre quelque temps sans respirer ? L’eau de la mer rafraîchit le cœur des poissons, et fait la même fonction dans leur poumon que l’air dans le nôtre, et l'enfant qui nage aussi parmi les eaux se rafraichit par-là, et se tempère la chaleur, qui est d’abord assez modérée : si bien qu’alors il n’est pas nécessaire qu’il respire, jusqu’à ce que sa petite chaleur

| U149) naturelle, et le petit feu de son cœur soient augmentés, et l’aient obligé de rompre ses liens pour chercher sa liberté.

‘On peut encore ajouter à cela que les aliments dont il se nourrit sont plus épurés, et moins chargés d’excréments que ceux dont mous nous nourrissons; car toutes les parties nourricières de la mère les nettoient de leurs ordures, et les filtrent pour les épurer davautage. Le foix de l’arrière-faix les coule dans sa chair spongieuse, et les viscères de l’enfant les corrigent encore si bien, qu'après cela les aliments sont purs, et n’ont pas besoin d’être encore épurés par la respiration; son cœur n’est pas si incommodé des vapeurs fuligineuses du sang ; il ne peut faire son action sans avoir besoin de respiration comme la nôtre.

Après que l’enfant est né, et que l’arrièrefaix est sorti, selon les lois de la nature, la matrice, qui est tout ouverte alors, se referme incontinent, et trois heures après on n’y sauroit mettre la main. C’est ce qui m’a causé souven! de ladmiration, aussi bien que la verge de VPhomme qui, étant roide pour engendrer, devient si flétrie et si petite après son action, qu’en hiver on auroit quelquefois de la peine à la trouver. Ce sont des coups de la nature, qui est

admirable dans toutes ses actions, et qui fait 14e

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plus paroïtre sa puissance et ses merveilles dans la production de l’homme et des animaux, que dans toute autre occasion.

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