ARTICLE IL
Exacte description des parties naturelles et internes de la fémme.
Avant que de parler de la semence de la fêmme, et de ia manière dontun enfant est formé dans ses entrailles, j'ai jugé à propos de faire une description exacte de ses parties naturelles, et de joindre les observations que j'en. ai faites à ce que j'en ai dit en général dans la première partie de ce livre.
Ce qui nous empêche ordinairement d’examiner les choses avec diligence, c’est la pensée où nous sommes que les anciens n’ont rien ignoré, et qu’il ne reste plus rien à savoir. Dans cette pensée, l’esprit le plus prompt et le plus pénétrant se ralentit et s’émousse; et parce que nous haïissons naturellement le travail, nous nous contentons d’apprerdre sans peine ce qu’on nous dit. Mais il me semble qu'il n’y a point d’art qui ne se perfectionne par les expériences que l’on J peut faire. On y doit toujours consulter les sens, afin de nous désabuser par-là des faux sentiments [ue l’on nous auroit pu donner.
La matrice est une partie principale de la femme, puisqu'elle lui cause tant de maux par ses désordres, et qu’elle lui porte tant de bien par sa bonne disposition. Car, si l’on fait réflexion aux maladies que souffrent Îes femmes par l’incommodité de la matrice, nous demeu-
-rerons d'accord què toutes celles qui lesafiligent viennent plutôt de cette partie que des autres, ou du moins qu’elles ne se font jamais sentir sans qu’elle en soit en quelque façon la cause. Le corps n’est pas seulement incommodé, l’âme s’en ressent encore, et la maladie fait d'aussi funestes impressions sur l’rme que sur l’autre