ARTICLE VI
'Observations curieuses sur les divers temps Je la Formation de l^homme.
X ouTES les parties et toutes les humeur^ sont disposées pour- la génération d'un enfant dans Pun et dans Pautre sexe, C^ jeune homme est en état de se joindre amoureusement, et cette jeune fille sent que la Nature l'excite à se perpétuer par le moyen de la gé« nération. Dans la disposition^ où elle est ^ il faut peu de. chose pour faire un enfant ^ et ses parties amoureuses sont si disposées à le former , qu'elle concevra à la moindre approche d'un homme. On pourroit comparer ses parties amoureuses à un morceau d'amhre jaune échauffé par le mouvement y qui attire la paille aussitôt qu'on la lui présente.
La femni9 n'a donc pas plutôt reçu la matière de l'homme par cette amoureuse alliance , qu'elle la presse de toutes parts pour la faire passer promptemeh.t dans l'un ou dans l'autre de ses vaissea*ux éjaculatoires ^ afin que ^ s'y mêlant avec la sienne 9* elle y cause la conception.
C'est dans l'un de ces conduits que les principes de notre corps et de notre âme s'u* nissent et se mêlent pour ne faire qu'un composé y et c'est aussi dans ce moment que * Dieu, qui sait tout ce que nous faisons , semble s^étre comme obligé d'y envoyer un
entendement, qui^ selon la pensée de saint Grégoire de Nice , ce doit aroir soin dé tous 9> les organes da corps où il doit loger, pour » régler ensuite les occupations quUI y doit » faire, et les mœurs qu^il doit suivre ^ afin , )> ajoute-t-ilailleurs, quHl n'ait pas, un jour, » à rej^ocher à Dieu d'avoir eu un corps >> et une âme qui n'adroient pas eu de dispo- » sitions nécessaires pour suivre ses principes 7> secrets et ses mouvements intérieurs. ))
Un homme qUi a fait lui-même le luth dont il doit jouer , n'a sujet de se plaindre de personne , si son instrument n'est pas d'accord dans toutes ses parties : il étoit le maître do sa matière , et il pou voit l'employer et la disposer comme il jugeoi( à propos *j de sorte qu'il ne s'en prendra jamais qu'à lui seul s'il y a un défaut dans son luth , ou un faux sou dans son har* xn6nie«> ' . • '
Mais parce que ce sujet est de lui-tnéme fort embrouillé, et qu'il renferme des sentiments nouveaux , j'ai résolu de le partager en.*quatre articles , où je fertii voir , autant qu'il nie sera possible, les degrés dont là Nature se sert pour nous former dans lès entrailles de nos mères.
Farce que j'aurai besoin , dans la suite de ce discours , du mot de conception , pour ex- ^ primer ma pensée sur le sujet que je traite, j'ai peur que l'esprit du lecteur ne demeure smivent en suspens dans la diverse signification que je lui donnfe , à moins que de l'en avertir auparavant. Quand je dis donc que
la feaime d conçu j et que sa conception est €i^antageuse j je prends alors ce terme dans une signification active j mais lorsque je dis que notre conception s^accoràptit dans les cor* nés de la matrice de la femme ^ et non dans sa matrice^ ainsi qu^on se Pest persuadé jusquHci 9 ce mot a alors une signification tout opposée )^t on le doit prendre passivement^
Premier degré de la Formation de Phomme.
II. me semble qu^il n^y a rien de plus certain que de dire que la conception est^n mé« lange de la semence de Phomme et de la femme ^ et qu^il n^y a rien aussi de plus in* certain ni de plus caché que le lieu où cette conception se fait.
On a cru y jusqu^ici ^ que la miatrice étoit le lieu où nous commençons à être formés ^ p^rce que Ton a presque toujours trouvé des enfants dans sa cavité j et que l'on ne s'est pas imaginé que la cônception.se pût faire ailleu» : car ^ bien que l'on ait vu des enfants dans les cornes de la matrice , on a cru cependant que ce n^étoit que contre lea lois de la Nature qu'ils se formoient ^ans sea petits conduits , et l'on ne s'est pas persqadié
Îue c'étoit là que lai Providence j par ses orres secrets, a voit déterminé de leur donner le commencement de la vie. J'avoue que le sentiment qui établit le lieu de la conception hors de la cavité de la matrice est plein do difficultés j et que l'on a besoin de raisons et d'expérience pour en être cpnfaihcu.
!• Puisqu^après les embrassements amoureux j on n^a jamais trouvéde semence dans là cavité de la matrice j au lieu que Ton en trouve toujours dans ses cornes ^ pourvu que la semence soit saine et féconde^ on m'avouera qu^il y a lieu de croire que nous sommes plutôt formés dans ses petits conduits que dans un autre lieu^ puisqu^il y a de la matière pour la génération.
En effet ^ toute Pexactitude que j^ai pu apporter , en disséquant beaucoup de chiennes qui a^étoient depuis peu accouplées , n^a servi qu^à me confirmer davantage dans Popinion où je suis ; savoir I qu^il en arrivoit de même àsius les femmes y (tt que la conception se faisoit plutôt dans les cornes ^ dans la trompe ou dans les vaisseaux éjaculatoires de la ma* trice , ainsi qu'on voudra les appeler y que dan9 la cavité de cecte partie* *
Il n^ a point de sang qui passe plus vite dans les artères y ni de chyle qui se distribue plus pronptement dans les vaisseaux lactés y que la semence du mâle s^insinue dans la matrice des animaux; ce qui fait croire à Barvée^ qui a éventré , pour ce sujet , un nombre considérable de biches ^ que la conception se faisoit d'une autre sorte qu'on no se l'étoit imaginé jusqu'alors. Il a cru ^ mais d'une manière particulière , que jparee qu'il n'a voit rien rencontré , ni de la semence div coq y ni de celle du cerf , dans les parties seci^ètes de la poule et de la biche ^ après s'être accouplées l'une et l'autre , il falloit que la semence du txvâie ^ ou n7eût pas entré dans
ces lieux , ou , si elle y étoit ^entrée , qu'elle en fût sortie en y laissant «on impression et son caractère. Sur cela il a formé ce sentiment y que la génération se faisoit de la même; sorte qu^un homme peâtiféré communiqué son mal à un autre ^ savoir ^ par le moyen de la contagion ou de quelques esprits invisi- Mes; ou encore coiiime un fer qui a touché^ depuis peu , une pierre d^aimant ^ attire unautre fer f par la vertu qui lui a été communiquée : si bien ^ ajoute- t-il ^ que la conception de Penfant se fait ni plus ni moins que celle de nos pensées» Nos yeux voient des objets r notre m^mpire en conserve les idées ^ et notre âme en conserve les conséquences. Tout de même on touche une femme pour la rendre féconde ^ et elle ne conçoit pas parce que la semence de Phomme est présentée à sa 'matrice^ m^is parce qu'elle l'a touchée et lui a communiqué sa vertu. C'est ainsi y dit-il y que I0 vingtième œuf d'une poule est {écond , par l'impreesion que ki semence ducoq a fait sur le corps de la poule ^ qui n'en a été touchée qu'une seule fois.
/ Mais sans m'arrêter à cette opinion y qui nie paroît trop métaphysique dans, les ouvrages de la Nature j continuons à prouver que la véritable union de la semence de l'homme et de la femme | que nous appelons* conception y se fait d'une autre manière plus naturelle.
2. Nous observons tous les jour^ que les femmes sont plus amoureuses avant ou après leurs règles qu'en tout autre temps ;
et la Nature leur donnant alors beaucoup plus d^envîe de se joindre ^ elles sont aussi en ce temps -là beaucoup plus sujettes à conceToir.
Si le fœtus se formoit dans la cavité de la matrice , quelle apparence j a-t-il quUl pût résister au flux des règles^ qui doivent couler en abondance du fond de cette partie ?
L^enfant à venir en sefoit détruit , et la matrice étant tout humectée , ne sauroit les iretenir y ni Pempéclier d^en sortir avec lé sang ; et ainsi il ne se feroit point alors de conception au commencement des règles : ce qui est contraire à Pexperience. II en arriveroit de jnéme sur la nn des fleurs ; car la matrice est encore alors trop humide po.ur pouvoir conserver le présent qu^on lui a fait } elle le recevroit plutôt quinze jours avant ^ parce qu'étant plus sèche ^ elle seroit plus dis-
Sosée à presser la semence qu^on lui auroit onnée.
, Mais parce que Pexpérience nous apprend que la conception qui se fait entre les règles^ n^arrive pas si souvent que celle qui se fait immédiatement avant ou après , )e suis obligé de croire que la conception se fait dans lin autre lieu que dans la cavité de la matrice.
Je n^en saurois trouver de plus propre à cet usage que les cornes de certe partie ^ où souvent Ton a trouvé des eiifanjs ibrmés : car, au commencement et à la fin des règles , tous les vaisseaux de la naatrice sont ouverts , ou pour se décharger de Tabondance de leurs hu-
meurs y ou pour receyoir la semence qu'on leur présente.
C'est ainsi que le fœtus peut éviter les désordres qui arrivent pour Pordinaire au c6m« mencement de la grossesse : au lieu quHl ne sauroit s'en garantir ^ s'il commençoit à se former dans la cavité de la matrice.
3. Les anciens ont su ^ aussi bien que nous j que la matrice des femmes n'avoit qu'une seule cavité : ils nous ont pourtant laissé par écrit que les femmes grosses sentoient plus de douleur et de mouvement d'nn côté que de l'autre j ce qui se trouve encore aujourd'hui conforme à l'expérience. Car les xnédecins , qui se sont appliqués à connoître les efiEets et les circonstances de la grossesse ^ ont appris que les femmes sentent pour l'ordinaire plus de mouvement d'un côté du ventre quede l'autre. L'enfant commençante avoir un peu d'agitation par le mouvement de son cœur et de ses petites artères ^ irrita le vaisseau éjaculatoire qu'il habité ^ afin qu'il se défasse , en faveur de la matrice ^ de ce qu'il contient : et parce que ce vaisseau n'a pas assez J'espace pour élever un enfant qui a besoin alors d'un lieu plus étendu et plus commode pour ses perfections , il s'en défait par son mouvement circulaire , et le
,que pierre se formoit dans la vessie ^ où elle se trouve presque toujours : mais depuis que Ton a été désabusé, de cette opinion j Ion
croît , selon les expériences que Ton en a | que les reins lui donnent les premiers commencements : car les douleurs qui précèdent la pierre de la vessie nous font bien croire que c^est dans les rtms que la pierre a été dVbord formée. Tout de même, les petites douleurS| et les mouvemens délicats et presque irpperceptibles , dont s^aperçoiyent, dans Tun ou dans Tautre de leurs côtés ^ les femmes enceintes les plus sensibles , me font conjecturer que Penfant commence i se former dans Pune ou dans Tautre dçs cornes de I0 matrice.
La substance de ces vaisseaux , leur figure y leur action et leur usage sont fort conyenables à cet emploi. lU sont d^un sentixnent exquis , étant %o\x^ membraneux et cbarnuS| pour s^élargir,'et pour sentir les irritations d^i fœtus \ leur figure est propre à se iiécharger d^ ce qu^ils contiennent} ils &ont presque toujours pleins de semence, et ont un mouyemeQt par lequel ils se défendent de ce qui les presse et de ce quirles incommode. Kous n'avons que trop de preuves de leur mouvement dans les suffocations de matrice, et je puis assurer avoir vu plusieurs fois le mouvement de la matrice àe% chiennes que jVi disséquées en vie , qui étoit à peu près semblable à celui de noâ^ -boyaux qtle nous appelons péristaltique.
Ce sont donc les petits mouvements des cornes de la matrice , que les femmes groScses sentent d^uu c6té ou d'autre , qui nous font croire que Tenfant 7 reçoit les premiers traits.
Mais encore y commetit est-ce que la cottception sepourroit quelquefois faire après les grandes cicatrices que la matrice a reçues , 6i elle ne se faisoit hors de sa carité ? Car nous savons , selon même le rapport deKous- •et et Bauhm , que quelques femmes -ont conçu après qu'on a ouvert la matrice , ou quMles y ont souffert de grands abcès. La matrice né seroit point alors en état de faire ses actions : elle seroit trop mal formée ^ et ses membranes ^ affoiblies et desséchées par des plaies , ne pourroient se comprimer et se resserrer pour la conception; au lieu que , rece»vant de ses cornes Penfant qui a été formé ^ elle n'a ensuite qu'à le contenir el le conserver jusqu'à sa dernière perfection.
5« D'ailleurs^ pour confirmer ma pensée ^ je pais dire ce que l'expérience m'a appris sur cette matière. J9 connois quelques femmes qui ont toujours accoutumé de se coucher sur le câté droit lorsqu'elles dorment avec leurs maris , et c'est aussi dans cette posture qu'elles sont caressées et qu'elles conçoivent presque toujours des garçons. On ne sauroit donner d'autre raison de ce qui arrive de la sorte , que celle qui favorise mon sentiment. Car la semence de l'homme étant reçue dans la matrice de la femme située dans la posture que nous avons marquée, ne peut tomber y par son propre poids , que dans la corne droite, où les garçons sont le phis souvent formés. C'est une remarque qu'a faite Rharsis , aussi bien que moi ; lorsqu'il dit <€ que les femmes qui se couchent
» ordinairement An côté droit ne font pres- 3> que jamais de filles. »
^ o. D'autre part, j^ai souvent observé^ aussi ' bien que Fallope j que la chair do Tarrièrefaix n'ëtoit jamais au milieu du fond de la matrice y mais vers Tun ou l'autre de ses cd* tés y parce qu'après un mois ou environ la boule où est renfermé l'enfant étant chassée du lieu où elle est ^ s'attache h l'endroit de la matrice le plus près de l'embouchure du vaisseau d'où elle sort ; ce qui n'arriveroit pas de la sorte ^ si la conception se faisoltdans la cavité de la matrice, comme on le peut voir dans le^^gures ïo et ii.
7* Au reste. Biplan ^ un des plus, célèbres anatomistes de notre siècle j autorise mon opinion j lorsqu'il dit avoir souvent trouvé des enfants formés dans les cornes do la ma« trice. Et cet enfant mort qui étoit d'un pied de long y et qui sortit du fond de la matrice de cette pauvre femme qu'Harvëe vouloit faire couper, ne sortit d'autre lieu que de l'un des , vaisseaux éjaculatoires.
8. Je trouve dans mes Mémoires.^ qu'il y a environ vingt-trois ans qu'un vieu:^ médecin y appelé Jean Critier ^ personnage très-savant et très-sincère, me raconta, à Paris ^ une histoire que M. Mercier, médecin de Bourges, qui vivait encore alors, lui avoit faite de cette sorte. La femme de M. Agard , lieutenant criminel de cette ville-là , de la santé de laquelle ce dernier avoit le soin, devint grosse^ et se porta assez bien jusqu'au quatrième mois , après quoi elle souffrit des foiblesses
et des douleurs extrêmes aux reins et dans le ventre ^ principalement du câté droit. Tout cela Pépuisa tellement ^ quelle mourut sans pouvoir se délivrer. On l'ouvrit le 2 janyier 1714J on trouva une fille longue de sept pouces dans la corne droite de la matrice , la matrice étant alors dans sa figure et situation ordinaires : si bien qu^après cela on peut dire que la conception l'a faite ailleurs que dans la cavité de la matrice , et que le fœtus étant déjà assez grand , et ne pouvant plus demeurer dans Pu ne de ses cornes ^ il laut qu^il en sorte pour se perfectionner ail* leurs 9 ou que la mère en meure.
9. Je pourrois encore rapporter ici Pautorite d^Hippocrate , qui dit ^ en parlant de la superfélation des femmes ^ que « si le fœlus » est descendu dans la matrice lorsque la « femme engendre une seconde fois^ ce se- >3 cond fœtus ne peut vivré^ et la femme en n fait iine fausse couche. » La raison en est évidente ; car ^ comme ce dernier fœtus ne se forme pas dans le lieu que la Nature a destiné pour la conception des enfants , il ne peut aussi trouver de quoi ailleurs ^ et pour se for* nier y et pour se nourrir. Aristote confirme cette opinion } et Pezpérience }^autorise. Car nous voyons que les secondes conceptions qui se font dans les premiers mois de la grossesse | réussissent pour Pordinaire ; que la femme nourrit Pnn et Pautre de ses enfants , et quMIe les met au monde comme sHls étaient conças dans le même moment. Mais si la superfétation arrive quelques mois après les
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premiiers fœtus formés, et après que les cornes de la matclcG sori( einbarnissces et bouchées par des ïiumeurs» ou pâr.repcifant même «jiii occupe .^oule 1^ cavité j. ce qui arnte pourtant fort rat^ment.^ le second çpfant ije peut vivre; ,cç que Ûl^îstoire cjup. rappo^-te .Aristote jsui^qe piyet confiriije d^|i;e^M^^)t.,.. Après iLout çel^ j Pa^i,j[)ÇMj ?onp conclure j! ^ue la Conception se iaii.^ selon les l6i^ de la ? ^£r4tufj3 1 dans les. cç.rues ; ije ïa matrice,; et .i^on df^ns $a<.cayit(é.. Mais iCerkviugey Warton ^ de Graaf, çt quelq^ues autres médecins .xno4ef^es9 sont di^^unautiie sentiment, puis- C|u^il5.jie peuvei>t croire (jije 1a coucepûon se ^ss43,,;ni sidin^ la cavit.é de.t^ niatric^ (a)^ cotn- Pontcru Jes anciens ^ni d^ns ses cornes (^), a me je p^^nse^: mais iU soutiennent qu^elIe se fait dans les tes^^cules .des femmes (ç)^ lesqnei% sont piVw**»"?? W comme l'ésf J'o- ▼aire 4e? oisf ay^x,,: i,si bien /^uQ ,,^^epou vêlant ;.la,pem<^^ des> poules anciens*, qui pub^ioient -^u'Héjfène av()it(Bri?^sa.i^j»r6^4^<je dVip œuf, ^il8sMnug\nent^p4T\\oj,ç^^^blii'etpro«iyer^e .; opinifHi pav def, ^fui&^if s e^ par 4ea expénei^ces ^flisan^es.. .., . ., , .. •] ;;i !^^^, .^ . / ' ^ , j^ 'Xlif ja^sureij[i4^nç que I^ testicules des fem-
. fij^f? W*^ i^^ '^(^^W^^^^^ *^^^**'Çft^iP^ ^®^ hom- ^ji^f <?om.ij9eijçgfl[|^^^qeç,fprmçr,} ,que les vési-
iWÎHu^^^^^f e>.|K^/.»«^flVWmposées^
. pleiRps. d7^ne,,^^i|i;.,j^i^jj)lablç a^ tlanc
^«lV^"lî^ lrt9M^%iifS}lW l^.6P»ti'^«'jtjj4e tous le^an;^t^uiisltiS,,Vest.i^ s^mepcede la femme; que cette &euieu^ç étan.t. r«eud:ue féconde par les partiels déliées et splritueuses de la se«
xne comme
ménce de rhomme / c|ui , étant dardëe daiis' la matrice , se fait passage dans les trompés pour entrer ensuite dans les testicules de Ift femme y eomniunique sa vertii prolifique à Pœuf ou aux œufs' ^ui sont les phis près des memUaxi^s des testicules ^ ou les plus disposés i rece^^oif' son impression féconde^ quand il s^engeîidré iin iou deux fcetusr; que' Tune des trompes se courbe alors pour cdmmtf»
niquer à rœuf qbi est disposé dans rdrairé^ à. recevoir ce quMle â rejgu de la matrice^ qu^en ce temps-là ces niènies trom|>es demeurent quelque temps cdmme collées au test?^ cule {e) ^ pour'^ fài^ pne iiiipressiôn de fécoxidite ^ ou poùf" recevoir Poôuf où Phomme
^ commeïitie déjà «à 'se former , 'ce qui se fait dans le'sr lapines , au troisième jour, et peutêtre dans 'les femm.es ^éiXxQ, ou cin^ jours a^rès létir t^onceptiop , doniibele pensé Kerkringej qûeleS- vésictilës -è^itit fcÔré y lés boules ou les œufs de l'autre '(fc'esli ainsi'^'rf'îls les appellent iïtdiflfgîfemmèiçit)', sef gVèsAsaféiit pendatii quelque teiiiAS^'dkhb le testicule ,- et que ï'eiàvèloppe Viu la' v^itule^ qiii cèntieiit la semence de la femme ^ et qui «st ùnV par-
' tie essei^tielle^dû. testicule ^ .^è grossit aussi et se fait glaiiduleii^e, afin'dé èôhèfërvè'^ léir^i* prits de la seiiïence dé^Fhbiihiifr j q'àî sbritlés age^s dé XàcxUm^ 'â V^r^, et ^é^fourtaîr ausii à la boiilc des haHflAirà^^^tt^^ mation et pour ¥endtretlëÀrchi'riidhime' i Venir ; i^^e cette niiirhe iseikiënce féboi^dê' prend dUutres enveloppes^àé'la àûbstance glanduleuse qui TenVeloppe , et x^è ces env^oppes
( 9.1 ) sentie corion et ramniosdn fœtus ; qne IVtui on Penveloppe glanduleuse s^ouyre pour lais* ser couler par le mamelon (/) qui se forme sur les membranes du testicule^ Pœuf fécond qui entre dans la trompe par là propre vertu du testicule, ou par $a propre disposition ; que pour cela la trompe embrasse étroitement avecsà frange une grande partiedu testicule; ^u^ensuite cet œuf fécond étant tombé dans la trompe 9 tombe aussi dans la cavité de la matrice ,' où il se mûrit pour ainsi dire , et devient un fœtus parfait ) qu^enfin Fœuf fécond et distingué des bydatides , qui sont plusieurs pftites boules qui se tiennent par leur queue à leur grappe ae chair, comme les grains de raisin sont attachés par leur grappe de bois, comme le marque \ajigure y , qui est au chapitre des Fardeaux et des faux Ger* mes : au lieu que les œufs féconds où le fœtus se forme , manquent d^attache , et descendent ordinairement seuls du testicule dans les cornes ^ et puis dans la cavité de la matrice.
Cela étant donc ainsi établi , ils concluent que le fœtus prend son origine dans le testicule de la femme , et non dans ses cornes , ni dans la cavité de la matrice.
Cetteopiniou renferme^ ce me seDnble, beaucoup plus de difficulté que celle des anciens que nous avons* examinée et réfutée ensuite \ car elle soutient tant de choses qui me semblent impossibles^ et qui ne peuveiit être bien expliquées par ceux mêmes qui la, soutiennent , que je ne m^étonne pas sHl y a aujourdlmi
/ 92 ) si peu de médecins qui aient embrassé ce.
parti.
1. En effet, peut-on coticevoir que la trompe se courbe , et fasse obéir le ligament large sans que la femme sente son mouver ment et son pli , qui ne se peut faire sans douleur? et le testicule qui est attaciié k ce ligament 9 et qui flotte dans la cavité du ven* tre, peut-il être si stable y qn^ii demeure toujours dans sa situation y et cju^il attende la jonction de la trompe pour recevoir Tim* pression génitale de la semence du mâle qui y est renfermée? En vérité , ou fait faire ces mouvements h ces parties- là j pour appuyer le sentiment où Ton est^ et pour flatter sa prévention,
2. D\iil leurs , qu^ils fassent la semence de Phomnie si déliée et si splritueuse quHls voudront, peut-elle entrer dans le testicule par les portes de deux fortes membranes dont il est revêtu ? Et où montreront ils une semblable démarche (pie fait la Kature dans le corps de la femme? Les esprils animaux^ qui sont imperceptibles ^ ont des conduits par <tù ils passent j et la semence de Thomme |^ qui est plus grossière , n^en aura point !
3. D^autre part , comment se peut-ii-faire que l^œiif rendu fécond et animé ^ qui^ est alors gros comme un pois vert, puisse se faire passage h travers les enveloppes glandu* leuses, et à travers les deux membranes du testicule de la femme j pour entrer dans la trompe par la jonction^ sans que la femme B^en ressente rien ? Ces membranes sont-belles *
( 93 ) moms sensibles que celles du reste du corps?
et si la membrane est un nerf aplati ^ comme le pense Galien y peut- elle le rompre sans douleur ? de plus j le mamelon y que Graaf a inventé^ se rencontre- 1- il dans toutes Jes femmes^) comme il nous Passure? et n^y a-t4l pas lieu de croire qu^il Tinvente à plaisir ^ pour couv.iîr PaTeuglement où il est ?
4* Au reste y cette solution de continuité est-elle selon les lois de la Nature, qui en a tant d^horreur? et a-t-on vu qitelquefois dans la femme de pareilles choses? J^avoue qu^on a remarqué des parties se dilater d%me manière extraordinaire y comme fait le pas de la pudeur dans Paccoucfaement j mais on n^a jamais observé aucune partie se rompre et s'onvrir selon les lois de la Nature, à moins
Sue ce ne soit pour finir une maladie , comme ans les abcès*
5. £n lin mot , peut-il se faire une plaie Sans un épanchement de sang , et ce sang extravasé et hors de ses vaisseaux, se peut-ii conserver sans se corrompre ^ et sans que la femme s^en aperçoive?
6. La plaie que la b(>u1e aura faite en sortant du testicule, et Pulcère qui sVnsuivra , peuvent-ils se consolider et se cicatriser dans nne partie spermatique, comme sont les parties du testicule de la femme, sans que la femme en ressente de la.dou.Ieui ?
y. Ëufin , .le testicule a t il un mouvement sensible ou insen^ihie pour se défaire de Tœuf qu'il contient?. et cette ^rtu expulsive, que Graaf a imaginée , peut elle jeter Toeuf^der
hors par sa propre disposition y comme si
c'était lin excrément fâcneii'x?
Toutes ces difficultés m'ont contraint d'abandonner jce parti y et m'ont fait' dire en raoi«même : comment y a-t-il des persônnee de bon sens qui peuvent l'embrasser ? Ce-
{ rendant , comme il arrive quelquefois dans 'homme des actions dont nous ne connois»
sons pas les causes ^ celle-ci pourroit bien être de ce nombre^là ^ car , s'il est vrai , ce que l'on vient de m'assurer, que M. de Verny , anatomiste du roi 9 fit voir à Faris^ en 1691 , un testicule de femme qui contenoit une espèce de tête dans laquelle on remarquoit la fente d'un œil avec deux paupières gammes de glandes ciliaires ^ et d'une es-. pèce de sourcils ornés de poils , qui étoit au* dessus; un front d'où sortoit un toupet de cheveux , avec une éminence garnie de trois dents molaires , disposées en triangle y de la grosseur de celle d'un enfant de quatre ans ; trois autres dents dans la face antérieure de ce monstre , et à la postérieure cinq autres ; savoir y trois incisives et deux petites molaires : si cette histoire, dis-je^ est véritable , comme plusieurs personnes nous l'assurent^ nous pourrions, dans cette occasion, suspendre notre -sentiment jusqu'à ce que la curiosité et le travail des anatomistes nous pussent faire voir quelque autre formation du fœtus dans le testicule d'une femme. Car , comme un sentiment ne peut solidement être ap« puy^é, dans la médecine, sur une seule expé« rience , qui souvent eçt un jeu de la Nature^
il faiit attendre que Ton nous ait fait voir
quelque autrechose de réel dans lanième|)artie j pour être persuade que Phomme y prend ses principes, et qu'il commence à s'y former. La conception n'est pas plutôt faite y que Dieu; parles ordreisqu'îl a lui-même établis^ crée un entendement liumain ^^ pour ]é placer daijis lé petit corps qui commencé à se -foTnier. Cet entendement y est envoyé en qualité d'ambassadeur y qui doit un jour rendre compte de sa négociation ^ et qui doit représenter partout où il àe trouve le caractère du maître qui l'enyoîe; '
'Cetentè'ndémënt s'é'hiéle avec l'âme , on plùt&t SQ jdipt et. ^ilnit à sa substance y et ce qui nou's 'âilfpr^end êncbre plus, aux esrprits et àû èdrps dè'l'homine, pour ne faire ensuite qu'uipl homme animé d'une seule 'formé. . ' ' .' ' >
y II séi^ôit^iliflfidilé de s'imaginer cotntneilt *se joignehif dés's'ubstÉÙiceisiilèigriées entre elles ^ si l'éxpérieiice ne nous en cpAvâin- ^uoit à tout pioment; car^ si^ mourir est la 'dis^Wàtion de ses parties j vivre sera assurément Pililion et la société de ces'm'éine$ substancçs*
S^i j'étôiis obligé de prouver ici les quatre
qiré * telle qi iournit saint Grégoire de Nice , lorsqu'il dit ce que puisque Dieu ^ qui est un être infiui j » s'est mêléet s'est uui^ sans confusion tout«-
(96) 3» fpls, à rame et an corps de Jésus- Chnst^ s> (fui est une créature^, nous pouvons croire )) que notre euleutlemeut peut se joinclre à » notre àme et à notre corps par des décrets s> dVn - haut : de sorte que de ces deux pre« 7> niières substances U ne sVn fasse qu^une 9> seule forme « dont nous soyons animés. y> La semence de Ul^^mii^e étant doue. en* trée dans Tune des 'corjies de la matrice^ fait enfler la semence de. la femme « et lui sert comme de levain pour la production d^)n enfant* Une des capses de la prompte di&tribntion , est une matière séreuse et sper- •inatique qui se !ti'9u,ve da^ns la ma'trice d^iiie femme fécoiid^,^ et .qui se mêle ayep elle pour lui servir de y,ésic,ule. Cette .matière vient dt's vaisseaux et des glandes de la matrice et ue sqij^^coI. par 1 expression de ses parties^ par la foule des esprits qui >'y portent } P^^'i^^ plaisir et: |^le.chatoùîl léni« lit que la femiue y ressent. L^activité de l'âme et de la semence de l'homme , et
des vaisseaux éjaculatolresi favorise aussi rentrée de cette même matière. Elle' est lâche avant et ^près les régiras 9; pour faciliter la cuncep.tion, qui se, fait eu ce tempslà plutôt 'Oue da^us un autre. La membrane interne dans ces vaisseaux a tant ue replis^ et le conduit quVlle forme a rembouchure si étroite 9 qu^il ii^y a pas lieu de craindre
(97) que ce qui est une fpis entr^ en puisse sortir que dans son temps.
Il seroit bon de remarquer ici ce que nous avons observé ailleurs j que les cornes de la matrice d^utie femme otit trois ou quatre petites cellules ^ qui servoient comme de forme ou de mesure à la semence de la femme ^et à la matrice de cbaque enfant :
c^est pour cela que quelques jurisconsultes oiît cru que la matrice de la femme avoit sept cellules 9 prenant la cavité de la matrice pour une septième. La matière qui forme la semence vient peu à peu des testicules y et est filtrëe au travers de la substance nerveuse dçs vaisseaux éjaculatoires. Cet excrément des testicules tombant peu à peu dans les cavités de ces vaisseaux j prend la figure de la cellule qui le reçoit ; et la cbaleur naturelle qui agit incessamment sur tout ce qui est dans le corps ^ agissant aussi sur cette semence 9 produit tout autour une petite peau miuce et délicate , qui forme une boule y quand cette boule ou cet œuf a été rendu fécond par la semence du mâle. Cette membrane n^est pas si ferme ni si dure dans le lieu où la boule a reçu la dernière goutte de la semence ; qu^elle est ferme ailleurs ; et c^est par-là que la semence de Phomme se communique à celle de la femme ^ comme la semence du coq se communique â Pœuf de la poule par la tache du jaune ^ et que Phumeur de la terre se filtre dans la semence dUine plante par sou germe. J^ai remarqué dans, un œuf de poule couvé ^ qu^après le
( 98 ) premier jour , PoiigTe du jaune , la cicatrice ou le petit point blanc , ainsi qu'on voudra Pappelerj qui est environné du cercle jaune obscur j étoit beaucoup plus grand qu'il n'étoit avant que d'avoir été couvé; le deuxième et le troisième jour ^ la tache s'étoit augmentée presque deux fois autant : j^ai jugé que l'âme du poulet résidoit dans cette partie , que c'étoit par-là que la semence du coq étoit entrée dans Pœuf ^ et que le cœur s'y Touloit former , puisque j'y remarquoia un si prompt changement.
C'est donc à un petit point de la semence de la femme , s'il m'est permis de comparer les bêtes aux femmes j que se communique l'âme de l'homme avec toute la: matière qui la porte : ce qui arrive au même instant que la conception s'accomplit ; et c'est aussi alors^ comme nous l'avons dit ailleurs^ que l'en* tendement y paroît pour disposer Jtoutes les parties à obéir ensuite à ses ordres.
Comme les fruits jouissent de la même âme que les arbres auxquels ils sont attachés^ et qu'en étant désunis ils portent dans leurs semences des principes semblables à ceux qui ont formé les arbres dont ils ont été détachés : ainsi la boule de la semence de la fçmme étant attachée au vaisseau éjaculatoire^ jouit alors de la même âme que la femme j mais dès que cette boule a été rendue féconde
ÎiSLT la semence de l'homme qui s'y est mêée y alors elle a un principe indépendant et une âme particulière.
Ce qui mè fait croire que cela est de la
^'-^-iv iJ-OA/viv^j
sorte, c'est ee que je vis la nuit du 2;3 jan»
vier 1 680. Mademoiselle L après de pres«
santés tranchées y rendit environ deux cents boules ou petits œufs sans coquille (a), etc^est cequequelquesanatomistes modernes ont appelé fort improprement hydatides. Chaque boule étoit attachée par sa petite queue {b) ^ qui tenoit à des fibres charnues , tissues et entrelacées ensemble. La moitié des boules étoient grosses comme le bout du doigt y et ^Vautre moitié comme de petits pois: elles étoient toutes transparentes , et la membrane étoit assez dure. L^humeur qui y étoit contenue étoit claire, et en quelque façon gluante; elle étoit un peu salée et âpre au goût, et je ne doute pas que ce ne soit de pareilles boules qui occupent ordinairement les cornes de la naatrice quand elles sont prolifiques.
Coiâme celles - ci n^avoient pas été rendues ^ fécondes par la bonne semence du mari , et que les vaisseaux éjaciilatoires les avoient rejetées comme inutiles, c^est de - là sans doute qu'étoit veuni ce faux germe, comme on le voit dans \q^ figures 6 et «7.
Les semences de l'homme et de la femme étant mêlées , se communiquent Tune à l'autre leurs qualités réciproques. Le peu d'âpreté de celle de Phomme, avec son odeur vire use et sulfurée , pénètre toutes les parties delà semence de la femme, et en fait mouvoii tous les petits corps 3 et la semence de la femme étant d'une substance un peu visqueuse et d'une qualité un peu âpre, n'obéit pas sitôt à la pénétration des qualités de celles
de Phomme. Ainsi Paction est lente et les moiiTements de toute la matière enâée en $on|; languissants : si bien que Pon ne peut remarquer aucune chose dans la formation du fœtus ayant le neuvième ou dixième jour^ t)u ) pour mieux dire , avant te quatorzième^ après lequel on peut observer les vessies transparentes {d) y ensuite la goutte de sang et le point saillant qui^ par son mou vement j donne des marques assurées de vie : si bien que ceux qui nous ont assuré avoir découvert quelque chose au sixième ou au huitième jour après la formation du fœtus ^ nous ont voulu assurément surprendre.
Mais ayant que de passer oi^tre^ découvrons la manière dont la Nature se sert pour faire fermenter les deux semences unies 3 car^ puîsqu^on demeure d'accord que nous ne vivons que par la fermentation, il faut aussi que ce soit par son moyen que nous com*^ rnc^ncions à être formés. w
Nous savons que le levain a deux sortes de substances : la plus grossière devient de même nature que la matière avec laquelle on la méle> et la plus subtile fait lever cette même matière par sa pénétration et par Tagitation qu'elle excite dans les corps différents de toute la masse. Ainsi la partie la plus terrestre et la plus visqueuse de 1^ semence de l'homme sert en partie à composer les parties, sperniatiques de l'enfant , et la plus spiritueuse est employée aussi en partie à produire les esprits et l'âme de ce même enîant 3 ce qu'elle fait par la fermentation
qii^elle seule cause dans toute la matière qui le compose.
Plus le levaîa a de parties subtiles et pénétrantes j et plus la matière sur laquelle on agit est souple et aisée à ménager j plus aussi on avance son action j témoins les garçons qui sont plus tôt formés que les filles ^ et les pigeons mâles qui naissent le plus souvent avant les femelles , la matière dont ils sont faits ayant plus de chaleur et d^esprits. La semence de Phomme fermente donc peu à peu toute la masse de la boule, en précipitant toutes les parties les plus gros* sières j et en élevant les plus agitées et les plus spiritueuses. Son odeur virulente la dissout et en ouvre la matière , la sulfurée la 1 précipite , et la qualité âpre de la semence de a feinme la rassemble et Tendu rcit : si bien qu'au bout de dix ou douze jours il se fait^ dans la partie inférieure de la boule^ une goutte d^eau transparente et claire comme un cristal fondu , qui est l'élixir et Pextrait A^s esprits de IMiomme et de la femme. Cette petite ampoule d^eau se divise ordinairement en deux , et quelquefois en trois parties y si nous en croyons Cognatus et Félix^ Flaterus.
Le dernier dit avoir vu une femme qui faisoit ) presque tousleç ans, des fausses couches, et qui rendit un jour une boule ronde et blanche, de la grosseur d'une noisette , qui étoit couverte d'une petite peau mince que l'on pourroit appeler amnios , et qui renfcr* moit trois vésicules transparentes (c) , dont rinférieure étoit là plus pâle.
C'est dans cette humeur diaphane et cristalline que Fâme se place pour ohéir de - là aux ordres supérieurs de Pentendement^ qui n'occupe point de lieu ^ et qui est. cependant par tout ce petit corps pour disposer ses organes de la manière qu'il le veut. Dans la partie inférieure de cette houle ^ où ce médecin reui arqua la vésicule la plus pâle^ est placée la matière la plus pesante des parties spiritueuses des deux semences. Elle sert à former le cerveau ^ qui est la partie ^ dans les enfants , la plus grande, la plus pesante et la plus froide ; aussi ohservons-nous que la féte^es enfants qui sont dans les entrailles de leurs mères , est située toujours en has lorsqu'elle est selon les lois de la Nature. En effet y on aperçoit une goutte d'eau transpà* rente qui se forme , au commencement du troisième jour, dans un œuf de poule couvé j et je ne doute point que ce ne soit là que le cœur se place pour faire ensuite tous les organes qui peuvent servir à son mouvement* Ce petit corps , qui se forme dans lès entrailles de sa mère^est déjjt comme un enfant émancipé y qui n'& hesoin iL'aucune autre conduite que de la sienne propre pour mettre toutes ses parties en ordre , et pour les placer où elles doivent être. Cependant la Nature ^ qui prévoit les hesoins de cet emhryon, enfle le conduit où il se forme y et tire peu à peu j des testicules et de quelques petits vaisseaux nerveux qui se glissent de la matrice aux cornes j les aliments qui lui sont nécessaires : elle en fait de même de l'autre côté ; elle en-.
. ( io3 )
Toie ie îa matrice à la corne vide ^ aussi bien qu^à celle (jui est pleine : et ainsi ces vaisseaux éjaculatoires s^enflent tous deux presque également, et j'en ai vu qui étoient aussi gros que Pun de mes doigts.
Vers le quatorzième jour de la conception ^ plus ou moins , selon la chaleur de la matrice 9 l'abondance des esprits /la vivacité de Pâme, la diversité du sexe, la disposition du iemps et de la saison , enfin , le tempérament de la femme et de la matrice même , il naît dans Pune des ampoules transparentes tin point rouge^ ou une goutte de sang qui s'agite d'elle-même; et je ne doute point que . ce ne soient les petites oreilles du cœur , ou le cœurméilie qui, par ses premiers mouvements de dilatation et de resserrement^ veut se fabriquer des organes pour donner la vie au petit enfant qui commence à se former :
car , comme c'est à l'entendement à placer toutes les parties en leur lieu , après leur avoir donné à chacune une figure convenable, c'est aus^i au cœur à les perfectionner et à les nourrir.
J'avoue que je suis en peine de dire si le sang est formé avant le cœur , ou le cœur ^ avant le sang; mais, quoi qu'il en soit , je suis pourtant persuadé que l'instrument doit être fait le dernier, puisque l'entendement n'entreprend l'ouvrage du cœur que pour contenir le sang , pour distribuer lés humeurs et pour communiquer la chaleur et la vie à toutes les parties les plus éloignées du corps. Mais parce que la fermentation a donné
rêlre à ce petit corps ^ il est aussi raisonnable que la fermentation le perfectionne par le moyen de PébuUition qui se fait incessamment dans son cœur.
Ceux qui ont examiné > après le troisième jour, un œuf de poule couvé, auront observé, aussi bien que moi, qu'auprès de la cicatrice où s^étoient formées les trois vésicules, claires comme de l'eau coulante d^in rocher y il pa* rott une goutte de sang, que l'on appelle fort à propos le point saillant ^ puisqu'il a des mouvements réglés , et qui se resserre et s'élargit comme le cœur.
Cette partie de l'animal^ qui se forme la
{première dans le blanc de Pœuf , auprès de a cicatrice, par l'industrie de l'âme qui y réside y est celle qui doit ensuite travailler a la perfection du poujet*
Cette goutte de sang , qui pâroit quatorze jours après notre conception , est une partie principale de notre corps, l'organe de toutes les opérations de l'âme , l'origine des esprits, la source des parties sanguines , le siège de la chaleur naturelle, le trône de l'humide radical, par lequel nous vivons; en un mot, l'extrait de l'âme de nos parents , et une chose qui a du rapport à l'huile que nous tirons des semences des plantes.
Second degré de la Formation de t homme*
"La. boule animée demeure encore dans le lieu où la Niture l'a d'abord placée : elle ne ft'enflegqèrey parce qu'elle ne reçoit pointd^l|tU«
(io5)
tntVkt qui puisse abondainipent sb Cômmu* niquer au petit projet qui s'y forme.
L'entendement qui y est renfermé est alors occupé à bâtir un domicile pour sa de* meure ; il a assez de matière chez hii sans en recevoir d'ailleurs , pour commencer toutes les parties qui lui sont népessaires ; il a déjà ménagé ce qu'il y avoit de plu* spiritueux 9 dont il a fait comme. une matière de verre fondu 9 où il a placé le point saillant (^g. 8* e ). Il prétend, de ce point, distribuer la matière et les esprits, pour former et nourrir les parties principales qui doivent être fabriquées les premières» ,
Il ne faut pas s'étonner si , dans la plus pure portion des deux semences unies , il se forme une goutte de sang* Des changements semblables ne sont pas extraordinaires dans la Nature, ni au-dessus de ses forces ; car si les semences de nos parents viennent de la plus pure portion de leur sang , quelle .difficulté y a-t-il de croire qu'elles ne puissent encore retourner en une substance pareille?
Les aliments ^ de quelque couleur qu'ils soient , se changent dans l'estomac en une matière blanche ', et l'artifice nous fait voir tous les jours du blanc se changer en rouge ^ et du rouge en blanc , par le mélange de diverses liqueurs : si. bien qu'après cela on ne doit pas s'étonner si ^ avec du blanc , Tâme , ou plutôt l'entendement, fait du rouge , et si de la semence de nos parents il se formo du sang et des humeurs rouges»
Xio6)
Le vingtième ^our, la génération s^avânce dUine manière surprenante. Alors le cœur bat plus fort qu^aupararant ; et y s'agitant avec force pour obéir au ministre qui le commande , il commence à frapper doucement le vaisseau (Jzg. 6 )^ où il est renfermé , et k Tirriter par Ses petits battements* Ce conduit ^ qui en sent Pagitation^ comrirance aussi à en être ému , et à fiiire de petits mouvements péristhltiques et serpentins^ pour se décharger^ en faveur de la matrice ^ du riche dépôt que la Nature lui a confie.
Cependant le cœur semble alors être par« tagé en deux parties , qui représentent ou ses petites oreilles, ou ses ventricules. Il se meut sans cessé par les esprits et par la fermenta-* tiôn de. son sang j et comme Pâme perfectionne le cœur de son côté , le cœur darde aussi du sien, par sesmouvements réitérés^ un
Ï>eu de sang dans les petits conduits , qu'il brmtf & mesure qu^il pousse avec force Phumeur de ses petites cavités : tellement que Ton aperçoit alors deux petits fils rouges sortir du point saillant, qui se. produisent et «^allongent ensuite avec lé temps.
Ati-dessous du cœur on voit toujours une autre petite vessie un peu pâle , de couleur de corne , comme Va remarqué Gognàtus > qui croit plus que le reste ; et je ne fais aucun doute , ainsi que je Tai remarqué ailleurs , que ce ne sok le cerveau , qui n^est d^abord fait que ponr le cœur , fte}on4a pensée d'A- . ristote, et qui doit aussi ^ de sati côté , travail-.
1er à la formation des parties «permatiqtiès , comme le cœur fait du sien à la £eibrique des sanguines {Jlg, 8. d).
Le sang arec l'entendement fait toutes choses dans la formation d'un enfant ; et si ^ dans les premiers mois de la gën^ration , il nous «st impossible d'apercevoir du sang qui yieune des artères de la mère pour la nourriture de l'enfant^ cette humeur blanche , spermatique et nerveuse y qui y est incessamment portée y ne laisse pas pourtant de le nourrir, et de venir de la plus pure portion du sang de la femme. Le sang est fait de deux sortes de ma« * tières^ l'une est cuite , et l'autre e«»t crue. Celle-ci n'est autre chose que le chyle , qui n'est pas encore sang, et qtii pourtant est âme de la nature. Cette dernière humeur est la matière qui est abondante dans la femme grosse ou accouchée, et qui sert à nourrir son éi^fant : car cette matièi*e se filtre par des pores qui lui sont propres , et sert ensuite à nourrir et à faire croître Pen&nt : outre que la semence de l'homme^ qui a communiqué sa vertu fermentative à toute la masse du sang de la femme-, a rendu liquide et comme fondue, pour ainsi dire, une partie de son sang, potir servir auxniêmes usages.
Les cornes de la matrice se remplissent Tune et l'autre de cette semence pour fournir à Pemhryon l'aliment qui lui est alors le plu« convenable. Celle qui est yide en est toute remplie^ et l'autre, qui conserve le précieux trésor de la Naturq , en est aussi garnie au çàté de la frange ^ sans que cette laimeur ea
puisse sortir, fille- s'y épaissit «t s'y enitar* rasse tellement parmi les fibres , qui y sont en grand nombre^ que Pextrémité de ces deux vaisseaux eh est entièrement bouchée.
La boule croît chaque jour d^une façon étonnante ; et comme les semences jetées en terre s'enflent et se nourrisseiit par Phumeur qui pénètre leurs membranes ^ ainsi la plus subtile portion de la senaence de la femme y qui touche la boule, se fait passage en forme de sueur à travers la petite membrane qui la compose y afin de subvenir à ses nécessités* C'est ainsi enfin que le petit œuf de poule se grossit en descendant dans l'ovaire, sans quHl ' soit attaché à aucune des parties de la poule, ainsi que l'expérience nous le fait voir.
Le ^ingt-cinquième jour , tout s'avance encore plus. L'on aperçoit déjà le comnjience* ment du poumon et du foie, qui naissent à l'extrémité des veines ou des artères ; cai^il n'est pas aisé en ce temps-là de dire quels vai^ se^ux sont ceux que l'on voit , à cause qu'ils sont privés de mouvement. S'il le faut pourtant .conjecturer, je pense que ce sont plutôt des artères que des veines. Le poumon et le foie paissent donc à l'extrémité des vaisseau Xj comme l'agaric fait sur le mélèse. Ils paroissent d'abord blanchâtres par la disposition des fibres que l'entendement a fabriquées, et puis rougeâtres par l'arrosement du sang du cœur.
^ Bien que Fhumeur j'ouge du cœur croisse de jour €^ joui*, elle n^a pourtant pointd^autre matière pour se multiplier, qu'une partie dé-
( 109 ) llcate Je la semence, qui est conservée entre ses membranes, et qui coule des testicules de la femme , ainsi que nous Pavons observé.
On voit clairement, par les démarches de la Nature, qu^il se fait d^ sang avant lepoumon et le foie , qu'il y a du mouvement avant que le cerveau soit formé, et que le corps se nourrit 'Bt s'augmenta avant que Pestomac soit en état de faire le chyle, et les boyaux de le distribuer. On voit même alors des excré^ ments de la seconde coction, et le foie ne commence pas plutôt à se faire, que Ton y aper^çolt une petite vessie de fiel distinguée par 8$. couleur verte.
En ce temps- là la matrice est encore vide dans quantité de femmes , et les règles, qui coulent souvent à quelques jeunes persoiuies sanguines et pléthoriques, pendant les pre«mières semaines de leur grossesse, ne troublent point alors la génération , qui se iaitailleurs. lîes vaisseaux dii fond de la matrice et ceux de son col donnent , pour Pordinair^^ , du sang en plus grande abondance qu'ils n'avbient accoutumé; et si cela n'arriye point ainsi , ces femmes en sont plus malades , et on les doit quelquefois saigner , de peur que le- sang qui séjourne autour de Ieux*s parties naturelles , ne cause quelque désordre et à la mère çt à l'enfant, etquela matrice, enPhumectant trop , ne^ puisse plus être capable de recevoir le présent que ces vaisseaux sont sur le point de lui faire. Le trente-neuvième jour, le cerveau s'augmente considérablement, et son eau claire paroît plus abondante qu'au-
parayant. Le poipnon est manifeste 9 le foîe presque fait , la rate est sur le point d^être formée, et les reins cominencent à paroître ; mais toutes ces parties sanguines ne sont pas encore tout à fait rouges, L^épine du dos et les câtes ressemblent à de petites fibres. Enfin, tout se perfectionne avec une promptitude surprenante. Le cœur , qui n^est pas plus rouge que les autres parties sanguines , a maintenant ses mouvements plus forts et plus réglés. Il frappe et s'agite avec tant de force , que les vaisseaux éjaculatoires augmentent aussi de leur c6té leurs mouvements serpen-^ tins.
L'enfant (^),qui est renfermé danslaboule animée, croît de telle sorte, qu'il presse fortement le lieu où il est (c). En effet, il a besoin alors d'un plus grand espace pour avoir la liberté de se perfectionner, et de chercher de la nourriture, qu'il ne trouve pas suffisamment où il est.
Enfin , c'est en ce temps-là que quelques femmes grosses^ des plus sensibles , sentent comme le mouvement d'une fourmi dans l'un ou dans l'autre de leurs flancs. Mademoiselle C*** , qui a eu beaucoup d'enfants , a toujours senti, le trente ouk.le trente-unième jour de sa grossesse , le mouvement de l'enfant qu'elle avoit conçu. Cela arriva par la sortie de la boule animée et par le mouve*!»
ment de l'un des vaisseaux éjaculatoires qui s'en défait. On peut connoître par-là si ce que porte une femme dans ses entrailles est un garçon ou une fille : le premier étant
» yr- : \^\
l,;^;.V^■V..■^ DATONS, i.
( lit )
ordinairement du côté droit est plutôt forme que Pautre^ quidemetire le plus souvent dans les conduits delà matrice jusqu'au quarante ou quarante.-troisième jour.
Troisième degré de la Formation de Phomm^*
ÂFR]ès que Pâme a fabriqué le cœur pour y obéir à Pentendement humain , elle le ga«rantit de toute part des embûches-qui lui pourroient être dressées. Elle Penyironne d'abord d^une forte membrane pour le défendre contre les assauts du dedans. Elle lui fait naître une eau claire et douce .pour Phumecter dans ses mouvements continuels et quelquefois violents ^ et fabrique ensuite au dehors des remparts d'ossements pour le défendre contre ses ennemis étrangers.
Le premier mois de la lune ne s'est donc pas plutôt écoulé , que le petit enfant change de place ^ et tombe dans le vide de la ma»
trice. Là il est reçu et conservé comme le plus riche trésor de la Nature , et se sentant doucement pressé^ comme par de petites caresses 9 il semble qu'il s'en réjouisse par les légers mouvements qu'ail commence imperceptiblement à faire à sa mère.
C'est sans doute par ces pressements que les femmes ont moins de ventre en ce tempslà qu'auparavant. Leurs entrailles se tendent alors j et couvent chèrement l'enfant qui vient d'arriver. Il se place donc à Piembouchure du vaisseau duquel il est sorti , si bien qu'il est entre le milieu du fond de la ma-
trice et Ponvertune Àe son raîsseau ëjaculatoiie. Cette situation lui est comme con< trainte , puisque la cai^itc de;la matrice n'est alors guère plus spacieuse <|ue pour y loger une grosse amande rerte.
Cependant, toutes les parties de Pembryon ne sont pas encore parfaites. Le cœur y le poumon, la rate, les reins, et les boyaux semblent êti-e suspendus et comme attachés hors de son corps j les yeux sont comme deux petits points noirs marqués à la tête. L'épine du dos et les côtés paroissent plus forts ; les mains et les pieds commiencent à se former y les vaisseaux se grossissent et s'allongent* L'on s'aperçoit même de la production de ceux du nombril , qui vont chercher dehors de quoi faire vivre cette petite créature. C'est CA qu^a remarqué Kiolan dans l'enfant d'une femme dont il £t la dissectii)n*
L'entbi*yon se nourrit peu à peu de ce qu'il choisit entre la membrane qui l'enveloppe , et qui s'élargit de jour en jour par Taccroissement du petit corps qu'elle renferme r ce qui n'empêche pourtant pas qu'il ne sorte de l'une et de l'autre corne de la matrice une humeur blanche et spermatique , qui n'a pas jusque-là abandonné le fœtus y et qui lui est tellement nécessaire , que , sans ce principal aliment, je ne doute point qu'il ne cessât bientôt de vivre.
Mais,. parce que peut-être on dirojt que j'en impose en rapportant tant de particularités sur la formation de l'homme^ comme si j'avois été le témoin des actions de la Na^
" (ii3) tare y j'ai résolu de la confirmeiT par les^ et-'périencea que j^en ai faites j et par celles que les plus savants médecins m^ont fait remarquer sur ce sujet.
Si Pon peut comparer les animaux avec rhomme, je puis dire j dans la remarque que j^ai faite de la nourriture du poulet 9. que ce petit animal ne se nourrit d^abord que du blanc de son œuf. Il Pépuise presque entièrement avant de toucher au jaune : si bien qu6 le jaune est presque tout entier quelques jours *avtint quUl sorte de sa coquille. J^ei^ dis de même Œun enfant qui se nourrit dans les flancs de sa mère. Une matière blanche j qui n^est autre chose que la semence de la femme, lui sert d^abord de nourriture ; et comme cette matière n^est pas suf£sante pour le nourrir ^ le sang de la mère , qui a du rapport au jaune d'œiif , lui sert de nourriture dans les derniers mois de sa prison.
Avicenne, Pun des plus curieux observateurs de la Nature qui ait jamais paru j autorise cette vérité , lorsqu'il nous rapporte qu'il a (c aperçu le fœtus comme suspendu par » deux petites attaches spermatiques qui sor- )> toient de Pune et de Pautre corne de la ma- 3) trice ^ et je né doute point que ce ne soit par- » là qu'il se nourrisse j avant qu'il vive du » sang des entrailles de sa mère. »
Varole a aiissi observé la même chose ', lorsquUl remarque que ce les veines dorsales » du fœtus y qui le suspendent ^ sortent des » deux cornes de la matrice ^ en forme de 3> cheveux. Ces petites attaches s'effacent, se-
(ti4) .
. » Ion la remarqua de ce médecin ^ dès que les 3> vaisseaux du nombril pénètrent la mem- 3> braiie qui environne le fœtus » ^ et que la matrice commence à distiller une petite ro* âée de sang qui forme la partie charnue de Tarrière-faix , qu^Arancio appelle fort proprement le/oie de la matrice.
Four moi , qui me suis beaucoup appliqué a examiner les principes de la formation de
. rhomme, j'ai remarqué dans la matrice ^ au commencement de la grossesse de quelques femmes que j'ai disséquées j des vaisseaux blancs et lymphatiques parmi des sanguins.
Ils descendoient vers sou orifice , et il sembloit qu'ils for m oient plusieurs val vules^ pour retenir plus aisément l'humeur qu'ils conte« noient.
En ce temps-là le fœtus est gros comme le pouce 9 et il paroît de la grosseur d'un œuf de poule lorsqu'il est couvert de ses membranes* Sa tête y qui est aussi grosse que tout le reste du corps ^ renferme une substance semblable à du lait caillé : à voir la bouche iendue, on diroit que c'est un chien sans nez et sans oreilles. Ses parties principales ne paroissent plus h découvert : on distingue alors plus aisément le sexe par la diversité des par» ties naturelles qui sont faites les dernières ; car l'entendement ayant un chef-d'œuvre à faire^il étoit bien juste qu'il y travaillât longtemps avant que de le perfectionner : et je ne doute pas que ce ne soient les grands avan»
lages que possèdent les parties naturelles j qui en ont retardé la formaticm. Le siège de
Tiir£ Ne-:'" ■ ■ ( PUBLiCLl ;•;!;•■
( ii5) l^Âme dislribukive^et les. parties par lesquelles la volupté se communique à Phomme y et par. lesquelles il devient vigoureux ^ hardi , ingénieux et fécond^ ne se forment pas en peu de temps comme les autres.
On commence y au second mois de la lune , à distinguer deux membranes y dont l'enfant est enveloppé. La première qui parott à nos yeux 9 et que les anatomistes appellent cho' rion y semble avoir été fait par la semence de riiomme et par sa chaleur naturelle y qui y agissant sur la semence de la femme lorsqu'elle s'assemble dans Pune des cornes de la matrice y en a formé une boule. La seconde est celle qui touche immédiatement Penfant y que les mêmes anatomistes ont nommé a/rxn/osy.k cause dç la semence de Phomme et de la femme y par le moyen de la même clia* leur, dont Penteudement s'est d'abot^d servi pour faire la petite vessie diaphane et transparente y que ilténs avons remarquée au coin* xnencement de la eonceptibn.
. Ces deux .raepbr^nes (fi b) renferment donc Penfant (ç); ^t parce qu'elles croissent peu à peu y à mesur^,qiie Penfant se nourrit , elles pressent aussi et élargissent également la ma? trice. La membrane externe touchant fortement son fond^ se joint et sç colle à la superiicie interne de cette partie^là) par un peu de sang qui en coule goutte à goutte. Ce sang en se caillant par la vertu de la semence de Phomme, devient clair ^ et reçoit les vaisseaux (c) que l'enfant y pousse^ pour y puiser
ralîment qui lui e$t;coiiV£iiai}Ie sur la fin de sa prison. - i . i ;'
Ueyx artère sortent ^dés iliaques du 'petit onfant; une veine les accompagne ^ qui yient^ delà cavité du foie ; et ces trois- vaisseaux se trouveilt unis à son nembriLaveû le liett qui suspend la vessie ^ £û(nt tout ensemble ce que les sages^femmes aippellent le 'çorcf on ^^^ui n^est autre choâetqùe Tétui des artères et des veines allongées de Penfknt. Les artères en é vacuent le sang^uperflu>«t vont donner du mouvement et communiquer de la chaleur et des esprits au sang qui se trouve dans la partief charnue de Parrière-*faix. La veine j qui est souvent double^ porteydu fond delà matrice dans le foie de Penfant, l'humeur qu'elle y a puisée y afin que cette humeur soit encore perfectionnée et épurée^ avant que^ de passer
par le cœur de Penfant, '
' ' •' . - ■ ' '■ ' * Quatrième et dernier, degré d^^Form£Uio»ide
Li'iNTELMoferrcB tr^viiille 'si proprement à son heureuse compoçîtîon^qae si nous avions la faculté de la voir agir de jout en jour, nous y remarquerions à chaque moment quelque chose de nouveau.
Les membranes qui enveloppent l'enfant sont ^ dans le troisième inois de la lune , de la grosseur du poing, et le chorion commence déjà à se coller au fond de la matrice ; mais ae telle sortjc qu'il n'émp*êche point l'écoulement des humeurs qui viennent des vaisseaux
jaculatoires. Si cela n^ëtoit pas de la sorte ^ quelle apparence y aiiroit-il que les matière» blanches et spermatiques dont l'enfant se nourrit encore y en pussent sortir incessam* ment?
Quoique Ton ne demeure point d'accord des vaisseaux qui portent cette matière blanche à Penfant , cependant on doit croire qu'il y en a ^ puisque les humeurs qui sont renfermées dans le chorion et dans Pamnios y ont, servi jusqu'^alors de matière à former toutes les parties de Penfant , et puis à le nourrir pendant tout ce temps-là : si bien que Pon petit conjecturer que ces humeurs spermatiques se seroient épuisées j si elles n'avoient été rafraîchies par d'autres ; et je ne doute pas que les attaches spermatiques et les racines dorsales d'Avicenne et de Varolè^ne soient les vaisseaux qui portent au fœtus la semence de la ftinime pour le nourrir : car, de s'aller persuaderqu'il se nourrisse d'abord du sang de sa mère , c'est ce que je ne sauroiscroire^ n#np1usqueGa1ien eiFerneL
Si lei^ang des règles est retenu quelques jours dans tmefemmeyide^ l'expérience nous montre qu'il se corrompt, et qu'il fait dans le corps de la femme tant de désordre enpeu de temps , qu'il y met une disposition à toutes sortes de malaaies. A plus forte rai-* son y s'il est retenu plusieurs mois dans une femme grosse, serat^il moins capable de nourrir nn enfant délicat, qui ne s'est jusque-là entretenu que d'aliments fort pars et bien préparés.
Ce sang snperftu s^écoule <lon<^ les pre^' micrs joars de la grossesse, en partie par les râgles de quelques jeunes femmes sanguines.
Pour les autres y qui ne se purgent pas ainsi^ la partie la plus mauvaise demeure dans leurs veines ^ pour leur faire passer misérablement tout le temps de leur grossesse , à moins, qu^elles ne soient extrêmement fortes pour j résister. Cependant la Nature ^ qui ménage sagement ses productions^ dissipe ce mauvais sang de femme y ou bien elle en évacue les excréments par la bouche en vomissant , ou
f»ar les autres lieux destinés à cet usage» Pour ^autre^ qui est la meilleure partie y elle^ la change en matière blanche ^ pour la nourriture de Teufaut ^ comme nous allons le prouver.
La semence de Phomme n^a pas seulement la vertu d'être la principale matière de la génération ; elle rend encore la semence des femmes fécondes par ses esprits, qui se brouillent parmi toute la masse de leur sang. Gar^ Î[uelfe apparence que dans . la plupart des emmes , qui ne sont pas ordinairement ré* glées les premiers mois de leur grossesse , le' sang des règles ne fît pas de désordres ^ s^il n'étoit changé en semence par la faculté fermentative et particulière de Phomme? Et quel moyen encore que la femme pût engen« drer tant d'humeurs blanches durant les premiers mois de sa grossesse , pour former et.
nourrir soii enfant^ si le sang des règles ^ comme en étant la première matière ^ ne ser- Toit à cet usage ? •
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Xia semence àe Vhoxnme , qui cliange en lâU le sang qui reste après que la femme grosse s^en est nourrie , change aussi en matière blanche et spermatique Te même sang y pour servir de nourriture à Penfant qu'elle porte dans ses entrailles.
1. iPresque tous les médecins ont cru , les uns après les autres , que Phumeur claire
ui est contenue dans Pamnios était la sueur e Penfant , et que celle que renfermoit le chorion en étoit Turine ; et parce qu'ils n'ont pu découvrir l'origine ni Pusage de ces liqueurs 9 ils ont accommodé la Nature à leurs pensées 9 et se sont imaginé que les choses étoient autres qu'elles ne sont véritahlement* C'est pourquoi ils ont fait passer l'ouraque ^
3ui est le suspensoir de la vessie , jusqu'au elà de l'amnios y afin de porter l'urine dans la cavité du chorion ; au lieu que ce lieu se termine seulement au nombril^ et qu'il n'est jamais troué que contre les ordres de la Nature, ainsi que Texpériencé nous le fait connoitire.
2. En second lieu y d'où pourroient venir cette urine et cette sueur dans un fœtus qui n'a pas encore de reîTis fabriqués y ni de vessie formée , et qui ne s'exerce pas avec assez de violence pour suet ?
3. D'ailleurs, le petit oiseau qui est renfermé' dans sa coquille y qui ne sue et qui n'urine jamais , apourtantces deux humeurs séparées ; et pour ne parUr ici quedu poulet, après que l'œuf dans lequel il est renfermé a été couvé pendant huit ou dix jours , on
y remarque dans l'une de ces memtranes «ne humeur fort claire, que l'on appelle le lait de Vœufx^ et dans l'autre une matière nn peu plus épaisse^ que l'on nomme le blanc.
4* Au reste, si ces matières étoient de l'urine et de la sueur, qu'est-ce qui auroit la Ter tu de les conserver sans se corrompre, et sans corrompre les enfants pendant tout le temps qu'ils demeurent dans les flancs de leurs mères ?
Il faut donc avouer que les humeurs renfermées entre les membranes du fœtus , sont plutôt son aliment que l'excrément de son petit corps.
5, S'il faut prouver cette opinion par l'axiome des philosophes, on peut dire que nous devons d'abord nous nourrir de semence , puisque nous en avoiis été formés ; car , outre qu'au commencement nous ne découvrons point de vaisseaux qui portent du sang de la mère au fœtus, le sang des règles, comme nous l'avons dit, est une nourriture trop éloignée pour se changer dans les parties d'un petit corps tendre. Mais quand l'enfant est accompli^ et qu'il a changé de tempérament , c'est alors qu'il a besoin de plus d'aliment el du sang dts règles , qui est une autre sorte de nourriture qui lui vient de la chair de Tarrière-faix.
6. D'ailleurs, les semences étant des émanations et des extraits de la plus pure partie du ,sang de nos parents, quel inconvénient y a*t-il à croire qu'elles ne puissent encore
deyenir sang , puisque la goutte de sang qui paroît quelques jours après la conception , est engendrée de semence et multipliée par cette même matière ?
7. L^ezpérience nous fait voir que tous les oiseaux se nourrissent d^abord du blanc de leur œuf, par les veines qui y sont distribuées j et que cettenourriture leur manquant y ce qui arrive sur la fin de leur prison ^ ils se servent du jaune, que Ton trouve attaché à' leur nombril huit ou dix jours après qu^ils sont Sortis de^lcur coquille. Si le sang dés règles a du rapport au jaune, et la semence de ta femme au blanc de Pœuf , ne devonsnous pas croire que les enfants se nourrissent d^abord de la semence de leur mère , puis de leur sang sur la fin de la grossesse?
8. Nous trouvons dans Pamnios une humeur claire, douce et agréable au goût*, que la Nature a ainsi préparée pour servir d'aliment prochain à Pemant , et dans le cborion une autre matière un peu plus épaisse qui en est Paliment le plus éloigné. L'une et l'autre de ces matières se figent et se caillent quand on les expose au feu : si bien que l'on ne se trompe roit point, si Pon croyoit qu'elles ont les mêmes qualités et les mêmes usages que le blanc de l'œuf à l'égard des oiseaux:
car si le blanc nourrit le poulet, ainsi que nous l'avons remarqué, je ne vois point do raison pourquoi cette humeur blanche àfi la femme ne pourroit pas aussi servir de nour»
riture à l'enfant > et avoir de pereils usages» . Il ne faut pas douter, selon le sentiment
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d'Hippocrate , que la matière claire de Pamnios ne pénètre le corps de Penfant ^ que sa bouche ne la suce , que son gosier ne Tattire , que son estomac ne la reçoive , puisque nous trouvons dans Pestomac des enfants nouveaux- nés une matière cliyleuse, et dans leurs gros J)oyaux des excréments noirs.
9. Après tout y on doit être persuadé que Tenfaut, pendant tout le temps qu^il demeure dans le ventre de sa mère, se nourrit des humeurs qui se trouvent renfermées dans ses membranes : car qui lui auroit appris , dès qii^il est né, de prendre et de sucer ]a mamelle de sa mère y si auparavant il n^en avoit appris Pusage et le métier ^ lorsqu^il ëtoit dans ses entrailles ?
On doit donc conclure de tout ce que nous venons de dire , que les humeurs continues dans les deux membranes qui enveloppent le foetus^ ne sont pas de purs excréments , mais la matière pour le former^ ou pour le nourrir.
Si nous avions des observations de tous les mois^ nous aurions sans doute plus dé lumières que nous n^eu avons , pour connoitre de quelle façon la Nature agit lorsquMle nous forme; et si les médecnis vouloient se donner un peu plus de peine quHls ne font ordinairement, je me persuade que, dans peu de temps , nous ferions des. découvertes qui nous apprendroiènt des choses admirables touchant la formation de Pbomme.
Il y a enylron sis ans que je fis ouvrir
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une femme qui étoit morte grosse de quatre inois^ et après aToir coupé les deux mem* branes qui convroientreuuint^ j^a perçus que tous ses petits membres ëtoient distingués ; que la tête étoit plus grosse à proportion que tout le reste du corps ; que son cerveau étoit comme du lait caillé , avec quelques fibres rouges qui le tr^yersoient ; que ses yeux iiianquoie]>tde paupières y sonnez ; de cbair; sa bouche 9 de lèvres ; son visage, de joues j que sa poitrine étoit divisée en trois cavités presque égales. La fagoue étoit placée dans la plus haute. Cette partie étoit beaucoup plus grosse que dans les hommes parfaits y et étoit pleine d^]ne liqueur blanche comme du laiL Le poumon j le foie ^ la rate ^ et les reins qui étoient tous d*un rouge mourant > occupoieut la capacité inférieure ^ et le cœuç renfermé dans son péricarde étoit dans celle du milieu. Cettedernière partie sembloit être double par la tumeur de son ventricule droit et de ses deux petites oreilles. L^estomac étoit rempli d^une humeur un peu épaisse ^ semblable en quelque façon à celle que renfermoit Pamnios. Les petits boyaux conleuoient une matière chyleuse, et les gros en renff rmoient une autre un peu noire, qui étoit de la consistance, d^in opiat liquide. Le boyau cœcnm n^étoit qu^un appendice , non plus que- dans les hommes; il ne formoit pas un second intestin y comme on Taperçoit dans les pourceaux. Il y a voit im peu d^urine dans la vessie ^ et un peu de bile dans la vésicule du fiel. La coiffe sembloit êtrQ