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une petite nuée qui flottoit sur les boyâ'nx clans le haut ventre. Les reins étoient âi« visés en plusieurs petites boules y comme le sont ceux des veaux^ et par-dessus on observoit dans la graisse d^autres parties rougeâtrcs et comme glanduleuses ^ que l'artère adipeuse arrosoîty qui étoit aussi grosse que Pémulgen te. Les testicules étoien t dans le ventre, car c'éloit un garçon, au même lieu que ceux des femmes , un peu au-dessus des reins. Les pieds et les mains commençoient à se garnir d'ongles , et les muscles paroissoient rouges par le sxng dont ils s'étoient apparemment déjà nourris. Lee horion étoit cok«^^ie collé à quelque sang caillé qui sortoit du fond de la matrice , de la même manière que nous voyons un potiron attaché à un arbre ou à la racine d'uii€hardon qui Pengendre. Je remarquai encore que les vaisseaux ombilicaux venoien-t du bas, ets'allongeoienten haut, après avoir percé les deux membranes de Penfant, pour se joindre ait milieu de la partie charnue de l'arrière- faix ; ce qui eût été fait apparemment^ dans huit ou dix jours, si là mère ne fût morte avant Penfant. Je trouvai aussi beaucoup de matière blanche et mucilagineuse entre les membranes de Penfant et de la ifiatrice ; et après avoir coupé moi-même un des vaisseaux éjaculatoires de cette femme j qui étoit gros comme le doigt , il me parut rempli d'pne matière blanche, qui ressetnbloit à la semence d'une femme. La matrice j dans son fond , étoit épaisse d'un pouce , et spongieuse comme une éponge. J'y aperçus
fies varices en assez grand nombre ^ et quelques reines remplies d^unsuc blanc^ qui étoit visqueux en plusieurs endroits.
Ce qui sert à Penfant pour son ornement et pour sa défense est formé dans cinq ou six mois. Les cheveux percent alors la peau, et Ton voit venir les ongles aux mains et aux pieds. Les paupières commencent à couvrir les yeux 9 le nez à se garnir de peau^ les mus* clés buçcinatenrs qui font les joups^ à rougir, et les lèvres sont les dernières parties à se former : on aperçoit encore alors les oreilles imparfaites , et Ton commence à voir la poitrine qui se distingue des parties basses par le diaphragme qui s« forme.
Fendant que toutes ces parties s^avancent delà sorte, celles que nous appelons principales et nécessaires à la vie , se perfectionnent et s'accomplissent aussi. Lechorion est attaché, plus qu^auparavant, à la partie charnue de Parrière-faix , qui est de la hauteur d^un travers de doigt, et qui reçoit déjà Pinsertion des vaisseaux ombilicaux. Ces vaisseaux commencent à y puiser la matière qui contribue à nourrir Penfapt , qui est déjà assez grand pouravoir besoin de plus denpurriture qu^au* para vaut.
En effet, Riolan me confirme dans mon opinion par une histoire quHl rapporte d^]ne fename grosse de cinq mois , dont il fit la dissection en Pannée 1612. Ses testicules étoicnt plats^ blanchâtres et comme attachés au milieu du dehors de la matrice. Les cornes de cette partie étoient grosses comme le doigt j
maïs la droite Pétoit plus que Tatitre ^ et toutes deux étoient remplies d^uné humeur blandre. Son col étoit dur et calleux y et ce* pendant humecté d^une matière gluante. La partie charnue de Parrière-faix étoit épaisse d'un travers de doigt, joint au fond de la matrice par de petites fibres.
Cette histoire nous fait connoltre que cet enfant étoit sorti de la corne droite de la matrice j puisqu'elle étoit beaucoup plus élargie que l'autre ; que les vaisseaux éjaculatoires ne seroient pas si gros j et ne contiendroient pas une si grande quantité de matière blanche ^ si cette matière n'avoit ses usages particuliers ; savoir j de nourrir Penfant dans ses premiers mois j et d'y contribuer encore dans ses derniers. Enfin , que Penfant ayant communication avec la partie charnue de Parrière-faixy il fait conjecturer qu'il se nourrit de différents aliments.
La chait de l'arrière-faix est un sang fige ^ar la semence de la femme ^ qui a été reniue féconde par les esprits de la semence de l'homme. Cette chair n'est pas semblable à celle des viscères ; elle se déchire aisément avec les oncles , sa mollesse et sa substa^nce spongieuse en étant une des principales causes. C'est ce qui la rend si prompte à s'abreuver du sang qui distille incessamment en - forme de rosée par les petites artèresde la matrice. Sa figure est convexe du côté qu'elle touche cette partie-là. Elle a des fentes y des sinus ) ou clés, inégalités qui Pem pèchent
d'être suffoquée pur les bumçurs qui pour*
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roienJt lui être communiquées en abondance du côté de la matrice* Toute sa substance est pleine de vaisseaux ^ qui sont plutôt des artères que des yeines ^ afin d^atténuer et d^inciser le sang qui a servi une fois de nourriture à lVnfant> et rectifier celui qui vient de nouveau du côté de la mère. Ces vaisseaux sont des productions de ceux de Penfiint, que son intelligence a poussés jusque dans Tarrière-faixy pour y cnercber de quoi nourrir la petite créature qu'elle a formée*
Si la matrice ouvre de son côté huit ou dix petites artères pour distribuer du sang goutte à goutte à la. chair de Parrière-faix , cette chair en a poussé plus de quarante dans le fond de la matrice : et ainsi les femmes qui accouchent y ne courent pas ordinairement tant de risque de perdre la viequ^on se le per» suade^ par Pépanchement du sang de leurs vidanges , puisquHl y a de leur côté si peu de vaisseau^ ouverts.
L'enfant est situé d^une certaine façon dans les entrailles de sa mère , que ses vaisseaux ombilicaux montent en haut pour chercher de quoi vivre 9 comme fait le germe d'une semence qui cherche Tair. Ils sont fortifiés d'iine membrane épaisse et gluante^ qui est une production de la peau du ventre de l'enfant et des autres , membranes communes.
s'y font sang qm
faire place par le mouvement de leur i raréne et subtilise l'humeur qui s' j
(1^8 rencontre 9 qni n^est pas ordinairement trop bonne ; et après lui avoir imprimé son mou« vement , il la fait promptement passer dans la veine qui est renfermée dans le même étui* Cette veine a de distance en distance de petites valvules ^ pour empêcher que le sang ne coule avec trop de précipitation j et quUl ne suffoque Penfant. C'est par ces petits nœuds que les matrones devinent ce qui doit arriver à la mère j et c'est aussi contre ce pronostic que saint Ghrysostôme parle d'un ton si haut et si éloquent.
Si Ton veut savoircomment circule le sang dans la chair de Parrière-faix , et comment u se communique à l'enfant ^ l'on n'a qu'à lier le cordon ) et l'on verra que la'veine s'enfle du côté de l'arrière* faix , et que l'artère bat du -côté de l'enfant ; et ainsi l'on n'aura plus de doute sur le mouvement de ses humeurs.
Nous avons sujet d'admirer la situation de l'enfant dans le corps de la iiemme. ^ il a toujours la tête en bas , selon les lois de la Nature , afin d'être prêt à sortir quand il en sera question ; la grosseur et la pesanteur de sa tête lui faisant garder toujours cette posture. Son visage est tourné vers le dos de sa mère ^ son nez est entre ses genoux y et il a ses deux poings près de ses joues. Ses coudes tournant ses cuisses^ et ses talons ^t^ fesses : si bien qu'en cette posture il demeure neuf mois \ souvent en dormant , et 'quelquefois en veillant et en s'agitant avec assez de vigueur : car^ quoique les nerfs des jpnfants ne soient pas durs^ il sont pourtant
( lap ) aussi gros et même plus gros que les nâtres, et assez capables de causer des mouvemeuts sensibles. ,
, Au commencement du dixième mois delà lune , Peiifant est dans son entière perfection. Toutes ses parties sont accomplies , et il n^aspire qu^à sa liberté. La liqueur dans laquelle il nage, devient vieille et corrompue , parce que, d^u|i côté, il en a pris le meilleur pour se nourrir depuis le commencement de sa vie, et que de Pautre il s'y est mêlé une infinité d^excréments qui Pont infectée. Son urine , qui sort de ses parties naturelles et non d'ailleurs, et les oraures de sa peau ont corrompu cette liqueur. C'est un prisonnier infecté do Pair de la basse-fosse : il brise ses liens , et fait un effort pour aller ailleurs chercher une demeure plus commode. Son estomac ne peut plus souffrir une liqueur corrompue ; . elle fait de mauvaises impressions sur son cœur, et ses esprits en sont altérés. Peut-être est-ce pour cela que , depuis le milieu jusqu'à la fin de la grossesse de la mère , sa nature lui a fourni du sang assaisonné de la manière qu'il le faut pour éviter la mauvaise nourriture des liqueurs renfermées entre les membranes de Parrière-faix. C'est en ce temps-là que l'orifice interne de la matrice , qui ressembloit , au commencement de la grossesse, au museau d'un chien naissant , ou plutôt d'une poule, n'est qu'un petit bourlet, et encore est-il effacé par Pélargissement de la matrice ; ce qui est le plus sûr et le plus véritable signe de l'approche des couches.
Ces liqueurs^ qui sont devenues des excriments, ne manquent pas pourtant d^uSages.
Elles s^opposent , d'un côté y aux accidents externes qui pourroient lui causer la mort ^ lorsquHl est encore dans les flancs de sa mère 3 et de Pautre^ elles doivent un jour faciliter Taccouchemeiiit} en bumectantxes parties naturelles de la femme*
Il y a encore une autre cause de Paccoucbement j qui est aussi naturelle que cçlle dont nousyenonsde parler* La chaleur qui résidedans notrecceumepeut durer ]ong-teiiip8| si elle n'est éventée , %t si elle ne se décharge ' de temps en temps des excréments vaporeux qu^elle engendre. Lorsque ce feu est venu à lin degré de force , quHl ne peut plus souf« frir d'accroissements sans courir risque de périr par la suffocatiom^ le cœur de Penfant en seroit bientôt étouffé, si , en se dégageant des liens dont il est attaché , il ne cherchoit ailleurs de quoi se rafraîchir par le moyen de Pair que ses poumons doivent respirer :
c^est aussi pour cela que Pou a quelquefois entendu le cri de quelques enfants qui étoient encore dans le ventre de leurs mères^ comin»
voulant respirer avant que d'être nés. Cette cause y aussi bien que Pautre^ oblige les exi'* fants de sortir pour se donner la liberté. Ce ji^estpasqu^ils manquent ^lors denourriture,
aiisqu'il leur en vient suffisamment du câté
lu cordon.
C'est donc l'enfant qui , par ses efforts ^ donne le branle à l'accouchement ; c'est lui quibfise ses liens et les membranes qui Pem-
C t3i ) brassent ; c'est lui qui veut vivre tout seul ^ et qui a dessein de se servir de la nourriture; Four cela y il frappe fortement les entrailles de sa mère , qui étant extrêmement sensibles^ sont obligées de s^élever contre lui , et de le chasser dehors. Il cause donc, les premiers efforts y et la mère les achève ; car dans Pac* couchement 9 lorsqu'il est dans le pas ^ la tête sortie j il est souvent si étonné de ses ]^roprea efforts et de ceux de sa mère , quMl n'y a alors que la femme qui agisse pour le mettre àe^ hors 9 par la violente agitation des muscles de son ventre.
Quelques-uns ne peuvent croire qu'un enfant puisse demeurer dans les flancs de sa mère sans respirer ^ parce que, disent-ils ^ la vie est tellement unie à la respiration , que nous cessons de vivre lorsque nous cessons dé respirer.
Mais s'ils avoient exactement considéré les poumons des enfants de huit ou neuf mois | ils seroient convaincus du contraire. Ils auroient observé que le poumon ne fait pas alors les actions qu'il fait dans les hommes paiv faits ; car , dans les enfants y cette partie jso nourrit sans se mouvoir, ainsi que la couleur de la substance nous le marque. Ils auroient encore appris que le sang ne circule ^as dans leur poumon comme dans le nôtre^ puisqu'il passe par le trou ovalaire du sep« tum, ou de l'entre-deux du cœur^ ainsi que Fa fort bien remarqué Botal.
Au reste ) si quelques animaux parfaits vi* yent sans respirer^ ainsi quele font la plupart
des poissons, ne pouvons-nous pas croire que les enfants peuvent bien vivre quelque temps sans respirer ? LVau de la mer rafraîchit le cœur des poissons, et fait la même fonction dans leur poumon que Pair dans le nôtre , et Penfant qui nage aussi parmi les eaux se rafraîchit par-là , et se tempère la chaleur j qui est d'abord assez modérée : si bien qu'alors il n'est pas nécessaire qu'il respire , jusqu^à ce que sa petite chaleur naturelle , et le petit feu de son cœur soient augmentés , et raient obligé de rompre ses liens pour chercher sa liberté»
On peut, encore ajouter à cela que les aliments dont il se nourrit sont plus épurés^ et moins chargés d'excréments que ceux dont nous nous nourrissons ; car toutes les parties nourricières de Ja mère les nettoient de leurs ordures , et les filtrent pour les épurer davantage. Le foie de Parrière-faix les coule dans sa chair spongieuse^ et les viscères de Penfant les corrigent encore si bien , qu^après cela , les aliments sont purs , et n'ont pas besoin d'être encore épurés par la respiration; 6on cœur n'est pas si incommodé des vapeurs fuligineuses du sang, il ne peut faire son action sans avoir besoin de respiration comm^ la nôtre.
Après que Penfant est né, et que Parrièrefaix est sorti , selon les lois de la Nature , la matrice, qui est toute ouverte alorç, se referme incontinent , et trois heures après ovn'y sauroit mettre la main. C'est ce qui pri'a isausé souvent d^Padmiration , aussi bien q^ue
la verge de Phomme qui^ étant roide pour engendrer^ devient si flétrie et si petite après son action , qu'yen hiver on auroit quelquefois de la peine à la trouver. Ce sont des coups de la Nature 9 qui est admirable dans tontes ses actions 9 et qui fait plus paroître sa puissance et ses merveilles dans la production de Thomme et des animaux , que dans toute autre occasion.