‹ Tableau de l'amour conjugal (volume 4)Chapitre 18 sur 25 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la Stériliié des femmes^

yj N sait que la stérilité dépend plus souvent des femmes que des hommes > et que la chaleur naturelle étant un des principaux instruments de nois actions^ fait^ par son seul défaut j la stérilité dans les uns et dans les autres. Si elle est foible ^ les parties en sont^ défectueuses ; s^il manque quelque chose au

Î^rand attirail des parties génitales de la emme ^ toute Paction de ces mêmes parties est interrompue j et il ne faut point s^attendre à la génération.

Qu'une femme soit dans la fleur de son âge y et qii'elle jouisse d'une santé parfaite j qu'elle soit mariée avec un homme vigoureux y et qu'elle prenne avec lui y tant quHl lui plaira y àéB plaisirs modérés : si elle n^a pas de dispositions à faire un enfant^ jamais elle ne peut espérer l'avantage de porter le doux nom de mère. Car y si elle est trop vive et trop emportée dans l'amour y qu^une chaleur excessive consume ses entrailles y qu'elle n'ait presque point ses règles^ ou y si elle en a modérément, qu'elles ne soient pa^ rouges 9 quelle apparence qu'elle puisse con* Revoir ? Elle brûle ^ pour ainsi parler | el dea».

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<1 'ordures; ce qui ne cause que des désordre» dans la génération.

Ceux qui s'étudient à aroir des enfants sains et spirituels^ observent, entreautreschoses^ un temps qui ne soit incommode ni pour eux ni pour les femmes ; surtout ils se donnent bien garde j ainsi que nous Pavons remar-^ que y de les connoître pendant leurs règles ou peu de temps auparavant. Car s'il arriva que la conception se fasse lorsque les règles sontprèsdecouler ) ou qu'elles coulent méme| les ordures dont la matrice est alors rem-

{ilie, tachent et infectent la semence de 'homme y qui porte ensuite de mauvaises qualités dans le lieu où. réside ordinairement la semence de la femme j et où se fait la conception.Lagénérations'yaccomplitpourtant; mais la matière qui sert à former Penfant^ n'étant pas pure et bien conditionnée y les parties qui en spn t faites en deviennent mal faitesc de sorte que dans la suite elles font fort mal leurs fonctions j et rendent par conséquent l'enfant valétudinaire et incommodé. Kous n'avons sur cela que trop d'exemples > si l'honnêteté et la bienséance me permettoient de les mettre au jour»

On doit donc observer bien des choses pour ne pas engendrer des enfants mal faits t .car si \xn corps a des défauts j quand on la néglige 9 Pâme aussi n'en a pas moins ; et jp suis assuré que si Thersite n'eût été si laid y il n'eût point eu une si méchante âme { et il est impossible qu'une âme pût bien faira aes fonctions dans le corps d'un homme tel

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qu^ëtolt le sien. Il avoU le dos enfoncé ^ la tête pointue ^ du duvet au menton y au lieu de barbe 9 et a^yec cela il étoit boiteux et louche. Cettelaideurest uneinarqu« datous les.^icesr au lieu aue la beauté du corps* est Pîmage d^une belle âme^ etlercàractèredTun homme de bien ^ slnop&en croyon» saint Ambroise»-

Ce n^s. sont poi»t lea astres, qui nous font spirituels j robp.$tea ^ valitndinaires on imparfaits : ils sont trop éloignés da nous. Et quoique le soleil et la lune.aient ^ à la vérité y plu^ de for^ce que les aulnes^ cependant ils n^agissent sur nous que comme, des cwses étrangères j biendorlférentes ùf celle&qui nous sont essentielles. Nous/voyons tous les jours des enfants conçus au m^me aspect des astres et à Ifiixnême heare du joue y qui ont néanmoins d^s inclinations toutes différentes et des Gorpç de différences formes. J^avoue pour-> tni^^' qm^un enfant sera plus. prudent et plus ^îagft, (|ui aura, été formé au printemps j ou enautdffnœ^ etqu'uii autre sera pins pccmipt ou moins actif ^ qui aura été conçu^en été ou Qn hiver ; mais ces dernières inclinations ne: dépendent pas tant des astres que des humeurs qui dominent dams ces saisons ^ ou d^ns le corps de leiir père ou de leur mère.. , '^

Les en&nts difformes 9 etqoi tiennent du monstre) ne sont connus qne par de^ causes nat tirellesy quoi qu'en veuillent dire quelques docteurs. Ils dépendent de Phomme^ ou de la femme, ou enfin de quelque alliance qui est contre les lois de la Nature. <

( *o3 ) Les naturalistes nous font remarquer qud si un coq. couvre une poule ime seule fois ^ il i::end plusieurs de ses .œufs féconds y et si Ton regarde de près ces mêmes œufs y Von Terra ^ans quelques-uns deux jaunes ^ d^où naîtrcMit ensuite -deux poulets souventséparés, et ;queJlquefois.unis.; .quelquefois aussi ^ mais plusraveniient^ ilparoitca sur un jaune deux. racines ou deux ongles qui auront reçu en même temps les impressions ,géi|éi:;atiyes Au coq ; .et je- ne doute. point que ce ne soit de là que naissant les poralets di{fbrm«3| et quiappivocheïi't du monstre.

: ' J'en disautant'à pï*pportion.des enfants; car , si la semence de Phomme touche plusieurs boules qui aient des dispositions . en jeçeyoir des in^pressions, ellô.Ies fait toutes •fermenter et. les vivifie au même moment :

si bien que de cette génér^t^on;il naitplusieurs eijifants qui ont des enveloppes différentes | et qui. ont aossi des arri^re-iaix. partiçaliers. Mais s'il se trouve dans une boule une maùh^ sffpar^e en d^ux par une petite mem- Jïraneiy ou que celte matière ait deiix projets d^enfanls | la semence 4e Vbomme ne laisse •pas de les exoitier tontes detix à la^fois^ et de les animes ) comme sHl n'y enaVoit.qu^un* Chaque, partie de la boiile xeçoit les impressions géi^irativQS.de la semence de Thommei et il en vient des jumeaux ou des . jumc^l^, 9 qui étant séparés. les uns des autres ^'^t rfirement unis , ont souvent un attiw$ - faix commuii. Mais si deux boules solit ntiies, il se fait un iuonatre y peuJ^-êti^ 6en&bU}>U à

telni que je tîs il y a un itiois^ qui aroîft deux têtes j quatre bras et et deux pieds seulement t c^est la véritable catise^ selon mon ayis^ de la génération des monstres; - Là matrice peut èhcore contribuer à la diffonnité d'un enfant ^ selon le sentiment de quelques médecins ; car étant cicatrisée d^un côté^ et ne pouvant s'y dilater -comme /dans ses "au très parties j il arrive qu'ellepresse Penfant du câté de la cicatrice ^ et qu^elIe lui cause par ce moyen une mauvaise conformation. Mais Pexpéribnce nous apprend que les enfants sont imparfaits ^ qui sont élevés d^s une matrice in^^ommbdée de la.

sorte.

Il y a encore d^autres sortes de monètres

5 ai se forment par le mélange des espèces ifférentes. Les histoires qiie nous avons sur ce sujet nous font croire que là chose est possiDle. L'hippotaure que le cardinal de Comitibus mena de France en Italie^ et qu^il donna ensuite au cardinal Scipion Borghèse 9 n^est pas une histoire faite à plaisir. Tout Rome le vit et Padmifa pendant trenteun ans ; après quoi il mourut fautade dents* II aroit la tète d^un taureau j et le reste presque semÙable à ui^ cbevaK J^ap^rends qu'en Auvergne et ailleurs on se plaît à avoi^: de ces sortes d'animaux engendrés par un che* val et par une vache*

Si l'on doute di^ iHélange des hommes avec les bêtes ^ Pon n'a qu'à > jeter les yeux sur l'antiquité ; l'on y verra Fasipfaaé^ femme (Au roi Minos ^ en^endrçr lanMinotàure; par

( «o5 ) les plaisirs qu^elle prit ayec un taureau } ou y Terra encore cette belle £lle ^ nommée Onoscélée y engendrée d'un hoQame et d'une âuesse. Si ces deux exemples sentent un peu la fable, au moins celui de cette Elle toscane , qui accoucha d'un animal moitié homme et moitié chien , ne sera pas suspecte» Yolater* ran nous a laissé par écrit que ce monstre naquit durant le pontificat du pape Pie III | et qu'il avoit les mains , les pieds, et les oreilles d'un chien y et le reste d'un homme. Ces monstres sont si yéritables, que l'on m'a assuré' qu'il en naissait dans l'ile de For* mese, qui avoiesit la figure tl'homme , avec une queue Telnij, d'un poil roux , semblable ^ à celle' d^un bœàL'Si cela étoit impossible, comme'q^ielqués^uns se le persuadent , jamais l'Ecriture sainte n'auroit fait une loi là^'dessus y qui condamne & mort la bëte et la femme qui s'y serbit soumise*

Il est dcmc aisé dé connoitre la cause des monstres sans que je me donne la peine de la faire remarquer 3 car^ s'il est yrai, comme je l'ai prouyéaillenrs, que la semence soit anî^ mée , et qu'elle vienne de toutes les. parties du corps des deux sexes , comme l'expérience nous le fait voir, il me semble qu'il n'eii faut pas :davaatage pour découvrir la cause immédiate des inclinations et de la figure du corps des monstres*

( ^^o ) Ce conduit en est quelquefois si rétréci 3,an9 lesdehorsy qu^il est impossible qu^un homine

Îiui a même la verge médiocre, s'y puisse aire passage.

Les deux os des cuisses pressés en dedans, et le croupion retroussé par devant ^ causent quelquefois les mêmes obstacles. C'est pqurquoi la loi nVsfime pas saine une femme qui est ainsi contrefaite dans ses parties naturelles.

Il arrive quelquefois tant d'ulcères au conduit de la pudeur de quelques courtisannes ^ qu'il s'en est vu qui, après être guéries^ l'avoîeril presque tout fermé par des cicatrices: si bien que les règles venant à paroître , ne pouvoient couler qu'à peine par le petit trou qui restoit, et qu'un homme voulant encore badiner avec elles , ne pouvoit pénétrer dans un lieu qui avolt été autrefois si ouvert.

Les fâcheux accouchements causent autant d'incommodités aux femmes que le font les maladies secrètes; car, après que le pas a été déchiré en plusieurs endroits, il y vient beaucoup d'ulcères qui étant négligés, se remplissen t de tant de chair superflue , que le conduit de la pudeur en est presque bouché. Cette chair baveuse devient solide et dure avec le t«mps, et ne peut être fléchie par la verge d'un homine, quelque forte et quelque roide qu'elle soit : témoin ce que dit Riolan^ d'une femme qui fut -si fermée après de pénibles couches , qu'il lui étoit ensuite impossible de souffrir son mari.

Ces maladies sont trop invétérées pour être

( ao7 ) séria semence ne soit pas clans le lieu où il doit être ] que d^ailleurs un homme soit trop gras^ et quHl ait le ventre prodigieusement ayancé ; que ses testicules soient petits ou fié' tris, ou quHl n'eu ait point dp tout ; que sa semence soit trop liquide , qu'elle sorte en trop petite quantité , ou qu'elle ait d'autres défauts ; en un mot, s'il manque quelque chose , du côté de l'houime j pour les deux grands ouvi^ages de la population et de la génération , la loi permet k une femme de demander j en justice y la dissolution do 9on mariage (i) ; et je ne doute point y si nous en croyons un archevêque, qu'il ne faille at^ tribuer à quelqu'une de ces causes le divorce qui arriva au roi IiQtbaire:et à la: reine Théberge.

Tout ce qui détrqit n&lre chaleur, natu • relie et qui éteint^ notre feu et: nos. esprits , s'oppose directementau:2(:actîonadu mariage.

Nos testicules se flétrissent ,. nos vaisseaux spermatiques se dessèchent , et notre membre se diminue 9 quand nous sommes accoutu* mes à garder scrupuleusement la. chasteté et la continence ; ets'ilestvrai, cequeYidus Yidius le jeune nouS/ rapporte d'une personne ecclésiastique qui avoit, pendant toute sa vie j gardé exactement , commo elle le devoit, les règles de la bienséance , nous nedo- Vous pas douter que lesparties de notre corpsj

(i) Madame Gesvres s'est fait séparer* pour une cause semblable , et cela dans ce siècle.

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u^exerçant pas Taction pour laquelle la Nature les a faites ^ ne se flétrissent et ne se dessèchent en quelque façon.

Les contentements excessifs que nous prenons avec les femmes ne nous causent pas de désordres moins fâcheux. Il est vrai qu^ils ne nous apportent pas de semblables flétrissures, mais ils nous rendent incapables de con« tinuer nos plaisirs licites. Les yaisseaiix spermatiqués s^a£foiblissent^ les vésicules séminaires se relâchent", et les parties principales de notre corps s'épuisent et se rafraîchissent tellement parla dissipation de notre chaleur et de nos esprits , qu'elles ne sont plus ensuite en état de fournir la matière qui est nécessaire pour former un homme. Témoin Théodoric y roi de Bourgogne , qui y après s'être épuisé auprès de Laodice, et des autres courtisannes de sa cour, ne put jaanais consommer son mariage avec Hermamberge j fille du roi d^Espagne. Témoin encore Néron y qui y après avoir passé sa jeunesse dans les débauches des femmes , témoigna deux fois son impuissance à la belle Foppée, selon le rapport de Pétrone.

D^ailleurs y s'il est vrai y ce que l'on dit ordinairement y que la bonne chère excite à Paxnour^ Pon peut assurer aussi, que Pextrême indigence rend un homme împuissaxit. Car,

Î>uisque l'abstinence, selon la pensée des théoogiens , est le meilleur de tous les remèdes contre la concupiscence de la chair, il ne faut pas douter que , si elle est excessive , elle ne oétruise tous les mouvements qui pour-

( aop ) roient nous porter à rechercher les embras- Mments des tînmes. Notre sans est diminué^ et nos esprits sont épuisés par- là ; nos parties principaleset amoureuses en deviennent lan-

Suissantes : tant il est vrai quHl n^y a rien e plus opposé à Pamour que ce qui nous rafraîchit et nous épuise tout ensemble l

Mais les passions de Pâme sont encore quelque chose de plus violent que tout ce que nous venons de dire j et, pour ne parler ici* ue de la haine qAi est fomentée dans Pesprit ^un homme par la laideur d^une femme, par sa mauvaise humeur , par sa conduite indécente , ou enfin par une odeur exécrable qui sort de son corps j elle est une des principales causes qui peuvent rendre un homme impuissant à Pégard de cette femqie-là.

Après tout f comme il n^y a rien quinou9 détruise plus t6t que les maladies^ puisqu'elles nous conduisent à la mort^les jurisconsultes ont eu quelque raison ^'écrire que Pon ne doit point présumer qu'un homme Talétudi* naire^ et encore moins un homme malade. ^ soit capable d'engendrer y la maladie le rendant impuissant et incapable de caresser une femme. Il est certain que les plaisirs de Pamour demandent dç la force et de la vigueur

Îour s'opposer aux épuisements et aux foilesses qui en naissent , alors même que nous les prenons avec mesure 3 au lieu que la maladie étant une disposition contre les lois de la Nature , elle affoiblit et détruit même toutes les actions de nos parties ^ qui j par conséquent^ ne sont pas en état de faire leur

ig*

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deroir quand il est gu^sjtion d^engendrer.

Mais les jurisconsultes m^ont peut-être pas remarqué que leur déôsion étoit trop générale pour être vraie ^ puisqu'il y a quelques maladies qui nous.eKcitent à Pamour, et d«JDbS lesquelles on peut eiigtodrer. Nous sa« vons qu^un bomme qui «st atteint d'un sa*' tyrisme , et qu'ulilautre qui souffre quelques douleurs de goutte ou de pierre^ sont alors plus amoureux 9 et ne peuvent s^empêcber de presser étroitement leurs femmes. Les humeurs chaudes et aiguës qui causent leurs maladies^ sont alors mêlées avec des rente | qui se cantonnent pour l'ordinaire parmi leurs parties naturelles ^ et qui les y chatouilent sans cesse , ' et les excitent à se venger agréablement des douleurs qui les pressent.

Il y a même des maladies qui ont rendu des hommes féconds ^dHmpuissantsqu'ilsétoient auparavant*- Avenzoar, médecin arabe, rapporte de lui-même que , ne pouvant engendrer dans sa jeunesse , il engendra aisément ftprès une fièvre aiguë ^ qui lui rafraîchit tellement les viscères y et puis le mit dans une telle complexion y qu'il se. trouva ensuite propre  faire deè enfantSé

Il faut donc modérer les dëcîsions'des jurisconsultes y et ne pas dire, d'un autre côté.

qui

naît 9près la mort de son père^ du jour queson père est mort : comme si un homme étoit en état d'engçudrer Âaus une fièvre aiguë, dans

une longue maladie , et dans quelque autre incommodité qui afflige les parties princi* pales OU' amoureuses. G'est là s'opposer à la raison et à Texpérience de tous les jours.

Mais je ne veu xm^arrêter iciqu^aux hommes qui sont toujours impuissants y et qui | ^ étant incommodés dans leurs parties naturelles , ne peu vent jamais se joindre amoureusement àùnefemme^ quand ils seroiefnt même à la fleur de leur âge. Les défauts naturels qu'ils ont dans leurs parties amoureuses j le manquement de Tliumeur , qni est la semence des hommes j ou enfin les pollutions Aocturnes et les gonorrhées ^ qui arrivent par la foiblesse de leurs vaisseaux ^ sont depuis* âants obstacles pour Tamour , qui les rendent plus froids que la glace quand Us se trouvent auprès d'une femme.

Quelle apparence y a-t-il qu'un membre d'un ou de deux travers de doigt soit une mesure suffisante pour satisfaire une femme et pour engendrer des enfants? Un homme si mal pourvu manque de force ^ de chaleur*^ d'esprits et 'de semence ; et s'il sort quelque humeur dans ses agitations amoureuses^ ce n'est qu'un peu de [sérosité qui n'a pas toutes les qualités requises pour la génération.

La xemme a beau se faire effort pour la recevoir j ses parties , quelque enflammées qu'elles soient ^ ne peuvent i:ien faire d'une humeur qui manque de disposition pour le grand ouvrage de la Nature.

L'impuissance de se joindre à une femme est encore augmentée parla petitesse de la

( aia ) verge , qui 9 étant trop courte et trop petite tout ensemble, ne veut réjouir une lemmej xxi lui fournir une liqueur propre à former un enfant.

Tous les remèdes sont inutiles pour ces sortes de défauts ; et bien que Gallien etFaU lope nous en proposent quelques-uns , nous sommes pourtant du sentiment de ceux qui croient que ces deux maladies sont incu-»

râbles si elles sont extrêmes , et que les juges peuvent prononcer hardiment sur la dissolution d^un mariage qui n^aura pas d^autres arrhes de sa validité*

Car, de s'imaginer que les bouillons succulents, les aliments choisis etPexcellent vin puissent faire croître les parties que la Nature n'a pu allonger, c'est manquer de con-^ noissance pour les maladies qui arrivent aux parties nerveuses. On a beau frotter ces parties malades d'huile de vers de terre ,. d'huile de lavande ou de palma-christi, parmi les-

Îuelles on , aura mêlé un peu de poudre u nerf d'un taureau ou d'un cerf, tout cela ne produit rien, et ne sert qu'à embarrasser davantage le malade^ La boule qui perce le

qu'on applique souvent sur les parti relies d'un homme , et qu'on en 6t^ plusieurs fois , ne guériront pas non plus tous ces défauts , ni ne feront croître ni allonger la verge d'un homme, qui est naturellement trop petite.

Quoi que l'on fasse pour guérir ces dé-

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&nts naturels^ Ton ne fera qnecommeof méchant nourricier dont parle Gallien j qui nourrissant fort mal Penrant dont il avoit le coin j frappoit assez fortement ses fesses avec la main ^ de deux en deux jours y peur les faire enfler, et pour faire voir à son père son embonpoint supposé.

Bien c^ne la mollesse et la flétrissure de la verge soient des maladies qui peuvent quelquefois être guéries , cependant il sVn trouve souvent d^incurables, auxquelles la médecine n^a. jamais pu subvenir. Car, si cette partie est naturellement stupide et immobile, quoi-

Îu'elle soit médiocrement grosse et longue y n^y a point d^art qui la puisse Tivifier , ni de remède qui la puisse guérir. La chair ou la Rendre de la tarentule, la poudre d^un nerf de taureau, ou la racine du satyrion ont trop peu de force dans de pareilles langueurs ; et si la main d^une belle femme, qui est le plus excellent de tous les remèdes , n^a pas assez de vertu pour guénr la mollesse de la verge dVn liomuie, les autres remèdes y auront peu de force , principalement si les nerfs qui sortent de Pos sacrum , et qui sont distribués à la yerge^ sont foibles , bouchésou cicatrisés } o u si un homme a reçu , vers ses parties-là , quelque grand coup ; ou s^il lui est survenu quelque humeur considérable qui ait altéré toutes les pai*ties voisines^ enfin si la para* lysie arrive à Pune ou à Pautre cuisse, le membre viril qui reçoit les mêmes influences de Pextrémité de la moelle du dos , en demeure immobile y aussi bien que Pune de ce»

|iarlié8«"li , il est impoissîble Ae Vèn guérir , a moins que Pon ne combatte toute la maladie qui en est la cause. Mai« comme cette incommodité est presque toujours in^çurable ^ principalement dans les hommes qui commmicent à vieillir j il ne faut pas aussi espë« rer que Ton puisse soulager une partie qui ^ dans cet âge , a fort peu de chaleur pour se défendre contre la violence de ce mal.

Quelquefois la verge de Phomme n^est pas trouée par le bout^ elle Test à la racine , à côté y par*dessus ou par*dessous« On en a vu qui avoient deux ouvertures y l'une pour Purine^ et Tautre pour la semence, comme avoit un avocat de Fadoue , dont Yesale nous fait rhistoire.Tous les hommes qui ont ces sortes de défauts sont quelquefois incapables de caresser une femme , et presque toujours inhabiles à la génération. £n effet , Platerus ni>us rapporte qu'un homme qui avoit deux trous à la verge y ne laissa pas de se marier j mais parce qu'il ne satisfaisoit paà sa femme comme elle le désireit , ils se séparèrent volontairement l'un de l'autre. Cependant , il ja quelques histoires contraires 3ui lious apprennent que l'on peu engenrer avec ces défauts. Celle de Demis, orfèvre romaim^ en est une preuve ^évidente : il ne laissa pas d'engendrer , bien qu'il eût la verge trouée à la racii^du gland , comme nous le rapporte Zacchias, qui témoigne l'avoir vu.

Nous avons dit ailleurs que la Nature plàçoit d'abord dans le ventre les testicules des hommes-, et que peu à peu , par leur propre^

poids, pârPagitation continuelle du ventre, et pbf la force de la chaleur natrmrelle*^ ils des* cèndoient dans la bourse : mais s^il anrive,

a tielque obstacle que ce soit, quHls n'jr,, escend«nt • pas^ il ne feult 'pas ' pourtant prendre ces hommes pour impivissanU', bien qu^èn apparence ils nianqu>eut cle ce <jflki fait jo^gev âe: la virilité d^un homnLe. Fonrvu qdHIs aient Pacti vite d'un homme vigoureux^ qu'ils soient velus par le corps , qu'ils aient la voix forte et grosse , beaucoup de poil au menton' et auic parties naturelles , on. peut juger qu'ils soiit capables d'engendrer , quoiqu'on ne leur trouve rien dans la bourse* M. de Montagne, gentilhomme de cette province, m'a souvent montré ses parties, et M. d^Argêiiton, qu'Ambroise Paré disséqua, n'étbient tous deux pas moins capables d^en« géndrer, pour n'avoir pas de testicules dans là bourbe. Il falloit plutôt blâmer la légèreté de la femme du dernier, lorsqu'elle lui fit un procès sur cela , que ^e l'accuser lui* même d'être impuissant. Aussi, par le décret et la décision qu'en fit alors la Faculté de médecine dé Montpellier , Huçher en étant chancelier, il fut déclaré qu'il n'est pas bé- ^in , pour être capable d'engendrer , de trouver des testicules dans la bourse d'un homme, potirvu toutefois qu'il ait d'autres marques suffisantes' de virilité. C'est ce qui a fait dire à Riolian qu'un homme dont il fait l'histoire , qui en imposoit souvent aux inédecins y qui croy oient qu'il étoit rompu , ii'étoitpas nioins capable d'engendrer, pour

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nroir sas testicules cacbés dans ses sAne^i, Il A^en est pas de même de ceux qui en manquent tout à fait. Ils sont lâches y ils ont la Toiz efFéminée ^ ils n^ont point de poil au menton ni aux parties naturelles. En effet ^ la force et le courage des hommes dépendent des teA&cules ; car il sort de ces parties des humeurs et des Tapeurs subtiles qui ^ se méfiant parmi les esprits de notre sang et de notre suc nerveux y font toute notre hardiesse et toute notre .vigueur. Ceux qui ont de petites testicules y qui sont arec cela toutes në« tries y ne peuvent recevoir ces vapeurs pour les encourager auprès des femmes et partout ailleurs. Témoins les animaux que Ton coupe et que Tonhistoumey quin'ont pas tant de vigueur ni tant de force qu^auparavant.

Si un homme a le ventre extrêmement gros^ il n'y a pas d'apparence que son embonpoint lui permette de caresser une femme, surtout si elle est elle-même d'une taille à peu près pareille ; et quaud ils se pourroient joindre y leur semence ne peut guère être prolifique y ' s^nous en croyons l'expérience* Il est vrai que l'on peut choisir une posture commode^ ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs^ si l'un et l'autresont assezagiles pour cela j mais^en véi^té y la peine passe le plaisir. Et comment eût pu faire Vttellio y lieutenant -général des armées du roi d'Espagne ^ aux Pays-Bas ^ s'il lui eût fallu entrer dans la lice amoureuse , lequel y dans ces provinces-là| ne trouvoit point de cheval assea fort pour le porter une lieue?

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A la Térité y le TÎnaigre mêlé arec de l^eau

est un remède assuré pour se faire diminuer)

si Pon en use pour sa boisson ordinaire ,

niais il est pire que le mal ; ce qu^éprouya ce

Srand capitaine ; car , après en avoir bu penant un an y il diminua de plus de soixante livres, comme nous Passure Pbistorien.

Toutes les maladies dont nous venons de parler étant incurables j elles doivent rendre un homme impuissant et Pempécher de se marier j ou , s^il est marié , elles doivent être des causes légitimes à une femme pour demander en justice la dissolution de son mariage. Car y si la maladie est naturelle y per^ pétuelle et incurable y qui est-ce qui doutera u^une femme ne soit bien fondée à demaner un autre mari ?

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