ARTICLE II
Du Congrès.
Jue premier parlement de France n^aulroît pas été si souvent surpris, s^il ayoit connu exactement les causes de Pimpuissance des hommes ; et le marquis de Langey, en parti* culier , n^auroit pas éprouvé la disgrâce de Varrêt donné contre lui, le 7 février i65<^ j si le congrès qui fut ordonné étoit une preuve infaillible de la virilité d'un homme.
Les officiers de nos évêques n^invalide* roieiit pas tous les jours si légèrement des mariages y s^ils avoient bien étudié les ma*
ladies qui en empêchent la consommation j ou sUls avoient nommé des personnes S£w— Tantes pour les instruire. L^ officier du Mans, par exemple, u^anroit pas prononcé, il y a quelques années , sur la dissoltrtion du xiiariage de Pierre Nau , qui voulut bien se trouver impuissant au congrès, s^il «voit connu Pin^puissance supposée de cet homme - là ; €ar> puisque , par arrêt de la chambre , donné le i5 juillet i655, la femme Naufut obligée de retourner avec son mari , et d^y mener son enfant légitime , qui étoit la seule preuve que le père n^étoit pas impuissant :
ne doit- on pas dire que cet officier, quelque homme de bien quHl pût être, n'a voit pas assez observé tontes les^circonstances quHl faut observer dans de pareilles occasions^ pour con* noître Pimpuissance d'un homme ?
En effet ^ nous avons bien d'autres marques plus assurées que le congrès public pour connottre la virilité d'un homme ; et j'oserois dire que le congrès, qui fut autrefois aboli par l'empereur Jtistinien , comme opposé à la pureté du christianisme , n^a été établi que par quelquescurieux de notre siècle ; car il est l'infamie des sexes et le déshonneur de notre temps j et je ne sais si dans l'histoire l'on en pourroit trouver des exemples qui ne soient radicules. <?est une loi qui blesse la pudeur ; elle est trop dure et trop injurieuse à l'homme* Il y faut faire voir à tout le monde des parties que la Nature a cachées avec tant de soin, et chercher même aux -témoins d'autres témoins que n6us fuyons
( iii9 ) lorsque nous suivons les ordres de la Nature. Car quelle honte çst-ce de montrer en plein midi ce que nous ayons soindecaçber^ même pendant la nuit ? Ce n'est plus qu^uA prétexte de divorce ^ et qu'un eôèt de la. lasciveté et dePaudacedesfemtnes. Cesontelles-mêmes qui ont fait naître dans Pesprit des juges la pensée d'une épreuve aussi peu sûre qu'elle est déshonn^te. De inille- hommes il n'y en a peut-être pas un qui puisse sortir .victorieux du congrès public. Nos parties natu* relies ne npus obeiSsent point quand nous le voulons y bien loin d!obéir aux juges*.
Elles se flétrissent souvent contre notre volonté > et souvent elles sont dans la. glace ^ quand notre cœur est le plus embrasé. Si nous sommes prêts à nous animer^le courage nous manque , la crainte nous saisit , la haine s^empar€ de notre cœur^ et la pudeur s'op* pose à des libertés effrontées.
D'ailleurs y jouir d'une femme hardiment, n'est pas une marque de virilité ; lea eunu-n ques se portent avec ardeur dans les plaisirs charnels ) et l'on exua vu souvent de mariés : mais y à dire le vrai y ' ils ne réussissent pas dans l'ouvrage de la génération ; et la conjonction même de l'hommeetde la femme n'étant pas elle seule une marqua de virilité , on ne doit point juger par le congrès de la fécondité d'un homme.
Celui qui se sent impuissant ne doit point se marier ; celui qui en doute doit consulte]?' un savant médecin, qui l.'éclaircisse là -dessus 3 et celui qui est vigoureux ne doit point*
( âao )
«^exposer au congrès public. On ne corn* mande jamais à Pamonr j c^est Pamour qui nous commande y et nous n^aTons point encore vu ^ iusqn'ici^ des gensamdureux s^allier par la haine.
Il y a beaucoup plus de dissolutions de mariages depiiis environ cent ans que le congrès est introduit en France y qu^on en avoit vu auparavant. C'est pourquoi le parlement de Paris , ayant ^ifin jugé que le congrès étoit ennemi de la chasteté , et quHl n'étôit pas la véritable marque de la virÛité d'un homme| £t défenses 9 le 18 de février 1677, par un arrêt solennel , aux juges civils et ecclésiastiques y dWdonner j à ^avenir ^ la preuve du congrès dans les causes de mariage. Mefssire René deCordonan^ marquis de Langey, dont nous avons parlé ci'dessus j fut la cause de cette réforme } car après avoir épousé en se* coudes noces demoiselle Diane de Montaud de Navailles , dont il a eu sept enfants , il fit bien voir par- là qu^on n'est pas toujours maître de ses actions ^ quand on sWpose en public à caresser une femme.
ARTICLE III. Du Divorce entre des personnes mariées»
i^uoiQv^ii. y ait des jurisconsultes qui &ssent une distinction entre la dissolution du mariage et le divorce y Vxxn étant la .cause de Pautre ; néanmoins, parce que nousu^exa»-
ixiinoxis ici ni ces termes y ni la chose tnèmâ qu'ils signifientavecautantdVxactitudequ^ils le fonty nous userons tantât de Pun, et tantât de Pautre ^ pour exprimer notre pensée sur ce que nous avons à dire là-dessus. La dissolution du mariage n'est autre chose qu'an juste empêchement de l'usage du manage y prononcé par un juge compétent, qui , par une évidente connoissance de cause ^ fait défense au mari et à la femme de coucher ensemhle^ et de se rendre les devoirs réciproques des
Personnes mariées* Si les causes qui font le ivorce sont incurables y la loi permet à celui qui se porte bien de se remarier ; mais si ^vec le temps on peut y remédier par les règles «de la médecine 9 comme nous r avons examiné ailleurs y je ne sauroisMne persuader Sue l'on puisse avoir une raison légitime do issoudre un mariage qui a été fait avec tant ^e solennité*
Il faut aujourd'haiydans le christianisme^ ides causes bien plus puissantes pour causer le divorce y qu'il n'en falloit dans les siècles {>a8sés. Ce n'est plus le caprice d'un mari qui répudie une femme, comme il arrivoit autre* fois parmi les Juifs, mais une cause légitime^ connue par des juges, et approuvée par leur sentence* Il est vrai que la foi ancienne permettoit aux Juifs de répudier leur femme , ^et 4'en prendre une autre à leur discrétion ; mais ce n'étoit, comme parle PËçriture, fiu^d cause de la dureté de leur cœur.
Dans toutes les causes de divorce que les Juifs a voient, celle de l'impudicité étoit la
-plus forte et la plus commune. La Jalonsie troubloit souvent la paix et la tranquillité de leurs mariages^ et quelquefois ^n -ayant» pas d'autres raisons apparentes ^ îls' accusoient leurs femmes dHmpudicité.^ et leur reprochoient) pour aroir lieu de les répudier | qu^elles s'étoiemt abandonnées avant que de 8e marier. C^est en Tne de cela «(ne Moïse ^ pour prévenir ces'désordres ^ fit une loi^ par laquelU il commanda aux pères et mères de garder soigneusement les linges qui avoient servi la première nuit de&noces à la défloration de leur fille ^ afin quêtant un jour&ussement accusée par son mari ^ ils pussent ÛKxntfer aux magistrats ^ pour sauver la ré«\ -putation de la femme ^^ des ^signes vérital)les> d'une viï'ginitéinjuS'temient sp^ipçoîmée : ce que Ton observe encove^aujourd'huien quelques villes d^Espagne. . . ^
Les lois des païens étoient aussi légères sur cette matière y que celles des Juifs étoient dures« Cicéron nVût pas répudié- sa femme^ et ne lui eût pas fait dire qu'elle eût soin de ses affaires , pour aVbir manqué quelquefois à lui «écrire pendant son ôxil; et Sulpitius Gailus n^eût'pad fait faire le même compliment àlasieiane, poUr Paveir seulement trouvée une seule fois sati^ coiffe' par la rue ^ si leurs lois eussent été fort équitables. Ce n'est pas aussi parmi nôils la froideur / ni la haine | ni l'intérêt qui obligent ui» inari de faire divorce aveo^àà femme, comme^le font encore au- •jourd^hui lès Ôrientaui; i^ais c'est' l'impuissance du mari ou^e la femme qui en font la
dissolution , par ^autorité des magistrats) Je me persuadeque les juges d^aujourd^bui liront pas entrepris par-là de toucher à la substance du mariage ; ils savent trop bien que c^est un sacrement que les hommes na peuvent annuller : mais ils examinent seulement rhabileté et la puissance d^engendrec des mariés j et ^ outre cela y la validité du contrat social.
Bout n^oublier rien qui puisse contribuer^ sur cette matière , à la. curiosité du lecteur ^ il me semble quHl ne sera pas hors de propos } avant que de finir ce chapitre j de mettreici le formulaire du libelle de répudiation dont se servoient les Juifs ^ comme Rabbi Mosche de Gotsi nous le rapporte.
ce Le troisième jour de la semaine } le vingt- 3> neuvième de la lune de..*. ^ Pan.... de la y> création du jnbnde j je jy. pharisien , de» y> meurant présentement à Venise ^ tille si* » tuée au fond du golfe Adriatique ^proteste p et déclare^ «n présence de Jf» jV. témoins j >i que, de mon libre mouvement et sans con- » trainte , je vous délaisse et répudié 9, , vous yy ma femme , nommée N. y fille de JN'4^ fils ny de iV. , afin que vous soyez désormais libre, 3) et que vous puissiez chercher un autre yi mari pour votre condition , sans que per- » sonne s'entremette de • vous y former au- » cun empêchement y d'atijonrd'hui à Pé^ yy ternité des siècléSé Et cVst ici le cartel dé w divorce , le libelle de démission , l'inlstniy> ment de désertion que je vous envoie , sé^ » Ion les ordonnances de Moïse et d'Israël • »
toute sa philosophie et tout son bel esprit,' si LoJannus Avitus , ami de Claudius, n'eût intercédé pour hii auprès de ce président. Ou me permettra donc de n'en rien dire davantage , et il suffit que Haudé ait fait en ce siècle Papologie des grands hommes accu*sés de magie.