CHAPITRE X
S: la femme timide aime plus que la hardie e. l’enjouée.
Nous avons prouvé ailleurs que les femmes étaient d’un autre tempérament que Îles hornmes; et qu'étant plus froides et plus humides, il était bien raisonnable que la nature les eût créées de ce tempérament, parce qu’elles avaient été faites d’une autre matière que nous et pour d’autres usages. En effet, elles ont plus de part à la génération et dans la perpétuité de notre espèce, que les hommes mêmes. C’est sans doute pour ceite raison qu’elles sont ordinairement plus sanguines, où plutôt qu’elles ne dissipent pas tant de sang que nous, et que d’ailleurs elles sont plus sujettes à des épanchemens périodiques et à des règles de tous les mois, qui ne manquent jamais à celles à qui l’âge et la santé le permettent. |
Mais, comme leur tempérament est bien dif- ‘férent du nôtre , il n’est pas moins dissemblable parmi elles. 11 y en a de sanguines, de bilieuses, de pituiteuses et de mélancoliques, ou, pour mieux parler, d’humides, de chaudes, de froi.. des et de sèches. Ces qualités ne sont pas ordinaïirement seules ; elles sont accompagnées d'une autre qui ne leur est pas incompatible :
LA
ainsi les sanguines sont chaudes et humides; les bilieuses, chaudes et sèches ; les pituiteuses, froides et humides ; et les mélancoliques, froides et sèches. Or, de tous ces tempéramens, il n’y a que les sanguines qui peuvent servir à mon sujet; mais ce sont des tempéramens sanguins qui participent un peu de la bile ou de la mélancolie: d’où naissent des humeurs ei des inclinations fort différentes. Car la femme sanguine bilieuse, c’est-à-dire, la chaude et hu- «mide, qui aura un peu de bile mêlée parmi son sang, sera gaie et badine, et la sanguine mélancolique, c’est-à-dire, la chaude et humide, où la mélancolie aura un peu de part, sera ti-. mide, mélancolique et sérieuse.
. Le sang, qui est la liqueur dominante dans le tempérament de ces deux femmes, sera plus subtil, plus ému et plus fluide dans la folâtre que dans la timide : ses esprits seront plus clairs, plus mobiles et plus obéissans à l’ame, parce que la bile, qui, selon le sentiment des médecins, est la partie la plus chaude , la plus sèche et la plus légère du sang, y sera mêlée d’une ma- ‘nière à ne pas nuire à la santé : au lieu que le sang de la mélancolique sera plus épais et plus terrestre, et moins propre à s’agiter; ses esprits seront aussi plus ténébreux, moins mobiles et plus rebelles aux ordres de l’ame, parce qué la mélancolie, qui est une liqueur la plus épaisse du’ sang, fera une bonne partie de sa masse.
Je ne prétends point parler ici de ces mélan- coliques malades qui ont l’imagination troublée, et qui sont véritablement folles, ni de ces autres
mélancoliques, froides et sèches, qu’il faut in- ‘gessamment pousser pour les faire agir; mais de ces mélancoliques qui ont le sang chaud et sec, et qui, selon l’aveu d’Aristote , et selon l'expérience même, sont des personnes sages et spirituelles. Celles qui ont ce tempérameni ne sont ni si tristes ni si mornes que le peuple se le persuade : au contraire, elles sont gaies, enjouées, par le sang qui domine dans leurs veines; mais, à la vérité, elles ne le sont pas tant que les bilienses,
Je ne prétends pas aussi parler de ces témpés ramens de femmes forts sanguires, qui n’ont que sept ou buit jours de libres pendant un mois, et qui sont sujettes pendant vingt-un ou vingt-deux jours à des écoulemens ennuyeux, cornme était mademoiselle de Ling... qui, de plus, seniait le boue dès l’âge de douze ans, qui sont bonnes et pacifiques, et qui, dars leur extrème vieillesse, deviennent stupides et hébétées; mais seulement de celles qui n’ont leurs règles : que quatre ou cinq jours de suite, qui sont simples, mais adroïtes et enjouées, et qui, dans un age décrépit, ont les sens aussi rassis que dans leur plus vigoureuse jeunesse,
Après avoir fait toutes ces distinctions des tempéramens, examinons à cette heuré les signes qui conviennent en général à es deux complexions, et ceux qui leur sont propres en particulier.
Les filles. sanguines bilieuses ont des signes communs qui peuvent convenir aux, sanguines
mélançoliques, Les unes ct les autres sont de
toute sorte de tailles : il y en a de grandes, de médiocres et de petites : toutes deux sont belles ou laides; l’une et l’autre ont de grosses veines aux bras et aux mains, et du poil au chignon du cou, et lé long@le l’épine du dos. L'amour les a. marquées toutes deux de sa marque, et leur a imprimé sur les joues et sur les lèvres le caractère de la cruauté:- Leurs pommettes des joues sont rouges comme du corail; elles sont au toucher fermes et un peu sèches, et la chaleur dominante ne leur permet pas d’avoir une peau humide et fade, ni le coloris du teint plâtré et dégoûtant. |
Il n’en est pas ainsi des autres marques particulières qui distinguent les filles bilieuses sanguines d’avec les sanguines mélancoliques. Celles-là ont un sang plus délié et plus fluide : au lieu que celles-ci en ont un plus grossier et plus visqueux. Dans celles-là, la bile se fait connaître par ses effets, c’est-à-dire, une portion du sang la plus chaude et la plus sèche; et dans celles-ci, la mélancolie, c’est-à-dire, une bile brûlée, et un sang épais, qui est beaucoup plus chaud et plus sec que la bile, dont souvent elle est faite. Celles-là ont un feu qui brûle comme de la paille; et celles-ci en ressentent un autre qui est allumé dans leurs entrailles comme dans un bois vert, qui, bien qu’il n'ait pas tant d'éclat et de lumiêre que l’autre, a pourtant beaucoup plus de chaleur, C’est donc du sang que naissent les différences que nous observons dans ces deux sortes de, tempéramens que nous découvrons dang-le corps et dans l’ame de ces deux filles.
D'ailleurs, bien qu’elles aient toutes deux de l’embonpoint , cependant la bilieuse, ayant uù sang plus délié, plus actif et plus pétillant , et ses actions étant plus badines; de pius, dissipant plus de sang que l'autre ;. “elle doit aussi être plus maïgre , et les règies ne doivent couler que trois ou quatre jours de suite, et encore en très-petite quantité : au lieu que les règles de la mélancolique coulent plus 3bondamment pendant sept à huit jours; et parce que le sang de celle-ci est plus épais et moins actif, que 59 vie est plus sédentaire, qui ne lui permet pas d’en faire une si grande dissipation, et d’ailleurs qu'elle dort davantage, ses actions doivent aussi être plus lentès, et son embonpoint plus accompli.
Au reste, la bilieuse a ordinairement la tête petite et les cheveux blonds ou châtains, maïs la mélancolique l’a un peu plus grosse ét mieux faite, et son poil et ses cheveux sont noirs : et comme la sanguine bilieuse :est plus sujette que Pautre à tomber dans les faiblesses de son sexe par la force de son tempérament, les anciens Romains avaient accoutumé de dépeindre les courtisanes avec des cheveux et des perruques blondes, et les sages matrones avec des noires; . témoin Pétrone, qui, dans son Histoire satirique, donne des tresses blondes à Lépida, à Agrippine et à Poppée, les trois plus grandes courtisanes de leur temps. De plus, la sanguine bilieuse a une gorge médiocre et des tétons fermes, qui ne se touchent point, et qui semblent être collés à sa poitrine; mais la sanguine mélan-
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colique a une grosse gorge, et ses mamelles dures se touchent et se baisent l’une l’autre,
pour nous marquer ses inclinations secrètes et
amoureuses.
Sices deux jeunes filles sont distinguées par |
des signes essentiels que l’on observe dans leur corps, elles ne seront pas moins différentes par
les diverses passions qui occupent leur ame.
La fille sanguine bilieuse est de son naturel
: PS : : 2 ° . # agissante et légère, hardie et enjouée, inquiète et
inconstanie; elle chante, elle danse, elle folâtre loujours, jamais en repos, toujours badine. L’amour paraît à découvert dans ses yeux et sur son
visage, comme il est dans le cœur; enfin, c’est la”
sincérité même er la candeur Que si un homme lui plaît, d’abord elle s'engage à l’aimer. Alors son feu est violent, mais il ne dure pas; c’est un feu dé paille, dort l’activité est bientôt ralentie. Le premier venu la persuade aisément, et
lui fait changer de dessein; de sorte qu’elle se
fait autant d'amans qu’il y a de personnes qui lui plaisent. Son tempérament est la cause de ses inclinations. Les esprits de son sang, qui sont les organes dont l’ame se sert pour agir, sont tou-
jours émus avec violence au moindre objet qui .
sé présente. Ils ne trouvent point d’obstacle : dans sa petite tête qui les arrête, et 11s ne demeu-
rent point où la raison réside. C’est ce qui la fait résoudre trop promptement, et juger avec trop de précipitation. Elle ne regarde jamais l’ a=
venir; elle n’envisage que le présent, qui, passant
fort vite, n’est accompagné que de fort peu de
circonstances ; aussi se repend-elle souvent de ses
desseins, et se trompe presque toujours dans le commerce de la vie.
Toutes ces légères inclinations n’empêchent Pourtant pas qu’elle n’ait meilleure grâce et moins de contraintes que l’autre : et quoiqu’elle soit fort enjouée et fort libreau dehors, elle est pourtant fort modeste-et fort retenue au dedans. Ce n'est pas une gaieté de malade qui rit en mourant, et qui est un signe des ordures qui Pont excitée. Sa joie et son enjouement mar- Qquent la tranquillité de son esprit, le repos de son ame, la sagesse et la vertu, qui ne se jient jamais qu'avec l'innocence et la simplicité : et, si elle est facile à persuader, elle est assurément fort difficile à prendre.
J'avoue que c’est un des malheurs du siècle de n’oser badiner sans que l’on s’en plaigne, et
sans que l’on en médise, comme si l’eau dormante était meilleure à boire que celle qui court. En vérité, ces aimables personnes méritent nos respecis. La naïveté de leurs actions nous charme, et la sincérité de leurs sentimens nous enchante. Les esprits du sang de cette jeune fille, toujours émue, enflamment sont cœur par la vitesse de leurs mouvemens; ils échauffent son cerveau par le passage qu’ils y font avec précipitation : en un mot, ils mettent tout son sang dans un mouvement précipité; ce qui est la cause de Yincons!ance et de l’enjouement de la belle.
C’est donc son tempérament qui la rend légère, non vicieuse, gaie, non évaporée, simple, et non stupide. Si par hasard elle s’attache à un homme pour le mariage, elle le fait plutôt par
con sidération et par obéissance que par sa propre inclination : et, comme elle entre dans un état où le badinage en fait l’ensemble, jugez sil Amour, qui m’est qu’un enfant, et qui se plaît to ujours à badiner, n’augmentera pas son inclination enjouée. Elle folâtrera même jusque entre les bras de son mari, quand elle se soumettra aux ordres que la nature lui a imposés pour lui rendre ce qu’elle lui doit. Son corps ne sera pas plus en repos que son ame, qui pourtant ne s'égarera jamais que par les plaisirs excessifs du mariage; ses membres ne deviendront jamais immobiles ni froids, parce que son cœur ne sera point navré par l’excès des contentemens amoureux : sisa-voix est quelquefois chancelante,: ses soupirs suffoquans, sa parole mourante et. entrecoupée, il ne faut qu’en accuser l'amour qui la blesse : mais il ne la fait pas mourir. Sa légèreté naturelle, qui ne lui permet pas de s’attacher fortement à son mari lorsqu'elle fait ce que l’on fait dans le mariage, l'exemple des coups mortels de l’amour.
Mais la fille sanguine mélancclique a bien d’autres inclinations que celles-là. Son ame es bien plus constante et moins légère. Quand elle badine, c'est avec plus de retenue; quand elie chante ou danse, c’est avec plus de modeïiie. Si l’amour paraît dans ses yeux et sur Son visage, c’est d’une manière fort assurée, qui marque bien qu'il s’est emparé de son cœur, et qu'il y loge comme dans son palais. Sa timidité naturelle ne l’oblige pas à s'engager sitôt à la vue d’une personne qui lui plaît. Elle y pense longs-
temps avant que d'aimer, L'amour touche longtemps son cœur sans l’échauffer, et quand il l'échauffe par son feu, qui a de légers commencemens; elle en ressent insensiblement la chaleur qui croît toujours; et, quand ce feu est une fois allumé, il est ardent et même violent; c’est un feu dans du bois vert et dans une matière épaisse, qui ne s'éteint pas sitôt. Il n’y a ni persuasion, ni raisons assez fortes qui puissent détourner cette fille d'aimer, quand elle est une fois attachée à un homme qu’elle estime. C’est un effet de sa complexion qui la rend si constante dans ses desseins, et si résolue dans ses entreprises.
Son sang et ses esprits bouillans qui coulent lentement dans ses veines, font tant d’impression sur son Cœur et sur son cerveau, que toutes les parties de son corps s’en ressentent également. Le feu qui l'anime est dans une matière si tenace, qu'il ne l’abandonne jamais qu'après lavoir consumée. De là vient qu’elle consulte avec raison, qu’elle raisonne avec prudence, et qu’elle s’abandonne avec discrétion. Elle se perd bien loin dans l'avenir, et y va chercher des plaisirs pour s’assurer de son bonheur qu’elle grossit toujours. Sa prudence la rend matheureuse. Elle est ingénieuse à se tourmenter. L’espérance la flatte, et lui fait voir des voluptés excessives : ainsi, elle trouve des plaisirs réels par la force de son imagination, qui ne sont véritablement qu’imaginaires. Les circonstances infinies de l’avenir embarrassent son ame amoureuse; et, pour n'être point trompée, elle se feint
des contentemenrs dans toute son étendue. Son
imagination vive est échauffée par le désir extrêmie de la jouissance. Son esprit même, que
j'ai nommé ailleurs intelligence, semble extré-
mement emporté par les émotions de son ame, qui est la partie spirituelle la plus basse et la
plus voisine des sens. Ses rêveries en amour
sont extravagantes; elles vont jusqu’à l’extasa dont elle ne sortira pas sitôt, à moins que l’on ne l’en tire par miracle. Car, comme le démon se mêle quelquefois parmi les vapeurs de la terre qui forment l'orage, pour causer quelque part du'désordre, s’il en faut croire nos démenographes; ainsi l'amour se mêle quelquefois parmi les fumées noires d’une bile brûlée, pour leurrer le beau sexe, sous l’espérance d’un bonheur ou de quelque grand plaisir à venir.
Enfin, l’amour qui agite cette fille est si vio-.
lent, qu’elle tomberait sans doute dans quelque désordre odieux pour son sexe, si la timidité et la crainte n'étaient de puissans obstacles pour s'opposer aux efforts de sa passion amoureuse, Sa timidité naturelle est même une marque de son esclavage amoureux, et du trouble qu’elle sent au dedans; et, si ekle parait retenue, elle n’est pas innocente. Les ames les plus dissimulées sont celles qui sont les moins veriueuses ,
parce que le masque dont elles se couvrent em-.
pêche que l’on ne découvre ce qu’elles sont VÉ=
ritablement. | Si nous cherchons la cause de toutes les in-
clinations de cette fille, nous trouverons sans .
doute que son sang chaud et grossier, ses esprits
brillans et agités , sont la source de toutes ses - passions; Car son ame amoureuse, qui se sert de ses esprits enflammés pour l’usage de ses passions , les excite avec tant de force dans son cœur , qu'il en est lui-même fort ému et fort haute et puis le cœur, agitant encore dans ses petites cavités ces mêmes esprits, les rend - encore plus chauds et plus pénétrans : si bien qu’étant ensuite dardés avec vigueur dans le cerveau, iis y ébranlent ses petites fibres qui excitent l’imagination. C’est donc par le moyen du feu du cœur et par la vivacité de l’imagination qu’il se fait une multiplication et uma concours d’esprits qui acçablent » pour ainsi dire, le cœur et le cerveau de cette jeune personne. Il est vrai queces parties se déchargent sur leurs propres canaux de ce qui les trouble sur les autres parties du corps, et principalement sur les parties naturelles de cette fille, où ces esprits font une telle impression, qu’il n’est pas aisé de détruire, par la ténacité de la matière dont ils sont faits, et dent l’amesesert pour exciter ces passions.
Si par hasard on parle de mariage à cette lle , tout est en trouble chez elle; elle devient 1éveuse, morne, chagrine et plus timide qu’à l'ordinaire. Ces désordres sont des marques assarées que l’amour fait du ravage dans son cœur. Alors elle désire avec empressement ce qu’elle refuse avec crainte. Enfin, si l’amour l'emporte sur sa timidité, et qu’elle consente à se jeter entre les bras d’un homme, sa timidité naturelle refusera toujours des faveurs qu’elle voudra bien laisser prendre , afin d’excuser son
consentement par la force. Alors l'amour extrême lui ôtera les forces , et s’emparant entièrement de son cœur , la laissera faible et immobile comme un glaçon, faute de chaleur et d’esprits , qui n’auront été précipités dans ses parties naturelles que pour obéir aux ordres de la nature. Que si alors elle donne quelque marque de vie, ce n’est que par des soupirs et des sanglots entrecoupés ; et son extase est si grande, qu’elle n’a pas même senti le commencement des voluptés qui l’ont causée. 5
C’est donc le sang et ses esprits qui, étant de différente nature , font la variété de la complexion de ces deux personnes ; Car, s’il est vrai que les plus timides engendrent plus de sang et plus d’humeurs superflues, parce qu’elles aiment plus l’oisiveté et le repos, il sera aussi vrai de dire qu’elles font plus de semence, et que par conséquent elles sont plus amoureuses : témoin les lapines , qui , étant les plus timides des animaux, sont aussi les plus amoureuses et les plus fécondes ; elles n’ont pas sitôt mis bas qu’elles conçoivent une autre fois, ou qu’elles ont déjà conçu. Cela est si assuré, qu’Ovide , qui est le maître en l’art d’aimer, à dit adieu à l’amour, si l’on bannissait l’oisiveté, et que Théophraste a défini l'amour par une affection d’une ame paresseuse. C’est sans doute dans cette vue que deux fameux sculpteurs de l’antiquité, Carracus et Phidias, firent Vénus d’une même inclination par la posture qu’ils lui donnèrent; car l’un la fit assise, et l’autre lui donna une tortue sous ses pieds.
il n'en est pas de même des gaies et des en- - jouées ; elles sont plus sèches et n’engendrent pas tant d'excrémens ; elles n’ont pas le temps de demeurer en repos, ni de rêver à l'amour: si elles sont amoureuses, elles ne le sont qu’avec inconstance , à cause de l’activité de leur sang, et de la multiplicité des abjets qui leur plaisent. Ainsi, je puis véritablement conclure que les timides sont plus amoureuses que les enjouées.